Milet

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Milet
(grc) Μίλητος
Théâtre et site archéologique de Milet
Théâtre et site archéologique de Milet
Localisation
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Province Aydın
District Didim
Village Balat
Région de l'Antiquité Ionie
Coordonnées 37° 31′ 50″ nord, 27° 16′ 45″ est

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Milet
Milet

Milet (en grec ancien Μίλητος / Mílêtos) est une ancienne cité grecque d'Ionie. Le site archéologique est situé sur la côte sud-ouest de la Turquie, à quelques kilomètres au nord de Balat, qui a été l'une des capitales du beylicat de Menteşe au XIVe siècle. Le site de Milet est actuellement à plus de cinq kilomètres à l'intérieur des terres à cause du comblement de la baie par les alluvions apportées par le Méandre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Mythologie[modifier | modifier le code]

Selon diverses légendes, la ville aurait été fondée par Milétos.

Après avoir ravagé Troie et tué son roi Laomédon durant la guerre menée par Héraclès avant la guerre de Troie chantée par Homère, Télamon prend parmi les captifs une certaine Troyenne Théanéra/Théaneira (Θεάνειρα / Theáneira)[1] dont on sait assez peu, si ce n'est que pendant son retour par navire, elle parvient à s'échapper en passant par-dessus bord ; elle se réfugie sur les côtes de Milet. Elle perd les eaux au milieu d'un bois ou de broussailles et met au monde Trambélos. La mère et l'enfant sont recueillis par le roi Arion (de ἀρίωνος/ὠαρίωνος/ἀωρίωνος / aríōnos/ōaríōnos/aōríōnos), qui élève l'enfant comme le sien[2].

Liste des tyrans de Milet[modifier | modifier le code]

En 514 av. J.-C., Histiée accompagne son suzerain Darius Ier lors d'une expédition en Thrace contre les Scythes. Lors du retour, Histiée est emmené à Suse comme conseiller du grand roi. Son neveu et beau-fils, Aristagoras, en profite pour s'emparer du pouvoir à Milet.
En 499 av. J.-C., Aristagoras, incité par Histiée, déclenche la révolte de l'Ionie qui sera à l'origine de la destruction de Milet, puis des guerres médiques entre Grecs et Perses.

Milet à l'époque classique[modifier | modifier le code]

La reconstruction eut lieu après la victoire hellène contre les Perses au cap Mycale en 479 av. J.-C.. Les travaux sont traditionnellement attribués à Hippodamos, dit de Milet. La ville fut élaborée avec un plan d'urbanisme très strict, qui quadrillait la ville en îlots, que les Romains appelleront insulae. Il était également prévu des lieux d'implantation pour les bâtiments publics. Ce modèle d'urbanisme, dit « tracé hippodamien », fut ensuite repris par de nombreuses cités et colonies et inspira le modèle d'urbanisme utilisé par les Romains.

En même temps, Milet entra dans la ligue de Délos, mais elle se révolta contre Athènes en 412. Parmi les Milésiens célèbres de l'époque, on compte Aspasie, maîtresse de Périclès, Hippodamos, concepteur du Pirée, et le poète Timothée de Milet.

L'une des gloires de la cité ionienne est d'avoir fondé de nombreuses colonies, dont la Byzance grecque.

Site archéologique[modifier | modifier le code]

Milet à l'époque hellénistique[modifier | modifier le code]

Portique de l'agora de Milet.

La ville est redessinée selon un plan orthogonal, dit « hippodamien », dont Hippodamos de Milet aurait été l'inventeur.

Les fouilles de Theodor Wiegand, au début du XXe siècle, ont révélé une grande partie de la cité portuaire et de ses monuments hellénistiques :

  • bouleutérion : salle de réunion de la Boulè (Conseil) ;
  • marché du Nord ;
  • marché du Sud, dont l'entrée monumentale a été transférée et reconstituée à Berlin, au Pergamon Museum, par Theodor Wiegand ;
  • nymphée : fontaine publique avec sculptures ;
  • thermes de Faustine ; ils rappellent le souvenir de l'épouse de l'empereur Marc Aurèle, mère de Commode ;
  • marché de l'Ouest, près du temple d'Athéna ;
  • stade ;
  • delphinion, sanctuaire d'Apollon Delphinios, principal sanctuaire de la cité ;
  • sanctuaire oraculaire d'Apollon à Didymes.

Le sanctuaire d'Apollon à Didymes, situé à quinze kilomètres de Milet, est relié à la ville par une route directe partant de la porte Sacrée. C'est le plus grand de tous les sanctuaires du monde hellénistique.

Théâtre de Milet, construit sur terrain plat.

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

Torse provenant de Milet, vers -480, musée du Louvre.

À Milet, aux VIe et Ve siècles av. J.-C., se développe la philosophie grecque, avec l'école milésienne. En font partie :

  • Thalès, philosophe et savant (-625/ -546), qui développe aussi les mathématiques.
  • Anaximandre, philosophe grec (-610 / -546)
  • Anaximène, philosophe grec (-585/ -525)
  • Archélaos de Milet, philosophe grec présocratique du Ve siècle av. J.-C.

Parmi les autres qui ont vécu à Milet :

Colonies de Milet[modifier | modifier le code]

Pline l'Ancien cite plus de quatre-vingts colonies fondées par Milet[3], parmi lesquelles Amisos, Apollonia, Dioscurias, Histria, Kerasos, Kytoros (ou Cytorus), Kotyora, Odessos, Olbia du Pont, Panticapée, Phanagoria, Phasis, Pityos, Sésamos, Sinope, Tanaïs, Théodosie, Trapézonte, Tomis, Tyras.

Milet au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Mais Milet a perdu son accès à la mer : la puissance maritime s'est échouée dans les terres à la suite d'un ensablement progressif, ce qui lui valut d'être totalement abandonnée : le site ne baigne plus aujourd'hui que dans les eaux de pluie. Entre-temps, au XIe siècle, la cité de Balat fut édifiée à proximité immédiate par les Seldjoukides. Milet / Balat passa ensuite sous l'autorité de la dynastie des Mentecheïdes ou Menteşeoğullari, avec une parenthèse vénitienne vers 1355 et fut enfin incorporée à l'Empire ottoman en 1424.

Images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 469, lisant le logographe Hellanicos/FHG Hellanicos 138. Voir :
    • (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], t. 1, Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ (lire en ligne), p. 628-629 (717),
    • (la) Karl Müller (trad. du grec ancien), Fragmenta historicorum graecorum (FHG), Paris, Ambroise Firmin Didot, , 754 p. (lire en ligne), p. 64.
  2. Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 467-468, citant Istros de Cyrène (en). Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès, Scholies sur Lycophron »], t. 1, Leipzig, F. C. G. Vogel,‎ (lire en ligne), p. 627–628 (715).
  3. Pline l'Ancien, « Histoire naturelle, Livre V, chap. xxxi–xl », sur « L'antiquité grecque et latine ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • John Garstang, The Hittite Empire, University Press, Edinburgh, 1930, p. 179-80.
  • Gerhard Kleiner, Die Ruinen von Milet. Berlin 1968.
  • Wolfgang Müller-Wiener (Hrsg.), Milet 1899 - 1980. Ergebnisse, Probleme u. Perspektiven einer Ausgrabung. Kolloquium, Frankfurt am Main 1980. Istanbuler Mitteilungen. Cahier 31. Tübingen 1986. (ISBN 3-8030-1730-0)
Publications archéologiques 
  • Milet - Ergebnisse der Ausgrabungen und Untersuchungen seit dem Jahre 1899. Begründet von Theodor Wiegand. Reimer/Schötz/de Gruyter, Berlin 1906ff.
    • Volume 1,1: Paul Wilski: Karte der Milesischen Halbinsel. 1906
    • Volume 1,2: Hubert Knackfuss, Carl Fredrich: Das Rathaus von Milet. 1908
    • Volume 1,3: Georg Kawerau, Albert Rehm, Friedrich Hiller von Gaertringen: Das Delphinion in Milet. 1914.
    • Volume 1,4: Armin von Gerkan: Der Poseidonaltar bei Kap Monodendri. 1915.
    • Volume 1,5: Das Nymphaeum von Milet. 1919.
    • Volume 1,6: Armin von Gerkan: Der Nordmarkt und der Hafen an der Loewenbucht. 1922.
    • Volume 1,7: Hubert Knackfuss: Der Südmarkt. 1924.
    • Volume 1,8: Armin von Gerkan: Kalabaktepe, Athenatempel und Umgebung. 1925.
    • Volume 1,9: Armin von Gerkan, Fritz Krischen, Friedrich Drexel: Thermen und Palaestren. 1928.
    • Volume 1,10: Berthold F. Weber: Die römischen Heroa von Milet. 2004.
    • Volume 2,1: Armin von Gerkan: Das Stadion. 1921.
    • Volume 2,2: Theodor Wiegand, Kurt Krause: Die Milesische Landschaft. 1929.
    • Volume 2,3: Armin von Gerkan: Die Stadtmauern. 1935.
    • Volume 2,4: Walter Bendt: Topographische Karte von Milet. 1968.
    • Volume 3,1: Theodor Wiegand: Der Latmos. 1913.
    • Volume 3,2: Fritz Krischen: Die Befestigungen von Herakleia am Latmos. 1922.
    • Volume 3,4: Karl Wultzinger, Paul Wittek, Friedrich Sarre: Das Islamische Milet. 1935.
    • Volume 3,5: Alfred Philippson, Karl Lyncker: Das südliche Jonien. 1936.
    • Volume 3,6: Anneliese Peschlow-Bindokat: Feldforschungen im Latmos. 2005.
    • Volume 6,1: Peter Herrmann: Inschriften von Milet. Partie 1. A. Inschriften n. 187–406 (Nachdruck aus den Bänden I 5–II 3). B. Nachträge und Übersetzungen zu den Inschriften n. 1–406. 1997.
    • Volume 6,2: ders.: Inschriften von Milet. Partie 2. Inschriften n. 407–1019. 1998.
    • Volume 6,3: ders.: Inschriften von Milet. Partie 3. Inschriften n. 1020–1580. 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]