Circoncision de Jésus

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Circoncision de Jésus
Circoncision de Jésus, cathédrale de Chartres.
Circoncision de Jésus, cathédrale de Chartres.

Observé par les chrétiens
Type Célébration religieuse
Signification Commémoration de la circoncision de Jésus-Christ
Date 1er janvier
Lié à Noël

La fête de la Circoncision de Jésus est une fête chrétienne célébrée par les Églises catholiques et orthodoxes le 1er janvier.

Origine[modifier | modifier le code]

Dans le Nouveau Testament, un des quatre évangélistes évoque la circoncision de Jésus, au "huitième jour". Il s’agit de Luc : « Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception[1]. »

Par ailleurs une lettre de Paul de Tarse fait aussi allusion, dans le cadre d’un développement théologique à la « circoncision du Christ[2] » .

Célébration[modifier | modifier le code]

Circoncision de Jésus. Miniature tirée d’un missel composé vers 1460. Bibliothèque municipale de Clermont-Ferrand.

Chez les Catholiques, le 1er janvier était appelé la fête de la Circoncision ou la Circoncision[3], soit sept jours après le 25 décembre, date fixée, par convention, au quatrième siècle pour la célébration de la naissance de Jésus. La scène de la Circoncision est fréquemment représentée dans l’art du Moyen Âge. Le Saint Prépuce est vénéré en tant que relique, que certaines églises affirment détenir. Cette célébration a été remplacée par la fête de Sainte Marie, Mère de Dieu par le Pape Paul VI en 1974[4].

Chez les Orthodoxes, les vêpres de la circoncision sont célébrées le soir du 31 décembre. Elles contiennent trois extraits de l'Ancien Testament : Genèse 17. 1-7, 9-14 (qui rappelle l' alliance conclue entre Dieu et Abraham : « Tous vos mâles seront circoncis... Mon alliance sera marquée dans votre chair comme une alliance perpétuelle » ; Livre des Proverbes (8, 22-30) et Livre de la Sagesse (9, 1-5)[Note 1]. Aux matines du 1er janvier, la lecture de l'évangile (Jean 10 : 1-9), décrit les rapports du bon berger et de ses brebis. Lors la liturgie, la lecture de l’épître (Colossiens 2: 8-12) explicite le sens nouveau de la circoncision pour les chrétiens : « C'est en lui que vous avez été circoncis d'une circoncision qui n'est pas de main d'homme, par l'entier dépouillement de votre corps charnel ».

Iconographie chrétienne[modifier | modifier le code]

Célébrée dans les églises, la circoncision de Jésus y a fait objet également de multiples représentations dans le cadre l'art chrétien. Ainsi, c'est sans doute dans une société qui ne la pratique pas[Note 2], et qui ne la connaît que de loin, que la circoncision a le plus souvent été représentée, à savoir dans la chrétienté du Moyen Âge et de l’âge classique[5].

En 1730, Juan Interián de Ayala fait remarquer dans son ouvrage Pictor christianus eruditus (« le Peintre chrétien détrompé ») que les représentations chrétiennes de la circoncision de Jésus contiennent parfois des erreurs fondées sur une profonde méconnaissance des usages juifs. Ainsi on dépeint souvent la circoncision opérée par un prêtre dans le Temple, alors que c’était en réalité une affaire réglée dans et par la famille, voire par l’un des deux parents eux-mêmes.

Cependant il faut observer que ces peintres visaient moins la réalité historique (qui n’avait pas d’intérêt pour le monde chrétien) que le sens théologique de cet épisode de la vie de Jésus. Ainsi, quand on voit l’enfant Jésus sous le couteau et sur l’autel, comme une offrande sacrificielle, voire comme un aliment sur une table, c’est que la Circoncision est considérée comme une préfiguration de la Crucifixion et de l’Eucharistie, selon une vue développée par certains Pères de l’Église. C’est la première fois qu’est versé le sang du Christ, destiné à sauver les hommes, et à abreuver leurs âmes.

Dans d’autres cas, il est clair que le peintre songe au baptême, rite d’agrégation qui a remplacé la circoncision dans la sphère chrétienne.

Quelques œuvres où la circoncision est représentée :

Bibliographie, notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ces deux derniers extraits célèbrent la sagesse divine et font allusion à l’œuvre théologique de Saint Basile.
  2. La première génération chrétienne fut confronté à un problème difficile lorsque se convertirent en masse des personnes d’origine non juive. Après un débat animé, les non-juifs furent dispensés de la circoncision par une assemblée tenue à Jérusalem au milieu du premier siècle, traditionnellement appelée « Concile de Jérusalem » (Actes des Apôtres, chapitre XV). Cependant même après cette date persistèrent des tensions à ce sujet, comme on le voit dans les Épîtres de Saint Paul, qui continue à argumenter à l’encontre des chrétiens « judaïsants » : seule est nécessaire la « circoncision du cœur » (Romains 2, 28-29, adapté de Deutéronome 10, 16-17 et 30, 6), ou encore : « La circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien ; ce qui compte, c’est de garder les commandements de Dieu. » (1 Corinthiens, VII, 19), car il n’y a plus « ni juifs, ni païens », mais un seul corps dans le Christ Jésus.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Luc II, 21.
  2. Colossiens II, 11.
  3. ATILF - Dictionnaires d’autrefois : La fête de la Circoncision, ou simplement La Circoncision, Le jour où l’on célèbre la circoncision de Jésus. La circoncision est le premier jour de l’année.
  4. Paul VI, Exhortation apostolique Marialis Cultus, no 5, 2 février 1974
  5. Galeries d’images mises en ligne par l’l’Institut de recherche et d’histoire des textes et par le diocèse de Nanterre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]