Université jagellonne de Cracovie

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Université Jagellonne de Cracovie
Image illustrative de l'article Université jagellonne de Cracovie
Devise Plus ratio quam vis
La Raison plus que la force
Nom original Uniwersytet Jagielloński
Universitas Jagellonica Cracoviensis
Informations
Fondation 1364
Type Université publique
Régime linguistique Polonais
Localisation
Coordonnées 50° 03′ 39″ N 19° 55′ 58″ E / 50.060833, 19.93277850° 03′ 39″ Nord 19° 55′ 58″ Est / 50.060833, 19.932778  
Ville Cracovie
Pays Drapeau de la Pologne Pologne
Région Voïvodie de Petite-Pologne
Direction
Recteur Professeur Karol Musioł (2005-2012)
Wojciech Nowak (2012- )
Chiffres clés
Personnel 6 847
Étudiants 45 908
Divers
Site web www.uj.edu.pl

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(Voir situation sur carte : centre de Cracovie)
Université Jagellonne de Cracovie

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Université Jagellonne de Cracovie

L’université Jagellonne de Cracovie[1] - parfois également appelée en français la Jagellonne ou université Jagellon - (en polonais Uniwersytet Jagielloński w Krakowie) est la plus ancienne université d'Europe centrale après l'université Charles de Prague. Elle a été créée en 1364.

Le nom de Jagellon est celui d'une maison ou d'une dynastie royale polonaise d'origine lituanienne qui régna sur la Pologne, la Lituanie, la Hongrie et la Bohême.

Elle a été également connue dans le passé sous le nom d'Akademia Krakowska (« Académie de Cracovie »), à ne pas confondre avec l'Académie Andrzej Frycz Modrzewski, qui est une université privée créée en 2000.

Histoire[modifier | modifier le code]

Allégorie de la fondation de l'université ; Jan Matejko.

L'université Jagellonne de Cracovie fut fondée le , après plusieurs années d'insuccès, par le roi Casimir le Grand qui reçut la permission du pape d'établir une université à Cracovie (alors capitale de la Pologne). Cependant, le Studium Generale à Cracovie ne fonctionna qu'en 1367 avec seulement trois facultés (arts libéraux, médecine et droit), le pape Urbain V ayant refusé de fonder une faculté de théologie (alors la discipline la plus noble). Studium Generale naissait sur le modèle de l'université de Paris.

Le premier chancelier de l'université fut Peter Wysz, et les premiers professeurs étaient tchèques, allemands et polonais, dont beaucoup étaient passés par l'université Charles de Prague.

Son développement fut interrompu par la mort du roi. Le monarque polonais suivant, Louis Ier de Hongrie ne s'intéressait pas à l'université, ce qui fut cause d'un long retard. Cependant, sa fille Hedwige (Jadwiga), couronnée "roi" de Pologne, sauva l'université en engageant tous ses joyaux dans cette entreprise. Elle persuada le pape Boniface IX de rétablir l'université en y intégrant la faculté de théologie. L'université fut remise sur pied en 1400 par le roi Ladislas Jagellon, l'époux de la reine Hedwige.

L'influence de l'Académie de Cracovie sur le pays- toile de Jan Matejko ; parmi les portraiturés se trouvent des étudiants et professeurs célèbres : le cardinal Zbigniew Oleśnicki, Jean de Capistran, Jean de Kenty, Jan z Kolna, Jérôme de Prague, Grzegorz de Sanok, Jan Długosz, Filippo Buonaccorsi, Conrad Celtes, Wojciech de Brudzewo, Nicolas Copernic et Michał z Wielunia.

Au XVe siècle, l'université connut son siècle d'or. Au nombre des facultés les plus prospères se trouvaient celles d'astronomie et de mathématiques, sous l'enseignement de Wojciech Brudzewski (qui mettait en doute le géocentrisme). Ses étudiants les plus célèbres furent Nicolas Copernic, Conrad Celtes, Bernard Wapowski. Y étudia aussi le créateur de la langue biélorusse, Francysk Skaryna et aussi — selon Locorum communium collectanea de Johannes Manlius — Johann Georg Faust, le magicien. Manlius et d'autres auteurs allemands, comme le mage Johannes Trithemius, prétendaient qu'il y avait une faculté de magie démoniaque et qu'elle était exposée publiquement[réf. nécessaire]. L'université et son chancelier furent des partisans du Concile de Bâle.

Haller établit à Cracovie une presse d'imprimerie avant 1500. En 1520, la philologie classique est introduite par Constanzo Claretti, Wenzel von Hirschberg et Libanus ; l'hébreu y était aussi enseigné.

Au XVIe siècle, l'université tombe en crise. Malgré tout y étudièrent des célébrités comme Jan Kochanowski, Andrzej Frycz Modrzewski et Marcin Kromer. La crise dura jusqu'à la réforme d'Hugo Kołłątaj, durant le siècle des Lumières polonais.

Au XIXe siècle, l'université prit le nom de Jagellon pour commémorer cette dynastie de rois de Pologne. Parmi les grands professeurs qui y travaillèrent, on peut citer Baudouin de Courtenay, Stanisław Estreicher, Napoleon Cybulski et Marian Smoluchowski.

Tout au long de l'histoire de l'université, des milliers d'étudiants de toute la Pologne, de Lituanie, de Biélorussie, d'Ukraine, de Russie, de Slovaquie, de Hongrie, de Bohême, d'Allemagne et d'Espagne y étudièrent. Au cours de la seconde moitié du XVe siècle, près de 40 % des étudiants venaient d'autres pays. Pendant des siècles, presque toute l'élite intellectuelle polonaise y fut instruite.

En 1939, les Allemands mènent la Sonderaktion Krakau, au cours de laquelle ils arrêtent une partie de l'élite intellectuelle polonaise. À l'université de Cracovie, à la demande du chef la Gestapo (Bruno Müller), le recteur Tadeusz Lehr-Spławiński (pl) convoque les professeurs, lesquels sont arrêtés de déportés à Sachsenhausen.

Bâtiments[modifier | modifier le code]

Collegium Maius de l'Académie de Cracovie
Porte d'entrée de l'université

L'université Jagellonne est composée de plus de 100 bâtiments. Le plus ancien se nomme Collegium Maius ; il fut construit au XVe siècle. Le Collegium Novum, bâti entre 1873 et 1887, est le siège du recteur de l'université. D'autres bâtiments de valeur historique sont situés dans la vieille ville (1er campus) ; citons par exemple le Collegium Minus, le Collegium Iuridicum, le Collegium Witkowskiego, le Collegium Broscianum, le Collegium Wroblewskiego, ainsi que l'Arsenal Royal.

L'adaptation de l'université aux exigences de l'enseignement supérieur et de la recherche modernes a conduit à la modernisation du 2e campus (centre ville) et à la construction de l'Auditorium Maximum (en fonction depuis 2005), avec un amphithéâtre pour 1 200 personnes, scindé en deux parties.

Collegium Novum

Le 3e campus (pl), qui est toujours en développement, est situé dans le 8e arrondissement (Dębniki), notamment dans les quartiers de Ruczaj et de Pychowice, à côté du Parc technologique de Cracovie. L'ensemble compte 100 000 m2 dévolus à l'enseignement. Il comprend des bâtiments pour les facultés des sciences de la vie, biotechnologie, biophysique, biochimie, chimie, géographie, géologie, mathématiques, physique, informatique, astronomie, gestion et communication sociale, science politique et études internationales, ainsi que le parc technologique LifeScience Park - un élément du Centre Jagellon de l'innovation ; la plupart des bâtiments sont déjà en fonction. Une ligne de tramway a été mise en service en 2012 pour faciliter l'accès au campus[2]. Après avoir achevé la construction du 3e campus, l'université pourra se targuer d'être l'une des plus modernes d'Europe.

Il existe également des bâtiments en dehors des campus, comme par exemple le Château de Przegorzały (Institut d'études européennes), le Parc botanique, ou le Fort Skala (Observatoire astronomique).

Étudiants de l'université Jagellonne devenus célèbres[modifier | modifier le code]

Professeurs[modifier | modifier le code]

De revolutionibus orbium coelestium de Copernic

Inscriptions[modifier | modifier le code]

Avec 45 908 étudiants en 2007 et 4 667 enseignants-chercheurs, c'est l'une des principales universités de Pologne.

Coopérations universitaires en Europe[modifier | modifier le code]

Bibliothèque Jagellonne[modifier | modifier le code]

La bibliothèque universitaire est l'une des plus importantes du pays et la plus ancienne, avec près de 6 millions de volumes. Elle abrite une large collection de manuscrits médiévaux, comme par exemple le De revolutionibus orbium coelestium de Copernic, ou le Codex de Balthasar Behem.

Elle comporte aussi des ouvrages de la littérature clandestine (aussi appelée drugi obieg) (samizdat) de la période communiste (1945-1989).

L’une des propriétés les plus controversées de la Bibliothèque Jagellonne est la collection dite « Berlinka » (en français : « fonds berlinois »). Ces fonds venus de la Bibliothèque d'État de Berlin, entreposés dans des châteaux et des grottes de l'Est de l'Allemagne d'alors (Silésie) pour les mettre à l'abri des bombardements de la fin de la Seconde guerre mondiale, se sont retrouvés sur le territoire polonais suite aux modifications territoriales de 1945. On y trouve les manuscrits originaux de compositions de Johann Sebastian Bach, Wolfgang Amadeus Mozart (plus de cent partitions), Ludwig van Beethoven (parmi eux l'Ode à la joie de Symphonie no 9), Niccolò Paganini, Felix Mendelssohn, Luigi Cherubini, Franz Schubert, Robert Schumann, Johannes Brahms[4], les manuscrits des lettres de Martin Luther, de Gottfried Leibniz, d’Albrecht Dürer, de Johann Wolfgang von Goethe, des frères Grimm, de Georg Wilhelm Friedrich Hegel et d’Alexander von Humboldt[5]. Il n'y a aucun catalogue connu de cette curieuse collection, d’ailleurs rarement exposée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Casimir Morawski, Histoire de l’université de Cracovie. Moyen Âge et Renaissance. Traduction de Pierre Rongier. Paris, A. Picard - Cracovie, Gebethner et Cie. Vol.I, (1900), 311 p.; Vol. II, (1903), 297 p.; Vol. III, (1905), 359 p. (Index des noms propres, table analytique des matières)

Organisation[modifier | modifier le code]

L'université est composée de 15 facultés :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]