Djamila Bouhired

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Djamila Bouhired
De gauche à droite : Samia Lakhdari, Zohra Drif, Djamila Bouhired et Hassiba Ben Bouali
De gauche à droite : Samia Lakhdari, Zohra Drif, Djamila Bouhired et Hassiba Ben Bouali

Naissance 1935
Alger
Origine Algérie Drapeau de l'Algérie
Allégeance FLN
Zone autonome d'Alger
Années de service 19561962
Conflits Guerre d'Algérie
Faits d'armes Bataille d'Alger
Famille Ex épouse de Jacques Vergès

Djamila Bouhired, née en 1935, est une femme militante du FLN, collaboratrice de Yacef Saadi chef de la Zone autonome d'Alger durant la guerre d'Algérie.

Elle fait partie des six femmes condamnées à mort pour des actes « terroristes » pendant la guerre d'indépendance[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Alger dans une famille de classe moyenne d'un père algérien et d'une mère tunisienne, elle est scolarisée à l'école française. Elle rejoint le Front de libération nationale durant ses années étudiantes. Elle travaille plus tard comme officier de liaison, membre du « réseau bombes » et assistante personnelle de Yacef Saadi, chef de la Zone Autonome d'Alger pendant la bataille d'Alger. Elle dépose, le 30 septembre 1956, une bombe qui n'explose pas dans le hall du Maurétania, car le branchement avait été mal effectué par Rachid Kouache, l'artificier[3],[4]. Elle recrute Djamila Bouazza qui dépose le 26 janvier suivant, dans le cadre d'une vague d'attentats, une bombe très meurtrière au café Coq Hardi. Elle recrute aussi Zoulikha, responsable de l'attentat de la rue Colonna-d’Ornano[5].

En avril 1957, elle est blessée dans une fusillade et capturée par la 4e compagnie du 9e régiment de Zouaves (cantonnée dans le palais Klein Basse Casbah). Elle est soupçonnée d'être une militante de la cause algérienne. Elle est torturée, inculpée et condamnée à mort pour attentat. [pourquoi ?] [réf. souhaitée]. Son exécution est stoppée par une campagne médiatique menée par Jacques Vergès et Georges Arnaud. Ils écrivent un manifeste, Pour Djamila Bouhired, publié la même année aux Éditions de Minuit. C'est, avec la Question d'Henri Alleg, l'un des manifestes qui alerte l'opinion publique sur les mauvais traitements et les tortures infligées par l'armée aux combattants algériens. Devant le tollé international soulevé par sa condamnation, elle est finalement graciée et libérée en 1962.

Après sa libération, elle travaille avec Jacques Vergès — qu'elle épouse en 1965 — sur Révolution africaine, un magazine centré sur les révolutions nationalistes africaines. De son mariage avec Vergès, elle a eu deux enfants, Meriem et Liess Vergès[6].

Sa vie a été adaptée au cinéma par Youssef Chahine dans le film Djamilah, sorti en 1958.

Chahine, pour la rencontrer, se rend en Algérie en pleine guerre d'indépendance, mais n'y parvient pas. Son parcours est aussi évoqué dans la première partie du film L'Avocat de la terreur, consacré à Jacques Vergès.

Elle se distinguera par sa discrétion, loin des médias, des cercles officiels et de tous les lieux de pouvoir.[réf. nécessaire]

Des rumeurs sur son décès ont circulé en novembre 2015. Une prière mortuaire (fatiha) a même été récitée en sa mémoire au Parlement tunisien[7],[8].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Vanessa Codaccioni, « (Dé)Politisation du genre et des questions sexuelles dans un procès politique en contexte colonial : le viol, le procès et l’affaire Djamila Boupacha (1960-1962) », Nouvelles Questions Féministes, vol. 29, no 1,‎ , p. 32–45 (ISSN 0248-4951, lire en ligne)
  2. Sylvie Thénault, « Défendre les nationalistes algériens en lutte pour l'indépendance. La « défense de rupture » en question », Le Mouvement Social, no 240,‎ , p. 121–135 (ISSN 0027-2671, lire en ligne) :

    « Djohar Akrour, Baya Hocine, Djamila Bouazza, Djamila Bouhired, Jacqueline Guerroudj et Zahia Kherfallah »

  3. Bombes au Milkbar et à la cafétaria
  4. Attentat du Casino de la Corniche
  5. Algérie, 2016: révélations sur le rôle de Yacef Saâdi, héros de la Bataille d’Alger
  6. Le 20 novembre 1995, sa fille Meriem et le mari de celle-ci Fouad donnent naissance à sa petite-fille Fatima Nur Vergès-Habboub
  7. Les députés tunisiens prient par erreur en mémoire de la militante algérienne Djamila Bouhired. Le Monde, 10 novembre 2015.
  8. Bourde au Parlement tunisien qui enterre à tort une militante algérienne. Le Parisien, 10 novembre 2015.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Achour Cheurfi, Dictionnaire de la Révolution Algérienne (1954-1962), Casbah Éditions, 2004 (ISBN 9961 64 4786).
  • Jean-Louis Gérard, Dictionnaire historique et biographique de la guerre d'Algérie. Éditions Jean Curtuchet - 2001 (ISBN 9782912932273).