Conte étiologique

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On parle de conte ou de récit étiologique (ou : conte du pourquoi) lorsqu'une histoire, orale ou écrite, a pour but de donner une explication imagée à un phénomène ou une situation dont on ne maîtrise pas l'origine. Par exemple : Pourquoi les chiens n'aiment-ils pas les chats ?

Les contes étiologiques expliquent l'origine du monde, des paysages, de l'homme, des animaux, des plantes... On en trouve de nombreux exemples dans la Bible ainsi que dans les Métamorphoses d'Ovide. Aujourd'hui, les contes étiologiques sont souvent associés à la littérature enfantine. Les Histoires comme ça de Kipling en sont l'exemple le plus connu.

Chaque vision étant typique de l'environnement qui lui est propre, chaque culture possède la sienne. On trouvera donc régulièrement plusieurs versions pour un même motif (comment les hommes découvrirent le feu, pourquoi la tourterelle roucoule...)

Récits étiologiques dans la Bible[modifier | modifier le code]

Depuis les travaux précurseurs de l'exégète Hermann Gunkel sur les récits étiologiques dans le Livre de la Genèse[1] et ceux de Martin Dibelius sur les légendes cultuelles étiologiques dans les évangiles[2], la notion d'étiologie est appliquée à de nombreux récits bibliques (étiologies ethnologiques, étymologiques, cultuelles et géologiques)[3].

Dans les pays de tradition chrétienne, les contes étiologiques font souvent référence à des épisodes de la Bible, qu'ils réinterprètent et modifient à leur manière naïve. L'Ancien Testament lui-même contient d'ailleurs des récits étiologiques, comme l'origine de l'arc-en-ciel, « signe d'alliance entre Dieu et la terre » après le Déluge[4].

Dans l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Les Métamorphoses d'Ovide contiennent ainsi des récits étiologiques qui expliquent l'origine merveilleuse de phénomènes naturels, d'animaux ou de plantes. On y trouve par exemple l'histoire d'Écho, nymphe punie par Héra pour son bavardage et à l'origine de l'écho acoustique. Héra la condamne en ces termes : « tu auras toujours le dernier mot, mais jamais tu ne parleras la première. »

Littérature enfantine[modifier | modifier le code]

En 1902 les Histoires comme ça (Just So Stories for Little Children) de Rudyard Kipling font entrer les contes étiologiques dans la littérature enfantine. Le conte de L'Enfant d'éléphant explique de façon plaisante pourquoi les éléphants possèdent une trompe en racontant comment un jeune éléphanteau s'est vu tirer sur son nez par un crocodile. Les Histoires comme ça restent sans doute l'exemple le plus connu de récits étiologiques.

Quand le serpent avait mille pattes et autres histoires farabuleuses d'Henriette Bichonnier suit la veine ouverte par Kipling, et donne une version humoristique de la formation des piquants du hérisson, des cornes de la vache, etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Hermann Gunkel, The Legends of Genesis, Open Court, , 164 p..
  2. (de) Hermann Gunkel, Die Formgeschichte des Evangeliums, Mohr, , 335 p..
  3. Christian Grappe, D'un Temple à l'autre. Pierre et l'Église primitive de Jérusalem, Presses Universitaires de France, , p. 180.
  4. Genèse, 9.9 - 9.17 (trad. Crampon), sur Wikisource.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Galina Kabakova, Contes et légendes étiologiques dans l'espace européen, Flies France Éditions, 2015
  • Collection Aux origines du monde, Flies France

Articles connexes[modifier | modifier le code]