Force locale

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La force locale est une force mixte de maintien de l'ordre en Algérie, créée le 30 mars 1962 dans le cadre des accords d'Évian du 18 mars 1962 et placée sous les ordres de l'Exécutif provisoire et du Haut Commissaire de la République française en Algérie, Christian Fouchet. Elle est organisée en unités de forces locales (UFL) et compte à sa création un effectif de 40 000 hommes répartis en 114 unités. Les UFL sont des formations mixtes, composées majoritairement de « Musulmans » (90 %) et commandées par des Européens (10 % des effectifs). Inefficace et travaillant dans l'improvisation, elle est rapidement confrontée aux désertions massives des Algériens incorporés dans ses rangs, partis rejoindre les rangs de l'Armée de libération nationale algérienne. Elle perd petit à petit de son utilité et elle est dissoute à partir du 17 juillet 1962.

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

L'idée de la mise en place d'une « force locale », chargée du maintien de l'ordre en Algérie, remonte au 20 janvier 1961, bien avant la conclusion des accords d'Évian et émane du Comité des affaires algériennes (CAA). À terme et le cas échéant, cette force devait passer sous le ordres d'« un organisme algérien chargé de préparer l'autodétermination ». Ses effectifs, hybrides algéro-français, devaient compter entre 30 000 à 35 000 hommes[1]. Elle devait servir, dans l'esprit des Français, l'embryon d'une future armée algérienne, à la place de l'ALN[2].

La proposition de créer une force locale présentée par les négociateurs français au cours des discussions d'Évian a été vivement discutée pendant les négociations. Outre la crainte que cette force fasse concurrence à l'ALN, la partie algérienne s'opposait aussi à la présence des supplétifs dans les rangs de la force, comme le propose la partie française : des unités de sécurité à base de GMS, de maghzens et de pelotons de gendarmes auxiliaires[3].

En fin de compte, la force locale est créée par l'arrêté interministériel du 30 mars 1962. La solution retenue est d'utiliser les unités existantes, en gardant leurs cadres européens FSE ET FSNA et en y versant des appelés « musulmans ».

Elle est officiellement mise sous l'autorité de l'Exécutif provisoire, des émissaires officiers militaires de l'ALN sont envoyés de Tunis dans celle-ci, mais dans les faits elle relève de l'autorité du haut-commissaire en Algérie Christian Fouchet[4].

Composition[modifier | modifier le code]

La force locale est composée de :

  • une direction des commandements régionaux et départementaux
  • 114 groupes mobiles de sécurité (GMS)
  • 110 pelotons de garde territoriale (PGT) constitués par des gendarmes et des auxiliaires de gendarmerie
  • 114 compagnies formées d'appelés (dont la numérotation commence à 401)
  • 3 500 hommes de compagnies sahariennes

C'est le général de gendarmerie Corberant qui a la charge de son organisation, remplacé ensuite par le colonel Ghenim et le commandant Yazid, du cabinet d’Abderrahmane Farès.

Direction de la Force locale de l'ordre[modifier | modifier le code]

Le commandement est confié à Omar Mokdad, préfet de Saïda, secondé par le lieutenant-colonel Abdelkrim Djebaili.

Enfin la force locale est supervisée par Abdelkader El Hassar. ( source référence - page 84 Soraya Laribi )

En complément de la source référence - page 84 Soraya Laribi - avec l'aimable participation de plusieurs anciens militaires, anciens combattants du contingent français d'origine Européenne, qui furent mutés d'office dans la force locale algérienne et qui ont fourni beaucoup de témoignages précis, pour que Madame Soraya Laribi puisse constituée son dossier (voir en annexe de son mèmoire)

Missions[modifier | modifier le code]

Le décret interministériel du 30 mars 1962 a assigné à la force locale deux missions principales : maintenir l'ordre et assurer le bon déroulement du référendum d'indépendance.

  • Maintien de l'ordre
  • Assurer le bon déroulement du référendum d'indépendance

La force locale assure d'autres missions secondaires :

  • Protection des populations
  • Ouverture de passages dans les lignes Challe et Morice pour permettre l'entrée des unités de l'ALN
  • Formation militaire

Références[modifier | modifier le code]

  1. Laribi 2015, p. 77-78.
  2. Laribi 2015, p. 81.
  3. Laribi 2015, p. 79.
  4. Laribi 2015, p. 84.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Soraya Laribi, « La force locale après les accords d’Évian (mars-juillet 1962) », Guerres mondiales et conflits contemporains, no 259,‎ , p. 77–92 (ISSN 0984-2292, DOI 10.3917/gmcc.259.0077, lire en ligne)
  • Soraya Laribi, « Le plan Carrousel », Revue historique des armées, no 268,‎ , p. 66–78 (ISSN 0035-3299, lire en ligne)
  • Arrêté interministériel du 30 mars 1962 pour l'application du Titre IV du décret 62-306 du 19 mars 1962 portant organisation provisoire des pouvoirs publics en Algérie
  • Recueils des actes administratifs d'Algérie de mars, a juillet 1962 de la BNF et sur INA audio FR .Inter actualités de 19H30 du 21 avril 1962

Liens externes[modifier | modifier le code]