Zeus Ammon

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Ne pas confondre avec Ba'al Hammon.
Zeus Ammon
Divinité égyptienne
Zeus Ammon sur un trône flanqué de béliers, art chypriote hellénistique, musée du Louvre
Zeus Ammon sur un trône flanqué de béliers, art chypriote hellénistique, musée du Louvre
Caractéristiques
Nom en hiéroglyphes
imn
n
C12
Translittération Hannig i m n (suivi du hiéroglyphe dieu)
Représentation homme, les tempes ceintes de cornes de bélier
Culte
Région de culte Égypte antique, Grèce antique
Temple(s) Siwa, Thèbes, Sparte, Gythio

Zeus Ammon (en grec ancien : Άμμωνα Δία / Ámmôna Día)[1], est une divinité gréco-égyptienne mêlant les traits du dieu égyptien Amon et du dieu grec Zeus. En français, comme en anglais et en allemand, on distingue la divinité égyptienne de la divinité grecque par l'orthographe : l'Amon égyptien prend un m tandis que l'Ammon grec prend deux m. On explique le redoublement de la consonne par l'étymologie du mot : les Grecs, friands de jeux de mot, ont en effet mis en rapport le nom Ammon et le mot ammos (ἄμμος), le sable.

Ce dieu est fréquemment cité dans les poèmes latins précédé de son épithète : Corniger Ammon. Formant un dactyle et un spondée, il était fort utile en scansion pour terminer un hexamètre.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Il apparaît dans l'iconographie grecque sous forme humaine, les tempes ceintes de cornes de bélier. Le dieu porte fréquemment et dans les types monétaires et dans la statuaire, une couronne de laurier (symbole de son pouvoir mantique ?). Il apparaît souvent en présence de béliers, ou encore, à l'instar de Zeus, tenant un aigle.

Zeus Ammon apparaît sur le monnayage de Cyrène dès la fin du VIe siècle av. J.-C.. On peut supposer que c'est par le monnayage que l'image du dieu voyage en Grèce. Sur les pièces alexandrines, dès le dernier tiers du IVe siècle av. J.-C., c'est Alexandre que l'on voit apparaître avec des cornes de bélier. Ce type monétaire fut un des plus répandu de toute l'Antiquité. La fabrication se continua longtemps après la mort du conquérant, dans la Macédoine jusqu'à l'avènement de Démétrios Poliorcète et dans l'Asie Mineure jusqu'à la bataille de Magnésie.

Des pièces à l'effigie de Jupiter Ammon sont frappées à l'époque romaine.

Les sanctuaires de Zeus Ammon[modifier | modifier le code]

Outre Siwa et Kôm Oushim (ou Karanis) dans le Fayoum en Égypte, Zeus Ammon était honoré en divers endroits du monde grec : à Aphytis en Chalcidique, à Thèbes en Béotie, à Sparte et à Gythio en Laconie.

Siwa[modifier | modifier le code]

À l'origine, cette oasis était un lieu de culte d'un dieu des tribus du désert de Libye, personnifié par un bélier. Les Égyptiens identifièrent ce dieu avec leur dieu suprême Amon, et appelèrent ce dieu oraculaire « Amon de Siwa ».

De toute l'histoire du sanctuaire de Zeus Ammon à Siwa, la consultation d'Alexandre le Grand est certainement le moment le plus important. Lors de son passage à Siwa vers -331, un oracle l'annonce comme étant le fils du dieu et les prêtres le « reconnaissent » comme tel.

Kôm Oushim[modifier | modifier le code]

Un temple gréco-romain du nord était dédié au dieu crocodile Sobek, à Sarapis et à Zeus Ammon.

Aphytis (ou Aphytos)[modifier | modifier le code]

La construction du sanctuaire de Zeus Ammon en Chalcidique date de la première moitié du IVe siècle avant notre ère. C'est un temple dorique qui comporte six colonnes en façade et onze sur les côtés. Après l'oracle de Siwa, c'est le plus important oracle du dieu gréco-égyptien. Les Aphytiens ont, comme les Cyrénéens, battu monnaie à l'effigie de leur divinité poliade.

Thèbes[modifier | modifier le code]

En Béotie, même si les fouilles archéologiques n'ont pu jusqu'à présent localiser son temple, nous savons par Pausanias qu'il existait un culte à Zeus Ammon. Plus précisément, Pausanias[2] dit que Pindare a commandé à Calamis, le célèbre sculpteur, une statue de Zeus Ammon pour le temple du dieu à Thèbes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Si en grec ancien et moderne on dit Ammon en premier puis Zeus, en français on parle de Zeus Ammon sans tiret.
  2. Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], IX, 16, 1.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Leclant, Gisèle Clerq, s.v. Ammon, LIMC.
  • (en) H. W. Parke, The Oracles of Zeus. Dodona, Olympia, Ammon, .

Média[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]