Lucien de Samosate

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Lucien de Samosate

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Gravure du buste de Lucien de Samosate par William Faithorne (détail)

Activités Écrivain
Naissance v. 120
Samosate
Décès après 180
Égypte
Langue d'écriture grec ancien
Genres satire, dialogue, roman grec

Œuvres principales

Lucien de Samosate, en grec ancien Λουκιανός / Loukianós (né vers 120, mort après 180) était un rhéteur et satiriste de Commagène, en Anatolie, qui écrivait en grec, dans un style néo-attique.

Il naquit à Samosate, dans la province romaine de Syrie, et mourut en Égypte. Il fut sculpteur puis avocat, et voyagea dans tout l'Empire romain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucien naquit à Samosate, capitale de la Commagène, province de Syrie. Ses parents le destinaient à la profession de sculpteur, mais il abandonna le maître à qui on l'avait confié, frère de sa mère, dès la première leçon. Il s'adonna tout entier à l'étude des belles-lettres, et il fut bientôt en état de tirer parti de ses talents. Jusqu'à l'âge de quarante ans, il se borna à plaider ou à donner des leçons de rhétorique, d'abord à Antioche, puis à Athènes. C'est alors qu'il commença à écrire pour le public et à voyager. Il vint en Italie et y fit un assez long séjour. Il passa de là dans les Gaules, puis en Asie Mineure. Enfin, il se fixa en Égypte, où l'empereur Marc Aurèle lui assigna d'importantes fonctions administratives et judiciaires. C'est à Alexandrie probablement qu'il mourut, dans les premières années du règne de Commode.

Avant d'arriver aux honneurs, il avait déjà acquis fortune et renom. Ses écrits rencontraient du succès, et il recevait des sommes considérables pour les leçons et les déclamations qu'il faisait sur son passage, à la manière des sophistes et des rhéteurs du temps. Après avoir raconté le songe qui avait déterminé, disait-il, sa vocation littéraire, il ajouta : « Tel qui aura entendu le récit de mon songe sentira, j'en suis sûr, le courage renaître dans son âme. Il le prendra pour exemple ; il réfléchira à ce que j'étais, lorsque j'entrai dans la carrière et me livrai à l'étude sans rien redouter de la pauvreté qui me pressait alors ; et il voudra m'imiter, en voyant en quel état je suis revenu vers vous, non moins illustre qu'aucun sculpteur, pour ne rien dire de plus. »

Œuvres et postérité[modifier | modifier le code]

On lui attribue plus de quatre-vingts œuvres. Un ouvrage important écrit en dialecte ionien, De Dea Syria (La Déesse syrienne), décrit ce qu'il a connu du culte d'Atargatis à l'époque romaine, dans la ville sacrée d'Hiérapolis de Syrie. Il inventa la forme du dialogue humoristique, entre le dialogue philosophique et la comédie. Ses dialogues les plus connus sont les Dialogues des dieux et Dialogues des morts : cette dernière œuvre inspira le Phalarismus du polémiste Ulrich von Hutten, Les Héros de roman de Boileau ainsi que les Dialogues des morts, à vocation plus morale, de Fénelon. Il a aussi écrit de nombreux dialogues pour ironiser en un style proche des cyniques contre les philosophes. Il se moquait de la naïveté des chrétiens dans La Mort de Pérégrinus. Il écrivait aussi des exercices de rhétorique comme des éloges ironiques (Éloge de la calvitie, Éloge de la mouche, etc.). L'ensemble de l'œuvre de Lucien trouva au XIXe siècle son meilleur écho dans les Petites œuvres morales de Leopardi.

Lucien est parfois considéré comme un des pères de l'esprit critique. Loin de s'en prendre aux seuls chrétiens, il démonte toutes sortes d'impostures magico-religieuses. Ainsi, dans son Alexandre, ou le faux prophète, il décrit et explique les pratiques et les tours de passe-passe d'Alexandre d'Abonotique.

Son Histoire véritable[1], où le personnage voyage sur la Lune, est parfois considérée comme une des premières œuvres de science-fiction[2], même si c'est plutôt un conte facétieux et qu'il n'y a aucune référence scientifique. Il influença l’Histoire comique des États et Empires de la Lune de Cyrano de Bergerac, et le Micromégas de Voltaire.

Son œuvre Les amis du mensonge ou L'incrédule, qui vise à ridiculiser la tendance des philosophes à croire au surnaturel, met en scène un scribe égyptien capable de donner vie à des objets inanimés, par des formules magiques, ce qu'il fait en transformant un balai en serviteur. Cette œuvre inspirera le poème de Goethe intitulé L'apprenti sorcier, publié en 1797 ; Paul Dukas composera, en 1897, un poème symphonique du même nom, puis, à travers ce dernier, illustrera une célèbre séquence du Fantasia de Walt Disney, créé en 1940.

  • Le Songe
  • À un homme qui lui avait dit : tu es un Prométhée dans tes discours
  • Nigrinos ou le portrait d'un philosophe
  • Le jugement des voyelles
  • Timon ou le misanthrope
  • Alcyon ou la métamorphose
  • Prométhée ou le Caucase
  • Dialogue des dieux
  • Dialogues marins
  • Dialogues des morts
  • Ménippe ou la necyomancie
  • Charon ou les contemplateurs
  • Sur les sacrifices
  • Les Sectes à l'encan (ou Sectes à vendre, trad. de Belin de Ballu, revue, corrigée et présentée par Joël Gayraud, éd. Mille et une nuits, Paris, 1996.)
  • Le Pêcheur ou les ressuscités
  • La Traversée ou le tyran
  • Sur ceux qui sont aux gages des grands
  • Apologie pour ceux qui sont aux gages des grands
  • Sur une faute commise en saluant
  • Hermotinus ou les sectes
  • Hérodote ou Ætion
  • Zeuxis ou Antiochus
  • Harmonide
  • Le Scythe ou le proxène
  • Comment il faut écrire l'histoire
  • Histoires vraies (1re et 2e parties)
  • Le Tyrannicide
  • Le Fils déshérité
  • Phalaris (1er et 2e discours)
  • Alexandre ou le faux devin
  • De la danse
  • Lexiphane
  • L'Eunuque
  • De l'astrologie
  • Demonax
  • Des amours
  • Les portraits
  • Pour les portraits
  • Toxaris ou l'amitié
  • Lucius ou l'âne
  • Jupiter confondu
  • Jupiter tragique
  • Le Songe ou le coq
  • Icaroménippe ou le voyage au-dessus des nuages
  • La Double accusation ou les jugements
  • Le Parasite
  • Anacharsis ou les gymnases
  • Sur le deuil
  • Le Maître de rhétorique
  • Le Menteur d'inclination ou l'incrédule
  • Les Amis du mensonge ou l'incrédule
  • Hippias ou le bain
  • Préface ou Bacchus
  • Préface ou Hercule
  • De l'ambre et des cygnes
  • Éloge de la mouche
  • Contre un ignorant bibliomane
  • Qu'il ne faut pas croire légèrement à la délation
  • Le Pseudologiste
  • Sur un appartement
  • Exemples de longévité
  • Éloge de la patrie
  • Sur les dipsades
  • Discussion avec Hésiode
  • Le Navire ou les souhaits
  • Dialogue des courtisanes
  • Sur la mort de Peregrinus
  • Les Fugitifs
  • Les Saturnales
  • Le Banquet ou les Lapithes
  • Sur la déesse syrienne
  • Éloge de Démosthène
  • L'Assemblée des dieux
  • Le Cynique
  • Le Pseudosophiste ou le soléciste
  • Charidemus ou de la beauté
  • Néron ou le percement de l'isthme
  • Philopatris ou l'homme qui s'instruit
  • La Tragodopodagra
  • Ocype ou l'homme aux pieds légers
  • Épigrammes

Editions anciennes[modifier | modifier le code]

Edition des œuvres complètes[modifier | modifier le code]

  • Oeuvres, traduites du grec avec des remarques historiques et critiques sur le texte de cet auteur et la collation des six manuscrits de la bibliothèque du roi, par Jacques Nicolas Belin de Ballu, chez Jean-François Bastien, Paris, 1789 :
    • Tome 1 : Le Songe ou la vie de Lucien, A un homme qui lui disait tu es un Prométhée, Nigrinus ou les moeurs d'un philosophe, Le jugement des voyelles, Timon ou le misanthrope, L'Alcyon ou de la métamorphose, Prométhée ou le Caucase, Dialogues des Dieux, Dialogues des Dieux marins, Dialogues des morts, Ménippe ou la Nécyomancie, Caron ou les contemplateurs, Des sacrifices.
    • Tome 2 : Les sectes à l'encan, Le pêcheur ou les ressuscités, Le passage ou le tyran, Des gens de lettres qui se mettent aux gages des Grands, Apologie pour une engagement auprès des grands, Sur une faute commise en saluant, Hermotime ou le choix des sectes, Hérodote ou Aétion, Zeuxis ou Antiochus, Harmonide, Le Scythe ou l'étranger, De quelle manière on doit écrire l'histoire, L'histoire véritable, Le meurtrier du Tyran, Le fils déshérité, Phalaris premier discours, Phalaris deuxième discours.
    • Tome 3 : Alexandre ou le faux prophète, De la danse, Toxaris ou de l'amitié, Lucius ou l'âne, Jupiter confondu, Jupiter le tragique, Le songe ou le coq, Icaroménippe ou le voyageur aérien, La double accusation ou les tribunaux, Les portraits, Pour les portraits, défense du dialogue précédent, La vie de Démonax, L'eunnuque, Les amours.
    • Tome 4 : Le parasite, De l'astrologie, Anacharsis ou les exercices du corps, Du deuil, Le maître des orateurs, Le meneur d'inclinations ou l'incrédule, Hippias ou le bain, Préface ou Hercule, De l'ambre ou des cygnes, Contre un ignorant qui achetait beaucoup de livres, De la délation, Des hommes qui ont vécu longtemps, Dialogue des courtisanes, La mort de Pérégrinus, Les esclaves fugitifs, Eloge d'un appartement, Le mauvais grammairien.
    • Tome 5 : Le navire ou les souhaits, Les Saturnales, Cronosolon ou le législateur des Saturnales, Le banquet ou les Lapithes, De la déesse de Syrie, Eloge de Démosthène, L'assemblée des dieux, Eloge de la mouche, Eloge de la patrie, Les Dipsades, Conversation avec Hésiode, Le cynique, Philopatris ou le cathécumène, Charidème ou de la beauté, Néron ou le projet de percer l'Isthme de Corinthe, La goutte, tragi-comédie.
    • Tome 6 : Remarques critiques sur le texte de Lucien.

Éditions modernes[modifier | modifier le code]

Édition des œuvres complètes[modifier | modifier le code]

  • Œuvres, texte établi et traduit en français par Jacques Bompaire. Les Belles Lettres, Paris, Collection des universités de France :
    • Tome 1, 2003. (Contient Phalaris A, Phalaris B, Hippias, Dionysos, Héraclès , À propos de l'ambre ou des cygnes, Éloge de la mouche, Nigrinos, Vie de Démonax et La salle.)
    • Tome 2, 2003. (Contient Éloge de la patrie, Les « longue-vie », Histoires vraies A, Histoires vraies B, Qu'il ne faut pas croire à la légère à la calomnie, Le jugement des voyelles, Le banquet ou les Lapithes, Le pseudosophiste ou le soléciste, La traversée pour les enfers ou le tyran et Zeus confondu.)
    • Tome 3, 2003. (Contient Zeus tragédien, Le songe ou le coq, Prométhée, Icaroménippe ou l'homme qui va au-dessus des nuages et Timon ou le misanthrope.)
    • Tome 4, 2008. (Contient Charon ou les observateurs, Les vies des philosophes à l'encan, Les ressuscités ou les pêcheurs et La double accusation ou les tribunaux.)

Éditions partielles[modifier | modifier le code]

  • Portraits de philosophes, introduction générale et notes par Anne-Marie Ozanam, traductions par Anne-Marie Ozanam et Jacques Bompaire, Les Belles Lettres, Classiques en poche, 2008 (ISBN 978-2-251-80000-4)
Contient les opuscules Démonax, Le Banquet ou les Lapithes, le Rêve ou le Coq, Vies de philosophes à vendre, les Ressuscités ou le Pêcheur, Sur la mort de Pérégrinos, Hermotimos, le Navire ou les Vœux (original grec et traduction française).
  • Voyages extraordinaires, introduction et notes par Anne-Marie Ozanam, traductions par Anne-Marie Ozanam et Jacques Bompaire, Les Belles Lettres, Classiques en poche, 2009 (ISBN 978-2-251-80001-1)
Comporte les opuscules Avant-propos ou Dionysios, Sur l'ambre ou sur les cygnes, Histoires vraies A et B, La traversée ou le tyran, Icaroménippe, Charon ou les observateurs, Ménippe ou la consultation des morts, Sur les dipsades, Dialogues des morts (original grec et traduction française).
  • Comédies humaines, traductions, introductions et notes par Anne-Marie Ozanam, Les Belles Lettres, Classiques en poche, 2010 (ISBN 978-2-251-80015-8)
Comporte les opuscules Timon ou le Misanthrope (texte établi par Jacques Bompaire), Contre l'inculte, Le Parasite, Philopseudès, Sur les hôtes à gages, Lexiphanès, Dialogues des hétaïres (original grec et traduction française).
  • Histoires vraies et autres œuvres, préface de Paul Demont, traduction, introduction et notes par Guy Lacaze, Le Livre de Poche, 2003.
  • Alexandre ou le faux prophète, Les Belles Lettres, 2002, classiques en poche n° 46, texte établi et traduit du grec ancien par Marcel Caster, 78 p., (ISBN 978-2-251-79944-5).
  • Romans grecs et latins, textes présentés, traduits et annotés par Pierre Grimal : comporte les opuscules Histoire véritable et La confession de Cyprien, Gallimard La Pléiade, 1958.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir le texte sur le site remacle.org. Page consultée le 14 août 2010.
  2. Notamment par Pierre Versins (Encyclopédie de l'utopie, des voyages extraordinaires et de la science-fiction, 1972), Jacques Van Herp (Panorama de la science-fiction, 1973), Jacques Sadoul (Histoire de la science-fiction moderne, 1974), et parJacques Baudou (La Science-fiction, 2003).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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