Forêt amazonienne

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Forêt amazonienne
Carte géographique des écorégions de la forêt amazonienne délimitées par le WWF. Les lignes en jaune délimitent les contours de la forêt amazonienne. Les frontières nationales sont indiquées en noir (Image satellite de la NASA)
Carte géographique des écorégions de la forêt amazonienne délimitées par le WWF. Les lignes en jaune délimitent les contours de la forêt amazonienne. Les frontières nationales sont indiquées en noir (Image satellite de la NASA)
Localisation
Coordonnées 3° 10′ S 60° 02′ O / -3.16, -60.033° 10′ Sud 60° 02′ Ouest / -3.16, -60.03  
Pays Drapeau du Brésil Brésil
Drapeau du Pérou Pérou
Drapeau de la Colombie Colombie
Drapeau du Venezuela Venezuela
Drapeau de la France France (Guyane)
Drapeau du Suriname Suriname
Drapeau du Guyana Guyana
Drapeau de la Bolivie Bolivie
Drapeau de l'Équateur Équateur
Géographie
Superficie 550 000 000 ha
Altitudes mini. 0 m — maxi. 900 m
Les bords du fleuve Amazone dans l'État brésilien du Pará

La forêt amazonienne ( portugais : floresta amazônica  ; espagnol : aelva amazónica ; anglais : amazon rainforest) également connue sous le nom d'« Amazonie » ou « Jungle amazonienne », est une forêt équatoriale située dans le bassin amazonien en Amérique du Sud. En termes d'écologie, il s'agit d'une forêt primaire au stade climax. Avec une superficie de 5 500 000 km², soit près de dix fois la taille de la France, il s'agit de la plus grande foret du monde. La forêt amazonienne s'étend sur neuf pays, essentiellement au Brésil : près des deux tiers de sa superficie totale se trouvent au Brésil (63%); le tiers restant se partage entre le Pérou (13%), la Colombie (10%) et, dans une moindre mesure, l'Équateur, le Venezuela, le Suriname, le Guyana, la Bolivie. et la France (via le département de la Guyane française.)

Composée de près de 390 milliards d'arbres et de 16.000 espèces différentes, la foret amazonienne est le plus grand réservoir de biodiversité au monde. Il y a près de 60 fois plus d'arbres «adultes» dans la foret amazonienne que d'êtres humains sur l'ensemble de la planète. Cet immense territoire est menacé par la déforestation : depuis 1970, environ 18 % de la forêt originale a disparu suite à la déforestation et aux activités humaines.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Un rapport écrit par l'aumônier de l'expédition Carvajal Gaspard le 22 avril 1542, provenant de son journal de voyage racontant l'exploration de la région équatoriale d'Amérique du Sud, note que les Espagnols ont rencontré une tribu de femmes guerrières farouches, dont la reine se nommait Conor. Le chef d'expédition, Francisco de Orellana, appela le fleuve, le fleuve des Amazones, parce qu'ils lui rappelait les légendaires femmes-guerrières Amazones d'Asie décrites par Hérodote et Diodore dans la mythologie grecque[1]. Les amazones d'Amazonie sont parfois représentées avec la peau blanche.

Histoire et géographie[modifier | modifier le code]

La forêt vierge s'est formée durant l'époque Éocène suite à la baisse globale des températures tropicales où l'Océan Atlantique s'est suffisamment élargi pour fournir un climat chaud et humide au bassin amazonien. La forêt tropicale existe depuis au moins 55 millions d'années. Auparavant, la biotope de la région était de type savane. La forêt amazonienne est située dans le bassin amazonien, en Amérique du Sud, où elle recouvre environ 5,5 millions de km² sur les 7,3 millions de km² du bassin. Après l' extinction Crétacé-Tertiaire a la fin du Crétacé il y a 65 millions d'années, la disparition des dinosaures et le climat plus humide ont permis a la forêt tropicale de se développer a travers le continent

Au cours de l'Oligocène , la forêt s'étend sur une bande relativement étroite qui était la plupart du temps au-dessus de la latitude 15° nord. Elle s'est élargie progressivement au cours du Miocène moyen , avant de se rétracter a nouveau lors de la dernière ère glaciaire[2]. Toutefois, la forêt tropicale a réussi à se développer au cours de cette période, permettant la survie et l'évolution d'une grande diversité d'espèces. 

Biodiversité[modifier | modifier le code]

Le fleuve Amazone s'écoulant dans la forêt tropicale

La forêt tropicale humide est le biome qui possède la plus importante biodiversité spécifique, et les forêts tropicales d'Amérique abritent plus d'espèces que les forêts humides d'Afrique ou d'Asie[3]. Étant la plus grande région de forêt tropicale humide d'Amérique, une espèce animale ou végétale sur dix, dans le monde, vit dans la forêt amazonienne ce qui constitue la plus vaste collection d'animaux ou de végétaux dans le monde[4].

La région abrite environ 2,5 millions d'espèces d'insectes et actuellement, au moins 40 000 espèces de plantes, 2 200 poissons[5], 1 294 oiseaux, 427 mammifères, 428 amphibiens et 378 reptiles ont été scientifiquement classés dans la région[6]. Les scientifiques ont décrit entre 96 660 et 128 843 espèces d'invertébrés uniquement au Brésil[7]. Une espèce d'oiseau sur cinq dans le monde vit dans la forêt amazonienne, et une espèce de poisson sur cinq vit dans les rivières qui la traversent.

En 2013, la forêt Amazonienne est composé d'environ 390 milliards d'arbres et d'environ 16 000 espèces. L'inventaire de la forêt a été efféctué par une équipe internationale de scientifiques dans une étude publiée le 18 octobre 2013. En raison de la taille immense de la forêt, ce résultat a nécessité la mise en commun du travail de plus d'une centaine de chercheurs du monde entier, dont six Français, rassemblés dans le réseau ATDN (Amazon Tree Diversity Network)[8].

La diversité d'espèces de plantes est la plus importante sur Terre. Certains experts estiment qu'un kilomètre carré pourrait contenir plus de 75 000 types d'arbres et 150 000 espèces de plantes supérieures. Un kilomètre carré de forêt amazonienne peut contenir 90 790 t de plantes vivantes[9]. Actuellement, une estimation de 438 000 espèces de plantes ayant un intérêt économique et social ont été répertoriées dans la région, et beaucoup plus restent à découvrir ou à classifier [10].

Écosystèmes[modifier | modifier le code]

Activités humaines[modifier | modifier le code]

Déforestation[modifier | modifier le code]

Déforestation, statuts et occupation de l'Amazonie brésilienne en août 2009. Les points rouges indiquent les zones de déforestation et les points noirs celles les plus récentes. Sources : Imazon[11]/Agência Brasil[12]

La déforestation est la conversion de zones boisées en champ d'agriculture (le plus souvent de soja). Plus du cinquième de la forêt amazonienne a déjà été détruit, et celle qui reste est menacée. En l'espace de seulement dix ans, la surface de forêt perdue en Amazonie atteint entre 415 000 et 587 000 km2 — la France a une superficie totale (sans les territoires d'outre-mer) de 547 030 km2 —, dont la majeure partie sert à produire de la nourriture pour le bétail[13].

Au Brésil, l'Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais (Institut national de recherche spatiale) produit tous les ans des chiffres sur la déforestation. Leur estimation est basée sur 100 à 220 images prises durant la saison sèche par le satellite Landsat, et considère uniquement la perte du biome de la forêt amazonienne — pas la perte d'espace naturel ou de savane dans la forêt. Selon l'INPE, le biome de la forêt amazonienne, originellement de 4 100 000 km au Brésil, a été réduit à 3 403 000 km2 en 2005, ce qui représente une perte de 17,1 %[14].

Selon un scénario admis par la Banque mondiale[15], on envisage au rythme actuel que 40 % de l'Amazonie aura disparu en 2050[16]. Selon la WWF, c'est 55 % d'ici 2030[17]. Certaines hypothèses, et leurs conséquences sur le climat mondial, sont encore plus alarmistes[18].

Appauvrissement des sols[modifier | modifier le code]

La déforestation de la forêt amazonienne menace beaucoup d'espèces comme les grenouilles dendrobates, qui sont très sensibles aux changements environnementaux (image: Agalychnis callidryas)
Le chef Raoni, un des principaux opposants à la déforestation de la forêt amazonienne.

Bien que peu fertiles, la majorité des terres amazoniennes non inondables (terra firme) sont parsemées de poches de bonnes terres (terra roxa). Mais ces terres, sous l'influence de l'activité humaine, sont devenus des anthrosols(milieux naturels transformés par l'homme), enrichis par l'accumulation progressive de déchets et de cendres. Une partie des bonnes terres restantes sont cultivées par l'homme, ce qui met en danger la forêt amazonienne et l'éloigne de sa naturalité.

Le système forestier est extrêmement sensible au moindre changement local, tel que sécheresse, déforestation, ouverture de la canopée. Ces derniers résultent en l'assèchement des strates, la destruction des microorganismes assurant le renouvellement des éléments minéraux, l'érosion du sol et le lessivage des éléments nutritif.

Mise en valeur[modifier | modifier le code]

L'Amazonie est peu propice à l'agriculture extensive. Néanmoins, elle possède les ressources nécessaires pour nourrir les Indiens d'Amazonie. Une agriculture intensive semble possible : voir à ce sujet terra preta.

Les terres amazoniennes sont utilisées pour augmenter les surfaces de gigantesques exploitations agricoles consacrées à l'élevage extensif de bovins. Ces exploitations agricoles sont défendues par des pistoleros, sortes de gardes privés chargés de protéger la propriété foncière. Ils s'opposent notamment à des mouvements comme le MST.

Des recherches effectuées après 1966 ont montré que son sous-sol recèle de nombreuses richesses.

Réseau routier[modifier | modifier le code]

L'Amazonie est traversée par de nombreuses routes et autoroutes qui pour la plupart ont été construites de façon illégale[20] par les exploitants forestiers. Ces routes leur permettent de pénétrer au cœur de la forêt pour accéder aux essences rares. Ce réseau couvre une longueur de plus de 170 000 km. Il assure le transport du bois et des bûcherons. Mais, ce réseau permet aussi aux grands propriétaires de s'approprier illégalement les terres qui longent les routes en falsifiant les titres de propriétés ou en usant de la corruption. Ces actes d'appropriation se nomment grilagem.

Seules quelques voies de communication sont officielles comme :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Isaac Taylor, Names and Their Histories: A Handbook of Historical Geography and Topographical Nomenclature, Rivingtons,‎ 1898, 400 p. (lire en ligne)
  2. (en) Mark Maslin, Yadvinder Malhi, Oliver Phillips, Sharon Cowling, « New views on an old forest: assessing the longevity, resilience and future of the Amazon rainforest », Transactions of the Institute of British Geographers,‎ 18 août 2005, p. 21 (lire en ligne)
  3. Turner, I.M. 2001. The Ecology of Trees in the Tropical Rain Forest. Cambridge University Press, Cambridge. ISBN 0-521-80183-4
  4. Amazon Rainforest, Amazon Plants, Amazon River Animals. World Wide Fund for Nature. Retrieved 6 mai 2008.
  5. James S. Albert ; Roberto E. Reis (8 mars 2011). Historical Biogeography of Neotropical Freshwater Fishes. University of California Press. p. 308. consulté le 28 juin 2011.
  6. Da Silva et al. 2005. « The Fate of the Amazonian Areas of Endemism ». Conservation Biology 19 (3), 689-694
  7. Lewinsohn T. M.and Prado P.I. 2005. « How Many Species Are There in Brazil? » Conservation Biology. Volume 19 (3), 619
  8. « Forêt amazonienne : le grand inventaire », sur LeFigaro,‎ 05/11/2013 (consulté le 06/10/2014)
  9. Laurance, William F. ; Fearnside, Philip M.; Laurance, Susan G.; Delamonica, Patricia; Lovejoy, Thomas E.; Rankin-de Merona, Judy M.; Chambers, Jeffrey Q.; Gascon, Claude (14 juin 1999). « Relationship between soils and Amazon forest biomass: a landscape-scale study ». Forest Ecology and Management 118 (1–3): 127–138. doi:10.1016/S0378-1127(98)00494-0.
  10. Amazon Rainforest. South AmericaTravel Guide. Retrieved August 19, 2008.
  11. Voir la carte rétrospective de déforestation jusqu'en 2007, sur le site de imazon.org.
  12. http://agenciabrasil.ebc.com.br/assunto-galeria/desmatamento
  13. Centre for International Forestry Research (CIFOR) (2004) Beef exports fuel loss of Amazonian Forest. CIFOR News Online, Number 36.
  14. . National Institute for Space Research (INPE) (2005). The INPE deforestation figures for Brazil were cited on the WWF Website in April 2006.
  15. Assessment of the Risk of Amazon Dieback. Main Report [Environmentally and Socially Sustainable Development Department. Latin America and Caribbean Region], The World Bank, 4 février 2010, p. 58 (en ligne).
  16. B. S. Soares-Filho, D. C. Nepstad, L. M. Curran, G. C. Cerqueira, R. A. Garcia, C. A. Ramos, E. Voll, A. McDonald, P. Lefebvre, et P. Schlesinger, Modelling conservation in the Amazon basin, dans Nature 440(7083), 2006, p. 520-523.
  17. An Assault on the Amazon, http://www.nytimes.com/2011/11/17/opinion/an-assault-on-the-amazon.html?_r=2&ref=forestsandforestry
  18. G. Sampaio, C. Nobre, M. H. Costa, P. Satyamurty, B. S. Soares-Filho, et M. Cardoso, Regional climate change over eastern Amazonia caused by pasture and soybean cropland expansion, dans Geophysical Research Letters, 34, (L17709, Figure 1 (doi).
  19. From article by Rhett A. Butler, which is taken from INPE and FAO figures.
  20. National Geographic, édition française, février 2007, « Les Déchirures de l'Amazonie », page 9

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]