Mouloud Feraoun

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Mouloud Feraoun
Description de l'image Mouloud-feraoun.jpg.
Nom de naissance Mouloud Feraoun
Alias
Fouroulou
Naissance
Tizi Hibel, Aït Mahmoud (Algérie)
Décès (à 49 ans)
Alger, (Algérie)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français

Œuvres principales

  • Le Fils du pauvre (1950)
  • La Terre et le Sang (1953)
  • Les Chemins qui montent (1957)
  • Jours de Kabylie (1954)

Mouloud Feraoun est un écrivain algérien d'expression française né le à Tizi Hibel en Haute Kabylie (Algérie). Il est mort assassiné par l’OAS à Alger le 15 mars 1962[1].

Son œuvre la plus célèbre est la trilogie Le Fils du pauvre (1950), La Terre et le sang (1953) et Les Chemins qui montent (1957).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né officiellement le 8 mars 1913 dans le village de Tizi Hibel[2], il appartient au clan (takharoubt) des Aït-Chabane, Feraoun étant le nom qui a été imposé par des officiers des Affaires indigènes chargés de la mise en place état civil aux populations kabyles après l’insurrection de 1871. Les parents de Feraoun sont un couple de paysans pauvres, qui ont eu huit enfants dont cinq seulement ont survécu. Mouloud est le troisième d'entre eux, et le premier fils. Depuis 1910, le père a pour habitude d’émigrer périodiquement en France métropolitaine pour subvenir aux besoins de sa famille. En 1928, il est victime d’un accident et commence à vivre d’une pension d’invalidité. Ces racines familiales, sociales et culturelles sont prépondérantes pour Mouloud Feraoun, qui intitule son premier roman autobiographique Le Fils du pauvre et fait de la culture kabyle la principale composante de son identité[3].

Il fréquente l'école de Tizi Hibel à partir de l'âge de sept ans. En 1928, il est boursier à l'école primaire supérieure de Tizi Ouzou, puis en 1932, est reçu au concours d'entrée de l'école normale de Bouzaréah (actuelle École normale supérieure en lettres et sciences humaines) près d'Alger. Il y fait la connaissance d'Emmanuel Roblès. En 1935, il est nommé instituteur à Tizi Hibel, où il épouse sa cousine Dehbia dont il aura sept enfants.

Mouloud Feraoun commence à écrire en 1939 son premier roman, Le Fils du pauvre. L'ouvrage, salué par la critique obtient le Grand Prix de la ville d'Alger. En 1946, il est muté à Taourirt Moussa Ouamar, commune Ath Mahmoud.

En 1952, Mouloud Feraoun est nommé directeur du cours complémentaire de Fort-National. En 1957, promu directeur de l'école Nador de Clos-Salembier, il quitte la Kabylie pour les hauteurs d'Alger.

En 1951, Mouloud Feraoun est en correspondance avec Albert Camus. Le 15 juillet, il termine La Terre et le Sang, ouvrage récompensé en 1953 par le Prix du roman populiste. Le roman raconte la vie d'un village kabyle qui voit d'un mauvais œil le retour d'un de ses enfants parti travailler dans les mines du Nord de la France.

Les Éditions du Seuil publient, en 1957, le roman Les Chemins qui montent. Sa traduction des poèmes de Si Mohand Ou Mhand (Les Poèmes de Si Mohand) est éditée par Minuit en 1960.

En 1960, Mouloud Feraoun est inspecteur des centres sociaux (créés à l'initiative de Germaine Tillion) à Château-Royal près de Ben-Aknoun. Avec cinq de ses collègues, dont l'inspecteur d'académie Max Marchand, il est assassiné le 15 mars 1962, à quatre jours du cessez-le-feu[4],[5], par l'OAS, qui y voit un foyer indépendantiste.

Son Journal, rédigé de 1955 à 1962, est remis au Seuil en février 1962 et sera publié de manière posthume, de même que deux derniers romans, L'Anniversaire, inachevé, et La Cité des roses, achevé mais resté longtemps inédit.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres
  • Le Fils du pauvre, Menrad instituteur kabyle, éd. Cahiers du nouvel humanisme, Le Puy, 1950, 206 p.
  • La Terre et le Sang, Éditions du Seuil, Paris, 1953, 256 p.
  • Jours de Kabylie, Alger, Baconnier, 1954, 141 p.
  • Les Chemins qui montent, Éditions du Seuil, Paris, 1957, 222 p.
  • Les Poèmes de Si Mohand, Les Éditions de Minuit, Paris, 1960, 111 p.
  • Journal 1955-1962, Éditions du Seuil, Paris, 1962, 349 p.
  • Lettres à ses amis, Éditions du Seuil, Paris, 1969, 205 p.
  • L'Anniversaire, Éditions du Seuil, Paris, 1972, 143 p.
  • La Cité des roses, éd. Yamcom, Alger, 2007, 172 p.
Articles
  • « L'instituteur du bled en Algérie », Examens et Concours, Paris, mai-juin 1951.
  • « Le désaccord », Soleil, Alger, no 6, juin 1951.
  • « Sur l’“École nord-africaine des lettres” », Afrique, AEA (Association des écrivains algériens), Alger, no 241, juillet-septembre 1951.
  • « Les potines », Foyers ruraux, Paris, no 8, 1951.
  • « Mœurs kabyles », La Vie au soleil, Paris, septembre-octobre 1951.
  • « Les rêves d'Irma Smina », Les Cahiers du Sud, Rivages, Marseille, no 316, 2e semestre 1952.
  • « Ma mère », Simoun, no 8, mai 1953, Oran.
  • « Les Beaux jours », Terrasses (Jean Sénac), Alger, juin 1953.
  • « Réponse à l'enquête », Les Nouvelles Littéraires, Larousse, Paris, 22 octobre 1953.
  • « Images algériennes d'Emmanuel Roblès », Simoun (J.-M. Guirao), Oran, no 30, décembre 1953.
  • « L'auteur et ses personnages », Bulletin de l'Amicale des anciens élèves de l'école normale de Bouzaréa, février 1954.
  • « Au-dessus des haines », Simoun (J.-M. Guirao), no 31, juillet 1954,.
  • « Le départ », L'Action, Parti socialiste destourien, Tunis, no 9, 20 juin 1955.
  • « Le voyage en Grèce et en Sardaigne », Journal des instituteurs de l'Afrique du Nord, no 1, 29 septembre 1956
  • « Les aventures de Ami Mechivchi », Journal des instituteurs de l'Afrique du Nord, no 1, 29 septembre 1956.
  • « Les aventures de Ami Mechivchi » (suite), Journal des instituteurs de l'Afrique du Nord, no 2, 13 octobre 1956.
  • « Souvenir d'une rentrée », no 2, Journal des instituteurs de l'Afrique du Nord, 15 octobre 1956.
  • « L'instituteur du bled en Algérie », Journal des instituteurs de l'Afrique du Nord, no 3, 25 octobre 1956 .
  • « Le beau de Tizi », Journal des instituteurs de l'Afrique du Nord, no 4, 10 novembre 1956.
  • « Les bergères », Journal des instituteurs de l'Afrique du Nord, no 5, 24 novembre 1956.
  • « Hommage à l'école française », Journal des instituteurs de l'Afrique du Nord, no 6, 6 décembre 1956.
  • « Monsieur Maschino, vous êtes un salaud », Démocratie (Charkaoui), Casablanca, 1er avril 1957.
  • « La légende de Si Mohand », Affrontement, Paris, no 5 (« Art, culture et peuple en Afrique du Nord »), décembre 1957.
  • « Les écrivains musulmans », Revue française de l'élite européenne, Paris, no 91, 1957.
  • « La littérature algérienne », Revue française, Paris, 1957.
  • « Le voyage en Grèce », Revue française, Paris, 1957.
  • « La légende de Si Mohand », Algeria, OFALAC, septembre 1958.
  • « Hommage à l'école française », Algeria, OFALAC, no 22, mai-juin 1959.
  • « La source de nos communs malheurs » (lettre à Camus), Preuves, Paris, Congrès pour la liberté de la culture, no 91, septembre 1958.
  • « Le dernier message », Preuves, Paris, Congrès pour la liberté de la culture, no 110, avril 1959.
  • « Le départ du père », Algeria, OFALAC, no 22, mai-juin 1959.
  • « Journal d'un Algérien », Preuves, Paris, Congrès pour la liberté de la culture, no 139, septembre 1959.
  • « La vache des orphelins », Algeria, OFALAC, no 30, janvier-février 1960.
  • « Si Mohand ou Mehand », La nouvelle critique, PCF, no 112, janvier 1960.
  • « Destins de femmes », Algeria, OFALAC.no 44, décembre 1960.
  • « L'entraide dans la société kabyle », Revue des centres sociaux, Alger, no 16, 1961.
  • « Mekidèche et l'ogresse », Algeria, OFALAC, n°60, automne 1961.
  • « Mekidèche et l'ogresse » (suite), Algeria, OFALAC, n°61, noël 1961.
  • « Déclaration téléphonique après la mort d'Albert Camus », Oran Républicain, Oran, 6 janvier, 1962.
  • « Lettres de Kabylie envoyées à Emmanuel Roblès », Esprit, n°12, décembre 1962.
  • « Algerisches Tagebuch », Dokumente Zeitschrift für übernationale Zusammenarbeit, Bonn, no 18, 1962.
  • « Discours lors de la remise du prix de la Ville d'Alger », le 5 avril 1952, Œuvres et critiques, Paris, J.M. Place, no 4, hiver 1979.
  • « Les tueurs », CELFAN Review, Philadelphie, Temple University, Eric Sellin, Editor, 1982.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le 15 mars 1962, Mouloud Feraoun… », Ligue des droits de l'homme, Toulon.
  2. Dans l'ancienne commune mixte de Fort-National.
  3. « Persée », sur www.persee.fr (consulté le 24 août 2015)« Mouloud FERAOUN. Un écrivain dans la guerre d’Algérie » sylvie THENAULT.
  4. « “Mouloud Feraoun, un écrivain dans la guerre d’Algérie”, par Sylvie (...) - Connaître l’histoire coloniale, combattre les racismes et l’antisémitisme », sur ldh-toulon.net (consulté le 14 mars 2017)
  5. ↑ « Documents pour l'histoire, récit de l'attentat de Château Royal » Persée.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages
  • Christiane Achour, Mouloud Feraoun, une voix en contrepoint, Silex éditions, Paris, 1986, 104 p. (Lire sur Gallica)
  • Mehenni Akbal, Mouloud Feraoun - Maurice Monnoyer : histoire d'une amitié, éd. El-Amel, Alger, 2009, 95 p.
  • Mehenni Akbal, Mouloud Feraoun et l'éthique du journalisme (essai), avec une préface du Professeur Mahfoud Keddache et une postface de Nassira Belloula, Alger, Ed. El-Amel, 2007, 131 p.
  • Mehenni Akbal, Les idées médiologiques chez Mouloud Feraoun (essai), avec une préface du professeur Mahfoud Keddache, éd. Dahlab-ENAG, Alger, 2002, 202 p.
  • Marie-Hélène Cheze, Mouloud Feraoun. La voix et le silence, Éditions du Seuil, Paris, 1982, 141 p.
  • Eugène Coupel, Le Juste assassiné ou l'Univers de Mouloud Feraoun, Société des Écrivains, Paris, 1999.
  • Robert Elbaz et Martine Mathieu-Job, Mouloud Feraoun ou l'émergence d'une littérature, éd. Karthala, Paris, éd. L'Harmattan, 2001, 139 p.
  • Jack Gleyze, Mouloud Feraoun, Paris, 1990, 132 p.
  • Martine Mathieu-Job, "Le Fils du pauvre", De Mouloud Feraoun ou la Fabrique d'un classique, éd. L'Harmattan, Paris, 2007, 176p.
  • Guy Meyra, Mouloud Feraoun, éd. FLN, Alger, 1975.
  • Jean-Philippe Ould Aoudia (introduction de Germaine Tillion, préface d'Emmanuel Roblès), L'assassinat de Château-Royal - Alger : 15 mars 1962, éd. Tirésias-Michel Reynaud, Paris, 1992, 197 p. (ISBN 2908527103 et 978-2908527100)
  • José Lenzini, (préface de Louis Gardel), Mouloud Feraoun - Un écrivain engagé, éd. Actes Sud, Paris, 2013, 384 p. (ISBN 978-2-330-01951-8)
Thèses, maîtrises, DEA
  • Aït Hamou (Mokhtar), L'émigration algérienne à travers les œuvres romanesques de Mouloud Feraoun et de Mouloud Mammeri, DEA, Alger, 1978, 145 p.
  • Bouguerra (Ahmed), L'écriture et le roman social chez Mouloud Feraoun, DEA, Paris 4, Charles Bonn, 1989.
  • MadaniI (Louisa), l'exil dans les romans de Mouloud Feraoun, DEA, Alger, Mitterand, 1973, 153p.
  • Mellak (Djilali), Proverbes, dictons, sentences chez Mouloud Feraoun à travers l'étude de trois romans, DEA, Oran, Didier et TalahiteE, 1983, 120 p.
  • Ounoughene (Zahra), L'éthnographie, terre et société dans l'œuvre de Mouloud Feraoun, DEA, Paris 7, Brahimi, 1981, 235p.
  • Sacriste (Emmanuel), Mouloud Feraoun, acteur, témoin et martyr de l'école en Algérie coloniale, MM1,Toulouse 2,J. Cantier et G. Perville, 2007,148p.
  • Sautereau (Boris), Mouloud Feraoun, la réalité et l'écriture, DNR, Paris 12, Claudon, 1998, 385p.
  • Variola (Vera), Mouloud Feraoun: le problème d'un écrivain kabyle, thèse, Padoue, T. Rodinis, 1977.
Articles
  • Abtroun (Samy), « Mouloud Feraoun, simplement », L'Hebdo libéré, no 103, 16-22 mars 1993, p. 22
  • Asfar (Gabriel), « The Goat and Myths of sacrifice in Feraoun's « le fils du pauvre » and Chraïbi's «  les boucs », Litterature of Africa and the African Continum, Washington DC, Three Continents and African Literature Association, 1989.
  • Beugnot (Bernard), « les débuts littéraires de Mouloud Feraoun. De Menrad Fouroulou au « Fils du pauvre », Revue d'histoire littéraire de la France, no 81, 1981, p. 944-952
  • Chraïbi (Driss), "Le combat de Mouloud Feraoun", Cahiers de l'ORTF, 1967
  • Ghania (B.), « Hommage à Mouloud Feraoun », Alger réalité, no 13, janvier 1974, p. 70-71.
  • Hamouda (Ouahiba), « Mouloud Feraoun et le destin des femmes », L'Hebdo libéré, no 156, 23-29 mars 1994, p. 14
  • Le Rouzic (Maurice), « Écritures autobiographiques chez Mouloud Feraoun » in Littératures autobiographiques de la francophonie, Paris, L'Harmattan, 1996. Le Rouzic (Maurice),
  • Monnoyer (Jean-Maurice),"La promesse littéraire du Fils du pauvre", 2013, SEMa
  • Perville (Guy), « Albert Camus et Mouloud Feraoun, une amitié qui résiste aux divergences politiques », Actes du colloque du « La plume dans la plaie, les écrivains-journalistes et la guerre d’Algérie » (28-29 septembre 2001), Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, 2003,p. 129-135.
  • Tahraoui (Tahar), « Les mots du maître », Liberté, no 482, 16 mars 1994, p. 24.
  • Thenault (Sylvie), "Mouloud Feraoun, un écrivain dans la guerre d'Algérie", Vingtième siècle, no 63, juillet- septembre 1999, p. 65-74.
  • Titouah (Rachid), « Mouloud Feraoun: un humaniste dans la tourmente », Actualité de l'émigration, no 198, 29 mars-11 avril 1990, p. 48-49.
  • Akbal, Mehenni ; Eléments pour une approche bibliométrique des écrits consacrés à Mouloud Feraoun. L’Ivrescq, n°39, avril 2015, p. 53-58, ISSN 1112-9654.

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