Périzonium

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Crucifix de don Fernando et doña Sancha c. 1063. Le Christ y porte un perizonium adhérent avec une large attache et couvrant les jambes jusqu'aux genoux. Musée archéologique national de Madrid.

Le périzonium ou perizonium[1] [peʁizɔnjɔm] (du grec: περίζωμα, autour de la ceinture), ou pagne de pureté, désigne le morceau d’étoffe servant à cacher la nudité de Jésus de Nazareth en croix.

Ostension du périzonium[2] dans la cathédrale d'Aix-la-Chapelle.

L'évangile de Nicodème évoque cet attribut[3].

Selon le récit légendaire de retour de Jérusalem de Charlemagne appelé Descriptio[4], il est raconté que le roi de Constantinople lui aurait offert des reliques de la Passion (Saint-Suaire, un clou et un morceau de bois de la Vraie Croix, la Sainte Lance et le périzonium) et d’autres reliques d’importance (langes de Jésus, chemise de la Vierge). La relique du périzonium est toujours conservée dans la cathédrale d'Aix-la-Chapelle, les autres ayant été transférées en 876 par Charles II le Chauve à l'abbaye royale de Saint-Denis et l'église Saint-Corneille de Compiègne.

La forme du périzonium est importante pour dater la représentation du Christ et permet aussi de symboliser certaines idées à son sujet (ceinture, longueur, etc.). Dans les représentations les plus anciennes, Jésus porte le plus souvent un colobium (tunique longue), plus rarement un subligaculum (en) (cache-sexe minimaliste réduit à une fine bande de tissu) alors que la tradition romaine était de crucifier les individus nus[5]. Au cours du Moyen Âge, il y eut débat car l'Évangile selon Jean dit que les soldats romains se partagent la tunique du Christ (Jean, 19, 23-24). Les artistes à partir du VIIIe siècle délaissent progressivement le colobium au profit du périzonium qui s'impose vers le XIe siècle, créant différents styles de drapés. Vers la fin du XIIIe siècle, Giotto peint un périzonium transparent qui montre un Jésus sans attribut sexuel, par référence à Saint Augustin qui dénie à Jésus Christ la potentia generandi (« puissance sexuelle »), puis au XIVe siècle, le périzonium redevient « opaque et décent »[6].

Représentations dans les arts[modifier | modifier le code]

Dans l'iconographie chrétienne, le perizonium n'est visible que sur certaines scènes : celles de la Crucifixion et la Déposition de la Croix (voire la Pietà) :

Crucifixion du Pérugin.
Crucifixion de Francisco de Zurbarán.
Déposition par Cornelis Schut.
Crucifixion de Giotto.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice du Louvre
  2. En l'occurrence une pièce de tissu informe maintenue par plusieurs sangles. Source : Joseph Bédier, Les légendes épiques. Recherches sur la formation des chansons de geste, H. Champion,‎ 1929, p. 128.
  3. Jésus sortit du prétoire accompagné des deux larrons. Lorsqu'ils furent sur place, on le dépouilla de ses vêtements, on le ceignit d'un linge et on lui posa une couronne d'épines sur la tête. Évangile de Nicodème 10:1
  4. Robert Folz, Le souvenir et la légende de Charlemagne, Slatkine,‎ 1973 (lire en ligne), p. 179-181
  5. François Boespflug, Le Dieu des peintres et des sculpteurs : L'Invisible incarné, Hazan,‎ 2010, p. 138
  6. Jean Wirth, L'image à l'époque romane, Les Éditions du CERF,‎ 1999, p. 364