Histoire du Suriname

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Sommaire

[modifier] Période pré-colombienne

Carte de Suriname et du Guyana par Janssonius (1636).
Carte de Suriname et du Guyana par Janssonius (1636).

L’histoire du Suriname remonte à 3000 avant J.-C., avec l’arrivée des premiers Amérindiens. Les deux plus grande tribus étaient les Arawaks, des nomades vivant de chasse et de pêche sur la côte, suivi par les Caraïbes qui s’installèrent sur l’embouchure du Maroni. Plusieurs tribus habitaient la forêt tropicale à l’intérieur des terres, dont les Akurio, les Trió, les Wayarekule, les Warrau et les Wayana.

[modifier] Occupation européenne

[modifier] Colonisation britannique

Jodensavanne, 1830.
Jodensavanne, 1830.

Les premiers Européens débarqués au Suriname furent les commerçants néerlandais qui visitèrent la région. La première colonie fut fondée en 1630 par des Britanniques sous le commandement du capitaine Marshall. Il tentèrent de cultiver du tabac, sans succès.

En 1651, Lord Willoughby, gouverneur de la Barbade, établit à son tour une colonie britannique, nommée Willoughbyland, dotée d’un fort (Fort Willoughby) et de 500 plantations de sucre où travaillaient 2000 esclaves africains et 1000 blancs, rapidement rejoints par des juifs venus d’Europe et du Brésil. Des Néerlandais envahirent la colonie le 27 février 1667, sous le commandement d’Abraham Crijnssen. Ils capturèrent Fort Willoughby et le renommèrent Fort Zeelandia. Le 31 juillet 1667, Britanniques et Néerlandais signèrent le traité de Breda, qui laissait l’ancienne colonie néerlandaise de la Nouvelle-Amsterdam (qui allait devenir New York) aux premiers, et le Suriname aux seconds. Willoughbyland prit le nom de Guyane néerlandaise. Le Traité de Westminster de 1674 entérina cette situation après la troisième Guerre anglo-néerlandaise qui vit la Grande-Bretagne reprendre puis perdre le Suriname et les Pays-Bas reprendre New Amsterdam en 1673.

Le Suriname fut réoccupé par la Grande-Bretagne en 1799, après que la France a envahi les Pays-Bas et fondé la République batave, puis rendu en 1816 après la défaite de Napoléon Ier.

[modifier] Abolition de l’esclavage

Créoles sur le marché de Paramaribo.
Créoles sur le marché de Paramaribo.

L’agriculture se développa tout au long du XVIIIe siècle, essentiellement grâce au travail des esclaves. Nombre d’entre eux fuyaient les mauvais traitements subis sur les plantations et s’évadaient dans la jungle (ils étaient alors appelés noirs marrons, djukas ou bakabusi nengre), d’où ils revenaient fréquemment pour lancer des attaques. Leur territoire formaient une sorte de tampon entre les colonies européennes, le long de la côte et des fleuves, et les tribus indigènes de l’intérieur des terres.

Les Pays-Bas abolirent l’esclavage en 1863 mais les esclaves ne furent libérés qu’en 1873. Entre temps, les planteurs avaient fait venir de nombreux travailleurs des Indes orientales néerlandaises, essentiellement des Chinois. Après 1873, on fit venir également des Indiens, jusqu’à ce que Mohandas Gandhi mette fin à cette pratique en 1916.

[modifier] Indépendance

Village marron, 1955.
Village marron, 1955.

Le Suriname obtint son autonomie en 1954, à l’exception des domaines de la défense et des affaires étrangères dont les Pays-Bas conservèrent le contrôle. En 1973, le gouvernement local entama des négociations avec le gouvernement néerlandais en vue de l’indépendance, qui fut officielle le 25 novembre 1975. Johan Ferrier fut le premier président du Suriname indépendant, avec Heck Arron, du Parti national du Suriname, comme Premier ministre. Les Pays-Bas mirent en place un programme d’entraide doté d’1,5 milliards de dollars qui devait durer jusqu’en 1985. Un tiers de la population quitta le Suriname pour les Pays-Bas.

[modifier] Post-indépendance

En 1980, le gouvernement Arron fut renversé par un coup d’État militaire mené par le sergent-major Desi Bouterse. Ferrier refusa de reconnaître le nouveau gouvernement et nomma Henk Chin A Sen, du Parti national républicain, à la place. Un second coup d’État suivit cinq mois plus tard, à l’occasion duquel l’armée remplaça Ferrier par Chin A Sen. La population civile accueillit favorablement ces changements, espérant voir un terme à la corruption et une augmentation du niveau de vie, malgré l’interdiction des partis d’opposition par le nouveau régime qui devint de plus en plus dictatorial. Les Pays-Bas reconnurent le nouveau gouvernement mais les relations diplomatiques entre les deux pays prirent fin lorsque 15 membres de l’opposition furent exécutés par l’armée le 8 décembre 1982 à Fort Zeelandia. États-Unis et Pays-Bas cessèrent leur aide au Suriname, qui dut se tourner vers des États tels que Grenade, le Nicaragua, Cuba ou encore la Libye.

L’interdiction des partis politiques fut levée en 1985 et on[Qui ?] s’attela à la rédaction d’une nouvelle Constitution. L’année suivante vit l’éclosion d’un mouvement rebelle des descendants des noirs marrons, menés par Ronnie Brunswijk et qui se faisaient appeler le commando de la jungle. Le gouvernement Bouterse réprima brutalement l’insurrection en brûlant des villages. De nombreux marrons fuirent vers la Guyane.

Des élections eurent lieu en novembre 1987, qui virent le Front pour la démocratie et le développement, coalition anti-Bouterse, remporter 40 et 51 sièges. Les Pays-Bas reprirent leur aide financière l’année suivante. Des tensions apparurent cependant rapidement entre Bouterse et le président de l’Assemblée, Ramsewak Shankar. Ce dernier fut renversé par un coup mené par Bouterse le 24 décembre 1990 et un gouvernement soutenu par l’armée prit le pouvoir, avec Johan Kraag comme président.

De nouvelles élections eurent lieu le 25 mai 1991. La coalition de Ronald Venetiaan remporta 30 sièges, le parti de Bouterse 12 sièges et l’Alternative démocratique 9. Venetiaan fut désigné président et l’année suivante, un traité de paix avec le commando de la jungle mit fin à la rébellion marron.

Pendant ce temps, l’économie rencontrait de sérieuses difficultés accentuée par la chute des prix de l’aluminium. Un programme structurel d’ajustement fut mis en place en 1992, suivi par un programme en 1994. Mais la situation ne s’améliora pas malgré l’introduction des taux d’intérêts variables et une limitation des importations. De nombreuses grèves éclatèrent en 1999 et aboutirent à la destitution de Wijdenbosch, élu président par l’Assemblée en 1996. Les élections anticipées du 25 mai 2000 permirent à Venetiaan de revenir à la présidence et les relations avec les Pays-Bas s’améliorèrent. En août 2001, la Banque de développement des Pays-Bas accorda un prêt de 125 millions de dollars sur dix ans, destiné à consolider les finances gouvernementales. 32 millions servirent à rembourser les emprunts contractés par le gouvernement Wijdenbosch et les 93 millions restants à payer les dettes à la Banque centrale du Suriname.

[modifier] Sources

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « History of Suriname ».