Pardon

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Rembrandt - Le Retour du Fils Prodigue (vers 1668).

Le pardon est le résultat de l'acte de pardonner, la rémission d'une faute. C'est tenir une offense, une faute, pour nulle (et/ou l'excuser) et renoncer à en tirer vengeance.

Point de vue religieux[modifier | modifier le code]

Christianisme[modifier | modifier le code]

Au sens biblique du terme, en général, pardonner signifie une des deux choses suivantes :

  • Quand il pardonne aux hommes, Dieu annule ou écarte le châtiment requis pour le péché ;
  • Lorsqu'ils se pardonnent, les hommes se traitent avec un amour chrétien et n'ont plus de mauvais sentiments à l'égard de ceux qui les ont offensés (Mt 5, 43–45 ; 6, 12–15 ; Lc 17, 3–4).

Le pardon est très important dans le christianisme, mais est toujours mis au service du bien spirituel de la personne. Dans l'évangile, on voit souvent le Christ pardonner les péchés (Lc 7. 36-50). Il ne condamne pas la femme surprise en flagrant délit d'adultère en affirmant « que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre », mais il ne lui donne pas son pardon(Jn 8. 3-11). Il s'exprime de manière imagée comme dans la parabole du fils prodigue (Lc 15. 11-32) qui est pardonné après son repentir. Jésus recommande à Pierre de pardonner jusqu'à 70 fois 7 fois à celui qui se repent (Mt 18. 21-22). Souvent, Jésus guérit des infirmes et remet les péchés par la même occasion (Mt 9. 1-8).

Le pardon fait partie de la prière du Notre Père (« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés »), que Jésus a transmise aux hommes (Lc 11, 1-4, Mt 6, 9-13)[1].

Il fait également partie de la profession de foi catholique, le credo[2] :

« Je crois à la rémission des péchés » (symbole des Apôtres),
« Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés » (symbole de Nicée-Constantinople).

Le Christ a conféré aux apôtres le pouvoir divin de pardonner les péchés : « Recevez l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus » (Jn 20, 22-23).

Dieu a lié le pardon des péchés à la foi et au baptême :

« Allez par le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé » (Mc, 16, 15-16).

Le baptême est le premier et principal sacrement du pardon des péchés parce qu'il unit les chrétiens au Christ mort pour les péchés des chrétiens, ressuscité pour leur justification (Rm 4, 25).

Le Christ après sa résurrection a envoyé ses apôtres « annoncer à toutes les nations le repentir en son nom en vue de la rémission des péchés » (Lc 24, 47). Ainsi, « l'Église a reçu les clés du Royaume des cieux, afin que se fasse en elle la rémission des péchés par le sang du Christ et l'action du Saint-Esprit. C'est dans cette Église que l'âme revit, elle qui était morte par les péchés, afin de vivre avec le Christ, dont la grâce nous a sauvés »[3].

Vu sous cet angle, le pardon est universel, et pratiquement tous les péchés peuvent être pardonnés. Cependant, le blasphème contre l'Esprit Saint n'est pas pardonné par Dieu : « Mais si quelqu'un blasphème contre l'Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné » (Lc 12, 8-12). Cette phrase exprime simplement que celui qui refuse le pardon (c'est l'Esprit Saint qui inspire l'esprit de pardon) ne peut évidemment être pardonné[4].

La correction fraternelle (Mt 18, 15-20) est un moyen de parvenir à un pardon des péchés[5].

Pour les catholiques, les orthodoxes, et les anglicans, le sacrement de pénitence et de réconciliation permet de se faire pardonner les péchés par Dieu, par l'intermédiaire du prêtre[6].

Toute la société chrétienne, avec notamment l'abolition de la peine de mort est dans la lignée de cette morale [7].

Point de vue philosophique[modifier | modifier le code]

« Peut-on parler du pardon en philosophe ou faut-il abandonner cette notion au registre religieux ». Depuis quelques décennies, des philosophes (Henri Bergson , Hannah Arendt, Vladimir Jankélévitch, Paul Ricœur ) s'efforcent d'acclimater la notion de pardon dans l'espace particulier de la philosophie, mais sans jamais l'abstraire de son lieu religieux de naissance[8]

Point de vue social[modifier | modifier le code]

Le pardon n'est pas seulement, pour le chrétien, l'obéissance à son Seigneur, mais pour quiconque aussi source de salut. Selon l'expérience clinique de trente ans du psychologue et professeur de psychologie américain Robert Enright[9] et de ses collaborateurs, le pardon, qui est désormais un instrument de travail clinique validé par les études, et capable de réduire les différents malaises qui affligent l'homme spécialement dans la société moderne, peut servir aussi au bien-être physique, mental et émotif. Pas seulement : celui qui est capable de le pratiquer augmente même l'estime de soi et l'espoir pour le futur, dans le travail et dans la communauté.

Le pardon est par certains[Qui ?] considéré comme un acte émotionnel ayant un intérêt purement personnel. En effet pardonner aiderait à vivre mieux : qui peut être heureux avec un sentiment de rancœur ?

Un exemple dans l'Histoire : l'Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Le pardon a joué un grand rôle dans le processus de réconciliation entre les Noirs et les Blancs qui a suivi la fin de l'apartheid en Afrique du Sud. Les uns et les autres devaient pardonner les violences commises. Le pardon a été possible grâce à la mise en place d'une Commission de la vérité et de réconciliation, afin de reconstruire les liens sociaux qui avaient été coupés dans ces périodes troubles. L'archevêque anglican Mgr Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, et auteur d'une théologie de la réconciliation s'appuyant notamment sur le concept africain d'ubuntu, y a joué un rôle de tout premier plan, puisqu'il a été président de cette commission[10].

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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