Commandos de chasse

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Les commandos de chasse sont des unités militaires créées en 1959[1], pendant la guerre d'Algérie pour mener des opérations de contre-guérilla et démanteler les katibas hostiles à la présence française en Algérie. Il s'agit, dans le cadre du Plan Challe, de mettre sur pied des unités mobiles, héliportées, capables d'exploiter sur le champ des renseignements pour harceler, traquer et mettre hors d'état de nuire les groupes rebelles déjà affaiblis par la bataille des Frontières.

Les commandos de chasse gendarmerie[modifier | modifier le code]

L'Arméee de Terre, qui dispose de ses propres commandos de chasse depuis le début de l'année 1959 (comme le commando Georges), sollicite dans les mois suivants la gendarmerie pour constituer des forces supplémentaires[2].

C'est en quelques mois (d'octobre à décembre 1959) que six commandos de chasse, dénommés "Partisans", sont alors organisés sous le commandement du capitaine de gendarmerie Pierre Schaefer. Bien que ces commandos soient placés sous la responsabilité de l'Armée de Terre, il s'agit de forces de gendarmerie, supervisées par un officier de gendarmerie. Pour marquer la différence avec les commandos de chasse de l'Armée, le groupement des commandos de chasse gendarmerie adopte le principe suivant : " allier la valeur militaire du para avec la valeur morale du gendarme". La mission de contre-insurrection compterait de fait parmi les missions de la gendarmerie : " Prendre avec soi des volontaires recrutés dans “la partie saine de la population” ayant des lieux une connaissance complète, aller avec eux, en vivant leur vie, dans les plaines et dans les montagnes, mettre hors d’état de nuire des hors-la-loi qui ne respectent ni les personnes ni les biens, n’est-ce pas là une des missions fondamentales et traditionnelles de la Gendarmerie nationale ? Les commandos de chasse “gendarmerie” ne font pas autre chose avec leurs harkis originaires des montagnes de l’Ouarsenis, du Dahra et de la plaine du Chélif[3]."

Chacun des six commandos (Partisan 20, 21, 22, 26, 43, 44) est composé d'une centaine de harkis encadrés par une vingtaine de sous-officiers et officiers de gendarmerie. Un détachement héliporté d’exploitation du renseignement (DHER), baptisé "Partisan noir", complète le dispositif en mai 1960. Il s'agit à la fois d'emporter rapidement et de déposer au sol les groupes de combat dans les zones rebelles, et de fournir un appui éventuel (bombardements préventifs au canon). Sur le plan tactique, l'effet de surprise est recherché à travers l'organisation de contre-embuscades sur les arrières des groupes rebelles en embuscade, ou des opérations de désinformation et d'intoxication de l'ennemi pour diminuer sa vigilance avant un coup de main.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-André Cerutti et Jean-Christophe Damaisin d’Arès, Commandos de chasse : les têtes chercheuses du général Challe, l’Esprit du livre éditions,
  2. « Le gendarme et les autres militaires face à la guerre d'Algérie », sur Société nationale de l'histoire et du patrimoine de la gendarmerie,
  3. Pierre Schaefer (capitaine), « Les commandos de chasse “Gendarmerie” en Algérie », Gendarmerie nationale. Revue d’études et d’informations n° 46, 4e trimestre 1960, pp. 3-8 p.