Sicyone

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Didrachme de Sicyone montrant la Chimère, vers 380 av. J.-C.
Théâtre de Sicyone. Au fond, le golfe de Corinthe.

Sicyone (en grec ancien Σικυών / Sikyốn) est une ancienne cité grecque de Corinthie, dans le nord du Péloponnèse, située sur le golfe de Corinthe.

La cité, originellement bâtie dans la plaine littorale, a été rebâtie après sa destruction en 303 av. J.-C. sur le site de son ancienne acropole, un plateau où se situe le site archéologique actuel[1].

Mythologie[modifier | modifier le code]

Sicyone était réputée être l'une des plus anciennes cités de Grèce. Elle était connue auparavant sous les noms d'Égialée, puis de Méconé[2],[3], nom par lequel Hésiode la nomme dans sa Théogonie[4]. C'est là que l'on plaçait le théâtre de l'invention du sacrifice par Prométhée[5]. Son héros éponyme, Égialée, passait selon les versions pour le fils du dieu fleuve Inachos ou pour un autochtone.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Mosaïque de galets représentant un griffon, IVe siècle av. J.-C. (Musée archéologique de Sicyone).
Temple dorique sur l'ancienne acropole de Sicyone.

Selon Pausanias, Sicyone aurait été fondée par autochtone Égialée qui lui aurait donné son nom[6],[7] avant qu'elle prenne celui de Sycione. Une série de rois s'y seraient succédé avant sa conquête par le Dorien Phalcès qui la fit passer sous la tutelle d'Argos[8]. La mention du nom « Aigialia » dans des tablettes en Linéaire B de Pylos et de Thèbes pourrait désigner la ville et confirmer son activité et son intégration dan le monde mycénien[7].

Sicyone retrouva son autonomie au milieu du VIIe siècle av. J.-C. avec l'avènement de la tyrannie des Orthagorides, parmi lesquels figurait Clisthène[9], grand-père du Clisthène qui réforma Athènes.

Sicyone devint rapidement un grand centre culturel, notamment dans le domaine de la sculpture. Ses ateliers de bronze et de céramique étaient très réputés. Son école de sculpture forma tout au long de l'Antiquité de grands artistes comme Lysippe, Polyclète, Scopas ou Diopoinos et Scyllis. C'est dans cette cité que, pensaient les Grecs, la peinture avait été inventée[10] par Diboutadès.

Au milieu du VIe siècle av. J.-C., le dernier tyran fut renversé par Sparte et la cité entra dans l'orbite de cette dernière[11]. Sicyone participa à la ligue du Péloponnèse contre Athènes dans la guerre du Péloponnèse. Ceci fut cause de sa prise par les Thébains en . Elle fut détruite pendant l'époque hellénistique par Démétrios Poliorcète en 303 av. J.-C., et rebâtie non loin de là.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, un village appelé Vassiliko fut bâti sur la partie haute du site de la ville antique. Sa forteresse dépendait de la châtellenie de Corinthe à l'époque de la principauté d'Achaïe. La région fut nommée en 1920 du nom de la cité antique, Sicyonie, la ville moderne prenant le nom de Kiato.

Liste des tyrans de Sicyone[modifier | modifier le code]

Dynastie des Orthagorides[modifier | modifier le code]

Autres dynasties[modifier | modifier le code]

  • 264 - 252 av. J.-C. : Abantidas († 252).
  • 252 - 251 : Paséas († 251), père du précédent. Il est assassiné par Nicoclès.
  • 251 av. J.-C. : Nicoclès. Après quatre mois de règne, il est renversé par Aratos de Sicyone, qui met fin à la tyrannie. La même année, la cité entre dans la ligue achéenne sous laquelle elle prospère.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lolos, 2015, p. 51.
  2. Grant et Hazel 1955.
  3. Robert 1981, p. 26.
  4. Hésiode 1993, p. 161, note 45 (= Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne], 535).
  5. Hésiode 1993, p. 161.
  6. Périégèse, II, V, 6.
  7. a et b Lolos 2011, p. 60.
  8. Périégèse, II, VI, 7.
  9. Lolos 2011, p. 61.
  10. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XXXV, 12.
  11. Lolos 2011, p. 65.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kalliopi Krystalli-Votsi, « Nouvelle mosaïque de Sicyone », Bulletin de correspondance hellénique, vol. 100, no 2,‎ , p. 575-588 (lire en ligne, consulté le ).
  • Michael Grant et John Hazel (trad. de l'anglais par Etienne Leyris), Dictionnaire de la mythologie [« Who’s Who in classical mythology »], Paris, Marabout, coll. « Savoirs », (ISBN 2-501-00869-3), p. 306
  • Yannis Lolos, L’architecture à Sicyone pendant la haute époque hellénistique en ligne
  • (en) Yannis Lolos, The Town Planning of Hellenistic Sikyon in Archäologischer Anzeiger, 2011 (en ligne)
  • (en) Yannis A. Lolos, Land of Sikyon : Archaeology and History of a Greek City-State, Princeton, The American School of Classical Studies at Athens, (ISBN 0876615396)
  • Fernand Robert, La religion grecque, vol. 105, Paris, Gallimard, coll. « Que sais-je ? », (réimpr. 1967) (1re éd. 1949), 127 p. (ISBN 2-13-044672-8)
  • Hésiode (trad. du grec ancien par Annie Bonnafé, préf. Jean-Pierre Vernant), Théogonie, Paris, Payot & Rivages, coll. « La Petite Bibliothèque », , 184 p. (ISBN 978-2-7436-2138-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]