Opération Résurrection

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Opération Résurrection est une opération militaire insurrectionnelle du 1er bataillon parachutiste de choc (BPC) du capitaine Ignace Mantei[1] visant à établir une tête de pont en Corse, dans le contexte de la crise de mai 1958, et qui fait suite au coup du 13 mai ainsi qu'à la mise en place d'un Comité de salut public à Alger, département d'Alger.

L'opération aéroportée débute le par l'intervention du 1er BPC de Calvi, par la suite, le colonel Jean-Robert Thomazo s'empare du contrôle civil et militaire de la Corse le en tant que gouverneur de l'île et en plein accord avec les nouvelles autorités d'Alger. La seconde partie de l'opération doit se dérouler à Paris. Michel Debré se tient au courant heure par heure des préparatifs et en informe le général de Gaulle.

Déroulement de l'opération[modifier | modifier le code]

Phase 1 : parachutages en Corse[modifier | modifier le code]

Pour accélérer le calendrier législatif et la nomination du gouvernement de salut public, les putschistes à Alger planifient une opération en Corse, dernier obstacle avant la métropole. Le 1er bataillon du 11e Choc, basé à Calvi, intervient à Ajaccio et à Bastia, où il se rend par la route. Il se rend maître des deux mairies, de la préfecture et de la sous-préfecture.

Coup de force d'Ajaccio[modifier | modifier le code]

Sans effusion de sang, l'opération Résurrection débouche sur la fondation d'un second comité de salut public. À Paris, Albert Gazier proclame le blocus maritime et aérien de la Corse le . Le député UNR Pascal Arrighi et le résistant Henri Maillot (cousin de De Gaulle) prennent part à l'opération ; Arrighi est consécutivement déchu de son mandat par un vote à l'Assemblée nationale de Paris.

Phase 2 : parachutages en région parisienne[modifier | modifier le code]

Le général Roger Miquel, commandant de la Ve région militaire (Toulouse), qui dirige l'opération Résurrection, prévoit des parachutages sur les aérodromes du Bourget et de Villacoublay[1]. Les généraux Raoul Salan et Jacques Massu doivent faire partie de la première vague. Le colonel Roger Trinquier est chargé avec sa compagnie de la prise du ministère de la Défense en cas de déclenchement de l'opération.

Putsch de Paris[modifier | modifier le code]

Des unités stationnées en région parisienne et favorables au coup de force doivent prendre le contrôle de la capitale, tandis que les associations d'anciens combattants et les activistes d'extrême droite doivent battre le pavé[1]. Les détenteurs de l'autorité doivent être mis aux arrêts, c'est-à-dire le Président du Conseil Pierre Pflimlin, le Ministre de l'Intérieur Jules Moch, de même que les personnalités clés, François Mitterrand et Pierre Mendès France[1]. En cas de riposte du Parti communiste français, ses dirigeants Jacques Duclos et Maurice Thorez doivent également être faits prisonniers[1].

Vote des pleins pouvoirs à de Gaulle[modifier | modifier le code]

Le gouvernement Pierre Pflimlin chute, après seulement deux semaines aux responsabilités, le , quelques heures seulement avant l'échéance de l'ultimatum d'Alger. Devant la menace d'une prise du pouvoir par la force provoquée par cette vacance institutionnelle, le général de Gaulle est nommé président du Conseil, le , par le président René Coty — lequel menace de démissionner en cas de refus, ce qui aurait déclenché le coup d'État. Le lendemain, l'Assemblée nationale vote les pleins pouvoirs à de Gaulle pour une durée de six mois. Celui-ci est également chargé de rédiger une nouvelle Constitution.

L'homme que s'était choisi le Comité de salut public d'Alger étant au pouvoir, la seconde phase de l'opération Résurrection est annulée.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Steuer 2004, p. 33

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

L'organisation conclue l'intrigue d'Opération Résurrection (2017), cinquième épisode de la série Les Mystères de la Quatrième République, par Philippe Richelle (scénario), Alfio Buscaglia (dessin) et Claudia Boccato (couleurs).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Clément Steuer, Susini et l'OAS, Éditions L'Harmattan, coll. « Histoire et perspectives méditerranéennes », , 258 p. (ISBN 978-2-7475-6762-6)
  • Paul Silvani, Les complots d'Ajaccio : , Albiana, (présentation en ligne)
  • Christophe Nick, Résurrection : Naissance de la Ve République, un coup d'État démocratique, Librairie Arthème Fayard, , 836 p. (ISBN 978-2-2136-0125-0)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]