René Sentenac

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René Sentenac
Naissance
Toulouse, France
Décès (à 27 ans)
Timimoun, Algérie
Origine Flag of France.svg Française
Allégeance Flag of France.svg Armée française
Grade Sergent-chef
Conflits Indochine
Algérie
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur
Médaille militaire

René Sentenac (1930-1957) est un sous-officier français qui s'est particulièrement illustré à Dien Bien Phu pendant la guerre d'Indochine.

Dien Bien Phu[modifier | modifier le code]

Engagé volontaire dans les parachutistes coloniaux en 1948, il combat en Indochine et est promu sergent en 1954.

Il est caporal-chef au 6e Bataillon de parachutistes coloniaux (6e BPC), du Commandant Marcel Bigeard, pendant la Bataille de Điện Biên Phủ. Il est fait prisonnier le 7 mai 1954 par les Vietcongs, après la chute du camp retranché. En compagnie de trois sous-officiers de la même unité, les sergent-chefs Maurice Rilhac, Jacques Sautereau et Michel Skrodzki, ils réussissent à s'évader le 11 mai 1954[1]. Skrodzki est blessé au bras d'une plaie pas trop sérieuse mais infectée[1]. En chemin, ils rencontrent deux appelés de Di‡en Bie‡n Phu qui n’é‚taient pas paras[2]. Les deux soldats décident quelques jours plus tard de rester dans un village Thaï et le groupe se sépare[2]. Les évadés parcourent 200 km en brousse avant de retrouver, le 24 mai, d'autres évadés, des parachutistes du 35e RALP qui ont été recueillis par les Méos. Le 7 juin, le groupe, privé de Jacques Sautereau qui décéda d'une crise de paludisme pernicieux pendant l'évasion le 12 juin 1954 à deux jours de marche d'un Groupement de Commandos Mixtes aéroportés (GCMA)[2]. Avec l'aide d'autochtones Rilhac et Sentenac atteignent très affaiblis et amaigris un avant poste du GCMA prè€s du village de Te-Kin[2]. Le 2 juillet, un hélicoptère Sikorski vient les récupérer et les évacue sur Luang-Prabang[2]. Ils sont ensuite transportés quelques jours plus tard par Dakota pour Hanoˆï[2]. Skrodzki, laissé en arrière car trop faible pour marcher est hospitalisé à l’hôpital de Lanessan, sauvé d’une mort certaine par les M‚éos du sergent-chef Voilant[2]. Ils sont finalement rapatriés en France.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

René Sentenac et Martial Chevalier

Il tombe au combat en Algérie dans les rangs du 3e Régiment de parachutistes coloniaux (3e RPC), toujours sous le commandement de Bigeard (devenu colonel), lors de la bataille de Timimoun, le 21 novembre 1957[3]. Son agonie est immortalisée par le photographe Marc Flament[4]. Les photos prises par Flament ont fait du sergent-chef Sentenac une icône du mythe du soldat parachutiste à l’époque de leur publication notamment en raison du statut déjà de figure héroïque de la bataille de Diên Biên Phu de René Sentenac[4].

À sa mort, il était titulaire de la Légion d'honneur et de la Médaille militaire, avec 6 blessures et 13 citations.

Le général Bigeard emportait partout où il était muté une photo de René Sentenac, mourant, la tête reposant sur un sac, les yeux clos[5]. Cette photo figure encore aujourd'hui dans le bureau du général, dans sa maison de Toul.

Bigeard rapporte les derniers instants de René Sentenac :

« Il dut encore fournir un dernier effort pour mourir. Il savait bien qu'il avait gagné, et c'est pour cela que son visage apaisé nous parut si beau. Ce qu'il cherchait de l'autre côté de la crête, ce n'était pas une poignée de Bédouins et leurs fusils, mais cette chose impossible qui le hantait depuis si longtemps, et qui ne se trouve que dans le sacrifice et la mort. Seule elle permet de se confondre avec ce qu'il y a de plus grand, de plus inaccessible. C'était sa manière, à lui Sentenac, de comprendre Dieu. »[6],[7]

Bigeard lui dédira son livre « Aucune bête au monde »[8],[2] :

« Mais Sentenac cherchait autre chose et je sais qu’il l’a trouvé‚. De nous tous il fut celui qui eut le plus de chance, car il a réussi sa mort après avoir mené la vie tourmentée qu’il avait choisie »

Postérité[modifier | modifier le code]

Une rue à Toulouse porte son nom : rue René Sentenac, 31300 Toulouse 43° 36′ 35″ N, 1° 22′ 42″ E.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Legion Honneur Chevalier ribbon.svg

13 croix de guerres[5].

6 blessures, 13 citations, Légion d’honneur, Médaille militaire[9].

Source[modifier | modifier le code]

  • Henri Le Mire, Les Paras Français - La Guerre d'Indochine, éditions Princesse, 1977, p. 195
  1. a et b Georges Fleury, Donnez-moi la tourmente, Grasset, (ISBN 9782246374398, lire en ligne)
  2. a b c d e f g et h Maurice Rilhac, « Odyssée de quatre sous-officiers du Bataillon Bigeard : mai - juin 1954 », http://www.monumentindochine.fr,‎ (lire en ligne)
  3. Patrick-Charles Renaud, Se battre en Algérie, Grancher, (lire en ligne)
  4. a et b La guerre d’Algérie vue par trois photographes amateurs, ecpad, 27 p. (lire en ligne), p. 14
  5. a et b (en) Barnett Singer, John W. Langdon et Professor of British Medieval History John Langdon, Cultured Force: Makers and Defenders of the French Colonial Empire, Univ of Wisconsin Press, (ISBN 9780299199005, lire en ligne)
  6. Gilles Perrault, Les parachutistes, Fayard, (ISBN 9782213656465, lire en ligne)
  7. Henri Bentégeat, Aimer l'armée: Une passion à partager, Maxima, (ISBN 9782818804209, lire en ligne)
  8. Marcel Maurice Bigeard, Aucune bête au monde: Texte du colonel Marcel Bigerad, Éditions de la pensée moderne, (lire en ligne)
  9. « Lettre ouverte au Général Bigeard (14/02/1916-8/06/2010) », Amicale des anciens de l'air de la gironde,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]