Claude Liauzu

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Claude Liauzu
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Claude Liauzu (né le à Casablanca, Maroc, mort le ) est militant anticolonialiste et un historien français spécialiste de l'histoire de la colonisation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir enseigné durant dix ans dans les années 1970 en Tunisie comme coopérant, il est professeur d'histoire contemporaine à l’Université de Paris VII (Denis-Diderot). Il se spécialise dans la colonisation et est l'auteur d'une thèse de doctorat et d'ouvrages consacrés au mouvement ouvrier maghrébin. Il a également coordonné l’ouvrage Colonisation. Droit d’inventaire (Paris, Armand Colin, 2004) et dirigé le Dictionnaire de la colonisation française (Larousse, 2007).

Très engagé politiquement durant sa jeunesse au côté du parti communiste (militant à l'UEC (Union des étudiants communistes) et au Parti communiste français), il milite pour l'indépendance de l'Algérie. Il appelle en février 2005 les historiens et les enseignants à demander l'abrogation de la loi qui dispose que le « rôle positif » de la colonisation doit être enseigné dans les écoles (loi française du 23 février 2005 sur le colonialisme), pétition et lecture de la loi que Guy Pervillé juge « excessive »[1]. Il s'inquiétait aussi de la « guerre des mémoires » en développement en France et en Europe et préfère au « devoir de mémoire », le « devoir d'Histoire ». Son dernier combat a été de dénoncer la création d'un ministère apposant le mot « immigration » à celui d'« identité nationale » (le Ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement).

Depuis 1985 jusqu'à sa mort, il a collaboré régulièrement au Monde diplomatique.

Ses travaux ont été critiqués, par l'historien Daniel Lefeuvre, spécialiste de l'Algérie coloniale, qui lui reproche notamment son affirmation univoque que la colonisation a été l'occasion de « profits immenses ». Daniel Lefeuvre montre a contrario en s'appuyant sur les travaux de Jacques Marseille, que « la mortalité des entreprises coloniales, en particulier du secteur minier, a été beaucoup plus élevée que la mortalité des entreprises métropolitaines et qu’il est donc inexact de présenter l'investissement dans les colonies comme une poule aux œufs d’or. C'était, bien souvent, un pari hasardeux, dont de nombreux rentiers ont fait les frais »[2].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Aux origines des tiers-mondismes. Colonisés et anticolonialistes en France, 1919-1939, Paris, L’Harmattan, 1982.
  • L’Enjeu tiersmondiste. Débats et combats, Paris, L’Harmattan, 1987.
  • La Société française face au racisme. De la Révolution à nos jours, Bruxelles, Complexe, 1999.
  • En codirection avec Marie-Claire Hoock-Demarle : Transmettre les passés. Nazisme, Vichy, les conflits coloniaux : les responsabilités de l’Université, Paris, Syllepse, 2001.
  • Avec Josette Liauzu : Quand on chantait les colonies. Colonisation et culture populaire de 1830 à nos jours, Paris, Syllepse, 2002.
  • Direction : Tensions méditerranéennes, Paris, L’Harmattan, 2003.
  • Direction : Colonisation. Droit d’inventaire, Paris, Armand Colin, 2004.
  • Empire du mal contre grand Satan. Treize siècles de cultures de guerre entre l’islam et l’Occident, Paris, Armand Colin, 2005.
  • En codirection avec Gilles Manceron : La colonisation, la loi et l’histoire, Paris, Syllepse, 2006.
  • Direction du Dictionnaire de la colonisation française, Paris, Larousse, 2007.
  • Histoire de l’anticolonialisme en France du XVIe siècle à nos jours, Paris, Armand Colin, 2007. (Critique sur nonfiction.fr par Alice Billard, 10 décembre 2007).
  • Colonisations, migrations, racismes. Histoires d'un passeur de civilisations, Paris, Syllepse, 2009

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Guy Pervillé est réservé sur la pétition des historiens, Guy Pervillé, ldh-toulon.net, 27 mars 2005
  2. Les erreurs de Catherine Coquery-Vidrovitch sur le blog de l'auteur, 24 juin 2007

Liens externes[modifier | modifier le code]