Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pie X (homonymie).
Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X
Héraldique meuble Coeur vendéen.svg

Repères historiques
Fondation 1970
Fondateur(s) Marcel Lefebvre
Fiche d'identité
Église Catholique
Courant religieux Traditionaliste, Intégriste
Vocation Célébration des sacrements selon la forme tridentine du rite romain, maintien de la doctrine telle que comprise jusqu'à l'époque récente, en opposition aux changements introduits par le concile Vatican II, spiritualité romaine et mariolo-montfortaine
Dirigeant Bernard Fellay (supérieur général)
Localisation 72 pays (siège à Menzingen en Suisse)
Sur Internet
Site internet http://www.fsspx.org
Pages connexes http://fsspx.news/fr
Le séminaire d’Écône

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (sigle : FSSPX), canoniquement nommée Fraternité des apôtres de Jésus et Marie[1], est une société de prêtres catholiques traditionalistes fondée en Suisse, dont le but est « le sacerdoce et tout ce qui s'y rapporte »[2] (principalement, de former des prêtres et de tenir des séminaires). Elle a son siège à Menzingen, dans le canton de Zoug (Suisse)[3].

Fondée le , cette société, dont les statuts avaient été reconnus et approuvés par l’évêque diocésain de Fribourg en 1970 à titre de « pieuse union », perd sa reconnaissance canonique par l'Église catholique le . La décision de son fondateur, Mgr Marcel Lefebvre, d'ordonner des prêtres sans permission du Saint-Siège lui vaut d’être sanctionné par la suspens a divinis le 30 juin 1975. Il est frappé d’excommunication latae sententiae le 2 juillet 1988, lorsqu’il consacre quatre évêques sans permission du pape.

Cette excommunication des évêques n'implique pas de schisme, même si le terme est utilisé par la presse profane pour qualifier le conflit. Cette confusion amène le cardinal Castrillon Hoyos, en charge du dossier, à préciser (2005) qu'"on ne peut pas dire en termes corrects, exacts, précis qu’il y ait un schisme"[4], tandis que le pape Benoit XVI (2009) souligne qu'il y a eu "le danger d’un schisme" [5]. Il n'en reste pas moins que la FSSPX est en situation irrégulière, sans aucun statut canonique, et que ses prêtres « n’exercent pas de ministères légitimes »[6].

Marcel Lefebvre et ses disciples se considèrent comme « traditionalistes » tandis que pour beaucoup, ainsi que l'explique Émile Poulat, le mouvement est l'incarnation de l’« intégrisme »[7], dans un débat sémantique qui n'est pas tranché[8]. Par ailleurs, les liens de la Fraternité avec l'extrême droite sont « notoires » en France[9] et en Belgique[10]. Plusieurs actions de ses membres, voire de ses institutions, ainsi que des prises de positions de ses dirigeants, ont suscité la polémique.

Des négociations avec le Saint-Siège en vue de la réintégration de la communauté dans le giron de l'Église catholique amènent à la levée de l'excommunication des évêques en par le pape Benoit XVI, sans que cela signifie le retour à la pleine communion de la FSSPX qui doit reconnaître l'autorité du pape et du Concile Vatican II[11]. En octobre 2012, face à l'opposition réitérée des trois évêques de la FSSPX à Vatican II, Mgr Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi aurait envisagé la fin des discussions[12]; cependant les contacts continuent, entretenus au sein de la commission pontificale Ecclesia Dei, et le 13 décembre 2013 Mgr Fellay rencontre le pape François lui-même[13].

Le , dans sa lettre apostolique Misericordia et misera clôturant le jubilé de la Miséricorde, le pape François rend licite le sacrement de confession donné par les prêtres de la fraternité « jusqu'à ce que soient prises de nouvelles dispositions ». Le 4 avril 2017, le pape François crée des dispositions pour assurer la reconnaissance légale des mariages de la Fraternité Saint-Pie X.[14]

Sommaire

Buts, droit et organisation[modifier | modifier le code]

Buts[modifier | modifier le code]

Bénédiction à Écône, en Suisse, en 2005

Aux termes de ses statuts[15], la FSSPX, a pour but « le sacerdoce et tout ce qui s'y rapporte et rien que ce qui le concerne », principes qui impliquent, entre autres, « d'orienter et réaliser la vie du prêtre vers ce qui est essentiellement sa raison d'être : le saint sacrifice de la Messe » tout en évitant « avec soin les erreurs modernes, en particulier le libéralisme et tous ses succédanés ». En pratique, cela sous-entend le maintien de la forme tridentine du rite romain et une critique virulente des « erreurs modernes ».

Droit canonique[modifier | modifier le code]

Du point de vue du droit canonique de l'Église catholique romaine, si la FSSPX fut une œuvre d'Église entre 1970 et 1975, elle ne l'est plus aujourd'hui et ne reçoit de Rome aucune forme d'approbation ou de reconnaissance. En effet, cette société de vie commune sans vœu fut approuvée par Mgr Charrière, évêque de Fribourg, et érigée dans son diocèse le 1er novembre 1970 ; le 18 février 1971, le préfet de la Sacré Congrégation pour les religieux, le cardinal Wright, signe un décret d'approbation des statuts de la Fraternité[16]. Cependant, une lettre de la Sacrée congrégation pour les institutions d'enseignement, signée d'une commission de trois cardinaux, fait savoir à Mgr Lefebvre que sa déclaration du 21 novembre 1974 - ainsi que la « profession de foi » dénonçant « la Rome néo-moderniste et néo-protestante du concile Vatican II »[17] - est « en tous points inacceptable ». Mgr Mamie, nouvel évêque de Fribourg, se voit reconnu le droit d'annuler le décret d'érection promulgué par son prédécesseur en 1970[18], ce qu'il fait par lettre le 6 mai 1975[17]. Un recours de Mgr Lefebvre est rejeté par le cardinal Staffa au nom du Canon 1556 et, le 29 juin 1975, après la consécration de trois prêtres à Écône, le pape Paul VI lui-même déclare qu’il fait siennes les conclusions de la commission cardinalice et ordonne l’entrée en vigueur immédiate de ses conclusions[18]. Le 29 juillet, Marcel Lefebvre est frappé de suspense a divinis[17] suivant le Canon 2279[19].

Par la suite, lors des sacres d'évêques en 1988, Mgr Lefebvre, son cocélébrant Mgr Antônio de Castro Mayer, et les quatre nouveaux évêques sont excommuniés[20]. Néanmoins, à plusieurs reprises, le cardinal Castrillon Hoyos, président de la commission pontificale Ecclesia Dei jusqu'en juillet 2009 a indiqué dans les médias que la FSSPX était à l'intérieur de l'Église, mais qu'il lui manquait néanmoins « une plus parfaite communion ».

Pour sa part, la FSSPX considère que son retrait d'approbation prononcé en 1975 est juridiquement nul car entaché d'irrégularités[21].

Enfin du point de vue des pouvoirs politiques français, le Tribunal administratif de Paris estime que la FSSPX peut constituer une association cultuelle[22] indépendamment de savoir si « l'Église dont elle se réclame a exclu de ses rangs son président fondateur »[23].

Implantation géographique & développement[modifier | modifier le code]

À ces débuts, la Fraternité Saint-Pie X s’étend prioritairement en France où s’établit son premier district, le 15 août 1976, sous la houlette de l’abbé Paul Aulagnier qui fonde les premiers prieurés au Pointet (Allier), à Lanvallay (Côtes-d’Armor) et à Suresnes (Hauts-de-Seine). Peu à peu, les prêtres ordonnés à Écône viennent prêter main forte aux prêtres diocésains qui ont maintenu la liturgie traditionnelle et le catéchisme tels qu’il était dispensé avant le Concile. C’est le cas en l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris, occupée de manière irrégulière par des traditionalistes depuis 1977, où les abbés Michel Simoulin et Philippe Laguérie assistent Mgr François Ducaud-Bourget dès 1980. Au fil des ans, les prêtres de la Fraternité s’installent dans plusieurs églises, certaines leur étant confiées par les maires, tel Gaston Defferre qui leur met à disposition l’église Saint-Pie X, rue du Tapis-Vert à Marseille[24], ou les associations, comme celle du Bazar de la Charité qui leur concède la chapelle Notre-Dame-de-Consolation, rue Jean-Goujon à Paris[25]. La FSSPX dessert dans tout l’hexagone près de 200 lieux de culte, comme la collégiale de Thouars (Deux-Sèvres)[26], la chapelle du Bon-Conseil à Bordeaux (Gironde), la chapelle de l’ancien séminaire d’Amiens (Somme)[27], la chapelle Notre-Dame-de-l’Espérance à Versailles (Yvelines)[28], etc. À partir des années 1970, elle assure également l’aumônerie de nombreuses écoles qui leur sont confiées par des laïcs ou des clercs. C’est le cas de Saint-Michel, près de Châteauroux (Indre)[29] ou de l’Étoile du Matin à Bitche (Moselle)[30].

En Allemagne, où Mgr Lefebvre s’est rendu chaque année et où il a fondé le séminaire de Zaitzkofen (Bavière)[31], la Fraternité Saint-Pie X est présente depuis quarante ans. Elle y dessert des dizaines d’églises, comme à Bonn, la chapelle de l’hôpital régional de Rhénanie et y a construit des édifices religieux comme l’église Saint-Pierre à Berlin. En Autriche, elle a son siège au château de Jaidhof, légué par Madame von Gutmann[32].

Aux États-Unis, la Fraternité Saint-Pie X a établi à la fin des années 1970 un séminaire à Ridgefield (Connecticut) qu’elle a transféré à Winona (Minnesota). Faute de place, elle a fait édifier dès 2016, des bâtiments à Dillwyn (Virginie) pour accueillir la centaine de futurs prêtres. Mgr Lefebvre a établi la Fraternité en Afrique dès 1986 qui a essaimé à partir du Gabon. Il l’a également implantée en Amérique du Sud et en Asie.

Depuis 1975, le nombre de prêtres de la FSSPX augmente presque chaque année, et passe de quelques dizaines à plus de 600[33]. En 2017, la Fraternité Saint-Pie X dessert 772 centres de messe répartis dans 72 pays, de l'Allemagne au Zimbabwe[34]. Elle comprend près de 635 prêtres, 215 séminaristes, 116 frères, 195 sœurs, 79 oblates.

Le nombre de laïcs qui fréquentent les messes de la FSSPX est estimé de 150.000 (Henry Tincq)[35] à 600.000 (FSSPX)[36], le Cardinal Hoyos l'estimant en 2017 à "environ un demi-million de personnes"[37]. En réalité, ce chiffre est flou par nature, puisque certains fidèles viennent chaque dimanche, quand d'autres viennent plus rarement. Une étude de 2013 indique que 49% (15% "la plupart du temps" et 34% "de temps à autre") des fidèles de la FSSPX en France seraient près à retourner dans la paroisse territoriale s'il y trouvaient la liturgie traditionnelle[38].

Par ailleurs, plusieurs communautés religieuses se sont agrégées à la Fraternité Saint-Pie X au fil des ans, par attachement à la liturgie traditionnelle et pour conserver leurs constitutions telles qu’observées jusqu’aux réformes consécutives au Concile Vatican II. C’est le cas de la Fraternité de la Transfiguration, des dominicaines enseignantes du Saint Nom de Jésus de Fanjeaux (Aude) et de Saint-Pré (Var) dont les religieuses – environ 250 – tiennent des écoles pour filles. Plusieurs communautés contemplatives se réclament aussi de la Fraternité Saint-Pie X comme les dominicaines d'Avrillé (Maine-et-Loire), les capucins et les clarisses de Morgon (Rhône), les bénédictins de Bellaigue (Puy-de-Dôme), les franciscaines du Trévoux (Finistère)[39], ainsi que des ordres caritatifs comme les petites sœurs de Saint-Jean-Baptiste établies au Rafflay (Loire-Atlantique) et à Lourdes (Hautes-Pyrénées). La mouvance de la Fraternité Saint-Pie X compte environ 1500 prêtres, religieux et religieuses.

Organisation[modifier | modifier le code]

Façade de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à Paris

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X est une société de vie commune gouvernée par un Supérieur général élu pour un mandat de douze ans. À la suite de Mgr Marcel Lefebvre (1970-1982) puis de l'abbé Franz Schmidberger (1982-1994), Monseigneur Bernard Fellay est élu une première fois en 1994, pour un mandat de 12 ans; il entame un second mandat en 2006.

Le Supérieur général est assisté dans son gouvernement par les membres de son Conseil où siègent les Assistants généraux, également élus pour une période de douze ans ainsi que le secrétaire général. En 2006, l'abbé Niklaus Pfluger a été nommé Premier Assistant Général, l'abbé Alain-Marc Nély a été nommé Deuxième Assistant Général et l'abbé Christian Thouvenot a été nommé secrétaire général.

Le "chapitre" est une assemblée, qui élit le supérieur et ses deux assistants. En sont membres de droit[40]:

  • le Supérieur Général et ses deux Assistants
  • les évêques membres de la Fraternité
  • les anciens supérieurs généraux
  • le Secrétaire général et l’Econome général
  • les Directeurs des six séminaires
  • les Supérieurs de districts géographiques
  • les Supérieurs de maisons autonomes
  • les prêtres les plus anciens de la FSSPX, «dans la proportion d'un tiers des membres par office»[40].

La Fraternité est organisée en 14 « districts », c'est-à-dire des pays ou groupes de pays où elle possède plus de 3 prieurés formés et en 6 « maisons autonomes », qui sont des districts en préparation. Ces districts sont sous la responsabilité d'un « Supérieur ».

Elle assure la formation de ses futurs prêtres dans six séminaires[41], qui correspondent à son extension géographique:

  • le séminaire Saint-Pie-X, à Écône en Suisse (fondé en 1971) est le plus ancien et le plus célèbre. Les cours y sont en français.
  • le séminaire Saint-Curé-d'Ars, à Flavigny-sur-Ozerain en France. Les futurs séminaristes d'Ecône y font leur première année, les Frères de la FSSPX y sont formés.
  • le séminaire Saint-Thomas-d'Aquin[42], à Dillwyn en Virginie. Il s'est d'abord tenu à Armada dans le Michigan (de 1974 à 1979) puis à Ridgefield (de 1979 à 1988) et à Winona (de 1988 à 2016). Les cours y sont en anglais.
  • le séminaire de la Sainte-Croix[43], en Australie. Il forme des séminaristes issus d'Asie, d'Océanie et d'Afrique. Les cours y sont en anglais.
  • le séminaire Notre-Dame-Co-Rédemptrice[44], à La Reja (Buenos Aires) en Argentine. Les cours y sont en espagnol.
  • le séminaire Cœur-Sacré-de-Jésus[45], à Zaitzkofen en Bavière. Les cours y sont en allemand.

Pour ce qui est des manquements au droit canonique, Mgr Fellay est depuis 2015 reconnu par Rome comme juge en 1re instance pour les membres de la FSSPX. [46] La Fraternité peut donc juger ses prêtres qui auraient commis des fautes graves, et ils peuvent ensuite faire appel devant les tribunaux romains.

La branche sacerdotale de la Fraternité Saint-Pie-X (prêtres, frères et séminaristes) reste la plus connue du grand public mais l'œuvre est composée de trois autres branches :

Le symbole de la FSSPX se lit ainsi: "deux cœurs entrelacés symbolisent l’union parfaite qui existe entre Jésus et Marie. Ils sont unis dans le plan divin de rédemption, dans leur charité pour Dieu et dans leur miséricorde pour les hommes"[49]

Histoire des relations avec l'autorité romaine[modifier | modifier le code]

Les débuts (1970-1988)[modifier | modifier le code]

Mgr Lefebvre en 1981.

En 1970, Mgr Marcel Lefebvre fonde à Écône (Suisse) la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X à la demande de plusieurs séminaristes français. Les buts de cette fraternité sacerdotale sont « le sacerdoce et tout ce qui s’y rapporte et rien que ce qui le concerne ». Avec l'autorisation de Paul VI, l'institution est érigée canoniquement par Mgr Charrière, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg en tant que « pieuse union » pour une durée de trois ans ad experimentum renouvelables. De son côté, l'évêque de Sion l'autorise à fonder un séminaire à Écône.

Par la suite, Mgr Lefebvre continue de critiquer, plus ou moins violemment, la politique d'ouverture post-conciliaire, attaquant en particulier le dialogue inter-religieux auquel s'essaie l'Église catholique. Le , il publie un manifeste résumant ses positions :

« Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la Foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s'est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. […]

Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l'Église depuis dix-neuf siècles. […]

Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l'hérésie et aboutit à l'hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d'adopter cette Réforme et de s'y soumettre de quelque manière que ce soit. […]

C'est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l'étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures[50]. »

En conséquence, au printemps 1975, le nouvel évêque de Fribourg retire l'autorisation accordée par son prédécesseur à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X[51]. Malgré cela Mgr Lefebvre décide de continuer son action de formation de prêtres, et en juin 1976, il ordonne treize prêtres sans lettres dimissoires[52].

Le , Paul VI frappe Marcel Lefebvre d'une suspense a divinis[53] pour son opposition au Concile Vatican II et son opposition aux réformes qui s'y rattachent[54] et la Fraternité est dissoute. En réponse, dans une interview au Figaro, Mgr Lefebvre décrit Vatican II comme « un concile schismatique »[55]. Et le 29 août, Mgr Lefebvre célèbre la « messe de Lille »[56].

Après cette première fêlure dans l'union avec Rome, Mgr Lefebvre et la Fraternité Saint-Pie-X choisissent de continuer leur action en formant des prêtres, ouvrant des lieux de culte dans tout le monde chrétien avec la volonté de « maintenir et perpétuer le sacrifice glorieux et expiatoire du Christ dans l'Église »[réf. nécessaire]. Peu à peu, la fraternité se dote d'une structure hiérarchique distincte et séparée de l'Église romaine[réf. nécessaire], dans le but de « maintenir la Sainte Église catholique et romaine, vouloir la continuer et la continuer par le Sacerdoce[57] ». En janvier 1978, l'abbé Paul Aulagnier crée le magazine Fideliter, organe de communication du district français de la Fraternité[58]. Le 3 octobre 1984, Rome publie la lettre Quattuor abhinc annos[59] libéralisant sous certaines conditions la célébration de la forme tridentine du rite romain, sous la juridiction des évêques. La FSSPX, tout en se réjouissant de ce premier pas, reste très méfiante envers la hiérarchie diocésaine et demande une libéralisation générale des livres de 1962 ainsi qu'un statut juridique directement soumis au pape[réf. nécessaire]. En 1980, Mgr Lefebvre crée l'Institut Universitaire Saint-Pie X à Paris.

Mgr Lefebvre critique sévèrement la visite d'une synagogue par Jean-Paul II, ou les rencontres inter-religieuses d'Assise en 1986. À l'occasion de cette rencontre, donnant lieu à des prières pour la paix mondiale, tous les représentants religieux présents avaient prié chacun leur Dieu. Pour la tradition catholique, cela peut sembler dire que « toutes les religions se valent », ce qui fut toujours condamné par l'Église catholique[60]. Mgr Lefebvre affirme, lors d'une conférence spirituelle à Écône, que le pape est alors inspiré par le diable et les francs-maçons.

Les sacres épiscopaux et l'excommunication (1988)[modifier | modifier le code]

Les rapports sont maintenus avec Rome, et une tentative de normalisation de la situation de la FSSPX a lieu le 5 mai 1988, par la signature d'un accord entre le cardinal Ratzinger et Mgr Lefebvre[61]. Cet accord[62] reconnaissait le principe de l'ordination d'un évêque, le maintien de « la discipline spéciale concédée à la Fraternité par une loi particulière ». Mais le lendemain, 6 mai, Mgr Lefebvre revient sur sa signature[61].

Se sentant vieillir, et voulant garantir la pérennité de son œuvre, Mgr Lefebvre décide de procéder à des sacres d'évêques, même sans l'accord de Rome. Ce qu'il fait, malgré les mises en garde canoniques[63], le . Mgr Lefebvre, assisté de Mgr Antônio de Castro Mayer, évêque émérite de Campos, sacre quatre évêques, Alfonso de Galarreta, Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais et Richard Williamson.

Ce sacre d'évêques malgré l'interdiction de Rome relève de l'excommunication latæ sententiæ : l'individu s'excommunie lui-même, du simple fait de son acte, mais l'excommunication doit faire l'objet d'une déclaration publique. C'est ce que fait le cardinal Gantin, le 1er juillet 1988 par le décret Dominus Marcellus Lefebvre : il avertit toute personne de bonne volonté que Mgr Lefebvre a « posé un acte schismatique » en citant les canons 1364-1 et 1382 du Code de droit canonique

« L'apostat de la foi, l'hérétique ou le schismatique encourent une excommunication latæ sententiæ. » « L'Évêque qui, sans mandat pontifical, consacre quelqu'un Évêque, et de même celui qui reçoit la consécration de cet Évêque encourent l'excommunication latæ sententiæ réservée au Siège Apostolique[20]. »

Il déclare donc excommuniés Mgr Lefebvre lui-même, Mgr de Castro-Mayer, évêque coconsécrateur, et les quatre nouveaux évêques. Le 2 juillet 1988 par le motu proprio Ecclesia Dei[64], Jean-Paul II rappelle aux fidèles que nul ne doit ignorer que « l'adhésion formelle au schisme constitue une grave offense à Dieu et comporte l'excommunication prévue par le droit de l'Église ».

Des sacres d'évêques à la levée des excommunications (1988-2009)[modifier | modifier le code]

Les « ralliés » à Rome ou « communautés Ecclesia Dei »[modifier | modifier le code]

Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux

Certaines communautés de la mouvance traditionnaliste, comme les bénédictins du Barroux, n'acceptent pas la situation de schisme provoquée par les sacres du 30 juin. Ils sont canoniquement accueillis dans l'Église catholique en juillet 1988. Quelques prêtres de la FSSPX quittent alors la fraternité pour fonder la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, sur le modèle des accords du 5 mai. Une commission cardinalice — la Commission pontificale Ecclesia Dei — veille aux applications pratiques du motu proprio.

L'affaire de Campos[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2000, il n'y a plus de relations officielles entre Rome et la Fraternité. Celle-ci s'attache à développer son implantation mondiale et à fustiger les « ralliés »[réf. nécessaire]. En août 2000, la Fraternité Saint-Pie-X effectue un pèlerinage à Rome dans le cadre du Jubilé. À cette occasion, divers membres importants dont Bernard Fellay, le supérieur général, rencontrent le cardinal Castrillon-Hoyos, président de la commission Ecclesia Dei. Durant toute cette année 2000, les rencontres se multiplient[réf. nécessaire], mais à la mi-2001 les relations sont au point mort.

Une des communautés de la mouvance de la fraternité Saint-Pie-X, l'Union Saint-Jean-Marie-Vianney, de Campos au Brésil, dirigée par Mgr Rangel, continue quant à elle les pourparlers avec le Vatican, reconnaît le concile Vatican II interprété à la « lumière de la tradition » et la validité et licéité du rite de Paul VI et obtient le 18 janvier 2002 le statut « d'administration apostolique de caractère personnel » soumise directement au pape[65]. La forme tridentine du rite romain leur est reconnu comme rite propre.

Nouveaux ralliements[modifier | modifier le code]

Au sein de la Fraternité Saint-Pie-X, ce genre d'accord paraît satisfaisant à certains. Ainsi, au cours de l'année 2003, l'abbé Paul Aulagnier, ancien supérieur du district de France, exprime son soutien aux « accords de Campos » ; il est exclu de la FSSPX en octobre 2003. En 2004, l'abbé Philippe Laguérie, ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet exprime son mécontentement quant au fonctionnement des séminaires et à certains choix de la Fraternité ; il fait l'objet d'une mutation disciplinaire au Mexique, qu’il refuse. Bernard Fellay déclare alors que l’abbé Laguérie « ne faisait plus partie de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X ». La sanction est la même pour ceux qui lui avaient manifesté son soutien, tels les abbés Guillaume de Tanoüarn, Christophe Héry et Henri Forestier. Le 8 septembre 2006, les abbés Philippe Laguérie, Guillaume de Tanoüarn, Paul Aulagnier, Christophe Héry et Henri Forestier rejoignent la pleine communion avec l'Église catholique romaine au sein de l'Institut du Bon-Pasteur[66], avec l'usage exclusif des livres de 1962 et le droit à une « critique constructive » du concile Vatican II.

Les « ralliements » à la Fraternité Saint-Pie-X[modifier | modifier le code]

Le 30 juillet 2006, un pasteur luthérien suédois, Sten Sandmark, abjure le luthéranisme et fait profession de foi catholique en l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet devant Mgr Tissier de Mallerais[67], l'un des quatre évêques sacrés par Mgr Lefevre. La Fraternité Saint-Josaphat, fondée en 2001, regroupant des prêtres de rites slavons en Ukraine, se place dans la mouvance FSSPX en demandant à celle-ci des professeurs pour son séminaire. Mgr Bernard Tissier de Mallerais ordonne un prêtre de cette communauté en 2003. En 1995, Mgr Salvator Lazo, évêque émérite de La Union (Philippines), rejoint la FSSPX. Il décède en 2000[68].

Le motu proprio Summorum Pontificum[modifier | modifier le code]

Par le motu proprio Summorum Pontificum, publié le , le pape Benoît XVI, qui en tant que préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi était très sensibilisé au « problème traditionaliste », remet en valeur la forme tridentine du rite romain. Dans sa lettre aux évêques qui accompagne le motu proprio, le pape précise que l'un des buts de ce texte est la « réconciliation interne au sein de l’Église ».

Ces dispositions sont saluées par Bernard Fellay au nom de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Pour lui, ce « climat favorable instauré »[69] par Benoit XVI, et cette « indéniable avancée liturgique »[70] doivent précéder le retrait de excommunications et l'ouverture de vraies discussions doctrinales.

La levée de l'excommunication des évêques et Ecclesiae unitatem (2009)[modifier | modifier le code]

Par décret de la congrégation pour les évêques du 21 janvier 2009[71] signé par le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation, l'excommunication latae sententiae (c'est-à-dire de facto) qui frappait les quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre, Bernard Fellay, Alfonso de Galarreta, Bernard Tissier de Mallerais et Richard Williamson, est levée[72].

Ce même décret ajoute qu'« on espère que ce pas sera suivi de la réalisation rapide de la pleine communion avec l'Église, de toute la Fraternité de Saint Pie X[73] », signifiant que la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X n'est pas encore considérée comme en pleine communion[74] avec l'Église de Rome. D'après le droit de l'Église, la levée de l'excommunication n'est pas la réconciliation ou la réhabilitation, mais l'ouverture de la voie vers la réconciliation ; les quatre évêques demeurent suspendus (suspens a divinis), ce qui fait qu'il ne leur est toujours pas permis d'exercer leur ministère épiscopal au sein de l'Église catholique[75].

La vive émotion qui naît au sein de l'Église catholique, à la suite des propos négationnistes de l'un des quatre évêques et face à la position de la FSSPX par rapport au Concile Vatican II[76], amène Benoît XVI a préciser que la levée de l’excommunication pour les évêques de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) « ne signifiait pas de soi le retour à la pleine communion du mouvement intégriste, et qu’elle ne pouvait se faire que dans le respect de l’enseignement du Concile Vatican II »[77].

Bernard Tissier de Mallerais n'a pour sa part jamais été suspens a divinis, puisqu'il avait déjà été ordonné le 29 juin 1975[78], alors que la peine du Saint-Siège ne touchait que les prêtres ordonnés par Mgr Lefebvre à partir de juillet 1976[79]. L'ouverture dans la recherche du rapprochement se poursuit alors.

Ecclesiae unitatem[modifier | modifier le code]

Le , le Vatican publie le motu proprio Ecclesiae unitatem qui rattache la Commission Ecclesia Dei à la Congrégation pour la doctrine de la foi dirigée par le cardinal américain William Levada, motivant cette décision par le but que la FSSPX retrouve la pleine communion avec l'Église. Il rappelle toutefois que « la Fraternité ne jouira d'aucun statut canonique dans l'Église et ses ministres ne peuvent exercer de façon légitime aucun ministère » tant que les questions doctrinales demeurent[80]. Une semaine plus tôt, l'un des responsables de la FSSPX, Bernard Tissier de Mallerais, considéré comme le théologien de la FSSPX[81], déclare pour sa part que « les discussions n'avanceront que si Rome réforme sa manière de voir et reconnaît les erreurs dans lesquelles le Concile a mené l'Église[82].» La libération de la célébration de la messe selon la forme tridentine du rite romain et la levée des excommunications remplissent les conditions émises par Bernard Fellay[83] et permettent aux deux parties d'entamer des discussions portant sur des points de la doctrine considérée comme étant à l'origine de la division[84]. Ces réunions bilatérales débutent le 26 octobre 2009 et se terminent en juin 2011, avec un rythme bimestriel. Les conclusions de ces discussions restent confidentielles.

De la levée des excommunications à l'élection du pape François (2009-2012)[modifier | modifier le code]

Ordinations sacerdotales du 29 juin 2011[modifier | modifier le code]

Répondant à la presse au sujet des ordinations sacerdotales qui ont eu lieu au sein de la Fraternité Saint-Pie X le 29 juin 2011, le père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, a confirmé que ces ordinations sacerdotales étaient illégitimes. « Ce sont 20 nouveaux prêtres, dont 11 Français, qui ont en effet été ordonnés de façon illégitime – les évêques qui les ont ordonnés ont été consacrés de façon illégitime en dépit de l’opposition du pape, au séminaire d’Écône, en Suisse, en Valais et à Zaitzkofen, en Allemagne. Si, du point de vue sacramentel, les ordinations sont valides, ces prêtres ne peuvent pas administrer les sacrements. »[85]

Ces discussions n'empêchent pas des membres influents de la FSSPX de continuer leur critique des initiatives du pape, contre sa pensée voire sa personne[86] ou encore celles émise à l’encontre de la béatification de Jean-Paul II en mai 2011[87]. En août 2011, à l'issue de ces rencontres romaines, Bernard Fellay, réaffirme son opposition intangible à Vatican II, en se prévalant de quelques soutiens au sein de la Curie romaine, bien que leur nombre soit réduit. Pour Benoît XVI, la liberté religieuse, le dialogue inter-religieux, la collégialité épiscopale et l'évolution de la liturgie constituent des « points non négociables », qui avaient déjà fait l’objet d'un accord en 1988 avec Mgr Lefebvre avant que celui-ci ne se rétracte[87].

Le 14 septembre 2011, Bernard Fellay et deux assistants (Niklaus Pfluger et Alain-Marc Nély) sont reçus à Rome invités[87] par William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Luis Ladaria et Guido Pozzo[88], qui transmettent à la fraternité Saint-Pie X un « préambule doctrinal », document considéré par Rome comme préalable indispensable à une réintégration de la fraternité au sein de l'Église catholique[89]. Le préambule — soulignant en particulier le rôle doctrinal irrévocable du concile Vatican II, le respect de son authenticité et de la légitimité de son enseignement[90], jusqu'ici toujours réfuté par la fraternité — est une « base indispensable » à une « éventuelle » réconciliation avec la FSSPX. Le Vatican envisagerait en un tel cas la possibilité d'une « prélature personnelle internationale », à l'instar de la situation de l’Opus Dei. Les observateurs notent la similitude de formulation des conditions du Vatican avec les accords préalablement refusés en 1988 par Mgr Lefebvre[91].

Le préambule doctrinal est analysé par la direction de la FSSPX notamment au cours d'une réunion réunissant les responsables de cette dernière à Albano en octobre 2011. Début décembre 2011, une première réponse de la FSSPX est envoyée à Rome à la Commission Ecclesia Dei. Ce document n'est pas considérée comme une réponse par les autorités vaticanes qui demandent un complément d'information[92]. Bernard Fellay envoie un deuxième document début janvier qui sera finalement étudié par l'Assemblée plénière de la Congrégation pour la doctrine de la foi fin janvier 2012[93]. Les conclusions de cette étude sont négatives et la Congrégation pour la doctrine de la foi transmet le cas auprès du pape[94].

Le 16 mars, à l'issue d'une rencontre entre le cardinal Levada et Bernard Fellay, le Vatican publie un communiqué expliquant que la réponse fournie en janvier n'était pas suffisante pour parvenir à un accord et invite la fraternité à fournir des éclaircissements d'ici à mi-avril[95]. La réponse de la fraternité parvient le 17 avril 2012 par la signature du préambule doctrinal avec des modifications du texte original comme le permettaient les négociations[96].

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi analyse les modifications de la FSSPX lors d'une réunion avec le pape durant le mois de juin 2012. La version définitive est remise en main propre à Bernard Fellay à Rome le 13 juin 2012. La Congrégation, avec l'assentiment du pape, modifie le texte original du préambule pour inclure une reconnaissance complète du concile Vatican II et des textes du magistère relatif à ce dernier. Ce point constitue une condition inacceptable pour la FSSPX qui annonce, après son chapitre en juillet 2012, qu'elle ne peut accepter le préambule dans sa forme définitive[97].

Il s'ensuit une période de flottement concernant la suite à donner à ces discussions jusqu'à l'annonce par Mgr Gerhard Ludwig Müller de la fin des discussions avec les lefebvristes[98] début octobre 2012, peu avant la célébration du cinquantième anniversaire de l’ouverture de Vatican II, ces derniers persistant à refuser de reconnaitre l’entière validité du magistère du concile dont Benoît XVI a fait la « boussole » de son pontificat[99]. Rappelant qu'« il ne peut y avoir d’amputation à la foi catholique, surtout s'il s’agit d’énoncés qui ont été validés par le Concile Vatican II »[99], concile qui « ne contredit pas la tradition de l’Église mais corrige seulement de fausses interprétations de la foi catholique », le préfet marque la fin des négociations, la décision sur l'attitude à adopter à l'égard de la FSSPX restant entre les mains du Pape[100]. Le prélat rappelle néanmoins que « d'un point de vue pastoral, la porte reste toujours ouverte ».

Relations avec Rome, depuis l’élection du pape François (2012-2017)[modifier | modifier le code]

Mgr Fellay décrit, pendant l'été 2013, le pape François comme étant un moderniste avéré. En août du même été, le retour de l'archevêque Guido Pozzo au secrétariat de la Commission pontificale Ecclesia Dei est perçu comme une main tendue envers la FSSPX[101]. Le , Mgr Fellay tient des propos plus modérés en disant que le pape avait lu deux fois la biographie de Mgr Lefebvre[102] et l'avait appréciée et en considérant le pape comme un homme pragmatique, soucieux de ce que les autres pensent vraiment.

Reconnaissance argentine[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 2015, le cardinal Mario Aurelio Poli demande au ministère argentin des cultes de considérer la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X comme une association de fidèles de droit diocésain. Le 17 mars, la FSSPX est donc inscrite sur le registre des instituts de vie consacrée catholiques. En effet, en Argentine, le catholicisme bénéficie d’un statut protégé par la Constitution et tout institut se disant catholique doit obtenir une reconnaissance de l’Église catholique romaine pour bénéficier de ce statut. Selon un juriste argentin interrogé par le blog Adelante la Fe « c’est un geste unique qui dépasse toutes les avancées faites par Benoît XVI ». Il ajoute qu’« un tel geste n’a pu être posé sans l’aval de Rome », d’autant plus que Mgr Poli est le propre successeur de Bergioglio à la tête de son diocèse; ce dernier ayant déjà aidé la FSSPX à obtenir des visas pour son séminaire[103].

Visites[modifier | modifier le code]

À l'occasion de la nouvelle excommunication de Richard Williamson déjà exclu de la FSSPX depuis 2012, Mgr Pozzo affirme, en mars 2015, que des rencontres ont lieu avec certains prélats de la FSSPX pour aplanir les difficultés doctrinales subsistant; expliquant qu'en outre, les problèmes sont « internes à la fraternité »[104]. En août 2015, après avoir visité deux séminaires de la Fraternité à la demande du Saint-Siège, Mgr Athanasius Schneider déclare qu'« il n'y a pas de raisons sérieuses pour refuser au clergé et aux fidèles de la FSSPX la reconnaissance canonique officielle »[105].

Validité des confessions[modifier | modifier le code]

Le , le pape François, par une lettre publique destinée à l'archevêque Rino Fisichella (Président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation), complétant la bulle Misericordiae vultus en donnant conseils et instructions quant au Jubilé de la Miséricorde, permet une mesure d'exception valable le temps du Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde. Pendant cette période, allant du au , les fidèles pourront se rapprocher de prêtres de la FSSPX afin de se confesser durant le dit jubilé et auront la possibilité de recevoir l'absolution, licite et valide, pour leurs péchés[106],[107].

Dans un communiqué, la fraternité salue le « geste paternel » du pape[108]. L'abbé Franz Schmidberger estime que le pape « va certainement finir par normaliser complètement la FSSPX en lui conférant une structure canonique », que ce soit une prélature personnelle ou un ordinariat personnel. Il ajoute : « Sans doute, voit-il dans notre Fraternité une force qui peut participer activement à la ré-évangélisation nécessaire de partout. D’autre part notre œuvre correspond aujourd’hui à sa demande en ce qui concerne l’esprit de pauvreté »[109].

Validité des mariages[modifier | modifier le code]

Dans la lettre Misericordia et misera signée le jour de la clôture du jubilé, le pape François décide de prolonger cette autorisation « jusqu’à ce que soient prises de nouvelles dispositions »[110]. De même, le , par une lettre de la Commission pontificale Ecclesia Dei, explicitement approuvée par le pape, le Saint-Siège autorise et fixe les règles pour les mariages de fidèles catholiques par des prêtres de la FSSPX[111].

Rumeurs de reconnaissance imminente[modifier | modifier le code]

Le 3 mai 2017, l’hebdomadaire La Vie rend compte de ce que la réconciliation «n'a jamais été aussi proche», et cite à l'appui aussi bien Mgr Guido Pozzo que plusieurs de ses déclarations précédentes. La Vie écrit que selon la presse italienne «au fond, l’unité a déjà été rétablie» du fait des divers juridictions (confessions, mariages) reconnues aux prêtres de la FSSPX. La volonté personnelle du pape serait d'un grand poids, en particulier le fait qu'il privilégie une approche pastorale qui se "révèle finalement plus efficace que l’approche doctrinale". [112]

Divergences de position, sur la doctrine et la liturgie[modifier | modifier le code]

La querelle entre Rome et la Fraternité, par-delà ses aspects juridiques, tient à des divergences sur l'expression du dogme, comme sur la liturgie. La FSSPX exprime des doutes, voire des refus sur certains points du Concile Vatican II, position que l'abbé Schmidberger résume ainsi: "Mgr Lefebvre a toujours distingué trois parties dans le Concile: la plus grande part, qui concorde parfaitement avec l’enseignement précédent de l’Église, une seconde partie d’ambiguïtés qui nécessitent une parole de clarification, et enfin un nombre relativement limité de contradictions, qui ne doivent pas perdurer"[113].

Les points sensibles[modifier | modifier le code]

Ainsi la FSSPX refuse l’aggiornamento et ce qu'elle nomme les mesures libérales du Concile Vatican II, notamment :

  • la liberté religieuse qui, selon elle, s'opposerait à la doctrine de la royauté sociale du Christ ;
  • la collégialité, qui diluerait et lierait l'autorité pontificale en accordant trop de pouvoir aux conférences épiscopales ;
  • l'œcuménisme selon la doctrine issue de Vatican II, et ce qui serait son corollaire: l'abandon du prosélytisme ou de la mission. La FSSPX, estime que sur le plan symbolique, par exemple, "l'image du Pape priant en même temps que des chefs de (fausses) religions induit invinciblement dans l’esprit la conviction que toutes les démarches religieuses sont légitimes et plus ou moins égales"[114]. Sur le plan doctrinal, la FSSPX résume ainsi la doctrine œcuménique issue de Vatican II: "Il y a ainsi diverses sphères d’appartenance à l’Église du Christ, et l’Église est unie même à ceux qui ne sont pas dans l’Église catholique. C’est la communion imparfaite : l’Église du Christ “subsiste” dans l’Église catholique (ce qui produit la communion parfaite) et “existe” dans les autres Églises, selon divers modes (ce qui produit la communion imparfaite)"[115]. Selon la FSSPX, cette doctrine nouvelle contredirait la doctrine traditionnelle sur l’œcuménisme[116], à laquelle elle reste attachée.
  • les modifications dans la liturgie.

Une réponse romaine[modifier | modifier le code]

Le cardinal Castrillon-Hoyos, préfet de la Congrégation du clergé, énumère dans une lettre du 5 avril 2002 à Bernard Fellay plusieurs points de contestation, indiquant : « Je me permets (…) d'énumérer quelques-unes de ces attitudes et affirmations contradictoires dans lesquelles votre Fraternité semble s'être hasardée, qui suscitent la perplexité et sont en contradiction avec la Tradition de l'Église ».

Sur le plan doctrinal, le cardinal Castrillon-Hoyos rappelle les enseignements du premier concile du Vatican, selon lesquels la papauté est exempte de tout risque d'erreur. Pour lui, le magistère pontifical de Jean-Paul II ne contredit donc pas l'enseignement antérieur de l'Église. Il rappelle que les « états de nécessité » invoqués par la Fraternité pour justifier les ordinations de 1988 sont toujours soumis au jugement du pape et ne peuvent être invoqués contre celui-ci ou en dehors de lui. Enfin, il reproche aux prélats de la Fraternité leurs « manques de charité » et leur ton volontiers polémique[117].

Liturgie[modifier | modifier le code]

La FSSPX célèbre exclusivement la messe selon le rite dit « de saint Pie V » ou forme tridentine du rite romain, aujourd'hui dénommé forme extraordinaire du rite romain, en latin dans sa version de 1962. La FSSPX reconnaît la validité de la messe de Paul VI[118] (Novus Ordo Missae), la forme ordinaire, mais selon elle cette messe se pose en rupture brutale avec la tradition de l'Église et affaiblit l'expression de la doctrine sur le sacrement de l'Eucharistie. Certains défenseurs du missel de Paul VI rétorquent que celui-ci a été conçu dans le cadre du mouvement liturgique, pour renouer justement avec la grande tradition inspirée de l'Église primitive et des Pères de l'Église[119] : en ce sens, il se veut plus conforme à la tradition que le rite de Pie V. Ils contestent également tout affaiblissement de la doctrine eucharistique.

Ainsi, à la suite de plusieurs critiques de certains membres de la Curie[120],[121], les disciples de Mgr Lefebvre dénoncent le caractère « équivoque » de la nouvelle liturgie qui serait susceptible de permettre une interprétation « protestante » de la messe : ils reprochent notamment à la réforme liturgique d'avoir affaibli et obscurci la conception traditionnelle de la messe (tel que son caractère propitiatoire par exemple) afin de faciliter le dialogue avec les communautés protestantes. Pour la FSSPX, la modification de la liturgie traditionnelle est emblématique des modifications apportées par le Concile Vatican II. Mgr Lefebvre écrit ainsi dans une déclaration du  :

« On ne peut modifier profondément la lex orandi sans modifier la lex credendi. À messe nouvelle correspond catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, Église charismatique, pentecôtiste, toutes choses opposées à l'orthodoxie et au magistère de toujours. »

La publication du motu proprio Summorum Pontificum a levé une grande partie des difficultés dues à l'interdiction de facto de la forme tridentine du rite romain.

Situation canonique[modifier | modifier le code]

Point de vue romain[modifier | modifier le code]

À la suite d'une demande de Mgr Norbert Brunner, évêque catholique romain de Sion (Suisse), diocèse dans lequel sont situés, à Écône, le séminaire et la Fraternité Saint-Pie-X, Rome, par l'intermédiaire de la Congrégation des évêques et le Conseil pontifical pour l'interprétation des textes législatifs, émet cet avis :

  1. Le droit canon revu en 1983 précise que le sacre d'évêque sans mandat du Saint-Siège cause une excommunication automatique (latæ sententiæ) du prélat qui ordonne et des ordinands. C'est à Rome que revient ensuite de rendre publique cette sanction. Par la lettre Dominus Marcellus Lefebvre[20] du 1er juillet 1988, le cardinal Gantin effectue cette procédure.
  2. le délit de schisme est, pour le Conseil pontifical pour l'interprétation des textes législatifs, le processus d'éloignement de la communion hiérarchique[122]. En conséquence, le fait de persévérer dans la désobéissance à l'autorité légitime à la suite de l'acte schismatique de 1988, entraîne une scission entre la FSSPX et Rome.

Pour l'Église catholique, si tous les prêtres et évêques membres de la FSSPX sont validement ordonnés, leur statut juridique n'est pas conforme aux lois ecclésiales. En conséquence, baptême, eucharistie, confirmation, ordination et sacrement des malades sont tout à fait valides, même si effectués dans un cadre illicite. En revanche, pour être valides, les sacrements de pénitence et de mariage doivent être conférés par un ministre ayant reçu juridiction pour le faire.

Pour autant, le cardinal Castrillon-Hoyos, préfet de la Congrégation du Clergé et président de la Commission Ecclesia Dei explique le 13 novembre 2003 « Nous ne sommes pas face à une hérésie. On ne peut pas dire en termes corrects, exacts, précis qu’il y ait un schisme. Il y a, dans le fait de consacrer des évêques sans le mandat pontifical, une attitude schismatique. Ils sont à l’intérieur de l’Église. Il y a seulement ce fait qu’il manque une pleine, une plus parfaite – comme cela a été dit durant la rencontre avec Mgr Fellay – une plus pleine communion, parce que la communion existe. »

Cependant, le 23 février 2006, ce même cardinal précise dans un courrier au sujet du départ de séminaristes indiens de la FSSPX vers le diocèse : « Le témoignage de ces séminaristes donne raison aux sérieuses inquiétudes quant à la mentalité séparatiste qui les a entourés au séminaire de Goulburn. » Ainsi, pour lui, le schisme n'est pas consommé mais il peut le devenir. Il a confirmé cette opinion lors d'un entretien le 16 mars 2007[123].

En mai 2008, le cardinal Castrillon-Hoyos estime qu'« il y a des signes positifs ; il y a un dialogue non interrompu…Je considère viable une réconciliation avec la Fraternité Saint-Pie-X parce que, comme nous l'avons souvent dit à Ecclesia Dei, il ne s'agit pas d'un vrai schisme mais d'une situation anormale apparue après l'"action schismatique" de monseigneur Lefebvre avec l'attribution de l'épiscopat sans mandat pontifical, à l’encontre de la volonté exprimée par le Pape. Dans mon cœur, j'ai une grande confiance que le Saint-Père réussira à retisser les liens de l'Église avec l’accès de ces frères à la pleine communion. Il restera toujours quelques différences, comme nous en avons toujours eu dans l'histoire de l'Église »[124].

Mais en décembre 2013, le préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, Gerhard Müller expose explicitement que si « l’excommunication canonique des évêques pour les ordinations illégales a été révoquée, [...] il reste l’excommunication sacramentelle, de facto, pour le schisme », la FSSPX s'étant éloignée de la communion avec l’Église, communion qui implique d'accepter les conditions de l’Église catholique et la reconnaissance de l’autorité du Pape comme critère définitif d’appartenance »[125] .

Cependant, concernant l'année sainte du Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde, allant du au , le pape François a déclaré que ceux approchant les prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, pour se confesser durant le dit jubilé, auraient la possibilité de recevoir l'absolution, licite et valide, pour leurs péchés[106],[107].

La position de la Fraternité Saint-Pie-X[modifier | modifier le code]

Dès les sacres de 1988, la FSSPX publie plusieurs articles justifiant ses choix. À la fin des années 1990, la FSSPX lance une campagne d'information auprès de ses fidèles. Un tract est largement distribué, proclamant en première page  :

« La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X est-elle schismatique ? excommuniée ? Rome répond non ! Les fidèles peuvent-ils assister à une Messe de Saint Pie V célébrée par un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X ? Oui ! »

La base argumentaire repose sur plusieurs points :

L’état de nécessité 
« En effet, lorsque l'extrême ou quasi extrême nécessité spirituelle de l'individu (danger de mort) ou la grave nécessité spirituelle d'un grand nombre (par exemple la diffusion incontestée d'une hérésie) le requièrent, et que le secours des Pasteurs ordinaires manque, toutes les limitations posées par le droit ecclésiastique tombent, et tout ministre de Dieu (prêtre ou Évêque) a le devoir de faire, donc légalement, même « sans l'autorisation nécessaire », tout ce qu'il peut validement faire par droit divin en vertu de son pouvoir d'ordre. S'il ne le faisait pas, il pécherait mortellement, parce que le droit divin naturel et positif oblige à secourir, chaque fois que c'est possible, toute personne en état de grave nécessité. » (Voir, entre autres, Saint Alphonse, Teologia Moralis, I.3, tract. 3 n. 27 et I.6, tract. 4, n. 560 ; F. Suarez De charitate disput. 9, sect. II, n. 4 : Billuart De charitate disert. IV, art. 3 ; Saint Thomas, S. Th. Suppli Q. 8 a. 6.3 ; Cappello, Summa Iuris Canonici vol. I, p. 258, n. 258 § 2.)[126].
La volonté de schisme 
pour qu’il y ait schisme, selon le canon no 1364, il faut qu’il y ait volonté de créer une Église parallèle. Or, pour la FSSPX, cette volonté n'a jamais existé, donnant pour arguments que lors de la messe les prêtres prient pour le pape régnant, que les sédévacantistes sont exclus de la Fraternité, et que la Fraternité adhère totalement à la doctrine catholique. De plus, pour eux, Rome n'a jamais défini en quoi la FSSPX était schismatique.
L’invalidité des excommunications 
citant le canon no 1323 « N'est punissable d'aucune peine la personne qui, lorsqu'elle a violé une loi ou un précepte, a agi forcée par une crainte grave, ou bien poussé par la nécessité, ou pour éviter un grave inconvénient, a commis une violation… », ainsi que le canon no 1324, qui réduit la peine pour celui qui se croyait en état de nécessité, la FSSPX défend le fait que s'il y a eu acte schismatique, les circonstances atténuantes de ces deux canons font que le terme d'excommunication n'aurait pas dû être prononcé et que celle-ci est par là-même invalide[127].

Controverses et polémiques[modifier | modifier le code]

Les fidèles de la FSSPX sont parfois présentés comme « nostalgiques de la Vendée, de Vichy et de l’Algérie française »[128], plus généralement d’« extrême-droite », voir « fascistes »[129],[130]. Selon un prêtre de la FSSPX, « l’assimilation à l’extrême droite est commune chez les journalistes. »[131]

Soupçon général d’extrême-droite[modifier | modifier le code]

Des filiations existent certainement, entre des engagements politiques personnels et les positions traditionalistes. Mais l’historien Luc Perrin[132] s’élève contre la tentation d’« une réduction du catholicisme intégriste au maurrassisme ». Il cite  Florian Michel: «Les affaires franco-françaises ne sont plus seules à l’horizon. C’est un argument sérieux, sans compter que le séminaire d’Écône est en Suisse et que le mouvement lefebvriste fera des émules dans des contrées –les États-Unis par exemple– où les charmes de Maurras et de l’Action française ne pouvaient guère opérer» (De Mgr Lefebvre à Mgr Williamson, Paris, Lethielleux-DDB, 2009). Luc Perrin cite[132] également Emile Poulat «Je ne sais pas dans quelle mesure l’ensemble des traditionalistes sont eux-mêmes maurrassiens» (1985). Il note aussi[132] que des maurrassiens assumés comme Jean Madiran ou Yves Chiron ont opté pour la communion romaine, tandis que l’abbé Georges de Nantes s’est toujours tenu à l’écart de la FSSPX.

La Fraternité et la politique[modifier | modifier le code]

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X reprend la doctrine catholique quant à l'engagement en politique : « L'action politique, réellement politique, concrètement politique, fait partie du devoir d'état, même si ses modalités pratiques peuvent varier d'un individu à l'autre en fonction des capacités, des situations et des urgences[133] ». Tissier de Mallerais explique[134] que, selon les paroles du Christ « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Mt 22, 21) », le domaine temporel, celui de la société civile, et le domaine spirituel, celui de l'Église sont souverains chacun en son genre, sans pour autant devoir être dissociés. Pour lui, le bien commun, but de la société civile est lié au salut éternel, but de l'Église.

Dans ce contexte, les membres (clercs) de la FSSPX n'ont pas d'engagement politique partisan, car cela risquerait d'entraîner la confusion des domaines, et ce même si certaines activités spirituelles ont pu susciter un certain trouble, comme les pèlerinages à l'île d'Yeu, sur la tombe du maréchal Pétain[135],[136] à l'instar de celui du 22 septembre 2007 au cours duquel, l’abbé de Cacqueray « compare le combat du maréchal Pétain pour la France à celui de Mgr Lefebvre pour l’Église[135]. ». Néanmoins, la Fraternité regroupe des franges diverses. René Lefebvre (en), le père du fondateur Mgr Marcel Lefebvre, est mort en déportation en Allemagne et l’archevêque lui-même avait rencontré à plusieurs reprises l’ambassadeur de France à Rome, Gilbert Pérol. Cet ancien directeur du protocole du général de Gaulle à l’Élysée s’était rapproché de l’archevêque dans les années 1980. Son épouse défend la Fraternité notamment dans un livre[137] et sa messe d’obsèques eut lieu à Saint-Nicolas du Chardonnet.

Certains observateurs pointent cependant que la sécession des traditionalistes a, au-delà des éléments idéologiques, des fondements politiques et que les liens de la FSSPX avec l'extrême droite sont « notoires » en France[9] et en Belgique[10].

Ainsi, nombre de laïcs proche de cette fraternité ont un engagement politique[réf. nécessaire]. En lien avec la doctrine catholique, ils sont très opposés au communisme que le pape Pie XI a fermement condamné en 1937, par l'encyclique Divini Redemptoris. Ils sont aussi fidèles à l'enseignement de l'Église sur le « droit à la vie » développé par l'encyclique Evangelium vitae en 1992. Ces fidèles refusent généralement de militer dans des mouvements ou partis qui ne sont pas en accord avec la doctrine morale de l'Église. C'est la raison pour laquelle l'abbé Laguérie, membre de la FSSPX jusqu'en 2004, avait reconnu en 1991 le Front national comme « le parti le moins éloigné du droit naturel » du fait de son opposition de l’époque à l’avortement et à l’euthanasie. En France et en Belgique, un certain nombre d'associations à buts politique, telle Belgique et Chrétienté se réclament de cette doctrine morale de l'Église telle qu'elle est prônée par la FSSPX.

Protection de Paul Touvier[modifier | modifier le code]

C'est dans un prieuré administré par la FSSPX que Paul Touvier, milicien recherché pour crime contre l'humanité, était caché par l'ordre des chevaliers de Notre-Dame. Il fut arrêté dans ce prieuré, situé dans la vieille ville de Nice le 24 mai 1989, avant d'être condamné en 1994 pour crime contre l'humanité[138].

C'est le journal Le Canard enchaîné qui publie en 1989 que Paul Touvier, est protégé par l'Ordre des chevaliers de Notre-Dame. Avertie, la gendarmerie lance une enquête sur l'Ordre en mai 1989, réussissant à arrêter Paul Touvier qui se cachait au prieuré Saint-Joseph de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X à Nice. Jean-Pierre Lefevre, secrétaire général de la Fraternité Notre-Dame-de-la-Merci et ancien de la Division Charlemagne (Waffen-SS) qui finançait chaque mois la cavale de Paul Touvier, se justifie en parlant de « l'aide apportée à une famille en détresse qui nous a valu une publicité de mauvais aloi dans une certaine presse »[139],[140],[141].

Relations avec les évêques diocésains[modifier | modifier le code]

Les rapports varient selon les diocèses et avec le temps. Jusqu'à la période la plus récente, en France notamment, nombre d'évêques s'en tiennent strictement à l'irrégularité juridique de la FSSPX pour opposer une fin de non-recevoir aux demandes de ses prêtres et de ses fidèles[142]. Des évêques expriment également leur circonspection face aux gestes d'ouverture de Rome, dont ils craignent qu'ils soient perçus comme une remise en cause des réformes post-concilaires[143],[144]. Par ailleurs, dans un contexte général de diminution de la présence catholique mais d'extension de la FSSPX, des évêques font parfois "barrage pour que la FSSPX n'achète pas le patrimoine"[145]

D'autres évêques prennent en compte l'avancée des relations avec Rome, dans une politique de détente. C'est ainsi qu'à Carcassonne, Mgr Alain Planet donne délégation aux prêtres de la FSSPX pour célébrer directement les mariages[146], ou qu'à Lourdes le pèlerinage de la FSSPX est chaque année accueilli dans une basilique[147].

La FSSPX et l'évêque d'Amiens[modifier | modifier le code]

En 2007, la Fraternité Saint-Pie-X d'Amiens arrive au terme du bail de la chapelle qu'elle occupait jusque là, le propriétaire souhaitant la transformer en crèche dans le cadre d'un projet global. La FSSPX demande alors à l'évêque Mgr Bouilleret la mise à disposition d'une église ou d'une chapelle pour célébrer la messe avec ses propres officiants selon la forme extraordinaire du Rite Romain, c'est-à-dire selon le missel de 1962, en s'appuyant sur le motu proprio Summorum Pontificum du pape Benoît XVI de juillet 2007. À la suite de la réponse négative de l'évêque d'Amiens par lettre du 16 septembre 2007 et à la suite de l'échec d'une tentative de dialogue avec l'évêque, la FSSPX a organisé des messes sur le parvis de la cathédrale ou devant l’église Saint Germain depuis le 11 novembre 2007[148].

Le 25 novembre 2007, Mgr Bouilleret a annoncé qu'une messe tridentine serait célébrée à Amiens par un prêtre diocésain un dimanche sur deux. Les membres de la FSSPX n'ont pas souhaité assister à ces célébrations.

Mgr Bouilleret estime que le motu proprio s'adresse aux catholiques traditionalistes qui sont en pleine communion avec le pape et l'évêque du lieu, ce qui n'est pas le cas des fidèles de la Fraternité Saint Pie X[149]. Il fait valoir que la municipalité d'Amiens pourrait mettre une salle à disposition, ce que les membres de la FSSPX refusent.[réf. nécessaire] Ses membres poursuivent leur manifestation sous forme de messe sur les parvis d'églises. Pour eux, il s'agit de demander à l'évêque le prêt d'une église. L'évêque souligne que les lefebvristes « démontrent ainsi que les enjeux ne sont pas la messe en latin mais ceux de l'unité de l'Église catholique romaine », dimension que, selon lui, les membres de la FSSPX « ne comprennent pas[150] ».

En 2013, la FSSPX acquiert[151] finalement la chapelle de l'ancien Grand séminaire des Lazaristes, la chapelle Saint Vincent de Paul, où elle s'installe aux Rameaux 2015.

L'affaire Williamson[modifier | modifier le code]

Section détaillée dans la page : Richard Williamson.

Début 2009 sont publiées et largement médiatisées des déclarations négationnistes de Mgr Richard Williamson, l'un des 4 évêques de la Fraternité Saint Pie X. Après divers sanctions internes, Mgr Williamson est finalement exclu en 2012. Il fonde par la suite son propre mouvement, de taille réduite.

La FSSPX et le sédévacantisme[modifier | modifier le code]

La situation irrégulière de la Fraternité Saint-Pie X entraîne une remise en cause de la soumission au pouvoir pontifical. La position de la Fraternité est un refus du sédévacantisme[152]. Certains prêtres qui, tel l’abbé Claude Barthe — qui est depuis revenu sur ces positions en 1980 — ou l'abbé Daniel Dolan en 1983[153], ont exprimé à une époque cette opinion, ont été exclus de la Fraternité.

Quelques lieux de culte de la FSSPX[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X- Les statuts de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X approuvés par Mgr Marcel Lefebvre », sur laportelatine.org (consulté le 7 septembre 2015)
  2. « FSSPX - La restauration du sacerdoce catholique » (consulté le 17 avril 2017)
  3. Unité des chrétiens, article faisant l'historique des relations entre le Vatican et la FSSPX sur le site http://www.catholique.org.
  4. « Cardinal Hoyos: ´la Fraternité saint Pie X à l’intérieur de l’Eglise` », télévision TV Canal5,‎ , "Ce dialogue semble avoir reçu un nouvel élan avec la rencontre l’été dernier à Castel Gandolfo entre Benoit XVI et le supérieur de la Fraternité saint Pie X, Mgr Fellay. Nous ne sommes pas face à une hérésie. On ne peut pas dire en termes corrects, exacts, précis qu’il y ait un schisme. Il y a, dans le fait de consacrer des évêques sans le mandat pontifical, une attitude schismatique. Ils sont à l’intérieur de l’Eglise. Il y a seulement ce fait qu’il manque une pleine, une plus parfaite – comme cela a été dit durant la rencontre avec Mgr Fellay – une plus pleine communion, parce la communion existe." (lire en ligne)
  5. « Lettre de Benoît XVI », Libération.fr,‎ , "Une ordination épiscopale sans le mandat pontifical signifie le danger d’un schisme, parce qu’elle remet en question l’unité du collège épiscopal avec le Pape." (lire en ligne)
  6. ainsi que la commission Ecclesia Dei le rappelle en novembre 2012, cf. « Les prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X « n’exercent pas de ministères légitimes », rappelle Ecclesia Dei », in La Croix, 27/11/2012
  7. Émile Poulat in Nelly Schumacher, « Intégrisme, un terme qui vient de loin », entretien avec Émile Poulat in croire.com, 15/11/2006, article en ligne
  8. « Intégristes ou traditionalistes », Site internet de La Croix, 7 mars 2010.
  9. a et b Günther Nonnenmacher, « Ein Politikum », in Frankfurter Allgemeine Zeitung, 29/01/2009 article en ligne, cité par Marie Béloeil, Benoît XVI, un pape bien mal avisé, in Courrier international, 29/01/2009, article en ligne
  10. a et b S.H « La mouvance d'extrême droite des Lefebvristes, Escada et Cie », sur le site RésistanceS, 23/02/2009.
  11. AFP, « Le pape annule l'excommunication de 4 évêques intégristes dont un négationniste », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  12. « Mgr Müller pourrait clore le dialogue avec les lefebvristes », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  13. « Le supérieur de la Fraternité Saint-Pie-X a brièvement rencontré le pape François », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  14. « Fraternité Saint Pie X : le sacrement de mariage valide et licite », sur www.famillechretienne.fr (consulté le 17 avril 2017)
  15. Statuts de la FSSPX
  16. [1]
  17. a, b et c Thierry Blot (préf. Card. Darío Castrillón Hoyes), Le curé, pasteur : Des origines à la fin du XXe siècle : étude historique et juridique, Pierre Téqui, , p. 421
  18. a et b Jean Anzévui, Le Drame d'Écône : historique, analyse et documents, Valprint, , p. 86-88
  19. (c. 2279 § 1, 2° du CIC de 1917), cité par Thierry Blot, op. cit., 2000, p. 421
  20. a, b et c Décret d'excommunication de Mgr Lefebvre, 1er juillet 1988 par le Préfet de la congrégation pour les Evêques sur le site Sacrosanctum-concilium
  21. avis de la FSSPX quant à sa situation juridique
  22. L'"association cultuelle Fraternité Sacerdotale Saint Pie X" est juridiquement une structure distincte de la FSSPX. C'est une association cultuelle régie par les lois des 1er juillet 1901, 9 décembre 1905 et 2 janvier 1907, dont la création est publiée au JO du 15 août 1980.
  23. Jurisprudence de 1997 cassant la décision du ministère de l'intérieur qui ne reconnaissait plus la dimension cultuelle de la FSSPX, décision confirmée en appel : Cour administrative d'appel de Paris, 1re chambre, du 12 novembre 1999, 97PA00294, publié au recueil Lebon
  24. René Guitton, La France des Intégristes, Flammarion, (ISBN 978-2-0812-9093-8, lire en ligne), page 16
  25. « Lieux du Paris Chrétien », sur paris.catholique.fr,
  26. « Messe en latin : la rébellion encore vivace - 28/01/2012, Thouars (79) - La Nouvelle République », sur www.lanouvellerepublique.fr (consulté le 17 avril 2017)
  27. « Les lefebvristes ont tissé leur toile sur l’ensemble du territoire français », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  28. « Notre Dame de l'Espérance »
  29. Frédéric Potet-Châteauroux Envoyé spécial, « Polémique à Châteauroux, où les catholiques intégristes remplacent les militaires », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  30. « Les coulisses de l’Etoile du matin à Eguelshardt », Le Républicain Lorrain,‎ (lire en ligne)
  31. (de) « Fraternité Saint-Pie X: 57 candidats au sacerdoce en 2016 - cath.ch », sur cath.ch (consulté le 17 avril 2017)
  32. (de) « Das "Kuschel-Christentum" und seine Kritiker », Der Standard,‎ (lire en ligne)
  33. « Statistiques - Maison générale », sur fsspx.org (consulté le 18 avril 2017)
  34. « FSSPX - Trouver un lieu de Messe » (consulté le 17 avril 2017)
  35. Henri Tincq, « «L'église de Benoît XVI écartelée» », Slate.fr,‎
  36. (de) Peter Wensierski & Steffen Winter, « «Helden der Antimoderne» », Der Spiegel,‎ , p. 32
  37. « Cardinal Castrillon: The Lefebvrians never made a complete schism », sur www.romereports.com (consulté le 18 avril 2017)
  38. « Une "radiographie" des fidèles de la FSSPX - Matinale - La Vie », sur www.lavie.fr (consulté le 18 avril 2017)
  39. « Petites Soeurs de St François - Le Trévoux : action de grâces en Bretagne », Le Post,‎ (lire en ligne)
  40. a et b District de France FSSPX, « FSSPX - Fideliter 171 : le chapitre général de juillet 2006 », sur laportelatine.org (consulté le 19 avril 2017)
  41. (en) « Our seminaries - General House », sur fsspx.org (consulté le 19 avril 2017)
  42. (en) « St. Thomas Aquinas Seminary », sur stas.org (consulté le 19 avril 2017)
  43. (en) « Holy Cross Seminary », sur www.holycrossseminary.com (consulté le 19 avril 2017)
  44. (es) « Seminario de La Reja - AR », sur lareja.fsspx.org (consulté le 19 avril 2017)
  45. (de) « Home - Priesterseminar Herz Jesu », sur www.priesterseminar-herz-jesu.de (consulté le 18 avril 2017)
  46. « Mgr Fellay, mandaté par le Vatican pour juger un prêtre lefebvriste - Catholicisme - La Vie », sur www.lavie.fr (consulté le 19 avril 2017)
  47. « Oblates de la Fraternité Saint-Pie X - Maison générale », sur fsspx.org (consulté le 19 avril 2017)
  48. « Le Tiers-Ordre | FSSPX », sur archives.fsspx.org (consulté le 19 avril 2017)
  49. « La forme des deux cœurs - Maison générale », sur fsspx.org (consulté le 21 avril 2017)
  50. « La déclaration de Mgr Marcel Lefebvre du 21 novembre 1974 - Mgr Lefebvre », sur marcellefebvre.info (consulté le 21 avril 2017)
  51. Lettre de l'évêque de Fribourg à Mgr Lefebvre le 6 mai 1975 sur le site sacrosanctum-concilium
  52. Document donnant le pouvoir de juridiction à un évêque.
  53. Notification de la suspense par la congrégation des évêques le 22 juillet 1976, Site de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X
  54. Article de l'Osservatore Romano du 26 juillet 1976 sur le site sacrosanctum-concilium
  55. "Nous croyons pouvoir affirmer, en nous en tenant à la critique interne et externe de Vatican II, c’est-à-dire en analysant les textes et en étudiant les avenants et aboutissants de ce concile, que celui-ci, tournant le dos à la tradition et rompant avec l’Église du passé, est un concile schismatique (…) Tous ceux qui coopèrent à l’application de ce bouleversement, acceptent et adhèrent à cette nouvelle Église conciliaire comme la désigne S.E. Mgr Benelli dans la lettre qu’il m’adresse au nom du Saint-Père, le 25 juin dernier, entrent dans le schisme" Déclaration de Mgr Lefebvre, 4 août 1976. Le Figaro
  56. Journal télévisé d'A2, le 29 août 1976
  57. Sermon de Mgr Lefebvre aux ordinations de 1982
  58. La Tradition sans peur, Abbé Paul Aulagnier, 2001, Éditions Servir, 348 pages.
  59. le texte de la lettre Quattuor abhinc annos
  60. « C’est, en effet, par la seule Église catholique du Christ, laquelle est “moyen général de salut”, que peut s’obtenir toute la plénitude des moyens de salut. » Catéchisme de l'Église catholique, § 816.
  61. a et b Robert Moynihan, La vision spirituelle de Benoît XVI, Labor et Fides, , p. 75-78
  62. Nicolas Senèze, La crise intégriste : Vingt ans après le schisme de Mgr Lefebvre, Bayard, , p. 178
  63. Monition canonique du 17 juin 1988
  64. Motu proprio Ecclesia Dei, le 2 juillet 1988, sur le site du Vatican
  65. Nicolas Senèze, La crise intégriste : Vingt ans après le schisme de Mgr Lefebvre, Bayard, , p. 145
  66. Décret 118/2006, « érection de l'Institut du Bon Pasteur », le 8 septembre 2006, sur le site d’Item
  67. « 30 juillet 2006 : cérémonie d'abjuration », sur le site de La porte latine
  68. « Avr. 2000 - Lettres aux Amis et Bienfaiteurs N° 58 - Maison générale », sur fsspx.org (consulté le 20 avril 2017)
  69. « Communiqué de Mgr Fellay » du 7 juillet 2007 sur le site de la porte latine
  70. « Lettre aux fidèles » du 20 juillet 2007 sur le site de la porte latine
  71. Le décret a été rendu public le 24 janvier.
  72. (it) Décret de la Congrégation pour les évêques sur la levée de l'excommunication sur le site du Vatican et (fr) Traduction non officielle en français sur le site de la Conférence des évêques de France.
  73. Traduction du décret par l'agence Zenit.
  74. Notion définie par le droit canon, art. 205
  75. http://www.zenit.org/rssfrench-19987
  76. Stéphanie Le Bars, « Le scepticisme des catholiques après la réintégration des évêques intégristes », in Le Monde, 26/01/2009, article en ligne
  77. Isabelle De Gaulmyn, « Benoît XVI s’explique sur la levée des excommunications », journal La Croix, 28/01/2009, article en ligne
  78. La Croix du 25 janvier 2009
  79. Les Catholiques, page 309, Henri Tincq, éditions Bernard Grasset & Fasquelle, 2008.
  80. « Une nouvelle étape dans le dialogue doctrinal avec les lefebvristes », Famille chrétienne, 9 juillet 2009.
  81. Nicolas Senèze, « Le dialogue avec les intégristes confié à la Congrégation pour la doctrine de la foi », La Croix, 9 juillet 2009.
  82. « Interview exclusive de Mgr Tissier de Mallerais », La Vie, 3 juillet 2009.
  83. « Entretien avec Mgr Fellay », (consulté le 14 mars 2012)
  84. La Croix, « Début des discussions doctrinales », (consulté le 14 mars 2012)
  85. « 20 ordinations sacerdotales illégitimes dans la Fraternité Saint-Pie X », ZENIT, 6 juillet 2011 [lire en ligne]
  86. Il en va ainsi de l'ouvrage de Bernard Tissier de Mallerais, considéré comme le théologien de la Fraternité, dans son ouvrage L'étrange Théologie de Benoît XVI. Herméneutique de continuité ou rupture ?, éd. Le Sel de la terre, 2010, in ; cf. (it) Massimo Introvigne, Fraternità San Pio X e Santa Sede. Un libro attacca il Papa, in Centro studi sulle nuove religioni, 14/01/2011, article en ligne
  87. a, b et c Frédéric Mounier et Nicolas Senèze, « Les intégristes à l'heure du choix », in La Croix, 14/09/2011, article en ligne
  88. (fr) « communiqué de presse du Saint-Siège », La Croix, (consulté le 14 septembre 2011)
  89. (fr) « Benoît XVI propose de réintégrer la Fraternité de Saint-Pie X. Une offre à prendre ou à laisser. », Europe 1, (consulté le 14 septembre 2011)
  90. Isabelle de Gaulmyn, « P. Jean-Paul Durand : « Les lefebvristes doivent reconnaître la légitimité de l’enseignement du Concile » », in La Croix, 14/09/11, interview en ligne
  91. Frédéric Mounier, « Rome pose des conditions précises à la réintégration des lefebvristes », in La Croix, 14/09/2011, article en ligne
  92. La Croix, « Position des autorités vaticanes sur la première réponse de la FSSPX au préambule doctrinal », (consulté le 14 mars 2012)
  93. La Croix, « Etude des autorités vaticanes de la deuxième réponse de la FSSPX sur préambule doctrinal », (consulté le 14 mars 2012)
  94. La Vie, « Décision de la Congrégation pour la doctrine de la foi », (consulté le 14 mars 2012)
  95. La Vie, « Demande d'éclaircissements », (consulté le 18 avril 2012)
  96. Andrea Tornielli, « Remise du préambule signé par Mgr Fellay », (consulté le 18 avril 2012)
  97. « /Déclaration du chapitre gönéral de la fraternité Saint Pie X », sur www.dici.org, (consulté le 24 octobre 2012)
  98. Glaubenspräfekt Müller : Keine Gespräche mehr mit Piusbruderschaft, interview à la radio allemande Norddeutscher Rundfunk (NDR), 04/10/2012, texte allemand en ligne
  99. a et b Isabelle de Gaulmyn, Les intégristes et la vérité d’un concile, in La Croix, 06/10/2012, article en ligne
  100. Tom Heneghan, Rupture des discussions entre le Vatican et les traditionalistes, agence Reuters/Nouvel Obs, 05/10/2012, article en ligne
  101. (en) « Archbishop Pozzo returns to Ecclesia Dei commission: a signal of new moves on SSPX ? », Catholic World News,‎ (lire en ligne)
  102. District de France FSSPX, « FSSPX - "Conférence de Mgr Fellay à Fabrègues le 11 mai 2014 : où va l'Eglise ? Où va la Fraternité ?" », sur laportelatine.org (consulté le 18 avril 2017)
  103. [2]
  104. I. Media, « Mgr Williamson est excommunié de fait après avoir accompli un « acte illégitime » », La Croix/Urbi et Orbi,‎ (lire en ligne)
  105. « Adelante la Fe entrevista en exclusiva a Mons. Schneider (English version) », sur Adelante la Fe (consulté le 11 août 2015)
  106. a et b [http://www.iubilaeummisericordiae.va/content/gdm/en/giubileo/lettera.html Lettre publique du Pape François, datée du 1er septembre 2015, à l'archevêque Rino Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, complétant la bulle Misericordiae vultus en donnant conseils et instructions quant au Jubilé de la Miséricorde
  107. a et b La Fraternité Saint Pie X esprime sa reconnaissance au pape, La Croix
  108. Nicolas Senèze, « La Fraternité Saint-Pie-X exprime sa « reconnaissance » au pape François », La Croix,‎ (lire en ligne).
  109. Arthur de Sérant, « Comment la FSSPX profite du geste du pape Francois – Entretien de l’abbé Schmidberger (FSSPX) », La Nouvelle Gazette,‎ (lire en ligne).
  110. François, Misericordia et misera, Vatican, Libreria Editrice Vaticana, (lire en ligne)
  111. Radio Vatican, Le Pape autorise la FSSPX à célébrer des mariages licites et valides, (lire en ligne)
  112. « Pourquoi François pourrait bientôt réintégrer la Fraternité Saint-Pie-X - Catholicisme - La Vie », sur www.lavie.fr (consulté le 4 mai 2017)
  113. « Abbé Franz Schmidberger : "le pape François a pour nous une bonne volonté prononcée" - Riposte-catholique », Riposte-catholique,‎ (lire en ligne)
  114. District de France de la FSSPX, « Encore Assise? », Lettre à Nos Frères Prêtres,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  115. District de France de la FSSPX, « Doctrine de Vatican II sur l’œcuménisme », Lettre à Nos Frères Prêtres,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  116. District de France de la FSSPX, « Doctrine traditionnelle sur l’œcuménisme », Lettre à Nos Frères Prêtres,‎ , p. 6 à 8 (lire en ligne)
  117. "Je ne peux pas ne pas relever avec souffrance que ces tons, concernant les intentions du Saint-Siège, n'aident pas à la réconciliation, puisqu'ils ne vont pas à l'encontre du don supérieur de la charité" Lettre du cardinal Castrillon Hoyos à Mgr Fellay, 5 avril 2002
  118. Matthias Gaudron (FSSPX), Catéchisme catholique de la crise dans l'Église (4e édition), Le Sel de la Terre, , p. 185
  119. « "si nous le lisons et le recevons guidés par une juste herméneutique (ndlr: interprétation des textes), il peut être et devenir toujours davantage une grande force pour le renouveau, toujours nécessaire, de l’Église". "Si nous », sur proliturgia.pagesperso-orange.fr (consulté le 30 avril 2017)
  120. Alfredo Ottaviani et Antonio Bacci, Bref examen critique du nouvel Ordo Missae, Editions Renaissance Catholique, , 130 p.
  121. Brunero Gherardini, Le Concile Vatican II : un débat qui n’a pas eu lieu, Courrier de Rome, , 112 p.
  122. « Réponse de la congrégation des évêques sur la situation juridique de la FSSPX », le 31 octobre 1996, publié en mai 1997 par le diocèse de Sion, sur le site sacrosanctum-concilium
  123. (it) Interview du Cardinal Hoyos par Simone Ortolani sur le site Nihil obstat, le 16 mars 2007.
  124. (it) Interview du Cardinal Hoyos par Simone Vittoria Prisciandaro traduit de l'italien sur le site Eucharistie Miséricordieuse, mai 2008.
  125. (it) Gian Guido Vecchi, « Intervista a Gerhard Ludwig Muller », Corriere della Sera,‎
  126. Le courrier de Rome Année XXXVI no 265 sur le site La porte latine
  127. « Le schisme introuvable », conférence de l'abbé Simoulin, le 17 mars 1997.
  128. yolande GAURION, « Recherche - A la droite du Christ », sur recherche.uco.fr (consulté le 19 avril 2017)
  129. « Les fascistes de la Fraternité Saint Pie X », sur atheisme.org (consulté le 19 avril 2017)
  130. « L'implantation des intégriste catholiques fascistes à Grenoble - Indymedia Grenoble », sur grenoble.indymedia.org (consulté le 30 avril 2017)
  131. (en) « La nouvelle croisade des catholiques intégristes », sur www.lemondedesreligions.fr (consulté le 19 avril 2017)
  132. a, b et c Luc Perrin, « La question de l’autorité dans le traditionalisme catholique », Revue des sciences religieuses, no 87/1,‎ , p. 61–76 (ISSN 0035-2217, DOI 10.4000/rsr.1306, lire en ligne)
  133. Abbé de Cacqueray, supérieur du district de France de la FSSPX, « le devoir politique » sur le site La porte latine
  134. article de Mgr Tissier de Mallerais, « L'État catholique et la religion », sur le site La porte latine
  135. a et b Invitation et affiche du pèlerinage du 22 septembre 2007, accompagné d'une Adresse au Maréchal Pétain par Mgr Lefebvre (13 avril 1987 à l’Ile d’Yeu), sur le site de La Porte latine
  136. Photos du pélérinage, bénédiction de la tombe de Pétain par l’abbé de Cacqueray, 22/09/2007, sur le site du Prieuré de Saint-Louis
  137. « Les sans-papiers de l'Eglise - Huguette Pérol - Achat Livre - Achat & prix | fnac », sur livre.fnac.com (consulté le 17 avril 2017)
  138. Journal télévisé du 24 mai 1989, Antenne 2, sur le site de l'Institut national de l'audiovisuel.
  139. Jean-Yves Camus et René Monzat, Les Droites nationales et radicales en France : répertoire critique, Lyon, , 526 p., 24 cm (ISBN 2-7297-0416-7, notice BnF no FRBNF36657547), p. 372-373
  140. (en) Sophie Coignard et Marie-Thérèse Guichard, French connections: networks of influence, Algora, (lire en ligne), p. 224-225
  141. (en) Thierry Féral, Suisse et nazisme (lire en ligne), p. 154
  142. « Mgr Maurice E. Piat : « La Fraternité Saint Pie X n’est pas en communion avec l’Eglise Catholique » », sur www.dioceseportlouis.org (consulté le 30 avril 2017)
  143. District de France FSSPX, « Déclaration des évêques de Besançon, de Metz et de Strasbourg », sur laportelatine.org, (consulté le 30 avril 2017)
  144. Le Temps, Fraternité Saint-Pie-X: vers le grand pardon, (lire en ligne), «Cautionner des gens qui nient la liberté religieuse, dont certains sont antisémites ou entretiennent des liens avec l’extrême droite me paraît un geste délicat à opérer, estime un évêque. Peut-être pense-t-il que les réintégrer pourrait pousser à leur évolution. Mais j’en doute.»
  145. « Les lefebvristes ont tissé leur toile sur l’ensemble du territoire français », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  146. « Dédiabolisation de la FSSPX : décision exemplaire de Mgr Planet - Riposte-catholique », Riposte-catholique,‎ (lire en ligne)
  147. District de France FSSPX, « Lourdes 2015 - Reportage n° 1 : la messe solennelle du samedi 24 octobre », sur laportelatine.org, (consulté le 30 avril 2017)
  148. Les événements relatés par l'organe de communication de la FSSPX.
  149. « pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l'usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. »
  150. Lettre de Mgr Bouilleret, 15 janvier 2008, sur le site Catholicae disputatio
  151. « Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X - FSSPX - SSPX - La Porte Latine - Catholiques de Tradition - Mgr Lefebvre - Mgr Fellay - La FSSPX achète la chapelle de l'ancien Grand séminaire diocésain d'Amiens », sur laportelatine.org (consulté le 21 avril 2016)
  152. voir « Ce siège est-il vacant », par l’abbé Dominique Boulet, FSSPX
  153. Depuis l'abbé Daniel Dolan, ordonné évêque en 1993, a participé à la création d'une « fraternité Saint-Pie-V », sédévacantiste.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(pour les livres consacrés à Mgr Lefebvre, voir la bibliographie de la page qui lui est consacrée)