Charmes (Vosges)
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| Charmes | ||
Panorama depuis le lieu-dit du Haut-du-Mont |
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Blason |
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| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Lorraine | |
| Département | Vosges | |
| Arrondissement | Épinal | |
| Canton | Charmes (chef-lieu) | |
| Intercommunalité | Communauté de communes de la Moyenne Moselle | |
| Maire Mandat |
Gilbert Claudel 2008-2014 |
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| Code postal | 88130 | |
| Code commune | 88090 | |
| Démographie | ||
| Gentilé | Carpinien(ne)s | |
| Population municipale |
4 613 hab. (2009) | |
| Densité | 196 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | Min. 258 m — Max. 385 m | |
| Superficie | 23,49 km2 | |
| Localisation | ||
| Liens | ||
| Site web | www.ville-charmes.fr | |
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Charmes est une commune française, située dans le département des Vosges et la région Lorraine. L'appellation Charmes-sur-Moselle, fréquente sur les cartes postales anciennes, est parfois utilisée à des fins touristiques.
Les habitants de Charmes sont appelés les Carpiniens.
Sommaire |
Géographie [modifier]
Charmes se trouve entre Nancy et Épinal, au pied d’une colline des Côtes de Moselle nommée le Haut du Mont et près d’une vaste forêt, la forêt de Ternes.
Traversée par le Canal de l'Est et la Moselle, son environnement naturel est préservé.
Sur les bords du canal de l'Est se trouvent un port de plaisance et un vaste ensemble destiné aux camping-cars. Charmes est une cité dont le développement touristique bénéficie de ses infrastructures, de sa situation à mi-chemin entre Nancy et Épinal et de la proximité de la voie rapide (Lorraine vers Suisse et Italie) et du Massif vosgien. Son altitude moyenne par rapport au niveau de la mer est de 284 mètres.
Histoire [modifier]
Le nom des habitants de cette ville, les Carpiniens, est dérivé de « Carpini », nom sous lequel Charmes se lit dans le « parvillé » du diocèse de Toul en référence à sa forêt plantée de charmes.
L'origine de Charmes remonte à l'époque gallo-romaine : avec une castra stativa ou une villa.
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Moyen Âge [modifier]
Au XIe siècle, afin de se défendre contre les Hongrois qui ravagent le pays, les comtes de Toul construisent un château-fort, puis une enceinte fortifiée qui englobait toute l'actuelle rue de la République, jusqu'au pont des Chèvres, du canal des Moulins à la porte Bazin.
En 1269, la ville obtient sa charte du sire de Charmes Ferry VI, seigneur de « Fontenoi en Voge » et de Charmes-sur-Moselle, comte de Toul. Les comtes de Toul étaient nommés par les évêques de ce diocèse pour administrer leurs possessions qui s'étendaient sur l'emplacement des actuels départements des Vosges et de Meurthe-et-Moselle principalement.
En 1301 a lieu la réunion au duché de Lorraine, à l'occasion du mariage de Jean de Châtelet et dame Gilles de Passavant, grâce à l'achat de la seigneurie par le duc Ferry III à Ferry VI de Charmes.
La peste, la famine et les hordes de brigands occasionnent des ravages épouvantables durant tout le XIVe siècle
Le 7 octobre 1475, la ville est prise par le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, qui la pille, l'incendie entièrement, massacre ses défenseurs et la grande partie de ses habitants. L'opposition entre le duc de Lorraine et le duc de Bourgogne devient très forte : ils convoitent tous deux la souveraineté totale sur la région. René II de Lorraine décide d'attaquer Châtel-sur-Moselle, fief des Neufchâtel, alliée des Bourguignons. Les troupes lorraines se retirent des abords de la place-forte pour se réfugier à Charmes. Une fois les Lorrains partis, Charles le Téméraire assiège Charmes, prend la ville et la détruit entièrement.
Du XVe au XIXe siècle [modifier]
La ville renaît à la fin du XVe siècle. En 1486, René II lui accorde une foire annuelle pour l'aider et, en 1493, une nouvelle église Saint-Nicolas est construite (l'édifice actuel).
Au XVIe siècle, la peste ressurgit mais n’occulte pas le développement économique. La ville s'étend et construit une deuxième enceinte jusqu'à la porte de la Chapelle et la porte de Moselle, à l'angle du grand pont et de la rue du Patis.
Grâce à l'eau abondante, deux industries ont été très florissantes dès 1500 : les drapiers et les tanneurs qui feront sa renommée.
Au XVIIe siècle a lieu la guerre de Trente Ans. En 1633, Richelieu et Charles IV de Lorraine signent le traité de Charmes qui, entre autres conditions, livrait Nancy aux Français. Charles IV, duc bagarreur, ne respecte pas les clauses et reprend Charmes. En représailles, celle-ci est reprise et entièrement brûlée par le colonel Gassion.
En 1635, le château, les remparts et les ponts sont démantelés. S'ensuivent à nouveau pillages, famines, épidémies jusqu'à la fin du XVIIe siècle.
Au XVIIIe siècle s'ouvre finalement une longue période de paix et de prospérité. Et en 1766, suite au décès de Stanislas Leszczyński, Charmes est rattachée à la France avec tout le duché de Lorraine.
Guerre de 1870 et développement économique de la fin du XIXe [modifier]
Pendant la guerre de 1870, Charmes est occupée par les Prussiens, avec incendies, assassinats d’habitants, exactions de toutes sortes[réf. nécessaire], jusqu'à la libération en 1873. Le XIXe siècle et le début du XXe sont une période de fort développement grâce à l'arrivée du chemin de fer, au creusement du canal de l'Est. Ils vont permettre le développement de deux autres industries qui vont faire la renommée de Charmes : sa filature et surtout sa brasserie. Vers 1900, il y avait trois briqueteries et tuileries. L'industrie du bois était également représentée et trois scieries dont celle rue René-Didierjean (route de Mirecourt) qui devient la plus importante caisserie de l'Est et celle du Battant, avec son haut-fer qui existe toujours, mais ne produit plus. Toutes ces industries ont aujourd'hui disparu.
Première Guerre mondiale [modifier]
Au début de la Première Guerre mondiale, la bataille de la trouée de Charmes fin août 1914 sauve la ville et contribue à la victoire de la Marne. 200 habitants de Charmes sont « morts pour la France » au cours de cette guerre.
Seconde Guerre mondiale et reconstruction [modifier]
En 1944, lors de la libération de la France, les derniers occupants allemands évacuent la ville le 1er septembre. Le lendemain 2 septembre, le maquis du lieutenant Paul Martin prend l'hôtel-de-ville[1]. Mais le 3 septembre, deux automobiles de la Feldgendarmerie allemande parcourent les rues, elles sont alors attaquées par les maquisards. Les véhicules sont mis hors d'usage, un feldgendarme est tué, un autre est fait prisonnier mais les autres parviennent à s'échapper[1]. L'après-midi une troupe allemande forte de 300 soldats d'infanterie appuyés par 3 blindés arrive par la route d'Essegney[1]'. Après un engagement avec les maquisards, et la perte d'un blindé sur une mine, ils se retirent dans la soirée. Le lundi 4 septembre, à défaut d'attaque allemande, les FFI essayent de renforcer leurs défenses. Mais ils sont faiblement armés : 4 mitrailleuses, quelques mitraillettes et de vieux fusils Lebel[1]. À la tombée de la nuit, 600 Waffen SS attaquent. Après une résistance sur le pont de la Moselle, le combat se poursuit dans le village[1]. Le lendemain, 5 septembre les Allemands maîtres des lieux se livrent au pillage et incendie la ville et déportent plus de 150 personnes[1] dans les camps de concentration. 100 d'entre eux ne reviendront pas dont le maire, Henri Breton, âgé de 76 ans. La ville ne sera libérée que le 12 septembre par les Américains, les Allemands l'évacuant après un violent bombardement de l'artillerie alliée[1].
Des témoignages émouvants de solidarité sont apportés de tous côtés, en particulier de Madagascar et par l'Association américaine « Arcanum et 75e Division Fondation ».
La reconstruction de la cité martyre, commencée en 1947, est achevée en cinq ans grâce au dévouement de son maire René Didierjean, et par l'effort unanime d'une ville qui, détruite trois fois par les guerres, n'a pas voulu mourir. Charmes a été la première ville de France reconstruite et inaugurée par le Président de la République Vincent Auriol en 1952.
Héraldique [modifier]
| Blasonnement :
D'azur à la levrette d'argent, tenant en ses pattes une croix de Lorraine d'or.
Commentaires : Le sceau de Charmes du XVIIe siècle représentait un chien passant sans indication d'émaux. Le blason actuel apparaît dès le siècle suivant, il est accompagné de la devise qui témoigne de la fidélité de ses habitants envers les ducs de Lorraine[2]. Le blason communal représenté sur la facade de l'hôtel de ville est légèrement différent. L'artiste qui le réalisa plaça la croix de Lorraine dans un écusson de gueules et contourna la tête de la levrette.
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La ville de Charmes est titulaire de la Croix de Guerre 39-45 depuis le 11 novembre 1948.
Sa devise est « La fidélité charme les cœurs »
Patrimoine [modifier]
Monuments [modifier]
- Près de cette chapelle, bas-relief de Jean Lambert-Rucki montrant le Miracle de Saint Arnould, patron des brasseurs à l'angle de mur des anciennes brasseries.
- La maison du Chaldron, dite maison des Loups[3],[4] avec ses façades Renaissance ; ancienne propriété du Duc Charles III de Lorraine, elle fut le lieu de signature du traité de Charmes, entre le Cardinal de Richelieu et Charles IV de Lorraine. Elle est maintenant la propriété de la ville de Charmes. Rénovée en 2009, elle est destinée à devenir une maison du tourisme et de la culture[5].
- Monument de Lorraine en mémoire de la célèbre bataille de la trouée de Charmes (1914-1918) au Haut du Mont.
- Le Monument aux morts est l'œuvre du sculpteur Joseph Rivière (1912-1961).
- Stèle des Déportés, route d'Essegney.
- Ancienne scierie centenaire de la fin du XIXe siècle fonctionnant au rythme de l'eau.
- Vestiges des remparts de la ville de Charmes (XVe siècle).
Édifices religieux [modifier]
- Église Saint-Nicolas, fin XVe siècle (1493). Un vitrail dit des trois morts et des trois vifs, représentation montrant trois jeunes gentilshommes interpellés dans un cimetière par trois morts, qui leur rappellent la brièveté de la vie et l'importance du salut de leur âme. L'orgue de l'église a été construit par Jacquot-lavergne en 1956[6]. La chapelle Saint-Hubert fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 13 juin 1913[7].
Le reste de l'église fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 3 juillet 1926[7].
- Chapelle Notre-Dame-de-Grâce, fondée vers 1490, avec ses statues des XIVe et XVIe siècles.
Curiosités [modifier]
- Maison de Maurice Barrès
- Stéle à Maurice Barrès sur la place principale "De la campagne en toute saison, s'éléve le chant des morts. Un vent léger le porte et le disperse comme une senteur. Que son appel vous oriente".
Gastronomie [modifier]
- Mirabelles de Lorraine
- Fromages fermiers
- Bière Kanterbraü
- La Levrette de Charmes
- C'est une spécialité de confiserie chocolatière aujourd'hui disparue. Il s'agissait d'une nougatine enrobée de chocolat amer et fourrée d'une ganache au parfum de framboise. La levrette de Charmes tirait son nom de l'emblème de la ville, un lévrier, et avait été créée dans les années 1980 par un groupement de pâtissiers de Charmes. La fabrication de cette spécialité a été progressivement arrêtée par les pâtissiers-chocolatiers de la ville dans les années 1990.
Administration [modifier]
Démographie [modifier]
| 1962 | 1968 | 1975 | 1982 | 1990 | 1999 | 2006 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 5177 | 5221 | 5702 | 5225 | 4721 | 4665 | 4561 |
| Nombre retenu à partir de 1962 : Population sans doubles comptes | ||||||
Carpiniens célèbres [modifier]
- Jean Ruyr, né vers 1560, auteur des Recherches des Saintes Antiquités de la Vosge.
- L'abbé Feys, natif de Charmes, créateur en 1803 du couvent de Portieux qui essaima dans le monde entier.
- Charles Joseph Buquet (4 juin 1776 à Charmes - 14 avril 1838 à Vandœuvre-lès-Nancy), général et baron de l'Empire.
- Louis Léopold Buquet, frère aîné du précédent, lui aussi général et baron de l'Empire, député des Vosges.
- Le général baron Marion, tué en Russie en 1812.
- Maurice Barrès (1862-1923) essayiste, romancier, homme politique.
- Philippe Barrès, son fils, journaliste et député.
- Marcel Goulette (1883-1932), aviateur.
- Xavier Collin, né le 17 août 1974 à Charmes, footballeur.
- Bruno Clément, né le 5 mai 1969 à Épinal, gardien de but.
Jumelage [modifier]
Bertrix (Belgique) depuis 1967
Notes et références [modifier]
- La Libération de la France jour après jour de Dominique Lormier, éd. Le Cherche midi, 2012, pages 216 et 217
- C. Lapaix, Armorial des villes, bourgs et villages de la Lorraine, du Barrois et des Trois-Evêchés. Loc. cit., p. 76
- (fr) Liste des immeubles protégés au titre des monuments historiques en 2009 : Vosges : Commune de Charmes (JORF n°0084 du 10 avril 2010 p. 6840)
- Notice no PA00107105, base Mérimée, ministère français de la Culture
- http://www.fondation-patrimoine.org/fr/lorraine-15/tous-les-projets-722/detail-maison-des-loups-a-charmes-435
- Association d’Étude pour la Coordination des Activités Musicales (ASSECARM), , Orgues Lorraine Vosges, Metz, Éditions Serpenoise, 1991, 677 p. (ISBN 2-87692-093-X).
Présentation de l'orgue de la commune : pages 176 à 179
- Notice no PA00107104, base Mérimée, ministère français de la Culture
- MairesGenWeb - La base de donnees des Maires de France
- Charmes sur le site de l'Insee
Bibliographie [modifier]
- Abbé Buisson, Notice biographique sur l'abbé Galland, curé de Charmes. Députés aux États généraux. 1738-1793, Saint-Dié, 1892.
- Étienne Hanus, La grande brasserie de Charmes, Éditions Serpenoise, 1999.
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- Site de la mairie
- Charmes sur le site de l'Institut géographique national
- Site sur les orgues du Département des Vosges : Page sur l'orgue de l'église Saint-Nicolas de Charmes
- Le patrimoine architectural et mobilier de la commune sur le site officiel du ministère français de la Culture (Bases Mérimée, Palissy, Palissy, Mémoire, ArchiDoc), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (archives photographiques) diffusion RMN, et service régional de l'inventaire général de la Région Lorraine