Carl Philipp von Wrede

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Carl Philipp von Wrede
Image illustrative de l'article Carl Philipp von Wrede

Naissance
Heidelberg
Décès (à 71 ans)
Ellingen (Bavière) (de)
Origine Bavière Bavière
Allégeance Électorat de Bavière Électorat de Bavière
Royaume de Bavière Royaume de Bavière
Arme Infanterie
Grade Feld-maréchal
Années de service 17931838
Conflits Guerres napoléoniennes
Commandement Armée bavaroise
Faits d'armes Hohenlinden
Abensberg
Valontina
Bar-sur-Aube
Distinctions Comte de l'Empire
Fürst von Wrede
Ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière
(Grand-croix)
Ordre impérial de Léopold
(Grand-croix)
Légion d'honneur
(Grand officier)
etc.
Hommages Befreiungshalle
Feldherrnhalle
Autres fonctions Commissaire civil
Ambassadeur de Bavière
Famille (voir § Vie familiale)

Carl Philipp Joseph von Wrede ( - Heidelberg - Ellingen en Bavière) était un feld-maréchal bavarois du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un officier bavarois[modifier | modifier le code]

D'une famille noble, il était le plus jeune des trois enfants de Ferdinand-Joseph, baron de Wrede, conseiller intime et secrétaire de la cour suprême.

Carl Philipp fit ses études dans sa ville natale. Destiné à l'administration forestière, il préféra la carrière de la magistrature dans le Palatinat Électoral, et fut d'abord conseiller à Mannheim, puis, en 1792, assesseur à la Haute Cour d'Heidelberg.

La guerre qui éclata entre la France et l'Autriche l'ayant fait appeler par le prince de Hohenlohe aux fonctions de commissaire civil dans le Palatinat, il suivit en cette qualité, de 1793 à 1798, les armées de Wurmser, du duc Albert et de l'archiduc Charles en Italie et en Allemagne, et prit souvent une part directe aux opérations militaires.

Ses services l'avaient fait élever, en 1795, au grade de colonel. À la déclaration de la campagne de 1799, il leva un corps de volontaires du Palatinat Électoral qu'il conduisit à l'archiduc Charles. Ce corps coopéra brillamment à toute cette campagne et à la suivante, terminée par la bataille de Hohenlinden, où une des brigades d'infanterie du Palatinat qu'il commandait protégea avec brio la retraite des troupes impériales de Kray sur Ulm. Commandant l'avant-garde au combat de Memmingen, sa conduite lui avait valu, le , le grade de major-général.

Après la signature de la paix de Lunéville, il se consacra à l'organisation de l'armée bavaroise, qui commençait une période de réformes. Wrede se rendit très populaire et se trouva bientôt appelé à devenir un des meilleurs lieutenants de Napoléon Ier, lorsque celui-ci, détachant la Bavière de l'alliance autrichienne, en eut fait son fidèle auxiliaire jusqu'en 1813.

Sous les drapeaux de Napoléon[modifier | modifier le code]

Promu au grade de lieutenant général (), et placé à la tête des troupes bavaroises, auxiliaires des françaises lors de la campagne de 1805, il eut à soutenir, à la fin de cette année-là, la première attaque de l'Autriche. Il adressa alors à ses soldats une proclamation qu'il terminait ainsi : « Il faut vaincre ou mourir aux portes de Munich. » Il se joignit au corps de Bernadotte, et, lancé à la poursuite des Autrichiens, leur fit 1 400 prisonniers.

Après la paix de Presbourg, il commanda l'une des provinces bavaroises. En 1805, le général Mack, ayant traversé en poste la Bavière pour retourner à Vienne, rencontra le général Wrede aux avant-postes près l'Inn. Ils eurent une longue conversation sur la manière dont les Français traitaient l'armée bavaroise.

« Nous sommes mieux qu'avec vous, lui dit le général Wrede, nous n'avons ni morgue, ni mauvais traitements à essuyer, et loin d'être exposés aux premiers coups, nous sommes obligés de demander les postes périlleux, parce que les Français se les réservent de préférence. Chez vous, au contraire, nous étions envoyés partout où il y avait de mauvaises affaires à essuyer. »

Récompensé en 1806 par le titre de grand officier de la Légion d'honneur, il coopéra en 1807 aux sièges de plusieurs places prussiennes, et en particulier celle de Dantzig.

En 1808 et 1809, il fut chargé de plusieurs opérations de « pacification » dans le Tyrol, récemment cédé à la Bavière. Les hostilités s'étant rallumées en 1809, Wrede seconda le prince royal dans le combat livré en avant de Munich.

Napoléon Ier harangue les troupes bavaroises et wurtembourgeoises à Abensberg, 20 avril 1809 (Jean-Baptiste Debret)

Après plusieurs actions partielles, qui furent en général à l'avantage des Bavarois, s'engagea le , la bataille d'Abensberg, où le général de Wrède se distingua de la manière la plus brillante devant le pont de Siegenburg, et fut cité avec de grands éloges dans le premier bulletin. Huit drapeaux, douze pièces de canon et 18 000 prisonniers tombèrent au pouvoir des troupes bavaroises et wurtembergeoises, que Napoléon commandait en personne. Il occupa d'abord la position de Straubing, puis celle de Neustadt, où il fut rejoint par la deuxième division bavaroise, sous les ordres du général Deroy, après l'affaire de Landshut (). Le 22 avril, le général de Wrede se dirigea sur l'Inn, poursuivant les vaincus. Le 27, il reçut ordre de se porter à Lauffen sur la Lutzel, pour tâcher d'atteindre le corps autrichien stationné dans le Tyrol. Ayant en effet joint le lendemain son arrière-garde, il s'empara de ses bagages et lui fit beaucoup de prisonniers. Le jour suivant, il attaqua l'ennemi devant Salzbourg, et à la suite d'un combat très animé, les Bavarois, chassèrent l'ennemi de ses positions entrèrent dans cette ville pêle-mêle avec les fuyards et l'occupèrent. Le baron de Wrède se signala de nouveau dans cette affaire.

Après avoir assuré les derrières du principal corps de l'armée française, en occupant le Tyrol révolté (il déploya surtout de grands talents à la prise d'Innsbruck), il rejoignit Napoléon assez à temps pour prendre une part glorieuse à la journée de Wagram, où il fut blessé (6 juin). Revêtu par Napoléon du titre de comte de l'Empire, il parvint à rétablir la paix dans le Tyrol, qui avait pris de nouveau les armes.

Buonaparte ayant rendu publique une correspondance saisie sur un courrier suédois, quoiqu'il ne fût point en guerre avec cette puissance, et l'armée bavaroise se trouvant signalée dans une des dépêches de telle correspondance, d'une manière peu honorable, les officiers supérieurs bavarois déclarèrent qu'ils se regardaient tous comme personnellement insultés par le ministre qui avait signé cette lettre, et qu'ils l'attaqueraient partout où ils pourraient le joindre. En effet, un, duel eut lien entre le maréchal de Wrede et le comte de Duben, chargé d'affaires de Suède à Vienne (Autriche). Aucun des combattants ne fut tué ni blessé.

À la tête de la cavalerie bavaroise, il fut attaché, lors de la campagne de Russie (1812) au corps d'armée du prince Eugène, puis à celui d'Oudinot. Il se distingua au combat de Valontina, et les bulletins français firent son éloge. Il combattit à la première bataille de Polotsk () : la mort du général Bernhard Erasmus von Deroy (de) dans cette journée l'ayant placé à la tête des troupes bavaroises, il eut avec Gouvion-Saint-Cyr quelques démêlés qui laissèrent dans son âme un profond ressentiment. Wrede vécut toutes les misères de la retraite de Russie, son corps fut un de ceux qui souffrirent le plus, et sa cavalerie périt presque tout entière.

Revenu à Munich, il fit d'abord cause commune avec la reine Caroline et le prince de Bavière, toujours hostiles à l'alliance avec la France. Les victoires de Lützen et de Bautzen ayant un instant ralenti ces intrigues, il se rapprocha de Napoléon Ier et lui dévoila même le secret de la défection à demi consommée du royaume de Bavière. L'ambassadeur de France demanda même alors pour lui la grand-croix de la Légion d'honneur, et le refus que fit Napoléon réveilla le mécontentement de Wrede.

La Sixième Coalition[modifier | modifier le code]

Profitant de sa position à la tête de l'armée bavaroise, postée sur l'Inn en face de l'armée autrichienne du prince de Reuss, il entra en pourparlers avec celui-ci, et reçut de lui la promesse, en cas de défection, d'obtenir le commandement des deux armées. Ces précautions prises, Wrede contribua beaucoup à faire accepter au roi de Bavière le traité de Ried (). Ce fut Wrede lui-même qui signa le dit-traité par lequel le royaume de Bavière, renonçant à la confédération du Rhin, séparait sa cause de celle de Napoléon Ier et se joignait à la Sixième Coalition.

En 1813, la célèbre proclamation de Wrede électrisait l'Allemagne et débutait par ces paroles historiques :

« Que la France soit la France ! et l'Allemagne l'Allemagne ! Et Wrede, respectant les limites naturelles, demandait que la France s'arrêtât à la rive du Rhin ; son territoire était, disait-il, les 104 départements de la grande République. »

Dans le dessein de couper à l'armée française la route de Mayence, il occupa avec 43 000 hommes la forte position de Hanau. Attaqué, le 30 octobre, par Napoléon, qui n'avait guère plus de 17 000 hommes, il avait rangé son armée dans une plaine, le dos appuyé à la Kinzig. Cette mauvaise disposition fit dire à l'Empereur : « Pauvre de Wrede ! J'ai pu le faire comte, je n'ai pu le faire général. » De Wrede fut obligé de repasser la Kinzig en désordre, laissant aux mains des ennemis dix à onze mille hommes, morts ou prisonniers. Le surlendemain il recommença le combat avec une grande fermeté, échoua encore une fois, et perdit son gendre, le prince Œttinguen-Spielberg (de). Il reçut lui-même au bas-ventre une blessure des plus graves. Les journaux français annoncèrent même sa mort, en même temps qu'ils le signalèrent comme le principal auteur de la défection de la Bavière. De son côté, Wrede reçut des preuves d'intérêt très honorables des personnages les plus distingués, notamment de l'empereur Alexandre, qui lui fit plusieurs visites pendant sa maladie.

Le feld-maréchal Carl Philipp, Fürst von Wrede (1815)

Il fut cependant assez tôt rétabli pour pouvoir prendre le commandement des Bavarois destinés à former le quatrième corps de l'armée de Schwarzenberg (21 décembre). Il pénétra en Alsace et jeta des bombes dans Huningue. Après avoir eu part, le 29 janvier 1814, à la bataille de Brienne, et s'y être emparé de vingt-six pièces de canons, Wrede assista à la terrible bataille de La Rothière ().

Les 13 et 14 février, il marcha sur Troyes. Il parvint, avec peine, à inquiéter le petit corps de Marmont, laissé pour protéger la retraite de Napoléon sur Troyes et obtint quelques succès partiels qui lui coûtèrent beaucoup d'hommes. Il établit à Troyes son quartier-général. Wrede franchit la Seine à Bray, où il ne trouva que des gardes nationaux, et s'établit à Nangis (14 février). De là il cherchait à enlever aux maréchaux Victor et Oudinot les bords de l'Yères, lorsque Napoléon, se retournant brusquement contre l'armée de Schwarzenberg, arriva le 16 à Guignes et, après avoir culbuté Wittgenstein à Mormant (17 février), chassa les Bavarois de Nangis, et battit une de leurs divisions à Villeneuve.

De Wrede reçut alors de Schwarzenberg, contraint de rétrograder jusqu'à Chaumont, l'ordre de se porter à Bar-sur-Aube afin de couper la route de Troyes à Napoléon. Bien qu'arrêté devant cette ville par la vigoureuse résistance du général Gérard (27 février), il poussa en avant. Le succès qu'il obtint lui fit recevoir sur le champ de bataille l'ordre de Saint-Georges de 2e classe.

Wrede conduisit à Arcis-sur-Aube la principale attaque dirigée contre le maréchal Ney, et fut laissé à Meaux avec le corps de Osten-Sacken pour couvrir la marche des alliés sur Paris.

À son retour en Allemagne, les services militaires de Wrede furent récompensés par les dignités de feld-maréchal (7 mars) et de prince (fürst, ). De plus, son souverain lui fit don d'une belle terre, le domaine d'Ellingen en Franconie, d'un revenu de 100 000 florins. Au mois d'octobre de la même année, ses blessures s'étant rouvertes mirent ses jours en danger.

Le retour de l'Empereur[modifier | modifier le code]

Le retour de l'île d'Elbe ayant mis sur pied les forces de la Septième Coalition, de Wrede, placé à la tête de l'armée bavaroise, avait franchi la Sarre, le 23 juin, pour envahir la Lorraine. Lorsque la bataille de Waterloo mit fin aux hostilités, Wrede établit son quartier-général à Auxerre, et occupa une partie des départements du centre de la France. Dans cette occupation, il faillit être assassiné d'un coup de feu par un jeune homme, auquel il laissa toutefois la vie.

Il reçut cette année-là la grand-croix de l'ordre du Bain. C'est lui qui représenta la Bavière au congrès de Vienne. On a prétendu que dans des discussions diplomatiques qui eurent lieu vers ce temps, il avait soutenu avec beaucoup d'énergie, et même une sorte de rudesse militaire, vis-à-vis des ministres prussiens, le principe de l'indépendance des États qui avaient formé la confédération du Rhin. Possédant des connaissances très étendues, plein de vigueur et d'activité, ferme et froid au milieu du péril, le prince de Wrede est regardé comme l'un des généraux les plus distingués de son époque, et Napoléon lui témoigna souvent une estime dont il n'était pas prodigue. Il devint membre de la première chambre des États de Bavière.

Karl Philipp Fürst von Wrede (Lithographie de Franz Hanfstaengl, 1828).

Il fut chargé, après la conclusion de la paix, de plusieurs missions importantes par son souverain, auprès duquel il jouit du plus grand crédit. On prétendit même qu'il contribua à la disgrâce du comte de Montgelas (de).

Wrede fut appelé, après la révolution de 1830, à réprimer les troubles qui éclatèrent dans la Bavière rhénane.

État de service[modifier | modifier le code]

Campagnes[modifier | modifier le code]

Faits d'armes[modifier | modifier le code]

Blessures[modifier | modifier le code]

  • À la bataille de Hanau, il reçut au bas-ventre une blessure des plus graves. Les journaux français annoncèrent même sa mort ;
  • En , ses blessures s'étant rouvertes mirent ses jours en danger.

Titres[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Grand-croix de l'ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière Grand-croix de l'ordre du mérite civil de la Couronne de Bavière Grand officier de la Légion d'honneur Grand-croix de l'ordre impérial de Léopold
Commandeur de l'ordre militaire de Marie-Thérèse Chevalier de l'ordre de Saint-André avec brillants Chevalier de l'ordre de Saint-Alexandre Nevski Chevalier de l'ordre de Sainte-Anne
Chevalier de 2e classe de l'ordre de Saint-Georges Chevalier de l'ordre de l'Aigle noir Grand-croix de l'ordre de Philippe le Magnanime de Hesse Grand-croix de l'ordre du Bain
Grand-croix de l'ordre militaire de Guillaume des Pays-Pas
Royaume de Bavière Royaume de Bavière 
Drapeau de l'Empire français Empire français 
Drapeau de l'Autriche Empire d'Autriche 
Drapeau de la Russie Impériale Empire russe 
drapeau du Royaume de Prusse en 1803 Royaume de Prusse 
Drapeau : Grand-duché de Hesse Grand-duché de Hesse 
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni 
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Hommage, honneurs, mentions…[modifier | modifier le code]

Œuvres à son effigie[modifier | modifier le code]

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Vie familiale[modifier | modifier le code]

Fils de Ferdinand Joseph Wrede (17221793), Freiherr von Wrede (1791) et de Anna Katharina Jünger (17291804), Carl Philipp Joseph épousa, le 18 mars 1795 à Heidelberg, Sophie von Wiser (23 mai 1771 - Mannheim7 mai 1837 - Ellingen (Bavière) (de)), fille de Johann Friedrich Heinrich, Graf von Wiser et Johanna Agathe von Schweitzer.

Ensemble, ils eurent huit enfants, dont :

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Blason à dessiner.svg Armes de la famille von Wrede

D'or, à une couronne de laurier de sinople, fleurie de cinq roses de gueules, 1, 2 et 2.[1]

Orn ext comte de l'Empire GOLH.svg
Blason à dessiner.svg
Armes de comte de l'Empire

D'or, à une couronne de laurier de sinople, fleurie de cinq roses de gueules, 1, 2 et 2 ; au canton des comtes militaires de l'Empire.[1],[2] Croix de l'Ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière, de l'Ordre du mérite civil de la Couronne de Bavière, de la Légion d'honneur.

Orn ext prince SERG.svg
Blason à dessiner.svg
Armes du Fürst von Wrede

D'or, à une couronne de laurier de sinople, fleurie de cinq roses de gueules, 1, 2 et 2 ; au canton des comtes militaires de l'Empire. Devise : VIRTUTI PRO PATRIA. Manteau de pourpre, frangé et houppé d'or, doublé d'hermine, sommé d'une couronne princière[1].Bâtons de feld-maréchal bavarois, Croix de l'Ordre militaire de Maximilien-Joseph de Bavière, de l'Ordre du mérite civil de la Couronne de Bavière, de l'Ordre impérial de Léopold, de l'Ordre de Philippe le Magnanime de Hesse (de), de l'Ordre du Bain, de l'Ordre militaire de Guillaume des Pays-Pas.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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