Appelé du contingent lors de la guerre d'Algérie

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Un appelé de l’infanterie équipé d'un mousqueton Lebel R35 et coiffé d'un casque Modèle 1951

De 1954 à 1962, un nombre grandissant d'appelés du contingent fut envoyé en Algérie pour participer à la guerre d'Algérie, commencée le . Leur nombre a dépassé le demi-million à la fin de la guerre, pour une conscription de 28 mois.

La mobilisation générale durant la guerre d'Algérie constitue le dernier appel aux citoyens français (engagés volontaires et réservistes exceptés). Elle s'est heurtée chez les appelés à des résistances, sous de nombreuses formes différentes, malgré son caractère obligatoire et les sanctions de prison ferme, aussi bien pour des raisons morales qu'à cause des risques encourus, même si toutes les formations politiques désapprouvaient les désertions. Les appelés ont tenté de retarder le départ des trains en 1955-1956, puis combattu en 1961 le Putsch des généraux d'Alger.

Officiellement, la France parlait simplement d'opérations de « maintien de l'ordre » ou de « pacification » car la rébellion indépendantiste algérienne n'employait pas les méthodes d'une guerre conventionnelle mais des techniques de guérilla (assassinats, attaques d'exploitations agricoles, incendies, pose de bombes en zone urbaine, etc.) et l'embuscade de patrouilles par des commandos, pratique assimilée à des actes de banditisme par le gouvernement français.

Depuis, les successives réformes de la conscription en France ont abouti à la fin du service militaire obligatoire et à la professionnalisation de l'armée française qui est devenue, selon la formule consacrée, « une armée de métier ».

Sommaire

Modalité de la conscription et vie quotidienne[modifier | modifier le code]

L’appel sous les drapeaux pendant la guerre d’Algérie[modifier | modifier le code]

Extrait d’un livret militaire

En France, y compris dans les départements français d'Algérie (Amendement Salan), dans l’année de leur vingtième anniversaire, les hommes étaient classés « bons pour le service » par un conseil de révision, sauf s’ils étaient réformés. Certains pouvaient demander un sursis : étudiants, soutiens de famille ; d'autres choisir un devancement d'appel.

  • Depuis 1946, la durée légale du service militaire était fixée à 12 mois.
  • La loi du 30 novembre 1950 fixe le service militaire à 18 mois.

Depuis cette date, un stage de trois jours dans une caserne précédait l'incorporation. En fait, il ne durait jamais plus de 24 heures. Les capacités et parfois les souhaits de chacun y étaient examinés. À la suite de tests et d'un entretien, un dossier individuel était établi.

Le service militaire était obligatoire, l’objection de conscience n’était pas alors reconnue. Les insoumis pouvaient être recherchés et jugés comme déserteurs. Cela n'empêche pas les soldats du refus de manifester leur désaccord avec la guerre d'Algérie par un refus de porter les armes.

Pendant la guerre d'Algérie, entre 1954 et 1962, après la durée légale de 18 mois, certaines classes furent rappelées, d’autres furent maintenues sous les drapeaux jusqu’à 30, puis 28 mois.

Le recrutement de l'armée se faisait également par engagement. Ceci n'impliquait pas pour les engagés une affectation obligatoire pour l'Algérie et nombreux étaient ceux qui restaient en France dans les Centres d'Instruction comme cadres, ou ceux qui étaient affectés aux tâches administratives.

Pour les appelés du contingent, seulement la paternité d'au moins deux enfants, la présence d'un frère sous les drapeaux en Algérie ou reconnu Pupille de la Nation pouvait constituer un motif d'exonération du service en Algérie. À noter que le fait d'accepter d'être élève officier (aspirant) à l'issue des classes ou engagé volontaire étant un pupille de la Nation, mettait fin à cette dispense. À noter également que certaines armes (aviation, marine) envoyaient peu d'effectifs en Algérie, et pour une durée moindre (14 mois au lieu de 24)

Les appelés du contingent (et les réservistes) se distinguent des engagés volontaires qui ont fait la démarche de s'engager spontanément pour servir leur patrie.

Les classes en métropole ou en Algérie[modifier | modifier le code]

Une affiche pédagogique pour la formation des recrues à destination de l'Algérie

Les appelés comme les engagés volontaires suivaient une préparation de deux ou quatre mois, souvent en métropole, parfois en Algérie directement. Les « classes » pouvaient être suivies, pour certains, d’une spécialisation (par exemple radio télégraphiste) ou d’une formation dans une école pour officiers de réserve (E.O.R.) ou pour sous-officiers de réserve (E.S.O.R.). Les appelés concernés par ces deux formations étaient souvent des sursitaires étudiants.

Le gros de la troupe passait par une préparation sommaire au maniement des armes pour les opérations de maintien de l’ordre en Algérie. L’ennemi était désigné, le fellagha.

Départ vers l’Algérie[modifier | modifier le code]

Quelques appelés, nécessaires dans l’administration des casernes, pouvaient espérer effectuer leur service en France métropolitaine.

Les autres prenaient la direction de Marseille en train, puis, après un court séjour au centre de transit de Sainte-Marthe à Marseille, la direction d’Alger ou d’Oran : une traversée de 19 à 24 heures, au fond des cales, dans l’un des bateaux des compagnies maritimes (Ville d’Oran, Ville d’Alger, etc.) et parfois d’autres vieux et souvent délabrés (El Mansour, Sidi Ferruch). L'écrivain Georges Valero a raconté dans un roman ce trajet et ses détails parfois sordides[1].

Sources : Expérience personnelle d'un appelé de la classe 62/1 A.

Dans les départements d'Algérie[modifier | modifier le code]

Une unité et un nouveau paquetage étaient affectés, le livret militaire avait suivi. Une plaque d’immatriculation individuelle, à découper selon le pointillé en cas de décès, indiquait que c’était la guerre.

Les nouveaux arrivants étaient rapidement mis au pas par les chefs de sections qui, si besoin, les emmenaient en embuscade afin d'éveiller leur combativité[réf. nécessaire].

L'équipement[modifier | modifier le code]

Pistolet-mitrailleur MAT 49, (acronyme de Manufacture d'Armes de Tulle, modèle 1949)
Article détaillé : Armes de la Guerre d'Algérie.

Les appelés d'Algérie bénéficiaient d'un armement généralement plus moderne et performant que les combattants de l'ALN et du FLN souvent armés de matériel vétuste ou de fusils de chasse. Les premiers étaient approvisionnés en armes et matériels par la France (stock de la guerre d'Indochine dont le fameux MAT 49) et l'OTAN, les seconds récupéraient l'équipement des appelés prisonniers ou morts et recevaient des livraisons clandestines par bateaux, essentiellement en provenance de l'Égypte de Nasser ou de l'URSS via la Tchécoslovaquie, voire du Royaume-Uni via Gibraltar.

Des cargaisons de tonnes d'armes sont ainsi saisies à bord de l'"Athos"[2] et du "Baltic Exporter"[3].

La solde des appelés[modifier | modifier le code]

Fiche de paie en février 1962 d'un caporal-chef, appelé en Algérie et maintenu sous les Drapeaux au-delà de 24 mois
  • En février 1962, la solde mensuelle d'un caporal-chef, appelé en Algérie et maintenu sous les drapeaux au-delà de 24 mois, était de 550,80 NF (83,97 ) de base imposable + 48,60 NF (7,41 ) d'indemnité de charges militaires soit : 599,40 NF (91,38 ).
  • Ci-dessous : Tableau des soldes en N.F. et en euros des appelés en 1961 [4].
Soldes des appelés en Algérie vers 1961, pendant la durée légale (PDL=18 mois), ou maintenus sous les Drapeaux après la durée légale (ADL=24 mois) ou au-delà des 24 mois
Soldes mensuelles des Appelés en Algérie transformées en euros

Le journal Le Bled (magazine)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Bled (magazine).

L'hebdomadaire d’information Le Bled (magazine), le plus lu de la presse militaire, publié de 1955 à 1962, a acquis une certaine notoriété[5] pendant la Guerre d'Algérie, avec un tirage très important pour l'époque, de 300 000 à 350 000 exemplaires chaque semaine, et un recours massif à la photographie, y compris en première page et en mettant à contribution les appareils photos du demi-million d'appelés du contingent en Algérie, qui formaient aussi le lectorat du journal.

Croix de la valeur militaire pour faits de guerre ou de pacification en Algérie

Historique[modifier | modifier le code]

Années 1950[modifier | modifier le code]

La guerre d'Indochine terminée en 1954[modifier | modifier le code]

La Guerre d'Algérie démarre alors que la guerre d'Indochine (1946-1954) s'achève à peine et n'a pas suscité de mobilisation du contingent. L'appel sous les drapeaux qui l'a précédé est celui de 1943 qui a permis la formation de l'Armée d'Afrique (Corps expéditionnaire français en Italie) constituée d'appelés du contingent originaires des département d'Algérie et du Sahara, ainsi que de citoyens français et de nationaux « indigènes » résidant dans les protectorats du Maroc et de Tunisie ou dans les possessions françaises d'outremer, alors nommées « Communauté française ».

Cette armée giraudiste était placée sous les ordres du général Alphonse Juin et fusionne avec l'armée gaulliste du général Jean de Lattre de Tassigny en 1944 pour former Armée française de la Libération.

Les sections administratives spécialisées (1955-1962)[modifier | modifier le code]

Un appelé dans les Transmissions équipé d’un PM MAT-49, d’une radio AN/PRC-10 et coiffé d'un calot de marsouin

Des appelés du contingent étaient employés comme instituteurs dans les SAS (Section administrative spécialisée) créés par le ministre de l'Algérie résident de 1955 à 1956, Jacques Soustelle.

Leur tâche était d'éduquer les enfants et les femmes habitant les zones rurales ou isolées qui étaient historiquement sous-administrées et majoritairement ou exclusivement peuplées de musulmans (communes mixtes, douars, mechtas et djebels). Elles étaient principalement localisées dans l'Est, c'est-à-dire la Kabylie et le département de Constantine où ont respectivement démarré pour la première la révolte des Mokrani de 1871, et pour le second, la Toussaint Rouge de 1954, les massacres du Constantinois de 1955 et une décennie plus tôt ceux de Sétif.

Ces appelés des SAS étaient secondés par des officiers et sous-officiers mais aussi des civils, y compris des femmes, et placés sous la protection des moghaznis, ces « auxiliaires » musulmans contractuels souvent désignés par le terme générique de harkis.

La journée des tomates du 6 février 1956 à Alger[modifier | modifier le code]

Après sa visite à Alger le dite journée des tomates, le président du Conseil Guy Mollet décide l'envoi de rappelés et d'appelés du contingent dans les départements d'Algérie pour un effectif de 180 000 à 200 000 soldats. Pourtant récemment élu sur la promesse de contribuer à la « paix en Afrique du nord », il développe une politique répressive et refuse toute négociation avant l'obtention d'un cessez-le-feu. Et pour la première fois un gouvernement socialiste, soutenu par les communistes, décide l’envoi du contingent[6]

Les contestations de 1955-1956[modifier | modifier le code]

Le contingent des appelés augmente rapidement en 1955, après les massacres du Constantinois, lors d'un décret pour rappeler soixante mille hommes sous les drapeaux, dont la plupart n’ont aucune envie de partir et alors que les premières manifestations politiques contre la Guerre d’Algérie[7] ont lieu. Ces appelés sont les témoins des promesses non tenues et sont partis en octobre 1955: ils auraient dû rester six mois, mais l'État les fait rentrer avant Noël, notamment à cause des Élections législatives françaises de 1956[7], qui voient la formation, dans les semaines précédentes, du Front républicain (1956)[7].

Les manifestations d’insoumission des trains d'appelés du contingent en Algérie de Marseille, en 1955, puis en 1956, prennent la forme d'un mouvement spontané[7], moins en 1956[7]. La majorité est encore à 21 ans alors que certain fêtent leurs vingt ans en Algérie[7]. Cependant, les rappelés de 1956 sont plus âgés, savent déjà ce qui les attend, d'où un mouvement plus fort que celui de 1955, marqué par la non-préparation à la fois des autorités et des rappelés. En 1956, les autorités s’y sont bien préparées, notamment via les rapports des Renseignements généraux, sur les encadrements politiques attendus du mouvement[7].

Selon le ministère de l’Intérieur, un train d'appelés du contingent en Algérie sur cinq fait l’objet de troubles au printemps 1956[7], estimation sans doute inférieure aux chiffres réels, selon les historiens[7]. Le soutien politique diminue ensuite, lorsque la SFIO au pouvoir s'engage dans la guerre. Les appelés se retrouvent un peu isolés, pratiquant une sorte de "résistance passive" et d’intériorisation de la contestation[7], dans les tenues vestimentaires, l’hygiène, et surtout le retard au retour des permissions, quasiment systématique, jusqu’en 1961[7], le commandement militaire publiant de ce fait directive sur directive pour dire : « Si tu arrives en retard, c’est l’un de tes camarades qui partira en retard en permission »[7].

Dans leurs correspondances, comme lettres de Jean Müller, ils vont en faire part à la famille, à la fiancée, aux frères, aux sœurs, à qui l’on peut dire davantage de choses qu’aux parents[7]. La résistance prend aussi la forme de témoignages par le biais de photographies, parfois prises dans le cadre de certaines opérations, ce qui est interdit, afin de s’opposer à la guerre[7].

Le Dossier Müller est la publication posthume en 1956, par les Cahiers du Témoignage Chrétien, des lettres écrites par Jean Müller, jeune responsable scout alors qu'il était mobilisé en Algérie, et qui ont révélé aux Français l'usage de la torture pendant la guerre d'Algérie[8]. Peu après démarre le mouvent des Soldats du refus, une quarantaine de communistes, appelés du contingent, ayant refusé entre juillet 1956 et mai 1959 de participer à la guerre d'Algérie. Parmi eux, Serge Magnien, premier secrétaire national de l'Union des étudiants communistes (UEC) recréée au XIVe congrès du Parti communiste français en juillet 1956.

L'affaire de l'aspirant Maillot (1956)[modifier | modifier le code]

En 1956, l'appelé du contingent communiste Henri Maillot a déserté en détournant un camion d'armes qu'il est allé livrer au FLN.

Ayant rejoint le « maquis rouge » indépendantiste, il est considéré comme traître et abattu par l'armée française. Il ne figure pas dans le registre des Morts pour la France[9].

L'embuscade de Palestro (1956)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Embuscade de Palestro.

Le 18 mai 1956, une embuscade d'appelés, très médiatisée à l'époque, a eu lieu à Palestro. Selon l'historien Benjamin Stora: « Palestro restera comme la plus célèbre embuscade de la guerre, le symbole de ce qui peut arriver de pire : l'attaque surprise, l'impossibilité de se défendre, la mutilation des cadavres »[10]. Ce drame encourage les partisans de la guerre à faire preuve de fermeté et affaiblit les opposants à la conscription.

Années 1960[modifier | modifier le code]

Les contestations de 1960 et 1961[modifier | modifier le code]

En janvier 1960 dans l’affaire des barricades, l’armée ne franchit pas la barrière de la désobéissance même si elle est favorable à l’Algérie française, ce qui est nettement moins clair pour les appelés. Dans sa thèse soutenue en 2007, l'historien Tramor Quemeneur estime que près de 15 000 jeunes Français ont été insoumis, déserteurs ou objecteurs de conscience pendant la Guerre d’Algérie. Une trentaine auraient appartenu au réseau de Jeune Résistance (Guerre d'Algérie)[11], fondée, à l’automne 1958 et qui sera vraiment « officielle » en mai 1959 puis opérationnelle l'année suivante, avec les déserteurs Jean-Louis Hurst, Gérard Meïer et Louis Orhant et l’abbé Robert Davezies. En août 1960, 19 militants de Jeune Résistance tiennent un congrès... Lors du Manifeste des 121, rédigé par Dionys Mascolo et Maurice Blanchot puis publié le 6 septembre 1960 dans le magazine Vérité-Liberté, des cas de désobéissance individuelle qui ne touchent plus seulement intellectuels et étudiants. Le 27 janvier 1961, les membres de la direction sont arrêtés puis acquittés à l'automne, faute de preuve2. Louis Orhant est condamné à deux ans de prison pour désertion le 18 août 1961.

La création de l'OAS (1961)[modifier | modifier le code]

À partir de 1961 se développe une violente réaction anti-indépendantiste, recrutant dans le terreau de la population non indigène et même au sein de l'armée française pour s'opposer à l'indépendance. Elle est désignée comme ennemie à la fois par le FLN et par le pouvoir français métropolitain: Ce sont les commandos Delta de l'OAS.

La résistance au putsch des généraux d'avril 1961[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Putsch des généraux.

Les transistors jouent un "grand rôle"[12], certains auteurs parlant même d'un "rôle prépondérant dans les réactions des appelés du contingent"[13], lors du putsch des généraux entrepris à Alger le 22 avril 1961, pour tenter d'obliger le général de Gaulle à poursuivre la guerre, portant un "coup fatal"[14] à cette entreprise. Le putsch a échoué en partie en raison du refus de participation du contingent, ou même de sa résistance[15], de nombreux appelés écrivant aux généraux sous une signature collective pour les désavouer[14], pour la première fois dans l'histoire, ce qui déclenche une fracture dans l'institution militaire[15]. Le général de Gaulle, qui craint un débarquement des généraux en France[15], incite vivement les appelés à désobéir aux officiers supérieurs putschistes, par tous les moyens, en annonçant l'entrée en vigueur de l'article 16 de la Constitution, qui lui donne tous les pouvoirs[16]. Le président de la République termine son allocution radiodiffusée et télévisée par un vibrant « aidez-moi ! ». Son premier ministre Michel Debré recourt à la formule « À pied, à cheval et en voiture », restée célèbre: "Dès que les sirènes retentiront, ordonne-t-il, allez -sur les pistes des aérodromes-, à pied ou en voiture, convaincre ces soldats trompés de leur lourde erreur."[17].

Alors que Radio-Alger est aux mains des généraux putschistes[18], Radio Monte-Carlo est la seule station métropolitaine reçue en Algérie. Elle doit retransmettre toutes les heures de la nuit et du lendemain[18] l'appel du président de la République. Les soldats du contingent en prennent connaissance grâce à leurs transistors: l'épisode reste connu comme la "victoire du transistor", l'échec du putsch étant attribué à la radio[18]. En 1961, partout dans l'armée, les « transistors » personnels étaient répandus[14]. Le numéro de L'Express sorti après le putsch comporte un dessin de Tim représentant De Gaulle avec en bandoulière un transistor en lieu et place de la Grand-Croix de la Légion d’honneur[19]. La télévision connaît elle une diffusion très limitée à la même époque[19]. La présence du transistor est appuyée par la citation de Robert Buron (ministre des Travaux publics) fait prisonnier par les parachutistes[19], avec un jeu de mots sur le « GTRF » rappelant le GPRF, Gouvernement provisoire de la République française, juin 1944-janvier 1947[19].

Ces appelés du contingent, les « 500.000 gaillards munis de transistors », expression reprise par le Général De Gaulle dans ses mémoires[20], où il écrit que « en Algérie, un million de transistors ont fonctionné »[19], étaient informés par les premiers postes radios portables achetés par la voie du journal "Le Bled (magazine)"[21]. Ils réclament alors de leurs chefs qu'ils prennent position pour Paris, refusent souvent d'exécuter leurs ordres[17]. Plusieurs officiers, dans le maquis, somment leurs camarades de rentrer dans la légalité[17]. À la Base aérienne 140 Blida, des centaines d'appelés forcent l'immense porte cadenassée du parking pour empêcher les parachutistes d'Alger de d'emparer des avions puis demandent au commandant Joseph Kubasiak, loyaliste à De Gaulle, de prendre le commandement de la base aérienne stratégique, ce qui causera son assassinat par l'OAS un an après.

La presse relate l'investissement par les parachutistes de la base de Mers el-Kébir, et indique que l'amiral Querville embarque dans le navire -amiral pour leur échapper[22], tandis que les navires de la Marine ouvrent le feu contre les putschistes, mais ce récit sera démenti par l'Amirauté[22]. La flotte de Toulon appareille pour Mers el-Kébir le mardi 25 avril 1961, mais sa mission perd toute signification en cours de route[22].

Le «putsch » des généraux est un "tournant dans la perception de l’armée et des supérieurs de l’active"[23], marqué par la résistance "de jeunes appelés en pleine maturation civique et politique" derrière "la statue du commandeur de Gaulle"[23], selon l'historienne Ludivine Bantigny, mais aussi souvent moment "complexe et angoissant par son incertitude"[23], du à la réaction des cadres de l’active qui, "pour beaucoup, mirent longtemps à choisir leur camp"[23].

Avant de "s’affirmer comme la nation en armes"[23], le contingent s’inquiéta des répercussions matérielles de cette péripétie[23], beaucoup "se tournant alors vers les officiers et sous-officiers appelés, pour la plupart étudiants ou jeunes intellectuels", et leur offrant leur confiance, selon l'historienne[23]. Ainsi, soutenir le putsch aurait signifié prolonger le séjour en Algérie et augmenter les probabilités d'y être prisonnier, blessé ou tué[21]. Mais s'y opposer se traduit par des sanctions, qui seront appliquées, même après l'échec du putsch.

Afin de ménager les appelés du contingent qui formaient alors le gros des troupes françaises présentes en Algérie[21], et limiter sa capacité de résistance, les généraux putschistes avaient fait libérer certaines classes en permettant que des navires puissent franchir le blocus et les rapatrier en métropole[21]. Challe libère ainsi et expédie en métropole le contingent 58/2 C[17].

Les appelés sont rapidement encouragés dans leur résistance par les nouvelles de Métropole. Dans la cour du ministère de l'intérieur, énarques du Club Jean-Moulin, médecins, avocats, journalistes enfilent des uniformes neufs[17]. Les syndicats lancent le lendemain une grève générale d'une heure, contre le putsch, massivement suivie[17]. Cinquante avions de chasse et de transport gagnent la métropole[17]. Le général André Martin, chef d'état-major des armées, déclare alors: "Challe sait qu'il a perdu"[17].

L'amendement Salan (1961) pour écarter les appelés[modifier | modifier le code]

Plaque d’immatriculation individuelle qui est sécable en deux en cas de décès
Article détaillé : Amendement Salan.

En novembre 1961, le député de la Charente Jean Valentin a mis au vote de l'Assemblée nationale un amendement, proposé par le général Salan lors du putsch, visant à remplacer les appelés de métropole par des réservistes natifs des départements d'Algérie, les unités territoriales ayant été dissoutes en 1960 à la suite de leur participation à la semaine des barricades. L'amendement Salan a finalement été rejeté.

Le cessez-le-feu en Algérie du 19 mars 1962[modifier | modifier le code]

À l'issue du cessez-le-feu du 19 mars 1962 en Algérie, 91 régiments ont créé 114 unités de la force locale de l'ordre Algérienne (accords d'Évian du 18 mars 1962). Ces unités ont été opérationnelles à partir du 15 avril 1962

Ces 114 unités étaient composés de 10 % de militaires européens et de 90 % de militaires algériens, qui pendant la période transitoire devaient être au service de l'Exécutif provisoire, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie

La bataille de Bab el Oued (1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Bab el Oued.

Une bataille entre appelés du contingent et l'OAS aidée par des civils anti-indépendantistes a eu lieu le 23 mars 1962 lors de l'insurrection du quartier européen d'Alger à la suite de l'exécution d'appelés du contingent par des commandos Delta.

La fusillade de la rue d'Isly (1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fusillade de la rue d'Isly.

Le , une manifestation de civils nationalistes français d'Algérie, non armés, apportant leur soutien aux habitants du quartier de Bab el Oued mis sous blocus et défilant à l'appel de l'OAS a viré au massacre à la suite du mitraillage des manifestants par une section d'appelés du contingent musulmans appartenant au 4e régiment de tirailleurs.

Les enlèvements d'appelés entre mars et juillet (1962)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Massacre du 5 juillet 1962.

Durant la période comprise entre le cessez-le-feu du 19 mars 1962 (Accords d'Évian) et la proclamation d'indépendance du 5 juillet 1962 qui donna lieu au massacre d'Oran, des appelés français qui avaient reçu l'ordre formel des autorités françaises de ne pas ouvrir le feu ont été enlevés par le FLN et pour cause, 4000 d'entre eux avaient été mutés dans les forces locales constituées avec 90 % de musulmans Algériens pour constituer la future armée algérienne[24],[25].

Lors du Conseil des ministres du le président Charles de Gaulle avait déclaré « la France ne doit avoir aucune responsabilité dans le maintien de l'ordre après l'autodétermination. [...] Si les gens, s'entre-massacrent, ce sera l'affaire des autorités algériennes » selon les propos rapportés en 1994 dans ses mémoires (C'était de Gaulle) par le secrétaire d'État à l'information Alain Peyrefitte[26]. Une déclaration similaire en conseil de ministres est rapportée par le ministre Pierre Pflimlin dans ses mémoires (Mémoires d'un Européen : de la IVe à la Ve République), à la question qui lui a été posée : « les Français seront-ils protégés par l'armée française après l'indépendance ? »[27], le président de Gaulle a répondu « Il n'en est pas question. Après l'autodétermination le maintien de l'ordre public sera l'affaire du gouvernement algérien et ne sera plus le nôtre. Les Français n'auront qu'à se débrouiller avec le gouvernement »[27]. 3 000 Français (civils ou militaires) ont été enlevés par le FLN et demeurent disparus selon un reportage de mars 2005 réalisé par les journalistes de France 3, Stéphane Lippert et Claude Pfaffmann[25].

Ce fait peu médiatisé et méconnu de la guerre d'Algérie a été révélé, entre autres, par le témoignage d'André Aussignac, ancien appelé du contingent en Algérie, qui a évoqué son arrestation par le FLN et les conditions de sa détention dans une entrevue télévisée avec le journaliste Kristian Autain de France 2 en 2002[28].

Après la signature des accords d'Evian, qui entraîna un cessez-le-feu immédiat, les chefs du FLN ont veillé à ce que les conventions soient respectées jusqu'à la déclaration de l'indépendance, allant parfois jusqu'à réprimander les exactions[réf. souhaitée]. Jusqu'à l'indépendance, les militaires français n'ont rien eu à craindre du FLN[réf. souhaitée] car ils avaient pour tâche de garder les édifices, objets d'art, ponts, postes, écoles, banques et terminaux portuaires menacés de destruction par l'OAS.


L'incident de Béryl (1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accident de Béryl.

Le a eu lieu à la base d'expérimentations souterraines du Centre d'Expérimentation Militaire des Oasis (C.E.M.O) situé dans le Hoggar à environ 150 km au nord de Tamanrasset, un accident atomique lors du deuxième essai souterrain dans le massif du Taourirt Tan Afella, accident au cours duquel ont été irradiés entre autres, au même titre que le Ministre des armées de l'époque Pierre Messmer, des appelés du contingent en service à proximité du point zéro.

Les actualités de l'époque soumises à la censure d'État (l'ORTF) ont masqué l'incident en coupant au montage la séquence montrant la fuite radioactive lors du test.

La démobilisation (1962)[modifier | modifier le code]

Avant cette démobilisation, pour la constitution des 114 unités de la force locale de l'ordre algérienne, 91 régiments ont créé 114 unités de la Force Locale de l'ordre Algérienne (Accords d'Évian du 18 mars 1962).

Ces 114 unités étaient composés de 10 % de militaires métropolitains « du contingent et autres » et de 90 % de militaires musulmans, qui pendant la période transitoire devaient être au service de l'exécutif provisoire algérien, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie.

Avec la proclamation du cessez-le-feu et la tenue de référendums concernant l'autodétermination en métropole puis en Algérie, les classes d'appelés ont progressivement été démobilisées.

Après le vote favorable des électeurs, et aux conditions des Accords d'Évian, la France accordait l'indépendance à l'Algérie le 5 juillet 1962, mettant fin à une administration débutée 132 ans auparavant à la suite de l'invasion de la régence d'Alger en 1830.

Bilan[modifier | modifier le code]

Les effectifs d’appelés en Algérie[modifier | modifier le code]

En 1956, la mobilisation française en Algérie atteint un nouveau pic avec 400 000 hommes engagés dans une guerre d'attrition

Les chiffres qui suivent concernent l'Afrique française du Nord (AFN) : départements français d'Algérie, départements français du Sahara, protectorat français du Maroc et protectorat français de Tunisie.

  • En 1954, les effectifs militaires représentent environ 50 000 hommes, 38 % sont des appelés pour 18 mois de service.
  • En 1955, ces effectifs passent à 190 000 hommes, du fait de la guerre d'Algérie.
  • En 1956, le rappel sous les drapeaux monte les effectifs militaires à 400 000 hommes.
  • En 1957, le maintien sous les drapeaux de 18 à 30 mois permet un effectif militaire de 450 000 hommes, chiffre qui passera à 450 000 en fin d'année[29], 57 % sont des appelés.
  • Entre 1952 et 1962 ce sont 1 343 000 appelés ou rappelés et 407 000 militaires d'active (soit 1 750 000 militaires) qui participeront "au maintien de l'ordre en Afrique du Nord" (en Algérie, Maroc et Tunisie). Sur ce nombre d'appelés, 12 000 réfractaires ont été déclarés, dont 10 831 insoumis (appelés qui ne se sont pas présentés lors de leur appel), 886 déserteurs et 420 objecteurs de conscience[30],[31],[32].

Avec les rotations d'effectifs, près de 400 000 musulmans algériens (appelés ou supplétifs) ont également combattu du côté français pendant la guerre d'Algérie[33].

L'effectif total de l'armée française en 1962 (hors gendarmerie) est de 938 000 militaires[34].

Le traitement des appelés prisonniers du FLN[modifier | modifier le code]

Durant la guerre, 146 militaires appelés fait prisonnier ont été libérés par le FLN, et plus de 400 ne sont pas revenus[35]. En 1958, la cérémonie d'hommage au monument aux morts d'Alger, à la suite de la nouvelle de l'exécution de prisonniers français par le FLN, a été l'élément déclencheur du coup du 13 mai.

Le nombre de victimes parmi les appelés[modifier | modifier le code]

Diplôme de reconnaissance de la Nation

Pour les pertes militaires françaises en Algérie (non compris le Maroc et la Tunisie), le Journal officiel du 4 août 1986[36] donne les chiffres suivants :

Effectifs engagés : 1 419 125 militaires dont 317 545 d'active (22,38 %) et 1 101 585 appelés du contingent (77,62 %).

Pertes totales : 23 196 morts et 60 188 blessés dont :

  • Militaires d'active : 11 283 morts soit 48,64 % du total des morts.
  • Appelés du contingent : 11 913 morts soit 51,36 % du total des morts.

Parmi ces 23 196 militaires français morts, on dénombre environ 5 000 « Français musulmans » morts avant le cessez-le-feu du 19 mars 1962, dont les deux tiers étaient des appelés du contingent[37].

Causes des morts :

  • Morts au combat : 12 954 dont 5 605 militaires d'active (43,27 %) et 7 349 appelés du contingent (56,73 %).
  • Morts d'accident : 8 057 dont 4 595 militaires d'active (57,03 %) et 3 462 appelés du contingent (42,97 %).
  • Morts de maladie : 1 185 dont 621 militaires d'active (52,40 %) et 564 appelés du contingent (47,60 %).
  • Portés disparus : 1 000 dont 462 militaires d'active (46,20 %) et 538 appelés du contingent (53,80 %).

Taux de morts pour les militaires d'active : 11 283 morts pour un effectif engagé de 317 545, soit un taux de 3,55 %.

Taux de morts pour les appelés du contingent : 11 913 morts pour un effectif engagé de 1 101 585, soit un taux de 1,08 %.

Rappel : le taux de morts chez les soldats français lors de la Première Guerre mondiale est de 16,5 % (1,4 million de morts pour 8,5 millions de mobilisés).

Mémorial des combats d'AFN[modifier | modifier le code]

En 2002, quarantième anniversaire de la fin du conflit (et cinquantenaire du début de la campagne d'AFN), un monument rendant hommage aux morts pour la France durant les combats d'AFN (1952-1962) a été érigé quai Branly à Paris, sous la présidence de Jacques Chirac. Ce dernier a lui-même été blessé au visage durant sa participation au conflit en tant qu'engagé volontaire. Il était affecté au 11e RCA et 6e RCA d'avril 1956 à juin 1957, à Souk-el-Arba Département de Tlemcen (Oranie) et a été démobilisé avec le grade de lieutenant.

Anciens combattants[modifier | modifier le code]

Les associations d’anciens[modifier | modifier le code]

Carte du combattant en Algérie

De retour en métropole, la plupart des anciens d’Algérie se sont enfermés dans un mutisme révélateur de ce qu’ils avaient vécu. Quelques-uns ont écrit leur témoignage. Beaucoup se sont affiliés à des associations d’anciens combattants, rattachées à l’une ou l’autre des principales fédérations :

  • La FNACA (Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie)[38]. Environ 310 000 membres cotisants en 2017.
  • L'U.N.C (Union Nationale des Combattants)[39]. Environ 150 000 membres en 2017.
  • La FNCPG-CATM (Fédération nationale des combattants prisonniers de guerre et combattants d'Algérie, Tunisie, Maroc )[40].
  • L'UF (Union fédérale des associations françaises d'anciens combattants, victimes de guerre)[41]. Environ 80 000 membres en 2017.
  • La FNCV (Fédération Nationale des Combattants Volontaires)[42]. Environ 7 000 membres en 2017.
  • L'UNACITA (Union nationale des anciens combattants d'Indochine, des territoires extérieurs et d'Afrique du Nord).
  • L'ANCGVM (Association nationale des croix de guerre et de la valeur militaire)[43]. Environ 2 500 membres[44].
  • L’ARAC (Association républicaine des anciens combattants).
  • La FACS (Fédération nationale des anciens combattants résidant hors de France)[45].
  • L'ANT-TRN (Association nationale des titulaires du titre de reconnaissance de la nation)[46].
  • L'Association des Anciens des Affaires Algériennes (SAS).
  • 4ACG. (Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre) [47].

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Droits et décorations[modifier | modifier le code]

Croix du combattant

Les soldats, ayant effectué un séjour entre 1954 et 1962, ont droit au port de la médaille commémorative A.F.N. pour leur présence avec barrette Algérie. Ils ont aussi droit au diplôme du “Titre de Reconnaissance de la Nation” (loi du 21 décembre 1974), dont le décret du 29 avril 1997 créé la Médaille d'Afrique du Nord.

Les appelés qui étaient situés en Algérie dans des unités reconnues combattantes ont eu droit à la Carte du Combattant et à la croix du combattant; à partir de soixante-cinq ans, ils perçoivent une retraite annuelle non imposable d’environ 450 euros (année 2006), soit 35 points d'indice.

En 2004, 1 500 000 demandes ont été honorées, soit 86 % des militaires ayant servi en A.F.N. entre 1952 et 1962[48].

La Croix de la Valeur militaire a été attribuée pour faits de guerre et aussi, plus rarement, pour faits de pacification.

Œuvres sur les appelés du contingent en Algérie[modifier | modifier le code]

Lors d'une entrevue télévisée de 1982 avec Alain Beverini de TF1, le reporter de guerre, cinéaste et écrivain Pierre Schoendoerffer de l'Académie des beaux-arts déclarait: « ce que j'aborde c'est le problème des 2 800 000 appelés qui ont servi la République en Algérie et dont on n'a pas vraiment, je crois, reconnu tout à fait les mérites. Si vous voulez on a l'impression que c'était une guerre honteuse, alors moi j'essaye de montrer un peu ce qu'ils étaient »[49].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Seulement quatre films traitent le thème spécifique des appelés du contingent en Algérie. En outre un téléfilm aborde les appelés à travers le cas particulier de l'incident de Béryl et un documentaire de celui des SAS :

Films
Téléfilms
Documentaires

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages publiés par des historiens 
Essais 
Témoignages et souvenirs d'appelés 
  • Jean Gardt et Claude Roque, Service militaire, pourquoi?: du conscrit de 1813 à l'appelé d'Algérie, Paris, Éditions de l'Epi, , 137 p. (OCLC 492226623)
  • Michel Esnault, L'Algérie d'un appelé: (février 1961- mars 1962), L'Auteur, , 272 p. (OCLC 499236904)
  • Luc Frédefon, Le grand guignol, ou, La vie quotidienne d'un appelé en Algérie : récits, Mérignac, Gironde, Eddibor, , 221 p. (ISBN 978-2-865-18004-2, OCLC 8628935)
  • Serge Pauthe, Lettres aux parents : correspondance d'un appelé en Algérie, Paris, L'Harmattan, coll. « Histoire et perspectives méditerranéennes », , 239 p. (ISBN 978-2-738-41873-9)
  • Jean-Pierre Duval, Section Bordel : la guerre d' Algérie d'un appelé, Oranie, printemps 1958 : "chasseur as-tu vu?", Bayeux, Heimdal, , 175 p. (ISBN 978-2-840-48112-6, OCLC 39642085)
  • Marcel Barbeau, A.F.N. Jeunesse perdue d'un appelé en Algérie. 1954-1962., Sn, 1998
  • Benoist Rey (préf. Mato-Topé), Les égorgeurs : Guerre d'Algérie. Chronique d'un appelé 1959-1960, Paris, Las solidarias Ed. du Monde Libertaire, (1re éd. 1961), 123 p. (ISBN 978-2-903-01361-5, OCLC 743164154)[50]
  • Pierre Paulian (photogr. René Bail), 800 jours dans l'Ouarsenis : un appelé dans les djebels, Paris, Grancher, , 166 p. (ISBN 978-2-733-90707-8, OCLC 490527376)
  • Marc Garanger (préf. Francis Jeanson), La guerre d'Algérie : vue par un appelé du contingent, Paris, Seuil, , 133 p. (ISBN 978-2-020-06800-0, OCLC 11011401)
  • Henri Pouillot (préf. Bernard W. Sigg), La villa Susini : tortures en Algérie : un appelé parle, juin 1961-mars 1962, Alger, El Kalima, coll. « Histoire », , 181 p. (ISBN 978-9-931-44114-4, OCLC 928420701)
  • Ugo Iannucci (préf. Claude Burgelin), Soldat dans les gorges de Palestro : journal de guerre, Lyon, Aléas, , 99 p. (ISBN 978-2-843-01037-8, OCLC 729757993)
  • Jean Debernard, Simples soldats : roman, Arles, Actes sud, coll. « Un endroit où aller », , 220 p. (ISBN 978-2-742-73405-4, OCLC 421874780)
  • Jacques Demougin (coordonné par), J'étais à Alger : témoignage d'un appelé 1958 1962, Paris, Tersor du patrimoine, 132 p. (ISBN 978-2-912-51114-0, OCLC 470243242)
  • Paul Fortu, Un appelé en Kabylie, Paris, Grancher, , 309 p. (ISBN 978-2-914-18506-6, OCLC 237407384)
  • Bernard Mercier, Plongé dans les ténèbres : un appelé dans la guerre d'Algérie, Paris, L'Atelier, coll. « La vie au coeur », , 126 p. (ISBN 978-2-708-23646-2, OCLC 883588543, lire en ligne)
  • Georges Londiche, Guerre et "Guerre" d'Algérie - Notes de guerre d'un maquisard algérien et souvenirs de "Guerre" d'un appelé. Réflexions sur ce passé et ses conséquences sur l'actualité, 2002
  • Pierre Olaizola, Algérie! : nous aurions dû tant nous aimer : mémoires de Peio Olaizola, jeune Basque, soldat appelé du contingent, pendant la guerre d'Algérie, Anglet France, Sauve Terre, , 201 p. (ISBN 978-2-914-33402-0)
  • Albert Ducloz, Lettres d'Algérie à mes parents : témoignage d'un appelé sur sa guerre d'Algérie 1960-1962, Le Puy-en-Velay, Editions Jeanne-d'Arc, , 253 p. (ISBN 978-2-911-79421-6, OCLC 52133601)
  • Étienne Maignen, Les piliers de Tiahmaïne, Saint-Suliac, Yellow concept, , 184 p. (ISBN 978-2-915-20810-8)
  • Jean-Claude Potty, Guerre d'Algérie : un appelé se souvient, Agnières France, JMG, coll. « Vécu », , 259 p. (ISBN 978-2-915-16417-6, OCLC 56064571)
  • Fabien Hillairet, J'ai été appelé en Algérie : novembre 1957-décembre 1959, La Roche-sur-Yon, Siloe, , 233 p. (ISBN 978-2-908-57659-7, OCLC 237647376)
  • Jean-Paul Angelelli, Une guerre au couteau : Algérie 1960-1962 : un appelé pied-noir témoigne, Paris, J. Picollec, , 333 p. (ISBN 978-2-864-77203-3, OCLC 57250520)
  • Claude Beaupère, Ben-Chaïb : un poste avancé dans les djebels de 1960 à 1962 : un appelé en Algérie, devenu infirmier, Paris, Thélès, , 124 p. (ISBN 978-2-847-76274-7, OCLC 469945050)
  • Jean-Marie Lentz, Algérie, 1959-1961 : un appelé raconte, Paris, L'Officine, , 238 p. (ISBN 978-2-915-68011-9, OCLC 238660381)
  • Claude Duranteau (préf. Alain Gérard), Au royaume des enfants de Tagdoura: carnet et photos d'un instituteur vendéen appelé en Algérie, 1958-1959, La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques, (OCLC 891657809)
  • Michel Corbeau, Un appelé du 29ème Dragons raconte sa guerre d'Algérie, Hambers, M. Corbeau, , 151 p. (ISBN 978-2-952-21831-3, OCLC 643171563)
  • Michel Froidure, Où était Dieu : lettres de révolte et d'indignation d'un appelé en Algérie, 1956-1958. ; précédées de cette colère qui m'habite, entretien avec Tassadit Yacine, Metz Paris, Mettis Awal, , 218 p. (ISBN 978-2-916-17203-3, OCLC 470208554)
  • Georges Valero, La Méditerranée traversait la France, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, , 226 p. (ISBN 978-2-706-10187-8, OCLC 8345958)
  • Jean-Claude Chouard, Toto chez les Zénètes - Mémoires iconoclastes d'un ancien combattu, auto-édité NotreJournal.info, 2006
  • Dominique Grouille, Séjour en Algérie : histoire d'un appelé pendant la guerre d'Algérie : roman historique, Neuvic-Entier, Les Éd. de la Veytizou, , 236 p. (ISBN 978-2-351-92006-0, OCLC 469933832)
  • Pierre Brana, Mémoires d'un appelé en Algérie, Bordeaux, Éd. "Sud-Ouest, coll. « Mémoires », (réimpr. 2012), 207 p. (ISBN 978-2-879-01917-8)
  • Jean-Pierre Martel, La section : journal d'un appelé en Algérie, 1959-1961, Paris, Éditions de Paris, coll. « Paroles singulières », , 190 p. (ISBN 978-2-846-21122-2, OCLC 421806104)
  • Sébastien Pierre, Putain de Guerre, BoD - Books on Demand France, 2010
  • Jacques Goudrot, La Guerre d'Algérie d'un appelé, Jérôme Do Bentzinge, 2010
  • Jean Forestier, Chronique d'un appelé en Algérie : 1957-1959 : 10e Bataillon de chasseurs parachutistes, 18e Régiment de chasseurs parachutistes, S.l. Vert-Saint-Denis (3, Av. des Lauriers-Roses, 77240, Isachris J. Forestier, , 135 p. (ISBN 978-2-950-12790-7, OCLC 461695893)
  • Jean-Pierre Fourquin, Instants de vie 1959-1962, Ed B.O.D.
  • Jean Billard, Lettres d'Algérie - Journal d'un appelé, 1957-1958, Éd. Canope
  • Marcel Bury, Les Guérilleros du Commando de chasse V44 - Le Journal d'un appelé en Algérie 1959 et 1960
  • Georges Pagé (postface Taouès Titraoui et Bernard Coll), Il était une fois l'Algérie d'un appelé de 1960 à 1962, Villedieu-de-Clain, Éd. PG, , 261 p. (ISBN 978-2-951-82190-3, OCLC 469979945)
  • Claude Aurières, 37 ans de réflexions, la Guerre - Témoignage d'un appelé en Algérie, 1958-1959
  • V Renou, En Algérie, c'était comme ça ou les 24 mois d'un appelé sur un piton, V. Renou, (OCLC 819224315)
  • Claude Hary, L'autre Guerre d'Algérie - Révélations d'un officier SAS, 2005, compte d'auteur
  • Xavier Jacquey, Ces appelés qui ont dit non à la torture : lettres d'un infirmier dans le Sud-Oranais (1959-1960), archives militaires, témoignages de moujahidin, regards croisés sur la guerre d'Algérie, Paris, L'Harmattan, coll. « Histoire et perspectives méditerranéennes », , 218 p. (ISBN 978-2-296-96192-0, OCLC 796227153, lire en ligne)[51]
  • Jean-Yves Jaffrès, La vie de soldats bretons dans la guerre d'Algérie (1954-1962) : nos photos témoignent, Paris, L'Harmattan, coll. « Harmathèque », , 416 p. (ISBN 978-2-747-50369-3, OCLC 848128988, présentation en ligne)
  • Jean-Yves Jaffrès, Soldats dans la guerre d'Algérie, 1954-1962, Éditions L'Harmattan, 2002
  • Jean-Yves Jaffrès, Notre Guerre et notre vécu en Algérie, Éditions L'Harmattan, 2005
  • Jean-Yves Jaffrès, Militaires français prisonniers du FLN : revenus ou disparus en Algérie, Éditions L'Harmattan
  • Claude Juin, Des soldats tortionnaires : guerre d'Algérie, des jeunes gens ordinaires confrontés à l'intolérable, Paris, Robert Laffont, coll. « Monde comme il va », , 363 p. (ISBN 978-2-221-12975-3, OCLC 778615251)
  • Claude Klotz, Les Appelés, Jean-Claude Lattès,
  • Guerre d’Algérie – Guerre d’Indépendance – Paroles d’humanité. Par les Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre. édition l’Harmattan, juillet 2012 (ISBN 978-2-296-99269-6)
Théâtre 
Roman 

Appelés notables du contingent en Algérie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Chevandier, La Fabrique d’une génération. Georges Valero, postier, militant et écrivain, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Histoire de profil », 2009, 434 p.
  2. LE YACHT PIRATE EGYPTIEN " ATHOS", Les Actualités Françaises - 24/10/1956, Ina.fr
  3. Saisie de 7,5 tonnes d’armement et de munitions à bord du “Baltic Exporter” dans le port de Bône., ECPAD
  4. [1] [Soldes des appelés en 1961], SGA
  5. "La presse militaire française à destination des troupes indigènes issues des différents territoires de l’Empire puis de l’Union française" par Olivier Blazy dans la Revue historique des armées en 2013 [2]
  6. François Buton, « Quand les disponibles ne veulent pas l’être. Le « Mouvement des rappelés » pendant la guerre d’Algérie », dans André Loez et Nicolas Mariot, Obéir/désobéir : Les Mutineries de 1917 en perspective, La Découverte, , 448 p. (ISBN 9782707156198, lire en ligne), p. 2
  7. a b c d e f g h i j k l m et n "DEBAT SUR LE 50e ANNIVERSAIRE DU CESSEZ-LE-FEU EN ALGÉRIE" par les historiens Pierre Brana, Jean-Charles Jauffret, Tramor Quémeneur et Benjamin Stora - Débat animé par le journaliste et écrivain Jacques Duquesne en octobre 2012 à Mairie de Paris [3]
  8. Malika el Korso, Le Maghreb et l'indépendance de l'Algérie, Karthala, , « La guerre de libération nationale et l'indépendance algérienne au regard de Témoignage chrétien », p. 242
  9. « Guerre d’Algérie, combats du Maroc et de la Tunisie », sur SGA
  10. Benjamin Stora, Les mots de la guerre d'Algérie, Toulouse, Presses universitaires du Mirail-Toulouse, coll. « Mots de », , 127 p. (ISBN 978-2-858-16777-7, lire en ligne), p. 93
  11. "Une guerre sans « non » ? Insoumissions, refus d’obéissance et désertions de soldats français pendant la guerre d’Algérie (1954-1962)" par Tramor Quemeneur
  12. Jean-Pierre Vittori, La vraie histoire des appelés d'Algérie, Paris, Ramsay, (1re éd. 1977), 261 p. (ISBN 978-2-841-14529-4)
  13. Pierre Ordioni, Mémoires à contretemps 1945-1972, Paris, Nouvelles Editions latines, , 327 p. (ISBN 978-2-723-32020-7, lire en ligne)
  14. a b et c "Nationalisme, Antisémitisme et Fascisme en France" par Michel Winock, Editions Le Seuil
  15. a b et c "Les Militaires qui ont changé la France" par Fabrice FANET et Jean-Christophe ROMER, aux Editions du Cherche Midi, 2012
  16. "Putsch et putschistes. Comment de Gaulle fit échouer le putsch d'Alger", de Maurice Vaïsse, ET André Versaille, cité par Bertrand Le Gendre, « Putsch et putschistes. », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 2 octobre 2019)
  17. a b c d e f g et h "Le putsch manqué d'Alger", par Jean Planchais, Le Monde, 22/23 avril 2001 [4]
  18. a b et c Message radiotélévisé du général de Gaulle du 23 avril 1961, sur le site de l'INA, avec en éclairage l'article d'Eve Bonnivard, journaliste de l'Agence France-Presse [5]
  19. a b c d et e "DE GAULLE FACE AU PUTSCH DES GÉNÉRAUX (22-25 AVRIL 1961)" par Frédéric Cossart, professeur d'histoire- [6]
  20. "Mémoires accessoires, tome 2 : 1946-1982", réédité par son fils Philippe de GAULLE, Place des éditeurs, 2014
  21. a b c et d "Adieu Colomb Béchar"par Vincent Dubois
  22. a b et c "Militaires et guérilla dans la guerre d'Algérie" par Jean-Charles Jauffret et Maurice Vaïsse, Centre d'études d'histoire de la défense (France) Editions Complexe, 2001
  23. a b c d e f et g "Jeunes appelés et rappelés en guerre d’Algérie" par Ludivine Bantigny, dans la revue Matériaux pour l'histoire de notre temps en 2004 [7]
  24. Voir témoignages dans « http://marienoelyvonpriouforcelocale19mars1962.e.monsite.com »
  25. a et b Journal télévisé 19h20 Édition nationale, « Les disparus d'Algérie », France 3,
  26. Joseph Katz (préf. Jules Roy), Une destinée unique-- : mémoires (1907-1996), Paris, L'Harmattan, coll. « Mémoires du XXe Siècle », , 331 p. (ISBN 978-2-738-44729-6), p. 287
  27. a et b Louis Muron, Pompidou : le président oublie, Paris, Flammarion, , 315 p. (ISBN 978-2-080-66722-9), p. 77
  28. « Témoignage soldat français séquestré par le FLN, 20 heures le journal », Institut National de l'Audiovisuel,
  29. Guy Pervillé, « L’armée française au combat, de 1956 à 1962 (1992) », sur Pour une histoire de la guerre d’Algérie, (consulté le 22 juillet 2012)
  30. Bien que la reconnaissance légale du statut d'objecteur de conscience date de 1963, juste après la guerre d'Algérie
  31. Tramor Quemeneur, « Guerre d'Algérie : les insoumis », L'Histoire, no 338,‎ (ISSN 0182-2411)
  32. Sources : Jean-Pierre Masseret, secrétaire d'État à la défense, Marcel Lesbros rapporteur de la commission des affaires sociales, le 5 octobre 1999 et O.N.A.C. (Office national des Anciens combattants).[source insuffisante]
  33. Dominique Farale, Mystérieuse Légion étrangère : de 1831 à nos jours : une épopée combattante et humanitaire, Paris, DIE, (ISBN 978-2-914-29516-1), p. 207
  34. « Sociétés militaires privées : les limites de l’externalisation dans les armées », sur Les Échos, (consulté le 22 juillet 2012)
  35. Voir le livre de Jean-Yves Jaffrès Militaires Français prisonniers ou disparus 1954 1962 (2009)
  36. « Débats de l'Assemblée nationale », Journal officiel,‎ , p. 2469.
  37. Benjamin Stora, Les mots de la guerre d'Algérie, Presses Universitaires du Mirail, , p. 24
  38. « Site de la FNACA », sur www.fnaca.org
  39. « Site internet de l'UNC », sur www.unc.fr
  40. « Site internet de la FNCPG-CATM », sur www.fncpg-catm.org
  41. « Site internet de l'UF », sur union-federale.com
  42. « Site internet de la FNCV », sur http://www.fncv.com/index_2.html
  43. « Site internet de l'ANCGVM », sur croixdeguerre-valeurmilitaire.fr
  44. « Plaquette de présentation de l'ANCGVM », sur croixdeguerre-valeurmilitaire.fr
  45. « Site internet de la FACS », sur www.facs-nationale.fr
  46. « Site internet de l'ANT-TRN », sur www.anttrn.com
  47. « Site internet de la 4ACG », sur www.4acg.org
  48. Source O.N.A.C. (Office national des anciens combattants)
  49. « Tournage du film "L'honnneur d'un capitaine" de Pierre Schoendoerffer, IT1 20H », sur INA.fr,
  50. L'ouvrage a été saisi dès sa parution en avril 1961. L'auteur précise qu'il tient à la disposition de la justice les noms des personnes dont les initiales sont citées dans le livre
  51. Témoignage de Xavier Jacquey, Témoignage chrétien, 14 mars 2012 [8]
  52. Association républicaine des anciens combattants et victimes de, L'Algérie, nous y étions : témoignages et récits d'anciens combattants, Paris, Éditions du réveil des combattants, (ISBN 2910764303, 9782910764302 et 2914676018, OCLC 49028129, lire en ligne), p. 207 à 209
  53. « Témoignage de Jean-Pierre Farkas », sur http://ephmga.com, (consulté le 23 novembre 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]