Océan Austral

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Océan Austral
Océan Antarctique
Carte de l'océan Austral.
Carte de l'océan Austral.
Géographie physique
Type Océan
Coordonnées 60° S 0° E / -60, 060° Sud 0° Est / -60, 0  
Superficie 20 327 000 km2
Profondeur
· Maximale 7 235 m

Géolocalisation sur la carte : Monde

(Voir situation sur carte : Monde)
Océan AustralOcéan Antarctique

L’océan Austral ou océan Antarctique ou océan glacial Antarctique est l’étendue d'eau qui entoure l’Antarctique. C’est en surface le quatrième océan, et le dernier défini, puisque c’est une décision de l’Organisation hydrographique internationale (OHI) qui a accepté en 2000 le nom d’océan Austral, utilisé depuis longtemps par les marins (on employait aussi « océan Antarctique »). Cette décision reflète les découvertes récentes sur l’importance des courants océaniques, et renverse la décision prise en 1953 de le supprimer. En effet, l’océan Antarctique ou Austral était présent dans la seconde édition (1937) de OHI PS 23, et fut supprimé avec la troisième (1953) pour être réintroduit avec l’ébauche de la quatrième édition (ébauche finale de 2002). La Commission nationale de toponymie (de France), dans sa Nomenclature des espaces maritimes (2004), utilise les désignations océan Austral ou mer Antarctique.

Certaines sources continuent de considérer que les océans Atlantique, Pacifique et Indien s'étendent jusqu'au continent Antarctique. Vingt-huit des 68 États consultés ont répondu au questionnaire de l'OHI en 2000, et tous étaient d'accord pour définir un nouvel océan excepté l'Argentine. Dix-huit ont voté pour le nouveau nom anglais de Southern Ocean (océan Austral). Quatorze réponses étaient favorables pour limiter l'océan au parallèle 60° S, quatorze autres réponses proposant des limites qui pouvaient atteindre jusqu'à 35° S, latitude au sud de l'équateur égale à celle de la mer Méditerranée dans l'hémisphère nord.

Géographie[modifier | modifier le code]

D'un point de vue océanographique, l'océan Austral est défini comme un océan parcouru par le courant circumpolaire antarctique, qui circule autour du continent Antarctique.

L'océan Austral comprend plusieurs baies ou mers, comme la Mer d'Amundsen, la Mer de Bellingshausen, ainsi qu'une partie du passage Drake, la Mer de Scotia, la Mer de Weddell, la Mer du Roi Haakon VII, la Mer de Lazarev, la Mer de Riiser Larsen, la Mer des Cosmonautes, la Mer de l'Entente, la Mer de Davis, la Mer de Mawson, la Mer Dumont d'Urville, la Mer de Somov et de la Mer de Ross. Sa superficie totale est de 20 327 000 km2, la longueur des côtes qui le baignent de 17 968 km.

Le point de rétrécissement maximal est le passage de Drake. Le front polaire (convergence Antarctique) est la meilleure définition naturelle de l'océan Austral ; c'est une région distincte au milieu du courant circumpolaire antarctique qui sépare les eaux de surface très froides au sud, des eaux plus chaudes au nord ; le front et le courant s'étendent tout autour du continent antarctique, atteignant 60°S à proximité de la Nouvelle-Zélande et près de 48°S à l'extrême sud de l'océan Atlantique, ce qui coïncide avec le maximum des vents d'ouest.

Iceedgekils.gif

L'extension de la banquise présente une pulsation annuelle.

Limites[modifier | modifier le code]

Contrairement aux autres océans, qui sont définis comme des étendues d'eau limitées par des continents, l'océan Austral est le seul à être défini comme une masse d'eau qui entoure un continent ; cet anneau s'étend au sud de 60° de latitude sud, sur 360° de longitude (limites proposées par l'Organisation hydrographique internationale).

Cette limite fut proposée en 2000 ; avant cela, les eaux couvertes par l'océan Austral étaient considérées comme les parties sud des océans Atlantique, Indien et Pacifique, même si le terme existait depuis un certain temps déjà. La limite de 60° de latitude sud correspond par ailleurs aux terres concernées par le traité sur l'Antarctique et sur lesquelles la souveraineté d'aucun pays n'est reconnue.

Cette définition n'est pas universelle ; en Australie[1], l'océan Austral comprend non seulement la zone définie par l'OHI, mais englobe aussi toute l'étendue maritime située entre l'Antarctique et les côtes sud d'Australie et de Nouvelle-Zélande. Il est représenté ainsi sur les cartes. Les côtes de Tasmanie et du sud de l'Australie sont alors baignées par l’océan Austral et non par l’océan Indien.

Plancher océanique[modifier | modifier le code]

L'océan Austral est profond, de 4 000 à 5 000 mètres sur la plupart de son étendue, avec seulement quelques zones moins profondes. Le plateau continental antarctique est généralement étroit. La profondeur maximale est atteinte à la fosse des îles Sandwich du Sud, par 7 235 m de profondeur.

Îles[modifier | modifier le code]

Antarctique et les îles avoisinantes

De par la nature de son plancher océanique, l'océan Austral contient peu d'îles, mises à part celles qui bordent le continent Antarctique lui-même. On peut cependant citer :

Formation[modifier | modifier le code]

Même si son plancher océanique ne l'est pas, l'océan Austral est certainement le plus jeune des océans, puisque son existence remonte à seulement 30 millions d'années, lorsque l'Antarctique et l'Amérique du Sud se séparèrent, ouvrant le passage Drake et donnant naissance au courant circumpolaire antarctique.

Climat[modifier | modifier le code]

La température de la mer varie entre environ -2°C et 10°C. Des tempêtes cycloniques se propagent vers l'est autour du continent et sont fréquemment intenses du fait du contraste de température entre la glace et l'océan ouvert. La zone océanique qui s'étend entre les environs de 40°S et le cercle polaire antarctique subit les vents les plus forts connus sur la Terre. En hiver, l'océan gèle au-delà de 65°S dans le secteur Pacifique, et de 55°S dans le secteur Atlantique, abaissant les températures de surface bien au-dessous de 0 °C ; en certains points de la côte le vent catabatique permanent provenant de la terre maintiennent le littoral libre de glace tout l'hiver.

Caractéristiques physiques[modifier | modifier le code]

L'océan Austral est profond (4 000 à 5 000 m dans sa plus grande partie), et les zones de faible profondeur sont limitées. Le plateau continental antarctique est généralement étroit et inhabituellement profond, avec une partie côtière atteignant des profondeurs de 400 à 800 m (la profondeur moyenne mondiale est 133 m). La banquise s'accroît d'une surface moyenne minimale de 2,6 millions de kilomètres carrés en mars à environ 18,8 millions de kilomètres carrés en septembre, soit un accroissement d'un facteur 7 en surface. Le courant circumpolaire antarctique se dirige vers l'est ; c'est le plus grand courant océanique : il transporte 130 millions de mètres cubes d'eau par seconde, soit 100 fois plus que le débit de tous les fleuves du monde.

Élévations extrêmes[modifier | modifier le code]

  • Point le plus bas : -7 235 m à l'extrémité sud de la fosse des Sandwich du sud, en 60°00'S, 024°W.
  • Point le plus haut : niveau de la mer 0 m.

Ressources naturelles[modifier | modifier le code]

  • Champs de pétrole et de gaz, vraisemblablement grands, peut-être géants, sur le plateau continental
  • Nodules de manganèse
  • Gisements de minerais possibles
  • Sable et gravier
  • Eau douce sous forme d'icebergs
  • Céphalopodes, baleines, phoques, krill et poissons divers

Risques naturels[modifier | modifier le code]

D'énormes icebergs avec des tirants d'eau atteignant plusieurs centaines de mètres ; plus petits blocs et fragments d'icebergs ; glace de mer (généralement épaisse de 0,5 à 1 m) avec parfois des variations dynamiques à court terme et des variations annuelles et interannuelles importantes ; plateau continental profond recouvert de dépôts glaciaires variant de manière importante sur de courtes distances ; vents très forts et vagues très hautes la plus grande partie de l'année ; givrage des navires, en particulier de mai à octobre ; l'essentiel de la région est éloignée des moyens de recherche et de sauvetage.

Environnement[modifier | modifier le code]

Sujets d'actualité[modifier | modifier le code]

  • Augmentation des radiations solaires dans l'ultraviolet due au trou Antarctique dans la couche d'ozone, cause d'une réduction d'au moins 15 % de la productivité marine primaire (phytoplancton) et de dommages à l'ADN de certains poissons.
  • Pêche illégale, non déclarée et non réglementée, particulièrement la capture et le débarquement d'une proportion estimée en 1999 à cinq ou six fois le quota autorisé de légine australe (Dissostichus eleginoides), qui menace la durabilité du stock[2].
  • Importante mortalité accessoire d'oiseaux de mer due à la pêche à la palangre de légine.
  • La population maintenant protégée des phoques à fourrure augmente rapidement après une grave surexploitation aux XVIIIe et XIXe siècles.
  • L'océan austral, estimé absorber 15 % des rejets de dioxyde de carbone anthropique, a vu dernièrement une étude révéler que les échanges de gaz étaient maintenant à l'équilibre, signifiant que son rôle de pompe à carbone est saturé.

Accords internationaux[modifier | modifier le code]

L'océan Austral est concerné par toutes les conventions internationales qui couvrent les océans du monde entier, notamment: la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (Montego Bay, 1982) et la Convention baleinière internationale (et notamment le sanctuaire baleinier de l'océan austral: interdit la chasse commerciale à la baleine au sud de 40°S — sud de 60°S entre 50°W et 130°W)).

Il est également concerné par les accords spécifiques à la région : Convention pour la protection des phoques de l’Antarctique (Londres, 1972) (limite la chasse aux phoques) ; Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR) (réglemente la pêche).

Données économiques[modifier | modifier le code]

En 1998-1999 (1er juillet au 30 juin), les pêcheries ont débarqué 119 898 tonnes, constituées à 85 % de krill et 14 % de légine australe. Des accords internationaux ont été conclus fin 1999 pour réduire la pêche illégale, non déclarée et non réglementée. En été 1998-1999, 10 013 touristes, la plupart du temps arrivés par la mer, ont visité l'océan Austral et l'Antarctique, à comparer avec les 9 604 visiteurs de l'année précédente. Près de 16 000 touristes étaient attendus pour la saison 1999-2000.

Ports et mouillages[modifier | modifier le code]

Esperanza Base, Mawson Station, McMurdo Station, Palmer Station, Scott Base, et mouillages au large de l'Antarctique.

Peu de ports et de mouillages existent dans la partie méridionale de l'océan Austral ; les conditions de glace limitent l'usage de la plupart d'entre eux à de courtes périodes au milieu de l'été ; même alors, certains ne peuvent être utilisés sans brise-glaces. La plupart des ports de l'Antarctique sont exploités par des stations de recherche gouvernementales et, sauf urgence, ne sont pas ouverts aux navires privés ou commerciaux ; les navires fréquentant les ports au sud de 60°S peuvent être contrôlés par des observateurs du traité de l'Antarctique.

Transport maritime[modifier | modifier le code]

Le passage de Drake offre une alternative au transit par le canal de Panama.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]