Musée Georges-Labit

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Musée Georges-Labit
Entrée du musée Georges-Labit.
Entrée du musée Georges-Labit.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Toulouse
Adresse 17, rue du Japon
31400 Toulouse
Coordonnées 43° 36′ 01″ N 1° 26′ 31″ E / 43.600325, 1.442056 ()43° 36′ 01″ Nord 1° 26′ 31″ Est / 43.600325, 1.442056 ()  
Informations générales
Date d’inauguration 1893
Collections Sculptures, peintures et objets d'arts, 2500 av. notre ère - XIXe siècle

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Le musée Georges-Labit, côté jardin.

Le musée Georges-Labit, fondé en 1893, est situé sur les berges du canal du Midi à Toulouse entre le quartier des Demoiselles et le Busca. Son nom vient du grand voyageur, ethnologue et collectionneur Georges Labit (1862-1899), qui a rassemblé au cours de ses voyages une collection d'objets d'art d'Extrême-Orient et il a entrepris d'en faire un musée pour ses contemporains et pour les générations futures. Cette collection évoque les cultures anciennes - jusqu'au XIXe siècle - par les arts de l'Inde, du Pakistan et de l'Afghanistan, l'ancien Viêt Nam (Champâ et Annam), l'ancienne Thaïlande (le Siam), le Laos, Java, le Népal, l'art tibétain et l'art chinois, enfin l' art japonais. Ces objets ont été choisis, dans un premier temps par Georges Labit, pour leur qualités esthétiques et afin d'évoquer de manière exemplaire les cultures anciennes de ces pays d'Asie et d'Extrême-Orient. Pour cette raison ils sont regroupés avec des objets présentant les mêmes qualités mais provenant d'Égypte antique dont un rare ensemble d'objets coptes.

La collection de Georges Labit a été enrichie par de nombreux dons importants. Des achats effectués par la ville de Toulouse et des dépôts provenant du musée Guimet complètent ces collections cohérentes et de grande qualité. Ce musée est l'un des plus anciens musées d'art asiatique de France.

Architecture[modifier | modifier le code]

C'est une magnifique villa de style néo-mauresque élaborée en 1893 par un architecte toulousain, Jules Calbairac (1857-1935) dans le style des villas exotiques à la mode depuis les années 1860 dans la vague de l'orientalisme qui passionnait alors l'élite occidentale. Cette maison bourgeoise, avec ses cuisines, salle à manger, billard et chambre, a été aussi construit pour abriter les collections d'un riche voyageur, aventurier et ethnologue. On y retrouve les motifs d'usage dans ce style éclectique[N 1] : les arcs outrepassés des fenêtres rythmés par le jeu des briques alternant avec le crépis blanc, les carreaux de faïence aux dessins inspirés de l'art islamique, et jusqu'au croissant de métal sur le dôme couvert de tuiles émaillées bleu turquoise. Ce bel édifice coloré est situé au milieu d'un petit jardin d'agrément (aujourd'hui ouvert au public) composé de plantes asiatiques et méditerranéennes (azalées, bambous, fougères arborescentes, palmiers... identifiés par de petits écriteaux), proche du canal du Midi (qui est classé par le comité du patrimoine mondial de l'UNESCO).

Objets exposés[modifier | modifier le code]

Le musée présente des témoins sculptés des toutes premières images de Bouddha, au Gandhara (Ie ‑ IIIe siècle) (Swat : Pakistan et Hadda : frontière avec l'Afghanistan), des sculptures représentant les dieux de l'Inde, des bois sculptés indiens, les jades et bronzes de l'antiquité chinoise et la céramique chinoise dans toute sa diversité, des masques du théâtre japonais, mais aussi de minuscules inrō et leurs netsuke, des estampes japonaises, des armures de samouraï et un ensemble des premières photographies prises au Japon, au XIXe siècle par Felice Beato, l'un des premiers à pratiquer la photographie de reportage comme un art. Au sous-sol sont rassemblés des objets religieux tibétains sous forme de bronzes et de thang-ka, ainsi qu'une importante collection égyptienne - dont un ensemble d'objets funéraires, un Livre des morts sur papyrus, deux sarcophages et une momie dans son linceul, qui a fait l'objet d'une importante restauration récemment.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Georges Labit fit de nombreux voyages pour choisir son dispositif muséographique, et le choix du style dans lequel bâtir et signifier le contenu dès l'extérieur fut pour lui un choix révélateur de son ambition et de la cohérence de son projet. On peut parler dans ce cas précis d'une utilisation délibérée de cette typologie de l'éclectisme qui s'est mise en place à la fin du siècle et qui fait que le style néo-mauresque, selon une formule d'éclectisme orientalisant, convient à une demeure abritant une collection d'art asiatique, comme le style néo-grec convenait à un palais de justice tandis qu'un savant assemblage de néo-baroque et de Style néo-Renaissance convenait à un opéra. Référence : Claude Mignot, L'architecture au XIXe siècle , Fribourg, Éditions du Moniteur, Office du Livre,‎ 1983, 326 p. (ISBN 2-281-15079-8). En particulier : pages 100 et suivantes, 165 et 167.
  2. Buddha assis en position de « prise de la terre à témoin ». Cette position symbolise l'Illumination et fait référence à la dernière tentation de Buddha par les trois filles de Māra, démon personnifiant les passions et les objets du désir dans le bouddhisme théravada. On nomme donc ce type d'image : Buddha vainqueur des assauts de Mara: Maravijaya.
  3. Bibliographie: Arts de Chine, Violette Fris-Larrouy 1999, p. 66. Représentation schématique (schématisme typique des objets funéraires Han) d'une cigale destinée à être placée dans la bouche du mort.
  4. Bol utilisé par les moines chan des monts Tianmu (Tianmu shan), près de Hangzhou, au XIIIe siècle, et emporté au Japon par les moines japonais dans leurs bagages en tant que partie de leur enseignement. Connus sous le nom japonais de temmoku (aussi orthographié tenmoku) .
  5. Le bol ou la coupe pouvait trouver place sur ce type de support. Un ensemble, datant des Song du nord, avec le bol et son support se trouve exposé au Victoria and Albert Museum.
  6. Dénomination qualifiant à l'origine la porcelaine de type Guan, c'est-à-dire officielle, qui aurait été manufacturée à kaifeng pour la Cour Impériale. Aujourd'hui on retient une couverte mince, onctueuse et lustrée, du vert bleuté (ou vert grisâtre) jusqu'au beige. Et des craquelures fines ou larges. (Michel Beurdelay, La céramique chinoise, éditions d'Art Charles Moreau, 2005, page 132).
  7. Bibliographie: Arts de Chine, Violette Fris-Larrouy 1999, p. 123 -124.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Frédéric, Les dieux du bouddhisme, Flammarion, Tout l'art, 2001, pages 190-193, ISBN 2-08-010654-6 .
  2. Bibliographie: Arts de Chine, Violette Fris-Larrouy 1999, p. 147.
  3. Bibliographie: Arts de Chine, Violette Fris-Larrouy 1999, p. 148.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les collections du musée Georges-Labit  : Cahiers du Musée Georges-Labit, n° 3, musée Georges-Labit,‎ 1997, 80 p. (ISBN 2-905 880-21-X)
  • H. Aufrère, Les collections égyptiennes de Toulouse  : Cahiers du Musée Georges-Labit, n° 1, musée Georges-Labit,‎ 1996
  • Nathalie Bazin, conservateur, section Népal/Tibet au musée national des arts asiatiques - Guimet, L'art du Tibet. La donation Lise et Jean Mansion : Cahiers du Musée Georges-Labit, n° 2, musée Georges-Labit,‎ 1997
  • Violette Fris-Larrouy, Arts de Chine, Paris, Société nouvelle Adam Biro. Musée Georges Labit, Toulouse,‎ 1999, 175 p. (ISBN 2876602458).
  • Jeanne C.Guillevic, conservateur du musée Georges-Labit, Musée Georges-Labit : Arts d'Asie . Deux tomes, Imprimerie municipale, Toulouse,‎ non daté, entre 1971 et 1988, 210 p. chaque tome.
  • Jeanne C.Guillevic et Pierre Ramon, Musée Georges-Labit : Antiquités égyptiennes et coptes , Imprimerie municipale, Toulouse,‎ 1988, 200 p..

Liens externes[modifier | modifier le code]