Francis Jeanson

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Francis Jeanson
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Francis Jeanson, né à Bordeaux le , mort à Arès le , est un philosophe français, notamment connu pour son engagement en faveur du FLN pendant la guerre d'Algérie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bien que son père se prénommât Henri, Francis Jeanson n'a pas le moindre lien de parenté avec Henri Jeanson (lequel était journaliste au Canard enchaîné, au Crapouillot, et dialoguiste de cinéma).

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il s'évade par l'Espagne pour fuir le STO et rejoint l'armée française de la Libération en 1943[1].

Reporter à Alger républicain en 1945, il rencontre Albert Camus et Jean-Paul Sartre et ce dernier lui confie la gérance de la revue Les Temps modernes de 1951 à 1956. C'est lui-même qui y écrit la critique de L'Homme révolté, qui brouilla pour de bon Sartre et Camus.

Il se lie d'amitié avec Emmanuel Mounier, qui lui ouvre en 1948 les portes de la revue Esprit, où règne alors un certain « philocommunisme », et qui facilite son entrée dans le sérail intellectuel de l'après-guerre. Mounier le fait également entrer au comité de lecture des éditions du Seuil et le recommande auprès de son directeur littéraire, Paul Flamand. Au décès de Mounier en mars 1950, Jeanson reprend la direction de la collection « Écrivains de Toujours »[2].

À partir de 1957, au plus fort de la guerre d'Algérie, il met en pratique ses idéaux anticolonialistes en créant le Réseau Jeanson chargé de transporter des fonds à destination du FLN. Ce réseau clandestin de militants sera démantelé en 1960. En fuite à l'étranger, Francis Jeanson sera jugé par contumace, reconnu coupable de haute trahison, et condamné en octobre 1960 à dix ans de réclusion.

Il revient s'installer à Paris à l'occasion de son amnistie, en 1966, puis travaille avec le Théâtre de Bourgogne (dirigé par Jacques Fornier) et est chargé de préfigurer la politique culturelle de la Maison de la culture de Chalon-sur-Saône (1967-1971). Il propose et élabore à travers cette expérience la notion de "non public", qui sera reprise en mai 1968 dans la Déclaration de Villeurbanne, dont il est le principal rédacteur.

Sollicité par des psychiatres, il mène ensuite des interventions pour une psychiatrie ouverte, une "psychiatrie du sujet", et crée notamment la SOFOR (Sud Ouest Formation Recherche), qui développe des actions de formation auprès des personnels soignants.

En 1992, il devient président de l'Association Sarajevo, en soutien au peuple bosniaque, et se porte candidat sur la liste « L'Europe commence à Sarajevo » du professeur Léon Schwartzenberg pour les élections européennes de 1994.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur Francis Jeanson[modifier | modifier le code]

  • Marie-Pierre Ulloa, Francis Jeanson. Un intellectuel en dissidence de la Résistance à la guerre d'Algérie, Berg International Editeurs, Paris, 2001, 286 p.
  • (en) Marie-Pierre Ulloa, Francis Jeanson: A Dissident Intellectual from the French Resistance to the Algerian War (Palo Alto, Stanford UP, 2008) (ISBN 978-0804755085).
  • Itinéraire d'un intellectuel engagé, film documentaire réalisé par Catherine de Grissac et Bernard Vrigon de l’APDFJ.
  • Les valises du professeur Jeanson, essai biographique de Dominique-Emmanuel Blanchard, Éditions Ovadia, 2015

Filmographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jeanson, dissident de la gauche intellectuelle, Marie-Pierre Ulloa
  2. Francis Jeanson et la revue Esprit 1. Entre Sartre et Mounier. Les intellectuels et la guerre d'Algérie, Marie-Pierre Ulloa, esprit.presse.fr, 16 mars 2012

Figure sous le pseudonyme "Alexandre" dans l'ouvrage de Maurienne "Le déserteur", livre interdit lors de sa publication en 1960, réédité en 2005 par les éditions L'Echappée.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. Francis Jeanson, itinéraire d'un intellectuel engagé documentaire de Catherine de Grissac et Bernard Vrignon réalisé en 2011 publié sur Médiapart en 2015