Musée archéologique national de Naples

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Musée archéologique national.
Musée archéologique national de Naples
Museo Nazionale.jpg
Informations générales
Type
Musée d'art, musée archéologique, musée national (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Ouverture
Surface
12 650 m² de surfaces d'expositions
Visiteurs par an
452 038 ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Bâtiment
Protection
Bien culturel en Italie (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Pays
Commune
Adresse
Piazza Museo, 19 Napoli.
Coordonnées

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Point carte.svg

Géolocalisation sur la carte : Naples

(Voir situation sur carte : Naples)
Point carte.svg
Plafond du salon de la Méridienne, par Bardellino (1781)

Le musée archéologique national de Naples (en italien, Museo archeologico nazionale di Napoli) est un musée principalement consacré à l'antiquité classique qui rassemble une des plus riches collections gréco-romaines existant au monde. Il est considéré comme l'un des plus importants musées archéologiques du monde, voire le plus important en termes d'histoire romaine. Sa surface d'exposition totale est de 12 650 m² .

Il est abrité dans le Palazzo degli Studi, un des palais monumentaux majeurs du centre historique de Naples. Son fonds s'est progressivement enrichi autour d'un noyau originel constitué par la collection Farnèse et les collections pompéiennes. C'est ce musée qui a inspiré Théophile Gautier pour sa nouvelle fantastique Arria Marcella.

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire du monument[modifier | modifier le code]

À la fin du XVIIIe siècle, Charles III, roi de Naples, héritier par sa mère Élisabeth Farnèse, entre en possession de l'ensemble des biens de la Maison Farnèse de Rome et Parme comprenant, entre autres, une superbe collection de tableaux et l'une des plus belles collections d'antiques. Quelques années après son accession au trône de Naples, en 1734, il entreprend, dès 1738, des fouilles archéologiques à Herculanum qui donnent naissance à une collection tout aussi prestigieuse que la précédente.

L'idée de fonder un « museum », selon l'acception de l'époque[1], naît d'un ensemble de circonstances, parmi lesquelles il faut compter la menace que faisait peser le Vésuve sur la Villa dei Portici, où étaient rassemblés les objets découverts à Herculanum, ainsi que la disponibilité de nombreux édifices laissés vacants comme après l'expulsion des jésuites de Naples, en 1767, par Ferdinand IV.

Le projet de création d'un musée se précise en 1777 dans la perspective de regrouper les deux collections primitives, mais également une bibliothèque et une école des Beaux-Arts, au palazzo degli Studi, l'édifice actuel du musée, qui avait été construit à la fin du XVIe siècle pour accueillir d'abord une caserne de cavalerie, puis l'Université de Naples. Les travaux de restructuration et d'agrandissement sont confiés à l'architecte Ferdinando Fuga jusqu'en 1780, puis poursuivis par Pompeo Schiantarelli et Francesco Maresca. Entre 1786 et 1788, Ferdinand IV réussit – malgré les vives protestations du pape qui voyait une des plus riches collections quitter la ville éternelle – à transférer à Naples depuis Rome les collections Farnèse, héritées de sa grand-mère Élisabeth Farnèse.

Son projet est arrêté en 1806 par l'arrivée des troupes napoléoniennes. Après la parenthèse muratienne, le roi Ferdinand IV recouvre le trône de Naples (sous le nom de Ferdinand Ier roi des Deux Siciles) et, le , il inaugure officiellement le nouveau musée sous le nom de Real Museo Borbonico.

Au cours du XIXe siècle, les fonds du musée continuèrent de s'enrichir de plusieurs collections privées, parmi lesquelles celle de Caroline Murat et la bibliothèque du comte Eduardo Lucchesi Palli. En 1860, après l'unification de l'Italie, le musée devint « Musée national de Naples », propriété de l'État. Après le transfert en 1925 de la bibliothèque au Palais royal, et, en 1957, de la pinacothèque au Palais de Capodimonte, le musée fut entièrement consacré à l'archéologie sous le nom de « Musée archéologique national de Naples ».

Histoire des collections[modifier | modifier le code]

Le musée Archéologique national de Naples est peut-être la collection la plus riche et la plus complète d'œuvres d'art, d'objets et de documents de toute sorte se rapportant à la civilisation du monde classique. Sa richesse est due au fait qu'il est alimenté par les fouilles des villes ensevelies de Pompéi et Herculanum, tout en abritant également les riches collections d'antiquités gréco-romaines de la collection Farnèse, qui constituent le noyau de la collection. De plus, pendant plus d'un siècle, on y fit affluer aussi les produits de découvertes et de fouilles effectuées dans tout le territoire du Royaume de Naples, lorsqu'il n'y avait pas encore de musées locaux pour les accueillir. Enfin, différentes collections achetées ou reçues en don (Borgia de Velletri, Lovisato, Spinelli...) ont permis également d'enrichir l'ensemble.

Collections[modifier | modifier le code]

La réorganisation globale du musée au cours des dernières années comprend non seulement une réorganisation des collections individuelles, mais également une localisation plus organique à l'intérieur de celles-ci. En termes généraux, à partir de 2013, les nombreuses collections du musée sont regroupées en sept sections (huit en considérant la station extérieure de Neapolis), réparties comme suit:

Exterieur Station Neapolis : découvertes archéologiques du métro de Naples (accès gratuit depuis la station de métro "Museo" )
Sous-sol Collection égyptienne
Collection épigraphique
Sol Collection Farnèse : sculptures, bustes et pierres précieuses (dans les galeries et autour de la cour orientale)
Collections pompéiennes: sites archéologiques de Pompéi, d'Herculanum et des Champs Phlégréens (dans les galeries et autour de la cour occidentale)
Mezzanine Collections pompéiennes: Mosaïques - Maison du Faune
Collections pompéiennes: Cabinet secret
Numismatique
Premier étage Salon de la Méridienne
Collections pompéiennes: fresques, poterie, verre, céramique, argenterie, ivoire, découvertes du temple d'Isis et modèle de Pompéi (dans les galeries et autour de la cour orientale)
Secteur topographique avec trajectoire chronologique : Préhistoire, âge néolithique, âge du bronze, âge du fer, Cumes, Pithecusae, Neapolis, Villa dei Papiri (dans les galeries et autour de la cour occidentale, dans le chemin "externe")
Secteur topographique avec: Etrusques et Italiques en Campanie, Magna Graecia (en construction dans les galeries et autour de la cour ouest, dans le chemin "interne")

Les travaux de restauration de 2012 permettront également à certaines pièces laissées en réserves de trouver un emplacement définitif à l'intérieur du bâtiment. Les pièces jamais exposées au public concernent la section Magna Graecia, la section Cumana (composée de vases grecs), l’épigraphie et une partie de la riche statuaire pompéienne. On estime que les quantités stockées sont trois fois plus élevées que celles exposées et occupent actuellement trois niveaux des sous-sols du bâtiment et un étage de combles.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Marbres[modifier | modifier le code]

Bronzes de la Villa des Papyrus[modifier | modifier le code]

Mosaïques[modifier | modifier le code]

La très importante collection de mosaïques provient en grande partie des villes proches du Vésuve, notamment Pompéi et Herculanum. Elle abrite notamment les célèbres œuvres de la Mosaïque d'Alexandre et l'Académie de Platon.

Fresques de Pompéi[modifier | modifier le code]

Cette riche collection provient des riches villas de la cité antique. Parmi les plus célèbres, le Portrait de Paquius Proculus et son épouse, le portrait de la poétesse Sapho, les déesses Flora, Diana, Médée et Léda en provenance de Stabies ou encore des peintures de Boscoreale.

Argenterie, glyptique, vases en céramique et en verre[modifier | modifier le code]

La collection, composée lors des fouilles à Herculanum et Pompéi, est la plus importante au monde pour l'argenterie romaine. La collection de gemmes comprend plus de 2 000 pièces, comprenant des camées et des pierres précieuses gravées et travaillées, dont le noyau original est constitué par la collection médicéenne de Laurent de Médicis. Parmi elles, la célèbre Tasse Farnèse, coupe hellénistique d'environ 20 cm de diamètre, le plus grand camée que l'on connaisse. La collection d'objets en verre est riche de plus de 4 000 pièces provenant principalement des fouilles d'Herculanum et de Pompéi. On y voit notamment le fameux Vase bleu.

Collection égyptienne[modifier | modifier le code]

La collection égyptienne du musée est en importance, la troisième d'Italie, après celle du Musée Égyptien de Turin et celle du Musée Archéologique de Florence. Elle compte près de 2500 œuvres.

Cabinet secret[modifier | modifier le code]

Il abrite diverses œuvres érotiques antiques, provenant surtout de Pompéi et Herculanum. Longtemps censurée par les Bourbons, puis la monarchie italienne, sa visite n'était possible sous Mussolini que sur demande expresse auprès du Ministère de la Culture. La censure a perduré par la suite jusqu'en 1967, puis le ministère a autorisé les visites en 1971, sous certaines conditions. Complètement réaménagée il y a quelques années, la collection a finalement ouvert au public en avril 2000.

Collection numismatique[modifier | modifier le code]

La collection provient en grande partie des anciennes collections Farnèse et Borgia, et abrite près de 150 000 monnaies, médailles et pièces, principalement antiques.

Suivant un critère chronologique strict, les salles présentent des pièces allant de la période de la Magna Graecia aux pièces de monnaie du royaume des Deux-Siciles . La section comprend plusieurs collections, parmi lesquelles se distinguent les Borgia et les Farnèse, qui en constituent le noyau principal.

Collection épigraphique[modifier | modifier le code]

La collection a été rouverte au public après l’achèvement de la connexion entre le musée et le métro. Composée de plus de deux mille pièces écrites dans les dialectes grec, latin et italien, elle constitue également l'une des plus importantes collections épigraphiques en quantité et en qualité. Ici aussi, comme pour d’autres sections du musée, la section est le résultat de plusieurs petites collections achetées ou versées au musée au fil des ans. Celles-ci trouvent leur point d'appui dans la collection Farnèse de Fulvio Orsini, héritée du XVIIIe siècle par Carlo di Borbone, et celle Borgia, rachetée par Gioacchino Murat en 1814 avec la collection de pièces de monnaie et autres découvertes archéologiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fausto Zevi, « Pompéi et le musée de Naples » in Archeologia, no 151, 1981, p. 38

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]