Titulus Crucis

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Le Titulus Crucis est une relique exposée depuis 1492 dans la Basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem à Rome. Il consiste en une petite pièce de bois (conservée dans un reliquaire d’argent) qui, selon la tradition catholique, serait un morceau de l’écriteau placé au-dessus de la tête de Jésus lors de la Crucifixion.

Histoire[modifier | modifier le code]

D'après une tradition ecclésiale, la Sainte Croix, trois clous ayant servi à crucifier Jésus et le titulus furent découverts par sainte Hélène en 325 à Jérusalem. Elle aurait rapporté la plus grande partie de ces reliques dans son palais à Rome. Plus tard, Hélène légua ce dernier à l'Église. Autour d'une pièce de ce palais, transformée par Hélène en chapelle, fut construite une église qui deviendra par la suite la Basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem. Toujours selon la tradition, le titulus avec la moitié de l'inscription originale (lequel avait été mis dans un coffret protecteur en plomb vers 1145 et apparemment oublié) et le sceau du pape Lucius II furent retrouvés lors de travaux de transformation effectués dans la basilique. Il fut déclaré authentique le 29 juillet 1496 par la bulle Admirabile Sacramentum du pape Alexandre VI.

Authenticité[modifier | modifier le code]

Le 25 avril 1995 l'historienne de l'Église Maria-Luisa Rigato put photographier l'écriteau et le peser. Il est en noyer, pèse 687 grammes, a une longueur de 25 centimètres, une largeur de 14 centimètres et une épaisseur de 2,6 centimètres. Le bois est attaqué par des vers, des insectes et des champignons. En 1998 l'historien Michael Hesemann examina l'objet et data le type d'écriture utilisé dans l'inscription du Ier siècle de notre ère. Il présenta les résultats de ses recherches au pape Jean-Paul II lors d'une audience privée. Sept paléographes de trois universités israéliennes, Maria-Luisa Rigato de l'Université pontificale grégorienne et le papyrologue protestant Carsten Peter Thiede confirmèrent cette datation. D'autres chercheurs contestent l'authenticité de la pièce et considèrent que la méthode d'examen utilisée par Hesemann n'est pas convaincante[1]. Par ailleurs, des analyses au carbone 14 font remonter, avec une certaine probabilité, l'écriteau aux environs du XIe siècle[2].

Sur l'écriteau, l'on peut distinguer trois lignes d'écriture. La première ligne est composée de six lettres hébraïques qui ne sont que partiellement conservées. Les deuxième et troisième lignes avec leur inscription grecque et latine le sont mieux. Les mots que l'on peut y lire de droite à gauche sont les suivants :

ΝΑΖΑΡΕΝΥΣ Β
US NAZARENUS RE

À partir de la première ligne, Maria-Luisa Rigato a reconstitué l'expression araméenne ישו נצר מ מ (Jeschu nazara m m), m m abrégeant malk kem, en français : „Jésus Nazara votre roi“. Elle tient l'écriteau pour une copie fidèle au titulus original. Ce dernier aurait été, de fait, rédigé par un scribe juif sur l'ordre du préfet romain Ponce Pilate et constituerait ainsi le premier témoignage écrit sur Jésus[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. T. Söding: Rezension zu Hesemanns Buch
  2. F. Bella, C. Azzi: 14C Dating of the Titulus Crucis. In: Radiocarbon, 44 (2002), S. 685–689 (pdf)
  3. Paul Badde (Vatican Magazin, März 2008): Da habt ihr euren König; Paul Badde: Das älteste Stück Literatur über Jesus Christus (Die Welt, 7. April 2007)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]