Robert Davezies

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Robert Davezies, né le à Saint-Gaudens en Haute-Garonne et mort le à Paris[1], est un prêtre diocésain français militant de l'indépendance algérienne et des causes tiers-mondistes, en Afrique et en Amérique latine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ordonné prêtre du diocèse de Tarbes, le 29 juin 1951, il rentre à la Mission de France en 1953, fréquente des chrétiens progressistes et devient prêtre ouvrier.

"Prêtre rebelle", peu médiatique, souvent en difficulté avec l’Église mais jamais jusqu’à la rupture, il se dira toute sa vie "au service de Dieu et des pauvres", mais restera jusqu’au dernier jour un "simple militant", toujours prêt à discuter, à expliquer, à argumenter.

La droite et une partie de la gauche critiqueront, au début des années 1960, celui en qui ils voyaient un prototype du "porteur de valise" du FLN (Front de libération nationale), une accusation qui le faisait sourire.

Passionné de mathématiques, physique et littérature, il intègre, en 1955, les laboratoires de l’École normale supérieure. Il sera finalement chercheur en mathématiques à l'École normale supérieure. Mais le centre de sa vie, ce seront toujours ses engagements politico-religieux. Il était engagé depuis le début des années 1950, dans les causes tiers-mondistes, en Algérie, en Afrique et en Amérique latine.

Robert Davezies est né à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) le 30 avril 1923. Il gardera d’une enfance un accent toulousain prononcé et un goût de la convivialité. La guerre d’Algérie le met sous les feux de l’actualité. En 1957, Jean Urvoas le fait entrer dans son groupe de soutien au FLN. Il fait partie du Réseau Jeanson (du nom du philosophe Francis Jeanson)[2]. Il organise des passages en Espagne et des caches d'argent pour le FLN. Il sera emprisonné pendant quinze mois, en 1961 et 1962 pour son aide au FLN[3].

Il sera libéré après une grève de la faim. "En prison, j’ai enseigné (aux Algériens détenus) les mathématiques. Certains sont passés en six mois du niveau du certificat d’études à celui de la classe de seconde de lycée", se félicitait-il, une fois libre.

"Tous me parlaient de leur enfance. En prison, on parle de son enfance", ajoutait cet homme énergique, décontracté, habillé en civil, avant même le Concile Vatican II (1963-65).

Dans les années 1960, proche du communiste égyptien Henri Curiel, il est souvent qualifié de "prêtre d’extrême-gauche". Il poursuit une action anti-coloniale ou "anti-néo-coloniale".

Il écrit dans l’hebdomadaire Témoignage chrétien, alors dirigé par Georges Montaron, et lance, au sein de ce groupe de presse, la revue "Echanges et dialogue", qui regroupe des chrétiens progressistes, favorables notamment à une "décléricalisation" de l’Église.

Très proche des milieux révolutionnaires d’Amérique latine, notamment colombien et argentin, il plaide leur cause auprès des mouvements de gauche français.

En mai 68, son petit logement parisien, en plein Quartier latin, est un lieu de discussions "non stop" entre étudiants, mais aussi ouvriers et scientifiques. Il est considéré comme un des chrétiens les plus engagés dans ce qu’il considérait comme "la révolution du XXe siècle".

Robert Davezies est resté fidèle jusqu’au bout à ses convictions, refusant de considérer ses combats comme "démodés". Il est décédé le 23 décembre 2007.

Avant de mourir, il reçoit Omar Boudaoud venu lui rendre hommage.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le Front (Minuit, 1959)
  • Les Abeilles (Minuit, 1963)
  • Les Angolais (Minuit, 1965)
  • La Rue dans l'Église (Épi, 1968)
  • Échanges et dialogue ou la Mort du clerc (L'Harmattan, 1975)
  • La Saint-Jean d'été (Minuit, 1977)
  • Camoin ou le voyage d'hiver (Minuit, 1978)
  • Clairières: lettre à Yves Burdelot sur la Reine de carreau (L'Âge d'Homme, 1996)

Références[modifier | modifier le code]

  1. [www.cema-northafrica.org/…/Hommage-a-Robert-Davazies.pdf Hommage à Robert Davezies]
  2. L'Abbé Robert Davezies s'en va
  3. Algérie : mort de Robert Davezies, prêtre ouvrier, militant de l'indépendance algérienne