Secours catholique

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Secours catholique
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Logo du Secours catholique
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Association française reconnue d'utilité publique
Forme juridique
Association reconnue d'utilité publique en FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Domaine d'activité
Action sociale sans hébergement n.c.a.Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège
Paris (106, rue du Bac, 75007)Voir et modifier les données sur Wikidata
Pays
Organisation
Fondateur
Présidents
Véronique Devise (d) (depuis ), Véronique Fayet (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Affiliation
Site web
Identifiants
RNA
SIREN
OpenCorporates

Le Secours catholique est une association à but non lucratif créée le et animée à l'origine par l'abbé Jean Rodhain. Le Secours catholique est attentif aux problèmes de pauvreté et d'exclusion de tous les publics et cherche à promouvoir la justice sociale.

Reconnue d'utilité publique en 1962, l'association a été déclarée grande cause nationale en 1988. Elle établit aussi des rapports pour l'information du gouvernement, en matière sociale notamment. Elle constitue la branche française du réseau Caritas Internationalis.

L'association est présidée depuis par Véronique Devise qui succède à Véronique Fayet.

Fondation[modifier | modifier le code]

Un premier Secours catholique est fondé en France en 1939, juste avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, pour « promouvoir et cordonner les initiatives de la charité catholique » en faveur des réfugiés, notamment espagnols et autrichiens. Il était prévu qu'il soit présidé par le cardinal Verdier, secondé par Stanislas Courbe, secrétaire général de l'Action catholique, avec comme secrétaire général un autre clerc, Michel Riquet. La guerre, l'invasion allemande, l'occupation et le régime de Vichy ont entrainé l'abandon de ce Secours catholique, l'Église catholique se ralliant au Secours national, réactivé et soutenu par le maréchal Pétain[1].

La Libération et la multiplication des défis sociaux voient la naissance de deux associations bientôt concurrentes. D'un côté, le Secours catholique international, qui apparait à Toulouse en septembre 1944, sous l'impulsion de l'évêque auxiliaire du diocèse, Louis de Courrèges d'Ustou et d'un autre clerc, le père Braun. Ses fondateurs et ses animateurs insistent sur la dimension internationale de l'association - son premier directeur est un Espagnol, José-Maria Trias - et sur le rôle des laïcs. L'association s'établit à Paris début 1945. André Aumonier remplace Trias comme directeur en septembre 1945. De l'autre côté, un clerc, le chanoine Jean Rodhain, entend donner une dimension temporelle à l’aumônerie générale des prisonniers de guerre qu'il anime, mettre en place des actions charitables grâce à ses importants réseaux répondant aux défis du temps, notamment l'aide à apporter aux prisonniers de guerre et aux déportés rapatriés. Il fonde le Comité international de l'aumônerie catholique fin 1944 et ensuite le Comité catholique de secours dont il est le directeur général. Les deux associations entrent dès lors en concurrence, notamment dans deux domaines : la dimension internationale (création de délégués à l'étranger et gestion de l'aide versée par des organismes étrangers) et le financement, fondé sur des quêtes. Leurs dirigeants cherchent l'appui des évêques français, du pape et du Vatican.

En mars 1946, l'assemblée des cardinaux et archevêques de France décide la fusion des deux organisations rivales et impose ensuite un président, François Charles-Roux, issu du conseil du Secours catholique international, un vice-président, Mgr de Courrèges, et un secrétaire général, Rodhain. La fusion est difficilement acceptée par certains dirigeants des deux associations. Ceux du Secours catholique international, notamment le père Braun et André Aumonier, tiennent à la dimension internationale de l'appellation de l'organisme à créer, qu'ils acceptent d'abandonner, et à la place des laïcs qui doivent prendre en charge selon eux l'organisation de la nouvelle association, sous la direction uniquement spirituelle de clercs. L'épiscopat tient à ce que le secrétaire général soit un ecclésiastique, qui serait son représentant officiel. Les statuts du Secours catholique sont signés en juillet 1946. L'article 13 indique que le secrétaire général est « un prêtre mandaté à cet effet par les cardinaux et archevêques de France » et sera Jean Rodhain. L'article 14 indique toutefois qu'il reçoit ses pouvoirs du conseil d'administration dans lequel siègent des laïcs. La nouvelle association est donc gérée à la fois par des clercs et des laïcs[2],[3].

La fusion est annoncée par La Croix à partir de la fin août 1946 à l'occasion du pèlerinage à Lourdes des prisonniers et déportés. Le quotidien catholique annonce en novembre l'appui donné par le pape, avec une lettre de son plus proche collaborateur, Giovanni Battista Montini, qui souligne l'intérêt de la fusion[4].

Organisation et missions[modifier | modifier le code]

Le Secours catholique est un service de l'Église catholique en France. Fidèle aux orientations initiales définies par Jean Rodhain[5], le Secours catholique prend son appui dans la doctrine sociale de l'Église pour venir en aide aux plus démunis « sans distinction de race, de religion ou de nationalité », dans le respect de la charité chrétienne[6].

Le Secours catholique apporte une aide de proximité grâce à ses délégations diocésaines. L'association est aussi membre du réseau Caritas Internationalis[7] (163 membres répartis en 7 zones géographiques : Amérique latine et Caraïbes, Amérique du Nord, Europe, Afrique, Moyen-Orient et Nord de l'Afrique, Asie et Océanie) et apporte sa contribution dans des situations d'urgence humanitaire, de crise politique ou sociale, de pauvreté ou de sous-développement. Ces actions sont menées avec les associations Caritas locales.

Depuis 1948, le Secours catholique a développé l'accueil familial de vacances pour permettre aux enfants dont les familles sont touchées par la pauvreté et les restrictions, de « se refaire une santé »[6].

Chaque année au mois de mai, le Secours catholique mène une campagne internationale. En 2005, la campagne Femmes, actrices de paix s'est déroulée avec la présence de 25 femmes des cinq continents, célèbres pour leur action[8].

L'association compte aujourd'hui 79 délégations diocésaines, 3500 équipes locales, et 66 000 bénévoles[9] et trois antennes la Cité Saint-Pierre à Lourdes, la Maison d'Abraham à Jérusalem et le CEDRE spécialisé dans l'aide aux demandeurs d'asile. Elle est également partenaire d'associations qu'elle a fondées telles que l'Association des cités du secours catholique[10].

Comme les Restos du cœur créés par Coluche, le Secours catholique propose des repas. Cependant, ils ne sont distribués qu'en guise de secours.

Pour promouvoir son action auprès du public et lui permettre de faire appel au don en confiance, l’association adhère au Comité de la Charte.

Le Secours catholique a créé, le , la Fondation Caritas France, reconnue d'utilité publique le [11]. C’est une fondation abritante dont l’objet social est de lutter contre la pauvreté et l’exclusion en France et dans le monde, sans distinction de religion ou de race[12].

L’association vient en aide, en 2018, a 1,347 million de personnes, dont 631 000 enfants : « Les gens s’enfoncent dans la pauvreté, qu’ils soient Français ou migrants, dont les conditions d’accueil se durcissent. Le revenu moyen de notre public est de 535 euros [par unité de consommation], en baisse de 15 euros, en euros constants, par rapport à 2017 », souligne l'association. Ainsi, 65 % des personnes accueillies par le Secours catholique vivent même dans l’extrême pauvreté (soit 1,3 point de plus qu’en 2017)[13].

Associations sœurs[modifier | modifier le code]

Le Secours catholique a longtemps pensé son développement dans le cadre de micro projets via le soutien à des projets locaux originaux de lutte contre l'exclusion et la précarité. Ainsi, de nombreux établissements du secteur social sont-ils des émanations du Secours catholique.

Le Secours catholique a également créé des structures ad hoc pour des problématiques spécifiques avec :

  • Le centre d’entraide pour les demandeurs d'asile et les réfugiés (CEDRE) qui accueille près de 3 000 demandeurs d’asile chaque année. Fondée en 1989 pour aider les boat-people, cette structure continue à s’occuper de tous les demandeurs d’asile d’Île-de-France.
  • L'Association des cités du secours catholique qui assure l’accueil, l’hébergement, l’accompagnement et l’insertion de personnes en situation d’exclusion ou de handicap.
  • Le réseau Tissons la solidarité qui embauche plus de 1 000 personnes autour d'une activité basée sur le tissu. 10 000 tonnes de vêtements sont annuellement collectées, triés et reprisés dans les ateliers. Celles-ci alimentent ensuite les vestiaires et les boutiques solidaires du Secours Catholique, avec don ou revente à bas prix des vêtements de seconde main.
  • Une agence immobilière sociale dont la création est annoncée fin 2017 par la présidente Véronique Fayet[14].

Le Secours catholique a également participé au lancement du mouvement Tournons La Page qu'il a incubé depuis son lancement jusqu'à son autonomisation. Bien qu'aujourd'hui indépendant, Tournons La Page garde des liens forts avec le Secours catholique[15].

Dirigeants[16][modifier | modifier le code]

Présidents[modifier | modifier le code]

Secrétaires généraux[modifier | modifier le code]

  • 1946 : Mgr Jean Rodhain
  • 1972 : Gilbert Cesbron
  • 1974 : Louis Gaben
  • 1985 : Michel Fauqueux
  • 1991 : Denis Viénot
  • 1999 : Jean Celier
  • 2002 : Pierre Levené
  • 2011 : Bernard Thibaud
  • 2019 : Vincent Destival

Aumôniers généraux[modifier | modifier le code]

  • 1946 : Mgr Raymond Izard
  • 1981 : Père Pierre Molin
  • 1987 : Père Marie Paul Mascarello, o.f.m.
  • 1993 : Père Jean Dumort, s.j.
  • 1996 : Père Jean-Marie Hubert
  • 2002 : Père Bernard Bidault
  • 2006 : Pêre Jo Rival
  • 2012 : Père Dominique Fontaine
  • 2018 : Père Hervé Perrot

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Luc Dubrulle, Mgr Rodhain et le Secours catholique, Une figure sociale de la charité, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « Théologie à l’Université », 2008
  2. Luc Dubrulle, op. cit.
  3. André Aumonier, Un corsaire dans l'Eglise, Fayard, 1996, p. 191-198
  4. La Croix, 28 août 1946Ibid., 8 septembre 1946, Le Pape et le Secours catholique, Ibid., 6 novembre 1946
  5. Attention, l'affirmation mérite d'être grandement nuancée. Cf. Luc Dubrulle, Mgr Rodhain et le Secours catholique, Une figure sociale de la charité, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « Théologie à l’Université », 2008. L'article concernant la soutenance de la thèse en question est disponible sur ce lien
  6. a et b « https://www.secours-catholique.org/actualites/70-ans-dengagements », sur secours-catholique.org
  7. « Histoire - Caritas », sur caritas.org
  8. « Faites une bonne action », sur ma-robe-de-bapteme.com
  9. « Secours Catholique », sur Secours Catholique (consulté le )
  10. « Cités Caritas », sur acsc.asso.fr
  11. Décret du 16 juin 2009.
  12. « Fondation Caritas France », sur fondationcaritasfrance.org
  13. « « Les gens s’enfoncent dans la pauvreté, qu’ils soient Français ou migrants » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. « Mal logés : le Secours catholique va lancer son agence immobilière sociale », leparisien.fr,‎ 2017-12-26cet08:06:33+01:00 (lire en ligne, consulté le )
  15. « "Tournons la page ! " : Le combat pour la démocratie en Afrique », sur secours-catholique.org
  16. Quid?, R. Laffont, 1993, p. 523

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]