François de Joyeuse

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François de Joyeuse
Image illustrative de l'article François de Joyeuse
Le cardinal de Joyeuse sacre Marie de Médicis en 1610, par Pierre-Paul Rubens
Biographie
Naissance 24 juin 1562
Carcassonne (France)
Décès 23 août 1615
Collège d'Avignon (France)
Cardinal de l'Église catholique
Créé
cardinal
12 décembre 1583 par le
pape Grégoire XIII
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de San Silvestro in Capite
Cardinal-prêtre de la Trinité-des-Monts
Cardinal-prêtre de Saint-Pierre-aux-Liens
Cardinal-évêque d'Ostie
Évêque de l'Église catholique
Consécration
épiscopale
1586
Archevêque de Rouen
Primat de Normandie
Du 1604 au 1615
link= Charles III de Bourbon Charles III de Bourbon François II de Harlay François II de Harlay  link=François II de Harlay
Archevêque de Toulouse
Du 1588 au 1614
Paul de Foix Paul de Foix Louis de Nogaret de La Valette d'Épernon Louis de Nogaret de La Valette d'Épernon  link=Louis de Nogaret de La Valette d'Épernon
Archevêque de Narbonne
Primat de la Gaule narbonnaise
Du 1581 au 1600
link= vacant vacant Louis de Vervins Louis de Vervins  link=Louis de Vervins
Autres fonctions
Fonction religieuse
Doyen du collège des cardinaux
Fonction laïque
Duc de Joyeuse

Blason
(en) Notice sur catholic-hierarchy.org

François de Joyeuse, né le 24 juin 1562 à Carcassonne, mort le 23 août 1615 à Avignon, est un cardinal et homme politique français.

Sommaire

[modifier] Famille

Né le 24 juin 1562 à Carcassonne d'une famille originaire du Vivarais, François est le second fils de Guillaume de Joyeuse[1] et de Marie Éléonore de Batarnay[2]. Ses frères Anne et Henri deviendront duc de Joyeuse, Antoine Scipion est chevalier de Malte, grand prieur de Toulouse puis duc de Joyeuse[2].

[modifier] Biographie

[modifier] Début de carrière

Étant le cadet, il est destiné à une carrière ecclésiastique. Il suit des études à Toulouse puis au collège de Navarre à Paris. Il poursuit ensuite à l'université d'Orléans et obtient un doctorat in utroque jure (droit canon et civil)[2].

Ordonné diacre de Carcassonne, il devient ensuite conseiller privé du roi Henri III de France. Il est élu archevêque de Narbonne, dont il obtient une dispense pour son jeune âge, le 20 octobre 1581[2].

[modifier] Cardinalat

Grâce à l'influence de son frère aîné Anne, il est créé cardinal lors du consistoire tenu le 12 décembre 1583 par Grégoire XIII. Il arrive trop tard pour assister au conclave de 1585 qui élit pape Sixte V. Il reçoit le chapeau rouge et le titre cardinalice San Silvestro in Capite le 20 mai 1585[2].

François de Joyeuse est nommé « Protecteur des affaires de France en cour de Rome » le 16 février 1587[2]: à ce titre, il représente les intérêts des sujets français établis à Rome, mais, également, les intérêts du roi de France auprès du pape Sixte Quint. Le 11 décembre 1587, il échange son titre au profit de SS. Trinita al Monte Pincio[2]. Il devient en 1588 commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit.

Le 4 novembre 1588, il est transféré au siège de Toulouse[2].

Après la mort d'Henri III, le cardinal François de Joyeuse retourne à Toulouse et participe aux actions de la Ligue. Toutefois, dès 1593, il préfère se rallier à Henri IV.

Il ne participe pas aux conclaves de 1590 qui élisent Urbain VII puis Grégoire XIV. Il est présent en 1591 pour élire Innocent IX et en 1592 pour Clément VIII[2].

Le parlement de Toulouse le nomme gouverneur de la ville et des terres alentours avec son frère Henri (capucin Père Ange). Ratifié le 14 novembre 1592, elle est confirmé par le duc de Mayenne le 26 novembre 1592[2].

[modifier] Au service du roi

Henri IV, qui a abjuré le protestantisme est couronné roi à Chartres le 27 février 1594. La mort du cardinal Nicolas de Pellevé le 24 mars 1594 fait de François de Joyeuse le prélat principal de l'Église de France. Le 27 avril 1594, il devient cardinal de S. Pietro in Vincoli. C'est au cours de l'année 1595, avec son secrétaire Arnaud d'Ossat et Jacques Davy du Perron, évêque d'Évreux, qu'ils travaillent pour recevoir l'absolution du roi par Clément VIII, qu'ils obtiennent le 17 septembre 1595. Début 1596, il assure sa loyauté au roi et est confirmé comme protecteur de la France à Rome.

En septembre 1598, le roi Henri IV l'envoie à Rome pour négocier l'annulation de son mariage avec Marguerite de Valois. Arrivé le 13 février 1599 à Rome, le pape le nomme président de la commission ecclésiastique chargée de l'affaire, avec Oratio Montano, archevêque d'Arles et du nonce en France et évêque de Modène Gasparo Silingardi[3],[2]. Il est de retour en France au cours de l'été 1599 et le 17 décembre, le pape autorise au roi de se remarier. Le 9 novembre 1600, il reçoit à Marseille la future reine Marie de Médicis[2].

[modifier] Fin de carrière

Il devient cardinal-évêque de Sabina le 24 mars 1604. Il est transféré à l'archevêché de Rouen le 1er décembre 1604. Il participe aux conclaves de 1605 qui élisent pape Léon XI puis Paul V[2].

En 1607, il sert de médiateur entre le Saint-Siège et la République de Venise[2] aboutissant au retrait de l'interdit que le pape Paul V a jeté sur la Sérénissime.

Légat a latere, il représente le pape Paul V au baptême du successeur du trône, futur Louis XIII de France le 17 juillet 1606[2]. Le 13 mai 1610, il sacre Marie de Médicis, à Saint-Denis. Toutefois, après l'assassinat d'Henri IV, le cardinal perd son influence sous la régence de Marie de Médicis. Le 13 mai 1610, il couronne Louis XIII à Reims, à la place de l'archevêque de Reims qui n'a pas reçu sa consécration[2].

Doyen de collège des cardinaux, il devient cardinal d'Ostia e Velletri le 17 août 1611. En 1613, il est touché par une attaque dont il ne ressort pas indemne. Président des États généraux d'octobre 1614, l'assemblée du Clergé décide l'application des décrets du concile de Trente[2].

Tombeau du cardinal de Joyeuse, du marbrier Parfait à Rouen dans l'église Saint-Louis du lycée Corneille de Rouen
Épitaphe du cardinal de Joyeuse

En route pour Rome, il meurt en chemin, de dysenterie[2], au collège d'Avignon, le 23 août 1615, à l'âge de 53 ans[4]. Il est enterré dans l'église Jésuite de Pontoise (qui se déplacera à Rouen). Son cœur est déposé au collège d'Avignon[2]. François de Joyeuse est aujourd'hui enterré dans une chapelle de l'église Saint-Louis du lycée Corneille de Rouen. Elle contient l'épitaphe:

EMINENTISSIMO CARDINALI FRANCISCO DE JOYEUSE NARBONIS, TOLOSE, NEC NON ROTHOMAGI ARCHIEPISCOP QUI TUM REG(...) HENRICI TECTII ET QUARTI TUM SUMMI PONTIFICIS PAULI QUINT LEGATUS ADMINISTRATIS DOMI FORISQUE REBUS MAXIMIS POSTQUAM ECLESIA ET REGIBUS SUIS PLURIMAM NAVAVISSET OPERAM VIR CLARUS GESTIS HONORIBUS CLARIOR ET VIRTUTIBUS ET DOCTRINA CARDINALIUM DECANUS OBIIT AV(...)NE ANNO M.DC.XV AETATIS LIII CUJUS (...)RPUS PONTISARAM PRIMO DEL(...) INDE SEMINARIO AB IPSO ROTHOMAGI CONDITO ANNO M.(...)CC.LXXIX REDDITUM ACCEPIT HIC TUMULUS IN BENEFICIORUM MEMORIA MAGISTRA (...) RUBIS ANNO M.DCCC.XXVI POSITUS E(...)E PRINCIPE DE CROY CA(...) ROTHOMAGENSI ARCHIEPISCOPO.

[modifier] Liste de ses bénéfices ecclésiastiques

  • Archevêque de : Narbonne (à partir de 1581); Toulouse (à partir de 1584) ; Rouen (à partir de 1604).
  • Abbé de : Marmoutier (à partir de 1584); Saint-Florent d'Angers (à partir de 1587); Mont-Saint-Michel (à partir de 1588); Fécamp (à partir de 1589) ; La Daurade (à partir de 1591); Eaunes (à partir de 1591); La Grasse (à partir de 1593); Bolbone (à partir de 1597, échangée contre l'abbaye de La Daurade); Saint-Sernin (à partir de 1597); saint Géraud d'Aurillac (à partir de 1603); Grandselve (à partir de 1612); Saint-Martin de Pontoise (à partir de 1612); Juilly (à partir de 1613); Saint-Martin de Cauchenne (à partir de 1614).
  • Abbé commendataire de Notre-Dame-de-Chambons.
  • Prieur d'Auzat, Naussac, Ruoms, Saint-Cirgues, Montbazens.
  • Cardinal en 1584.
  • Doyen du Collège des cardinaux en 1611.
  • Églises et évêchés attribués à François de Joyeuse en tant que cardinal : Saint-Sylvestre (1585-1587) ; Trinité-des-Monts (1587-1594) ; Saint-Pierre-aux-liens (1594-1604); Sainte-Sabine (1604-1611); Ostie (1615, en qualité de doyen des cardinaux).

[modifier] Liste succincte de son patrimoine familial

  • Duc de Joyeuse
  • Baron d'Arques, Couiza, Puivert (baronnie vendue en 1610), Chalabre, Laudun, Descours, Rochemaure.
  • Seigneur de Linières, Secourrieu, Lésignan, Lafitte.
  • Par arbitrage, le comté de Batarnay échut en 1602 à Françoise de Batarnay, dame de Montrésor et tante maternelle du cardinal de Joyeuse.

[modifier] Notes et Références

  1. Évêque d'Alet (1530-1557), il quitte l'église après la mort de son frère aîné et se marie en 1660.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s The Cardinals of the Holy Roman Church: Consistory of December 12, 1583 (VII)
  3. Jean-Pierre Papon, Jules Frédéric Paul Fauris de Saint-Vincens, Histoire générale de Provence, Chez Moutard, Paris, 1777, p. 320, lire sur Google Livres
  4. Henri Albi, Éloge historique des Cardinaux illustres francois et estrangers mis en parallèle. Avec leur pour-traits au naturel, Ant. de Cay, Paris, 1644, lire en ligne
Précédé par François de Joyeuse
Orn ext duc et pair OSE.svg
Chateauneuf-Randon de Joyeuse Saint-Didier.svg
Suivi par
siège vacant
Archevêque de Narbonne
Primat de la Gaule narbonnaise
1581-1600
Louis de Vervins
Anne de Joyeuse
Duc de Joyeuse
1587-1590
Antoine Scipion de Joyeuse
Paul de Foix
Archevêque de Toulouse
1588-1614
Louis de Nogaret de La Valette d'Épernon
Charles III de Bourbon
Archevêque de Rouen
Primat de Normandie
1604-1615
François II de Harlay
Domenico Pinelli
Cardinal-évêque d'Ostie
1611-1615
Antonio Maria Galli
Domenico Pinelli
Doyen du Collège des cardinaux
1611-1615
Antonio Maria Galli
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