Les Siestes électroniques

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Les Siestes électroniques est un festival consacré aux cultures émergentes. Principalement axée autour des musiques actuelles dites "aventureuses", la programmation se veut riche, pointue et ouverte au grand public.

L'essentiel des concerts se déroule l’après-midi, en plein air, dans des parcs public, l’ambiance y est plutôt familiale et détendue. Ces concerts sont gratuits. Ceux-ci sont complétés par des événements nocturnes, thématisés, souvent organisés dans des lieux atypiques ainsi que par des ateliers pédagogiques et un volet exploratoire renouvelé chaque année (multimédia, art contemporain, image, développement technologique…).

Le festival se tient traditionnellement fin juin à Toulouse (dates 2013 : du 27 au 30 juin), mais également à Paris en juillet, au Musée du quai Branly, depuis 2011 (dates 2013 : les 7, 14, 21 et 28 juillet)

Concept[modifier | modifier le code]

"Le festival est né, en 2001, de la volonté de créer un espace de diffusion spécifique pour les musiques actuelles parmi les plus aventureuses, notamment les musiques électroniques les plus calmes. L’objectif primordial fut d’offrir au plus grand nombre la possibilité de découvrir des compositeurs innovants, attachants et pourtant relativement peu médiatisés. Nous avons donc décidé de présenter les artistes que nous soutenons dans un cadre original, au cœur de l’espace public, en plein air, dans un parc, en été, le tout d’accès gratuit. Il s’agissait de faire tomber certain a priori sur les musiques électroniques et la création contemporaine en général. Nous avons pour cela inventer une nouvelle forme de diffusion et travailler sur un cadre propice à la découverte et à l'écoute." Plaquette de présentation du festival, 2008

Le festival des Siestes Electroniques est, en effet, l’un des premiers en France à avoir privilégié une écoute « horizontale », diurne, en plein air, en centre-ville. Aujourd'hui plusieurs manifestations développent le même concept : Les Aires Libres à Marseille, Sous la Plage à Paris, Piknic Electronik à Montréal...

« Le somnoleur mélomane est une espèce très particulière, apparue au milieu des années 1990. […] A force d’expérience, son rituel est établi : tenue légère de vacancier, lunettes de soleil pour masquer les abus de la veille plus encore que pour se protéger des rayons du soleil, le somnoleur parcourt d’un regard lent l’étendue qui s’offre à lui et, dans un ultime effort, se choisit une place pour la journée. Il n’en bougera plus, ou presque. Quelques aller-retour à la buvette, un bras levé en l’air pour avertir les retardataires de son emplacement seront désormais ses seules activités. Sinon, il lui reste à écouter plus ou moins religieusement les concerts proposés. Souvent, il convie ses amis « rangés » - ceux qui ont des enfants – à venir le rejoindre. Tous ceux qui n’ont plus la chance de pouvoir aller en discothèque ou de courir les festivals. Ces après-midi léthargiques leur permettent d’assouvir en toute discrétion, sous couvert de sortie familiale, leur passion coupable pour ces musiques de jeunes écervelés. En l’espace de dix ans, la sieste est devenue une façon officielle et très établie d’écouter les musiques électroniques. […] Les musiques électroniques ont fait de la sieste leur meilleur avocat, au même titre que les musées d’art contemporain et les salles de concert classique. Ainsi débarrassées de leur zone d’ombre, elles sont devenues respectables. Ecoutables pour tout un public, étonné de découvrir qu’il existait des branches apaisantes. » Le Monde, 1er juillet 2006

Historique[modifier | modifier le code]

  • 2001 : l'association Rotation, contrainte par un manque de lieux consacrés aux musiques actuelles et de visibilité pour les musiques électroniques en particulier tente d'imposer l’idée d’un festival gratuit, en plein air, au cœur de l'espace urbain.
  • 2002 : première édition du festival Les Siestes Electroniques. 4 week-ends sont programmés, de mi-juillet à mi-août (l’un d’entre eux sera annulé pour cause d'intempéries).
  • 2003 : Les Siestes Electroniques passent de 4 à 3 week-ends, déménagent de la Prairie des Filtres au jardin Raymond VI et la programmation s’étoffe. Sont déjà représentés le Japon, le Mexique, les États-Unis et différents pays d’Europe, en particulier l’Allemagne. Le premier showcase (Ableton Live) est présenté au musée d’art moderne et contemporain jouxtant le jardin Raymond VI, Les Abattoirs.
  • 2004 : Les Siestes Electroniques passent de 3 à 2 week-ends. Le volet showcase est reconduit et deux soirées sont organisées à la Chapelle des Carmélites.
  • 2005 : Les Siestes Electroniques sont organisées sur 2 week-ends. Le volet clubbing prend de l’ampleur, un nouveau lieu (Église Saint-Pierre des Cuisines) est choisi pour y organiser des concerts consacrés au piano et la première exposition multimédia est mise en place le temps du festival.
  • 2006 : concerts gratuits en plein-air, clubbing, exposition, showcase, atelier pédagogique pour enfants, concerts thématiques et programmation off s’enchaînent sur 2 semaines. Un cycle de concert annuel consacré aux musiques expérimentales est lancé en partenariat avec les associations Volksystem et Annexia : "AVR".
  • 2007 : le festival bénéficie d'une formule plus dense, sur 5 jours de manifestations. La programmation s'étoffe encore un peu plus, s'ouvrant notamment aux personnalités fortes de la pop ou de la cosmic-disco. Les concerts en semaines prennent pour écrins la cour intérieure de la DRAC et les concerts gratuits reviennent à la Prairie des Filtres. Un partenariat est noué avec le festival berlinois Club Transmediale, prémisse à la création du réseau international de festivals ICAS[1]. Cette année lance ainsi le volet export du festival et 3 dates étrangères seront organisées (à Berlin donc, mais aussi Riga et La Haye). L'année 2007 voit également le lancement du cycle de concert annuel "Electronica" (1re date : le 20 décembre 2007).
  • 2008 : la formule du festival reste sensiblement la même. La traditionnelle soirée club du samedi soir est cependant organisée dans une nouvelle salle Le Bikini. En février est organisée une mini Siestes Electroniques au Caire et en octobre un mini festival à Kyoto.
  • 2009 : le festival obtient le label de manifestation éco-responsable. Des ateliers pour enfants ainsi qu'une exposition d'art contemporain sont à nouveau organisés en marge des concerts. Les concerts en semaine sont organisés aux ateliers du Théâtre Garonne. En août, Les Siestes Electroniques débarquent à Montréal dans le cadre d'un partenariat avec leurs homologues des Piknic Electronik. Le cycle de concerts "AVR" est mis en sommeil puis arrêté, les concerts "Electronica" continuent d'être organisés au Centre Culturel Bellegarde et une nouvelle "série" voit le jour : "Les Siestes Party".
  • 2010 : la formule du festival reste sensiblement la même, mais la traditionnelle soirée Club du festival quitte la salle du Bikini. Vendredi 25 juin est ainsi organisée une "Rave Party" aux Grandes Halles de la Cartoucherie, un ancien site industriel (ex GIAT industries). EN novembre 2010 est également organisé la première édition des Siestes Electroniques au Congo (Brazzaville).
  • 2011 : 10e édition du festival à Toulouse. Un record d'affluence est atteints à la Prairie des Filtres avec environ 18 000 spectateurs sur les 4 jours de concerts gratuits. La soirée club est organisée au salon Marengo. Les concerts "Electronica" sont arrêtés faute de moyens et de temps. Une première édition parisienne du festival est organisée en partenariat avec le Musée du quai Branly et, par deux fois, des concerts sont organisés à Berlin.
  • 2012 : les concerts gratuits quittent la Prairie des Filtres pour le Jardin Compans-Caffarelli. La soirée club est organisée dans le gymnase du lycée Deodat de Severac. Une deuxième édition parisienne du festival est de nouveau organisée en juillet, en partenariat avec le Musée du quai Branly ainsi qu'une deuxième édition au Congo. Des concerts sont organisés à Abu Dhabi et Berlin. Une revue, nommée Audimat, est publiée pour la première fois.
  • 2013 : 12e édition du festival à Toulouse (au jardin Compans-Caffarelli pour les concerts gratuits et à La Grainerie pour la soirée club). 3ème édition du festival à Paris (au Musée du quai Branly). 2e numéro pour la revue Audimat. Des concerts sont organisés à Montevideo, Buenos Aires, Amsterdam, Montréal, Ho Chi Minh Ville et Hanoi.

Programmation[modifier | modifier le code]

  • 2013 : À Toulouse : Marvin, Pneu, Electric Electric, Papier Tigre, Bipolar, Dscrd, Polar Inertia, Cold, DIY Music Academy, Redshape, The Analogue Cops, Dj Deep, Polygron, Sturqen, Cut Hands, Boston Bun, Paris Suit Yourself, Andy Stott, Spectral Park, Redinho

À Paris : Vincent Moon, Kangding Ray, Sinner DC, Pierre Bastien, Sylvain Chauveau, Low Jack, Dj Arc de Triomphe, Gangpol & Mit

  • 2012 : À Toulouse : Nils Frahm, Elektro Guzzi, Hypnolove, Funkineven, Pional, John Talabot, Saaad, Morphosis, Matthew Friedberger, James Blackshaw, Kassem Mosse, Tom Terrien, Tanya Tagaq, Aymeric Hainaux, Bruce Lamont, Luke Abbott, Redinho

À Paris : Plapla Pinky, Keith Fullerton Whithman, Alan Bishop, Hicham Chadly, Sam Tiba, Jean Nipon, Doug Shipton, NLF3, Arandel

  • 2011 : À Toulouse : Etienne Tron, Shangaan Electro, DIRTY Soundsystem, Arnaud Fleurent-Didier, Cadik Travel Agency, Lucrecia Dalt, Villa Nah, Lone, Umberto, Connan Mockasin, James Pants, Jess & Crabe, Ata, Oliver Hafenbauer, Prins Thomas, Arto Mwambe

À Paris : Débruit, Pilooski, The Berg Sans Nipple, Bimbo Tower Sound System, Secousse Sound System, Awesome Tapes From Africa, Romain BNO, Laurent Jeanneau

Public[modifier | modifier le code]

D'après une étude réalisée auprès des festivaliers de l'édition 2010[2], le public des Siestes Electroniques se compose de :

  • Hommes : 55 % // Femmes : 45 %
  • - de 20 ans : 10 % // 20-25 ans : 41,5 % // 26-30 ans : 24 % // 31-40 ans : 19,5 % // + de 40 ans : 5 %
  • Toulousain : 62 %

Association[modifier | modifier le code]

Le festival est organisé par l’association Rotation. L'association compte entre 30 et 40 adhérents selon les années. Les adhérents sont appelés à participer à l'essentiel des décisions de l'association et s'engagent pleinement dans l'organisation du festival. L'association compte un employé (poste d'administrateur / coordinateur) et rémunère son directeur artistique. L'ensemble des autres fonctions est assuré à titre bénévole.

Économie[modifier | modifier le code]

Plus de 50 % des concerts donnés dans le cadre des Siestes Electroniques étant gratuits, plus de 80 % des artistes programmés n'ayant jamais joué à Toulouse auparavant (parfois même jamais en France), les ressources propres du festival ne suffisent pas à financer l'ensemble des coûts. Aussi la pérennité du festival dépend-elle d'un certain nombre de soutiens, notamment ceux des collectivités territoriales. Le festival est ainsi aidé par la Ville de Toulouse, le Conseil régional de Midi-Pyrénées et le Conseil général de la Haute-Garonne. L'État (via la DRAC Midi-Pyrénées) a subventionné le festival de 2004 à 2008.

Le budget de l'association Rotation oscille entre 130 000 et 150 000 € qui se répartissent de la manière suivante :

CHARGES : frais de fonctionnement (de 30 à 40 %), frais artistiques (de 30 à 40 %), frais logistique (de 20 à 30 %), frais de communication (de 5 à 7 %)

PRODUITS : subventions (60 %), ressources propres (35 %), mécénat (5 %)

Développement à l'étranger[modifier | modifier le code]

À partir 2007, Les Siestes électroniques ont développé un programme export de leur concept, basé sur un principe de coopération avec des festivals ou des structures culturelles proches de leurs préoccupations esthétiques, en Europe et dans le monde. Les dates suivantes ont ainsi été réalisées :

  • Janvier 2007 : Les Siestes Electroniques @ Club Transmediale, Berlin
  • Avril 2007 : Les Siestes Electroniques @ Riga
  • Septembre 2007 : Les Siestes Electroniques @ TodaysArt, La Haye
  • Février 2008 : Les Siestes Electroniques @ Le Caire
  • Octobre 2008 : Les Siestes Electroniques @ Kyoto
  • août 2009 : Les Siestes Electroniques @ Piknic Electronik, Montréal
  • Novembre 2010 : Les Siestes Electroniques @ Brazzaville
  • Février 2011 : Les Siestes Electroniques @ Club Transmediale, Berlin
  • Septembre 2011 : Les Siestes @ Berlin Music Week, Berlin
  • Juin 2012 : Les Siestes @ Abu Dhabi
  • Septembre 2012 : Les Siestes @ Berlin Music Week, Berlin
  • Novembre 2012 : Les Siestes @ Brazzaville
  • Avril 2013 : Les Siestes @ Montevideo & Buenos Aires
  • Juin 2013 : Les Siestes @ Amsterdam
  • Juillet 2013 : Les Siestes @ Piknic Electronik, Montréal
  • Octobre 2013 : Les Siestes @ Ho Chi Minh Ville & Hanoi (dans le cadre de la saison française au Viêt Nam)

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]