Cathédrale de Svétitskhovéli

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Svétitskhovéli
Image illustrative de l'article Cathédrale de Svétitskhovéli
Présentation
Nom local სვეტიცხოველი
Culte Orthodoxie
Type Cathédrale
Rattachement Catholicossat-Patriarcat de toute la Géorgie
Début de la construction IVe siècle
Fin des travaux XIe siècle
Architecte Arsukisdze
Protection  Patrimoine mondial (1994, Monuments historiques de Mtskheta)
Géographie
Pays Drapeau de la Géorgie Géorgie
Région Mtskheta-Mtianeti
Ville Mtskheta
Coordonnées 41° 50′ 33″ N 44° 43′ 15″ E / 41.8425, 44.720841° 50′ 33″ Nord 44° 43′ 15″ Est / 41.8425, 44.7208  

Géolocalisation sur la carte : Géorgie

(Voir situation sur carte : Géorgie)
Svétitskhovéli
Monuments historiques de Mtskheta *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Cathédrale de Svetitskhoveli
Cathédrale de Svetitskhoveli
Pays Drapeau de la Géorgie Géorgie
Type Culturel
Critères (III) (IV)
Numéro
d’identification
708
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1994 (18e session)
Classement en péril 2009
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

La cathédrale de Svétitskhovéli ou Svétitskhovéli (géorgien : სვეტიცხოვლის საკათედრო ტაძარი ou სვეტიცხოველი) (« Pilier Vivant ») est un monument du XIe siècle de l'architecture géorgienne. Elle compte parmi les plus grandes cathédrales historiques géorgiennes avec la cathédrale de Bagrati, Oshki et Alaverdi. Elle se situe à Mtskheta, une des plus vieilles villes de Géorgie20 km de Tbilissi).

Histoire[modifier | modifier le code]

Svetitskhoveli, est la plus grande bâtisse ecclésiastique historique géorgienne parvenue jusqu’à nos jours. Pendant des siècles, elle demeura le centre religieux de la Géorgie chrétienne. Elle resta l’église la plus vaste de Géorgie jusqu’à l’édification de la Cathédrale de la Trinité de Tbilissi (წმინდა სამების საკათედრო ტაძარი, cminda samebis sakat'edro tajari) dans les années 2000. Elle occupe un emplacement stratégique au confluent du Mtkvari et de l’Aragvi.

L'édification de la première église et la légende dont elle tire son nom[modifier | modifier le code]

Une très ancienne légende rapporte qu’un Juif du nom d’Élias, qui vivait à Mtskhéta au Ier siècle, ayant assisté à la Crucifixion, racheta à un soldat romain la tunique du Christ et la rapporta en Géorgie. Quand sa sœur Sidonie saisit la tunique sacrée, elle fut submergée d'une telle émotion qu’elle en mourut. Mais il fut impossible de lui faire lâcher prise et elle fut donc enterrée avec la tunique. Un cèdre du Liban poussa sur sa tombe.

C’est au IVe siècle, peu après sa conversion au christianisme survenue en 337 ap. J.-C., que le roi Mirvan III, ou Mirian III, fit ériger la première église de Géorgie sur l'emplacement présumé de la tombe de Sainte Sidonie. Le choix de cet emplacement lui fut inspiré par Sainte Nino, qui avait joué un grand rôle dans la conversion du roi et de la reine Nana. Cette église primitive était en bois.

Il existe deux versions principales de la légende relative à ce qu'il advint ensuite du cèdre qui avait poussé sur la tombe de Sainte Sidonie. Selon la première, les bâtisseurs voulurent abattre le cèdre afin d’utiliser son bois pour la construction de l’église, mais il restait toujours debout. Devant ce prodige, Sainte Nino se mit en prière, l'arbre se plaça alors tout seul, reprit vie, fleurit et se mit à produire une huile miraculeuse qui guérissait tous les maux ou presque. Selon la seconde version, les bâtisseurs utilisèrent le cèdre pour confectionner sept piliers. Ils mirent en place sans difficulté les six premiers, mais quand ils voulurent utiliser le septième, celui-ci s’envola, et seule Sainte Nino parvint, après une nuit de prière, à le ramener sur terre où il reprit vie et se mit à produire un liquide miraculeux. C'est en souvenir de ce miracle que l’église fut appelée Svétitskhovéli, c'est à dire Pilier vivant ou mieux, Pilier qui donne la vie. Sur l’un des piliers de la cathédrale, on peut voir une icône, très souvent reproduite à travers toute la Géorgie, qui représente ce miracle.

La deuxième église, datant du Ve siècle[modifier | modifier le code]

C'est le roi Vakhtang Gorgasali qui, au Ve siècle, peu de temps après l’obtention de l’autocéphalie par l’Église géorgienne, fit remplacer la première église en bois par une basilique en pierre à trois nefs, dont des excavations réalisées entre 1968 et 1972 ont permis de mettre à jour les fondations.

Cette deuxième église fut très fortement endommagée pendant la période de domination arabe sur la Géorgie puis partiellement relevée. Au début du XIe siècle, son remplacement par un nouvel édifice s’imposait.

La cathédrale actuelle[modifier | modifier le code]

La construction d’une troisième église fut donc décidée par le catholicos-patriarche Melkhisedek Ier (მელქისედეკი), qui prit pour architecte: Arsoukisdzé (არსუკისძე). La construction s'étendit de 1010 à 1029. C'est cette troisième église, à plan cruciforme et coupole, que l'on peut voir aujourd’hui. Elle fut bâtie avec une pierre jaune sablonneuse.

La main de l'architecte Arsoukisdzé, bas-relief

Selon la tradition, l’architecte qui réalisa ce chef-d’œuvre connut un destin tragique. Un courtisan, qui avait été le maître de Melkhisedek, fut tellement jaloux du succès de son élève qu’il lui fit couper la main droite. Cet évènement est commémoré sur un bas-relief ornant la façade nord-ouest de la cathédrale, qui représente une main tenant un burin (l’emblème des tailleurs de pierre) avec cette inscription: « La main d’Arsoukisdzé, serviteur de Dieu, que le pardon lui soit accordé. » Cet épisode probablement légendaire a inspiré une nouvelle au poète Constantin Gamsakhourdia, La main du grand Maître.

La cathédrale se Svétitskhovéli a été maintes fois endommagée, puis restaurée, au cours des siècles. Elle eut à souffrir du tremblement de terre de 1283 et des invasions mongoles au temps de Tamerlan, dont les guerriers abattirent les piliers et la coupole. Les rois de Géorgie recommencèrent inlassablement les travaux de restauration, sans altérer les délicates proportions de l’édifice. Au début du XIVe siècle, le roi Georges V le Brillant fit restaurer la coupole. Une autre restauration d'importance intervint au début du XVe siècle, sous le règne d’Alexandre Ier (dit le Grand), dernier roi de la Géorgie unifiée. La coupole actuelle, réalisée en pierre verte, date du XVIIe siècle, les fortifications en pierre et brique qui l’entourent ont été élevées sous le règne d’Irakli II. Au XIXe siècle, les autorités religieuses russes firent démolir les portiques nord et sud. Puis, à la demande de l’exarque,représentant du patriarcat de Moscou, tous les murs intérieurs furent blanchis à la chaux, afin de cacher les fresques endommagées. Ce revêtement de chaux ne fut retiré que dans les années soixante du XXe siècle siècle, ce qui entraina de nouvelles dégradations. C’est pourquoi il ne reste plus aujourd’hui que des fragments des fresques du XVIIe siècle siècle.

Plans de la rénovation de Svetitskhoveli[modifier | modifier le code]


Architecture extérieure[modifier | modifier le code]

Svetitskhoveli Orthodox Cathedral, Mtskheta, Georgia, 2011.jpg
107 Mtskhéta La cathédrale de Svétitskhovéli.JPG

Dôme et croix[modifier | modifier le code]


Façades[modifier | modifier le code]

Façade Nord[modifier | modifier le code]

La façade nord est moins décoré d'ornements. Le système des arcs décoratifs est utilisé, l'arche centrale est plus haut, donc souligne la hauteur du temple. Il convient de noter que Svetitskhoveli, est l'une des églises la plus haute de Géorgie (54 m).

La partie supérieure de la façade comporte une croix: sur sa droite, le Christ, sur sa gauche nous pouvons lire l'inscription gravée: „იესო ქრისტე, ადიდე მელქისედეკ“, ce qui veut dire « Jésus Christ, glorifie Melqisedek » (Melkisedek I). Nous pouvons considérer cette image, comme symbole de l'art architectural géorgien et on peut rencontrer pareil mécanisme dans d'autres églises géorgiennes. En dessous de la fenêtre centrale, est utilisé comme cadre, un ornement semblable aux tresses de cheveux d'une femme, qui est connu dans le monde de l’architecture sous le nom de tresses géorgiennes.

Au pied de la cathédrale, on peut distinguer, des ruines de fondations existantes (au nord et au sud). Celles-ci constituaient une marche, un des niveaux qui a été détruit au XIXe siècle par des autorités ecclésiastiques russes. Les autorités russes en défaisant cette marche, ont une fois de plus enlevé une des nombreuses originalités du Svétitskhoveli, mais il reste d'autres niveaux moins important, car celle défaite était probablement utilisée comme un lieu de prière où l'on se retirait pour communier avec l'extérieur.

Façade Ouest[modifier | modifier le code]

Façade Est[modifier | modifier le code]

Façade Sud[modifier | modifier le code]

Le portail[modifier | modifier le code]

Intérieur de la cathédrale[modifier | modifier le code]

Fresques et icônes[modifier | modifier le code]

Fonts baptismaux[modifier | modifier le code]

À droite de l'entrée de la cathédrale se trouvent les fonts baptismaux datant du IVe siècle, en pierre. Ils dateraient de l'introduction du christianisme en Géorgie avec en particulier le baptême du roi Mirian III et de son épouse Nana.

Symbolique de la copie de la chapelle de Saint-Sépulcre[modifier | modifier le code]

Trône du Catholicos-Patriarche[modifier | modifier le code]

Tombeaux dans la cathédrale[modifier | modifier le code]

Autour de la cathédrale[modifier | modifier le code]

La muraille[modifier | modifier le code]

Palais de Melkisedek I[modifier | modifier le code]

Sveticxoveli melqisedek katalikosis sasaxle.jpg
Melkisedek catholicos-Patriarche de toute la Géorgie

Le palais se situe dans la cour de la cathédrale, au sud de la muraille. Il date du XIe s. Dans les années 1963-1964, des fouilles archéologiques ont eu lieu sur 1 500 m2 pendant lesquelles sont apparues les ruines de plusieurs dates, quelques caves à vin et autre. Les résultats des fouilles se trouvent au musée de Mtskheta. sur les fondations du palais de Melkisedek (38,5 m x 18,5 m), il y a un socle de deux niveau et un mur en grès bien taillé (jusqu’à 0,8 m d’épaisseur). Une solution de chaux est utilisée comme relient. Sur les murs de la construction : sur les façades comme à l'intérieur, il y a des pilastres tous les 3,4-3,5 m. La porte du palais (3,5 m de largeur) est située au nord. On a découvert près de celle-ci un sol en pierre taillé. Le palais est en fait bâti sur une couche plus ancienne - Sous les fondations, à 0,6 m de profondeur, on a trouvé un mur (en pierre et solution à base de boue) et des céramiques datant du IXe siècle.

Le palais a été quelques fois transformé. La première fois c’était au XIVe siècle, le socle à deux niveau a été retiré, mais des contreforts (de 1.5-2 m) ont été rajoutés au dehors des murs du Nord et du sud distancé entre elles de 6 à 7 m. Le mur du sud a cinq contreforts. Certains contreforts cachent les anciennes pilastres. Plus tard, un bâtiment est construit côté Est, et une cheminée est installée côté Sud. La troisième modification est apportée au XVIIe siècle, par le roi Rostom de Karthli qui rénove le palais avec la cathédrale Svetitskhoveli elle-même. Dans la période qui suivait, le palais est entièrement détruit.

Palais de Anton II[modifier | modifier le code]

Palais d'Anton II catholicos
Anton II Catholicossat-Patriarcat de toute la Géorgie (1788 - 1811)

Le palais se situe dans la cour de la cathédrale, au sud-est de la muraille. Cette construction de deux étages est en pierre. Elle a été construite à la fin du XVIIIe siècle. Sur l'étage du dessus il y a cinq chambres.


Images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Nicolas Landru, Le Petit futé Georgie, 3e édition, coll. « Guide Petit futé » (ISBN 9782746921535), p. 230-231

(en) Roger Rosen, Georgia : A Sovereign Country of the Caucasus (La Géorgie, un état souverain du Caucase), coll. « Odyssey Guides », 2004 (ISBN 962-217-748-4), p. 183-187

(en) Tim Burford, Georgia, coll. « Bradt Third Edition », 2007 (ISBN 978 1 84162 261 3), p. 132-133

(de) Marlies Kriegenherdt, Georgien : Handbuch für individuelles Entdecken, Reise Know-How Verlag, 2008 (ISBN 978-3-8317-1681-4), p. 167

(ka) გზაbკვლელი საქართველო Guide Géorgie, fascicule édité (en géorgien) par l'Office de Tourisme géorgien à Tbilissi, 2010, p. 125-127

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