Mythographe

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Au sens strict, un mythographe est celui qui compile et étudie les mythes. Le mot vient du grec μυθογραφία - mythografia, « écriture de fables » (deμύθος - mythos, « parole, mot, fait, histoire, narration » et γράφω - graphō, « écrire, inscrire »).

Dans un sens plus large, on peut considérer que le mythographe est un écrivain réalisant le même travail de relecture et d'évolution qu'effectue l'hagiographe vis-à-vis de l'histoire réelle et des biographies, mais sur le plan des légendes et des mythes.

Le succès de ces travaux d'écriture est variable, relatif en premier lieu aux capacités imaginaires de l'auteur, et dépend à la fois du talent d'écrivain et des hasards de la postérité de son œuvre; l'oubli est vorace.

Le genre était prisé dans l'Antiquité comme art de cour, où les puissants aimaient entendre des contes mythiques leur permettant de comparer leurs faits et gestes aux détails de la vie de quelque nymphe ou héros aimé des dieux. La mythographie tomba ensuite complètement en désuétude.

Les plus grands mythographes sont ceux qui n'en portent pas le titre, ayant ajouté leurs visions au corpus d'ensemble de la fondation mythologique, et influençant profondément la culture dont ils procèdent par leurs travaux de synthèse.

L'ensemble des pays de l'Europe occidentale à l'époque moderne s'est réclamée de l'héritage gréco-romain et a accueilli avec félicité ses mythographes nationaux reconnus, une fois achevée la redécouverte de l'Antiquité par la Renaissance.

Exemples historiques de mythographes[modifier | modifier le code]

Mythographe grec[modifier | modifier le code]

  • Évhémère fut également un mythographe célèbre de son époque (fin du IVe siècle av. J.-C.). Il est notamment connu pour avoir introduit la doctrine de l'évhémérisme, qui considère les mythes comme des représentations déformées et amplifiées d'histoires humaines réelles. Cette rationalisation des croyances religieuses fait de lui un des premiers théoriciens de l'Athéisme systématique.

Mythographe latin[modifier | modifier le code]

  • Ovide et ses métamorphoses, réalise une synthèse de la mythologie grecque dans le contexte de la Rome antique, et en prolonge les histoires légendaires d'une manière qui sera très largement reprise en peinture et par les poètes ultérieurs.

Mythographe italien[modifier | modifier le code]

Mythographe allemand[modifier | modifier le code]

  • Goethe, avec son interprétation du personnage (charlatan historique) de Faust et son pacte avec le Diable est le contributeur germanique réalisant la synthèse de la mythographie gréco-romaine avec la nation allemande qui alors fonde son identité à partir d'un passé de morcellement (voir la durée et l'absence d'unité du Saint-Empire).

Mythographe français[modifier | modifier le code]

  • le médecin et poète Rabelais invente une cour fantasque de géants et d'aventures d'un théâtre bigarré et coloré, qui tranche avec la morosité ambiante : « Quel Grand tu as ! » (Gargantua).

Mythographe belge[modifier | modifier le code]

  • le peintre, architecte, graveur, archéologue, collectionneur, numismate, homme de lettres et historien de l'art Lambert Lombard.

De nos jours ?[modifier | modifier le code]

En ces temps postmodernes, les travaux d'un mythographe traitant de mythologie antique sont vus comme des divagations douteuses et mystiques ; les références mythologiques sont induites dans une éducation classique (le mot classique lui-même résiste à tout ajout), tenter d'en donner une nouvelle forme est perçu au mieux comme de la charlatanerie, au pire comme du mauvais goût. Ce métier semble avoir peu d'avenir du vivant de ceux qui s'y livrent...

On peut cependant arguer du fait que de nouvelles mythologies, inspirées en partie des anciennes, sont encore aujourd'hui créées, comme par exemple Star Wars, Harry Potter...

Représentations[modifier | modifier le code]

dans les thèmes[modifier | modifier le code]

dans les arts[modifier | modifier le code]

Les artistes peintres et sculpteurs en tête, sont de grands redécouvreurs des mythographes, puisant dans le passé pour rechercher des styles et de l'inspiration pour leurs travaux.

La Renaissance italienne, les courants classicistes et romantiques du XIXe siècle - entre autres - se sont ainsi largement réappropriés l'héritage antique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liste partielle[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie, pour une liste de quelques mythographes - à la notoriété inégale.

Par culture[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]