Renaud Donnedieu de Vabres

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Renaud Donnedieu de Vabres
Renaud Donnedieu de Vabres, le 22 février 2006.
Renaud Donnedieu de Vabres, le 22 février 2006.
Fonctions
Ministre de la Culture et de la Communication
Gouvernement Raffarin III
Villepin
Prédécesseur Jean-Jacques Aillagon
Successeur Christine Albanel
Ministre des Affaires européennes
Président Jacques Chirac
Gouvernement Raffarin I
Prédécesseur Pierre Moscovici
Successeur Noëlle Lenoir
Député d'Indre-et-Loire
1re circonscription
Prédécesseur Jean Royer
Successeur Benoît Roy
Prédécesseur Benoît Roy
Successeur Pascal Ménage
Biographie
Nom de naissance Renaud Donnedieu de Vabres
Date de naissance (61 ans)
Lieu de naissance Neuilly-sur-Seine (Seine)[1]
Nationalité Française
Parti politique UDF puis UMP

Renaud Donnedieu de Vabres[2], né le à Neuilly-sur-Seine (Seine), est un homme politique français, membre de l'UMP. Il a notamment été ministre de la Culture et de la Communication de 2004 à 2007.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille protestante[1] cévenole, il est le fils de Jacques Donnedieu de Vabres, maître des requêtes au Conseil d’État, le neveu de Jean Donnedieu de Vabres, ancien secrétaire général du gouvernement et négociateur du traité de Rome, et le petit-fils d'Henri Donnedieu de Vabres, magistrat, juge au procès de Nuremberg.

Après des études secondaires à Sainte-Croix de Neuilly, il est licencié en sciences économiques, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, ancien élève de l’École nationale d’administration (ENA, Promotion Voltaire (1980), aux côtés de Dominique de Villepin, François Hollande et Ségolène Royal)[1], il intègre le corps préfectoral comme sous-préfet, puis directeur de cabinet du préfet d’Indre-et-Loire. À cette époque il est proche de l'ancien Premier ministre Michel Debré, maire d'Amboise, qui l'accueille et le pilote dans le département tout en veillant à son initiation politique[réf. nécessaire]. Il devient successivement secrétaire général pour l’administration de la police de la région Centre (1980-1981), secrétaire général de la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence (1981-1982) puis sous-préfet de l’arrondissement de Château-Thierry (1982-1985).

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Il débute sa carrière politique dans les pas de François Léotard, en tant que chargé de mission auprès de celui-ci au ministère de la Culture (1987-1988), puis comme directeur de cabinet au Parti républicain, dont il intègre en 1990 le bureau politique, puis en devient délégué général de 1995 à 1997.

D'avril 1993 à mai 1995, il est chargé de mission auprès de François Léotard, ministre d'État, ministre de la Défense[1]. À ce titre il a participé à la négociation d'un important contrat signé le 19 novembre 1994 par une société dépendant du ministère, la Sofresa avec l'Arabie saoudite portant sur la vente par la France de deux frégates antiaériennes (« Opération Sawari 2 »).

Il est mis en examen pour complicité d'abus de biens sociaux dans le volet financier de l'affaire Karachi en décembre 2011, avouant avoir imposé Ziad Takieddine dans les négociations du contrat Agosta avec le Pakistan en 1994[3].

De l'UDF à l'UMP[modifier | modifier le code]

Au début de 1995, Renaud Donnedieu de Vabres intègre l'équipe de campagne d'Édouard Balladur, puis devient directeur de cabinet à l’UDF (1996-1998). Conseiller régional du Centre (1986-2001), président du groupe UDF et rapporteur général du Budget et du Plan (1986-1993), il est élu député dans la première circonscription d'Indre-et-Loire en 1997.

En 1998, il accueille des participants tourangeaux de la principale manifestation anti-PACS organisée par Christine Boutin, durant laquelle sont proférés des propos homophobes. Act-Up le menace publiquement, sans le nommer expressément mas en faisant circuler son nom, de outing, son homosexualité étant confirmée plus tard par Guy Birenbaum en 2003[4] et Les Inrockuptibles en 2004[5].

Candidat de la droite aux élections municipales de 2001 à Tours, il est battu par le maire socialiste sortant, Jean Germain. Il prend ses distances avec le président de l’UDF François Bayrou lors de la campagne présidentielle de 2002, et soutient Jacques Chirac, participant avec Philippe Douste-Blazy à l'UMP. Il est réélu député le .

Il devient secrétaire général adjoint de l’UMP en 2002[1], puis porte-parole en 2003, puis secrétaire national chargé de la vie culturelle et artistique en 2009.

Gouvernement Raffarin[modifier | modifier le code]

Nommé le 7 mai 2002 ministre délégué aux Affaires européennes du premier gouvernement Raffarin, il n'est pas reconduit le 16 juin suivant dans le deuxième gouvernement Raffarin en raison de sa mise en examen dans l’affaire du financement du Parti républicain, en qualité de directeur de cabinet de François Léotard, président du Parti républicain en 1996.

Dans cette affaire, il est condamné le pour blanchiment d'argent au versement, pour avoir participé, sur instruction du président du Parti républicain, à l'opération d'utilisation des fonds spéciaux de Matignon pour l'acquisition par le Parti républicain de son siège social[6],[7]. Sans autre peine qu'une amende de quinze mille euros, il bénéficie trois ans après le paiement de celle-ci d'une réhabilitation.

Ministère de la Culture et de la Communication[modifier | modifier le code]

Il est nommé, en 2004, ministre de la Culture et de la Communication dans le troisième gouvernement Raffarin, poste auquel il est reconduit le 3 juin 2005, dans le gouvernement Villepin.

Il hérite alors de son prédécesseur, Jean-Jacques Aillagon, du délicat dossier du régime d'assurance chômage des intermittents du spectacle. Il affirme partager l'avis des syndicats majoritaires concernant une période annuelle de calcul des droits d'accès à ce statut, mais refuse d'intervenir directement dans le débat, considérant que toute initiative parlementaire dans ce dossier nuirait aux négociations entre les partenaires sociaux. Il crée un Fonds permanent de professionnalisation pour les exclus du statut et appuie la signature par les syndicats d'un nouveau protocole en décembre 2006, sans pour autant que la question soit définitivement réglée.

Le projet de loi dit DADVSI (Droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information), qu'il défend devant le parlement en décembre 2005 et au printemps 2006, est le deuxième gros dossier de son passage rue de Valois. Présenté en décembre 2005, ce projet a fait face à de lourdes attaques. Dépassant les clivages droite/gauche, des associations relayées par certains députés dénoncent la forte pénalisation du piratage, l'abandon de la copie privée et l'allégeance du ministre aux maisons de disques.

L'examen, en première lecture de ce texte, aboutit à l'adoption d'un amendement en faveur de la licence globale, contre l'avis du gouvernement. Après deux mois de polémique intense, l'examen du texte par les députés reprend en mars 2006. Retirant immédiatement la licence globale, le ministre réussit après de longs débats à faire adopter la quasi-totalité de ses propositions en faveur des DRM et contre les échanges de fichiers protégés par droit d'auteur, considérant qu'il a préservé le droit à la copie privée et renforcé le principe de l'interopérabilité, ce que plusieurs associations infirment. Les limites des DRM seront rapidement mises en évidence et seront progressivement abandonnées par la majeure partie des acteurs du paysage audio-visuel.

Article détaillé : Histoire de la loi DADVSI.

Troisième grand dossier traité par le ministre : l'implantation du Louvre à Abu Dhabi, décidée par le président de la République, auquel il a apporté un soutien sans faille malgré les nombreuses oppositions à ce projet au sein de la communauté des conservateurs et des historiens de l'art.

Son séjour rue de Valois lui donne par ailleurs l'occasion de rouvrir le Grand Palais au public après la restauration de la grande nef et d'obtenir l'octroi du statut d'établissement public par le décret du 25 janvier 2007. Une programmation à l'éclectisme assumé assure le rayonnement d'un lieu unique où cohabitent depuis lors expositions d'art contemporain (Monumenta, la Force de l'art), foires (Biennale des antiquaires, FIAC), expositions, défilé de mode[8] et événements musicaux (Rue au Grand Palais, concert de Prince le 11 octobre 2009).

Sensible à la préservation du patrimoine, il annule le permis de démolir du « bâtiment des voyageurs » ainsi que celui de la halle métallique de la gare du Sud à Nice, élevée par Prosper Bobin en 1890, que la mairie souhaitait démonter et apporte le soutien financier de l'État dans la restauration de ce bâtiment[9].

Comme ministre de la Communication, il a géré également le lancement de la chaîne France 24 et le déploiement de la télévision numérique terrestre.

Il a enfin défendu le budget ministériel, négociant, en particulier auprès de Dominique de Villepin, un plan d'urgence pour la restauration des monuments historiques, et une dotation annuelle de soixante-dix millions d'euros[10].

Après la rue de Valois[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de juin 2007 il se représente dans la première circonscription d'Indre-et-Loire et est battu au second tour par Jean-Patrick Gille (PS) qui obtint 51,07 % des suffrages exprimés.

Le 12 décembre 2007, il est nommé ambassadeur, chargé de la dimension culturelle de la Présidence française de l'Union européenne[11].

Investi par l'UMP pour reprendre la mairie à la gauche lors des élections municipales de 2008 à Tours[12], il est à nouveau battu par Jean Germain le 16 mars avec 37,94 % des suffrages.

Depuis 2009, Renaud Donnedieu de Vabres est secrétaire national chargé de la Culture à l'UMP.

Il est par ailleurs membre du comité directeur du Forum d'Avignon - Culture, économie, média, à la création duquel il a contribué. Sensible à la protection du patrimoine sous toutes ses formes et quelle que soit la culture dont il est l'expression, il préside le Comité de parrainage de l'association Patrimoine sans frontières.

Le 12 avril 2009, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur[13].

Depuis le 1er mars 2009, il est conseiller d'Alexandre Allard pour la stratégie, le développement et la culture du groupe Allard.

Le 17 juin 2009, il est élu président d'Atout France, nouvelle agence au service du tourisme français.

Il est membre d'honneur de l'Observatoire du patrimoine religieux (OPR), une association multiconfessionnelle qui œuvre à la préservation et au rayonnement du patrimoine cultuel français.

Lors de la campagne présidentielle de 2012, il prend ses distances avec Nicolas Sarkozy[14].

La même année, il créé sa société, RDDV Partner[1].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Postes à responsabilités[modifier | modifier le code]

  • 1986 - 1993 : président du groupe UDF et rapporteur général du Budget et du Plan
  • Délégué général et membre du bureau politique du Parti républicain ; délégué national de la nouvelle UDF
  • Secrétaire général adjoint chargé de l'organisation du débat interne et de l'animation de l'UMP (2002-2004) ; porte-parole de l'UMP (2003-2004)
  • Secrétaire national de l'UMP, chargé de la vie culturelle et artistique (depuis 2009)

Fonctions électives locales[modifier | modifier le code]

Conseil régional
Conseil municipal

Fonctions parlementaires[modifier | modifier le code]

À l'Assemblée nationale

Fonctions ministérielles[modifier | modifier le code]

Fonction européenne[modifier | modifier le code]

  • 01/07/2008 - 31/12/2008 : conseiller spécial culturel auprès du Président Nicolas Sarkozy pour la Présidence française de l'Union européenne.

Affiliations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Anne Fulda, « Renaud Donnedieu de Vabres, junior entrepreneur », Le Figaro, encart « Culture », vendredi 11 juillet 2014, page 35.
  2. Renaud Donnedieu de Vabres est parfois désigné par ses initiales « RDDV ».
  3. « Affaire Karachi : Donnedieu de Vabres admet avoir imposé des informateurs », Lemonde.fr avec AFP, 31 décembre 2011.
  4. Guy Birenbaum, Nos délits d'initiés, mes soupçons de citoyen, Stock.
  5. « Ministre de la Culture : Donnedieu. Méprisant et insultant », Les Inrockuptibles, 7 au 13 avril 2004.
  6. RTL.fr → PROCES FONDO: Donnedieu de Vabres et Léotard condamnés
  7. Arrêt de la Cour de cassation du 12 juin 2002
  8. (fr) « Les défilés de mode - Les couturiers impriment leurs marques au Grand Palais », sur www.grandpalais.fr (consulté le 25 juin 2010)
  9. (fr) « La Gare du Sud à Nice, sauvée par la décision du Ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, Nice rendez-vous, 17 juillet 2004 », sur www.nicerendezvous.com (consulté le 25 juin 2010)
  10. Renaud Donnedieu de Vabres et la société de l'information, Emmanuel de Roux, Le Monde, 17 mai 2007
  11. Renaud Donnedieu de Vabres nommé Ambassadeur chargé de la culture, AP, latribune.fr, 12 décembre 2007
  12. « Candidats investis ou soutenus par l'UMP »
  13. (fr) « Décret du 10 avril 2009 portant promotion et nomination », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le 25 juin 2010)
  14. « RDDV: "La stratégie choisie va à l'échec!" », sur La Nouvelle République,‎

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]