Emmanuel Roblès

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Emmanuel Roblès
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Naissance
Oran, Algérie
Décès (à 80 ans)
Boulogne-Billancourt, France
Activité principale
Distinctions
Auteur
Genres

Œuvres principales

Les Hauteurs de la ville (1948)
Montserrat (1948)

Emmanuel Roblès, né le à Oran (Algérie)[1] et mort le à Boulogne-Billancourt (France), est un écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Emmanuel Roblès naît à Oran dans une famille ouvrière d'origine espagnole. Il fréquente une école primaire du centre d'Oran dénommée école Kargentah puis école Jules-Renard, où il se lie d'amitié avec le peintre Antoine Martinez, qui fera plus tard son portrait. Son père étant mort quelques mois avant sa naissance, il grandit entouré de sa mère et de ses sœurs. L'absence du père devient dès lors une dominante dans son œuvre. Doué pour les études, il entre à l'École normale d'Alger où il a pour condisciple Mouloud Feraoun.

Il visite plusieurs pays d'Europe dont l'URSS en 1934, puis l'Indochine et la Chine du Sud en 1935. Il fait son service militaire à Blida, puis à Alger. En septembre 1937, il rencontre Albert Camus à une répétition du théâtre de l'Équipe, ils se découvrent de nombreux points communs et se lient d'amitié. Il rejoint alors le groupe de jeunes écrivains qui se retrouvent autour du libraire-éditeur Edmond Charlot : Camus, René-Jean Clot, Gabriel Audisio, Max-Pol Fouchet et Claude de Fréminville. En 1938 paraît l'Action, son premier roman, et Camus le fait entrer à Alger républicain où il publie, sous le pseudonyme d'Emmanuel Chênes, La Vallée du paradis sous forme de feuilleton. Il prépare aussi une licence d'espagnol à la faculté des lettres. Il est l'un des premiers à traduire les écrits poétiques de Federico García Lorca.

La guerre coupe court à ses études, il devient alors interprète auxiliaire de l'armée, officier-interprète, puis correspondant de guerre en 1943. Il est envoyé, à ce titre, en Corse, en Sardaigne, et en Italie du sud, et participe à des missions de bombardement sur l'Italie du nord et des îles de l'Adriatique. Il est aussi victime de plusieurs accidents d'avion. Il est démobilisé en avril 1946 à Paris. Il collabore alors à divers journaux : Le Populaire, Gavroche, Combat, Aviation française.

En 1947, il retourne à Alger et y fonde la revue littéraire Forge ; on y trouve les signatures de Mohammed Dib, Kateb Yacine, Jean Sénac, Ahmed Sefrioui, Malek Ouary. Il anime aussi une émission littéraire à Radio Alger. En 1948, il reçoit le prix Femina pour Les Hauteurs de la ville. Il rédige sa première pièce de théâtre, Montserrat. L'œuvre, créée le même jour à Alger et à Paris (au théâtre de la Gaîté-Montparnasse), obtient tout de suite un retentissement considérable et reçoit le prix de Portique en juin 1948.

Il fonde, en 1951, aux Éditions du Seuil, la collection « Méditerranée », qui révèle des écrivains comme Mouloud Feraoun, Mohammed Dib, José Luis de Vilallonga et Marie Susini. Il voyage au Mexique, en 1954, et au Japon, en 1957, ce qui lui inspire respectivement les romans Les Couteaux et L'Homme d'Avril. Il fait jouer La vérité est morte et publie un roman qui connaît un succès vif : Cela s'appelle l'aurore. Luis Buñuel en tire un film éponyme qui sort en 1955. Il se passionne également pour une compagnie théâtrale d'amateurs Le Théâtre de la rue, dont il est l'un des fondateurs. En 1956, il participe au Comité pour la trêve civile en Algérie et préside l'appel à la trêve du 22 janvier. En avril, il perd son fils puis un ami médecin ; il appelle alors à ses côtés son ami Albert Camus. À la mort de celui-ci, il fait partie du premier cercle qui soutient Francine Camus. Après l'assassinat par l'OAS de Mouloud Feraoun le 15 mars 1962, il obtient la publication du Journal 1955-1962, tenu par ce dernier jusqu'à la veille de sa mort et dont il rédige la préface.

Il travaille aussi pour des adaptations et dialogues dans plusieurs films et téléfilms. À Paris, il devient membre du comité directeur du mouvement Peuple et culture. Il devient membre de l'académie Goncourt en 1973 (élu au fauteuil de Roland Dorgelès).

En 1984, il se rend dans la région autonome du Tibet. Il tire de ce voyage un livre intitulé Routes tibétaines, publié en 1986[2].

Il meurt en 1995 à 80 ans à Boulogne-Billancourt.

Postérité[modifier | modifier le code]

Depuis 1991, la ville de Blois décerne chaque année le prix Emmanuel-Roblès du premier roman.

Les archives et la correspondance d'Emmanuel Roblès sont déposées à la Bibliothèque francophone multimédia de Limoges.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • 1938 : L'Action (réédition le Seuil, 1996)
  • 1941 : La Vallée du paradis
  • 1942 : Travail d'homme (réédition le Seuil, 1996)
  • 1948 : Les Hauteurs de la ville (prix Femina) ; réédition le Seuil, 2012
  • 1952 : Cela s'appelle l'aurore
  • 1954 : Federica
  • 1956 : Les Couteaux (roman sur le Mexique)
  • 1961 : Le Vésuve
  • 1962 : La Remontée du fleuve
  • 1966 : Plaidoyer pour un rebelle
  • 1968 : La Croisière
  • 1970 : Un printemps d'Italie
  • 1974 : Saison violente
  • 1976 : Un amour sans fin
  • 1977 : Les Sirènes
  • 1979 : L'Arbre invisible
  • 1981 : Venise en hiver
  • 1985 : La Chasse à la licorne
  • 1988 : Norma, ou L'Exil infini
  • 1992 : L'Herbe des ruines

Nouvelles[modifier | modifier le code]

Recueils[modifier | modifier le code]

  • 1944 : Nuits sur le monde (recueil inspiré par ses voyages)
  • 1951 : La Mort en face
  • 1959 : L'Homme d'Avril (recueil de nouvelles sur le Japon)
  • 1972 : L'Ombre et la rive
  • 1990 : Les Rives du fleuve bleu
  • 1994 : Erica
  • 2014 : Malika et autres nouvelles d'Algérie (éd. El Kalima, Alger)

Nouvelle isolée[modifier | modifier le code]

  • 1942 : La Marie des quatre vents

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1941 : Île déserte
  • 1941 : Interlude
  • 1948 : Montserrat
  • 1952 : La vérité est morte
  • 1958 : L'Horloge (traduction anglaise : The Clock)
  • 1958 : Porfirio (traduction anglaise : Porfirio)
  • 19?? : Plaidoyer pour un rebelle (traduction anglaise : Case for a Rebel)
  • 19?? : Un Château en novembre
  • 19?? : La Fenêtre
  • 1984 : Un château en novembre
  • 1991 : Les Yaquils
  • 19?? : Mer libre
  • 19?? : Lanterne magique

Adaptation[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • 1990 : Cristal des jours

Autobiographie[modifier | modifier le code]

  • 1961 : Jeunes saisons

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • 1986 : Routes tibétaines (récit de voyage)
  • 1988 : Albert Camus et la trêve civile (critique)
  • 1995 : Camus, frère de soleil (biographie)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • coll : Emmanuel Roblès et ses amis, actes du colloque de Montpellier, sous la dir. de Guy Dugas. Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2000
  • Guy Dugas : Emmanuel Roblès. Une action, une œuvre. Préface de Michel Tournier de l'Académie Goncourt. Alger, éditions du Tell, 2007
  • coll : Emmanuel Roblès et l'Hispanité en Oranie, actes du colloque d'Oran, sous la dir. de Guy Dugas. Paris, L'Harmattan, 2012

Sur le théâtre[modifier | modifier le code]

  • Marie J. Petrone Kilker, The Theatre of Emmanuel Roblès: An American Introduction with a Checklist on Criticism and Production, Southern Illinois University, 1972, 470 p.
  • Josette Frigiotti, « Roblès dramaturge, essai de théâtre comparé », conférence prononcée en novembre 1968, au théâtre des Buttes-Chaumont, Éditions Scènes de France, 1972, 62 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Olivier Walzer et Germaine Brée, Le XXe siècle : 1920-1970, vol. 2, Arthaud,‎ (ISBN 9782700302110, lire en ligne), p. 358.
  2. Emmanuel Roblès, Routes tibétaines, avec des photographies de l'auteur et d'Adech, Bernard Grasset, Paris, 1986, 68 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]