Agathe de Catane

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Agathe de Catane
Image illustrative de l'article Agathe de Catane
tableau de Piero della Francesca (ca. 1460–70)
Naissance vers 231
Catane, Sicile
Décès 251 
Catane, Sicile
Vénéré à Cathédrale Sainte Agathe à Catane
Fête 5 février
Attributs cisailles, tenailles, seins sur un plateau
Saint patron de Sicile, des villes de Palerme et de Catane, de Saint-Marin, de Zamarramala en Espagne, des fondeurs de cloche, des nourrices, des bijoutiers, des martyrs, des victimes de viol et de torture

Invoquée contre les incendies, les tremblements de terre, les éruptions de l'Etna, les catastrophes naturelles et la stérilité

Sainte Agathe, Francisco de Zurbarán
1630-1633, 127 × 60 cm
Musée Fabre, Montpellier

Sainte Agathe de Catane ou Agathe de Sicile est une sainte chrétienne, vierge et martyre, morte en 251 et fêtée le 5 février.

Sommaire

Agathe héritière d'Isis [modifier]

Pierre Chuvin, dans Chronique des derniers païens, relate comment Isis, protectrice de Catane, considérée comme la bonne déesse (Agathè Daimôn) fut, dès que le christianisme devint la religion dominante, métamorphosée en sainte Agathe[1].

Pierre Sauzeau, qui professa à l'Université Paul Valéry – Montpellier III, explique comment Agathe, devint l'héritière d’Isis à Catane. La déesse, venue d'Égypte, y assumait les fonctions de protectrice de la navigation (Euploia, Ploiaphèsa). Elle était fêtée au cours d'une procession carnavalesque qui perdura jusqu'au VIe siècle, et au cours de laquelle on lui offrait du lait dans des seaux en forme de sein. Quand Agathe la détrôna, ce furent désormais ses seins mutilés qui furent mis à l'honneur[2].

Hagiographie [modifier]

Le Martyre de sainte Agathe par Tiepolo.

Connue par une Passion du Ve siècle, son histoire a été reprise par Jacques de Voragine dans La Légende dorée.

Née au IIIe siècle à Catane en Sicile, dans une famille noble, Agathe était d'une très grande beauté et honorait Dieu avec ferveur et lui avait ainsi consacré sa virginité. Quintien, proconsul de Sicile mais homme de basse extraction, souhaitait par-dessus tout l'épouser, pensant qu'il pourrait ainsi gagner en respect mais aussi jouir de la beauté et de la fortune d'une telle épouse.

Agathe ayant refusé ses avances, Quintien l'envoya dans un lupanar tenu par une certaine Aphrodisie qu'il chargea de lui faire accepter ce mariage et de renoncer à son Dieu. La tenancière ayant échoué, Quintien fit jeter Agathe en prison et la fit torturer. Parmi les tortures qu'elle endura, on lui arracha les seins à l'aide de tenailles mais elle fut guérie de ses blessures par l'apôtre Pierre qui la visita en prison. D'autres tortures finirent par lui faire perdre la vie et son décès fut accompagné d'un tremblement de terre qui ébranla toute la ville.

Un an après sa mort, l'Etna entra en éruption, déversant un flot de lave en direction de Catane. Selon la légende, les habitants s'emparèrent du voile qui recouvrait la sépulture d'Agathe et le placèrent devant le feu qui s'arrêta aussitôt, épargnant ainsi la ville.

Depuis, on invoque son nom pour se protéger des tremblements de terre, des éruptions volcaniques ou des incendies.

Culte et patronage [modifier]

Le culte de sainte Agathe dépassa rapidement le cadre de la Sicile : en 470, les ariens lui consacrent une petite église à Rome, Sainte-Agathe-des-Goths, que le pape Grégoire le Grand donna aux catholiques.

Sainte Agathe est la patronne des nourrices, des bijoutiers, des fondeurs de cloche, des villes de Catane et de Palerme, ainsi que de l'île de Malte. Ses reliques, qui auraient été transférées à Constantinople en 1050, reposeraient maintenant depuis 1126 dans la chapelle qui lui est dédiée dans la cathédrale de Catane qui lui est consacrée.

Iconographie [modifier]

Le Martyre de sainte Agathe par Sebastiano del Piombo.

Ses principaux attributs sont la palme du martyre, un plateau sur lequel sont posés deux seins, des tenailles et parfois un édifice en flammes.

Cette iconographie a probablement inspiré les aquarelles chinoises d'exportation, destinées aux marchés fo cho facher occidentaux, dont certaines représentaient des « supplices chinois »[3].

Notes et références [modifier]

  1. Pierre Chuvin, Chronique des derniers païens. La disparition du paganisme dans l'Empire romain, du règne de Constantin à celui de Justinien, Éd. Fayard, Paris, p. 270-271.
  2. Pierre Suzeau, De la déesse Héra à la Panaghia. Réflexions sur le problème des continuités religieuses en Grèce et en Grande-Grèce
  3. turandot.ish-lyon.cnrs.fr.

Bibliographie [modifier]

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]