Relations entre la France et la Russie

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Relations entre la France et la Russie
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Nicolas Sarkozy, Dmitri Medvedev et leurs épouses respectives au sommet du G8 en 2011.

Cet article traite des relations entre la France et la Russie. La France a une ambassade à Moscou tandis que la Russie a une ambassade à Paris.

Environ 115 000 citoyens d'origine russe vivent en France, principalement à Paris, Lyon et Nice.

Histoire contemporaine des relations franco-russes[modifier | modifier le code]

Les présidents français François Hollande et russe Vladimir Poutine à Moscou en décembre 2014.

En 1892 fut signé un accord entre la France et la Russie établissant une alliance franco-russe. Elle se manifeste notamment par la visite médiatisée du tsar Nicolas II à Paris, en 1896. Cet accord reste en vigueur jusque 1917 (date à laquelle l'Empire russe est renversé par la révolution bolchévique).

Pendant la Première Guerre mondiale, l'Empire russe et la France sont alliés contre la Triplice conclue entre l'Empire allemand, l’Empire austro-hongrois et le royaume d’Italie.

En 1935, l'URSS et la France signent un traité d'assistance mutuelle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Escadron de chasse 2/30 Normandie-Niemen des Forces aériennes françaises libres (FAFL) combattit sur le front de l'Est dans les rangs soviétiques.

Pendant la guerre froide, les relations entre la France et l'URSS sont cependant particulièrement tendues, notamment à la suite de l'invasion de la Tchécoslovaquie par l'Armée rouge. L'URSS a par ailleurs soutenu activement le Việt Minh contre l'armée française pendant la guerre d'Indochine.

En 1985, les relations s'améliorent avec l'arrivée au pouvoir en URSS de Mikhaïl Gorbatchev qui visite officiellement la France afin d'apaiser les relations franco-soviétiques. Le 7 février 1992, trois mois après la dislocation de l'URSS, la France reconnaît la Russie comme État successeur de l'URSS.

En 2008, le plan de paix Sarkozy-Medvedev met fin à la deuxième guerre d'Ossétie du Sud qui oppose la Géorgie aux républiques sécessionnistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud et à la Russie. La France a ainsi « contribué à figer la situation dans un "conflit gelé" à l’avantage de Moscou et au détriment de Tbilissi »[1].

En 2010, la France vend un navire de classe Mistral, à la Russie, premier contrat d'armes franco-russe depuis la Seconde Guerre mondiale, décision qui a été critiquée pour négligence de la sécurité de la Pologne, des Pays baltes, de l'Ukraine et de la Géorgie[2].

Selon plusieurs analystes, Nicolas Sarkozy « conduit une politique internationale largement compatible avec les priorités de Moscou. Au fil des sommets et malgré les vicissitudes de la crise en Libye, les deux hommes [lui et Vladimir Poutine] ont développé une relation de soutien mutuel avantageuse aux deux : le statut d’homme fort de l’un venant régulièrement renforcer la carrure d’homme d’État de l’autre, et réciproquement »[1].

Le 21 mars 2014, en pleine crise ukrainienne, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian annonce l'arrêt de la coopération militaire franco-russe[3] tandis que l'Union européenne adopte des sanctions à l'encontre de la Russie. Malgré ces événements, la livraison des Mistral n'a pas été annulée et 400 marins russes sont arrivés à Saint-Nazaire fin juin 2014 pour une formation devant durer 4 mois[4],[5].

Cependant, le 3 septembre 2014, la situation en Ukraine pousse le président de la République à suspendre la livraison des Mistral. L’Élysée soumet alors le contrat à deux conditions : un cessez-le-feu et un règlement politique de la crise ukrainienne. Cette situation tend nettement les relations diplomatiques franco-russes depuis cette décision. La Russie demande une explication écrite le 14 janvier 2015 pour ce refus de livrer les porte-hélicoptères classe Mistral. Celle-ci a ensuite lancé un ultimatum de livraison à la France, le 16 avril 2015.

Celle-ci n'ayant pas été effectué, les deux parties négocient depuis la mi-avril sur le montant du remboursement : Paris est prêt à rembourser à Moscou 784,6 millions d’euros d’avances déjà perçus tandis que Moscou estime le préjudice subi par la Russie à près de 1,163 milliards d’euros[6]. Aussi, il existe un autre point de discorde : la France souhaite que la Russie signe qu'elle autorise la revente des deux Mistral à un pays tiers alors que celle-ci fait savoir qu'elle y est fortement opposée.

Une partie de l'UMP, traditionnellement atlantiste, exprime alors son soutien à la Russie, notamment Nicolas Sarkozy. Cette attitude est le prolongement d'une vague de russophilie présente depuis plusieurs mois au sein du parti, et qui en traverse toutes les familles. Celle-ci s'exprime par référence au gaullisme ou par volonté de défendre les valeurs conservatrices. François Fillon rencontre ainsi Vladimir Poutine à plusieurs reprises à partir de 2012. Thomas Gomart, de l’Institut français des relations internationales, évoque également une « action directe et extrêmement forte des services russes » à l'encontre de l'UMP. Pierre Lellouche, spécialiste des questions internationales à l'UMP, reconnaît que « c’est la première fois, hormis sur les questions européennes comme le référendum de 2005, qu’un sujet de politique étrangère nous rattrape en interne avec une telle force »[7]. En juillet 2015, Thierry Mariani, député Les Républicains des Français de l’étranger connu pour son soutien à la Russie, annonce qu'il se rendra quatre jours en Russie puis en Crimée avec neuf autres députés français : Nicolas Dhuicq, Claude Goasguen, Jacques Myard, Patrice Verchère, Sauveur Gandolfi-Scheit, Marie-Christine Dalloz (Les Républicains), Yves Pozzo di Borgo (UDI) et Jérôme Lambert (PRG)[8].

En octobre 2015, Nicolas Sarkozy donne une conférence sur la situation internationale à l'Institut d'État des relations internationales de Moscou (MGIMO), puis s'entretient avec Vladimir Poutine. Cette visite est perçue comme « un signal à l’aile la plus conservatrice de son parti » (Les Républicains)[1]. Selon plusieurs analystes, « en dépit de la rhétorique conciliante adoptée par Nicolas Sarkozy à Moscou, plusieurs forces structurelles entravent le développement d’un partenariat franco-russe décomplexé » en cas de victoire de l'intéressé lors de l'élection présidentielle de 2017 car « Nicolas Sarkozy a préservé, malgré les apparences, plusieurs fils rouges de la diplomatie française de la décennie écoulée », dont l'opposition au maintien de Bachar el-Assad dans le contexte de la guerre civile syrienne. Ainsi, « Nicolas Sarkozy se pose moins en alternative à la politique russe de François Hollande qu’il ne reprend la ligne traditionnelle des chefs de l’opposition française à l’étranger : lancer quelques formules indirectes contre l’action du chef de l’État français, bénéficier de l’aura de son hôte, mais reconduire en fait la ligne politique traditionnelle du pays »[1].

Le Front national soutient la continuité des liens avec la Russie et l'arrêt des sanctions européennes.[réf. nécessaire]

Relations économiques[modifier | modifier le code]

En 2010, le volume des échanges bilatéraux s'élevait à 21,3 milliards d'euros[9]. La France est ainsi le troisième partenaire économique européen de la Russie derrière l'Allemagne et l'Italie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Telos, Florent Parmentier et Cyrille Bret, « La visite de Nicolas Sarkozy à Moscou annonce-t-elle un futur axe franco-russe? », sur www.slate.fr, Slate,‎ (consulté le 13 novembre 2015).
  2. (en) THE FOREIGN POLICY OF NICOLAS SARKOZY: The foreign policy of Nicolas Sarkozy: Not principles, opportunistic and amateurish, Marchel H. Van Herpen, février 2010
  3. Ukraine: la France suspend sa coopération militaire avec la Russie, BFM TV, 21 mars 2014
  4. La présence embarrassante de 400 marins russes à Saint-Nazaire, Le Figaro, 30 juin 2014
  5. Saint-Nazaire Les 400 marins russes sont arrivés, Presse Océan, 4 juillet 2014
  6. Le magazine, « Mistral : Paris a remis à Moscou son offre de "dédommagement" » (consulté le 17 mai 2015)
  7. Matthieu Goar, Benoît Vitkine, « A l’UMP, la tentation de Moscou », sur lemonde.fr,‎ (consulté le 22 avril 2015)
  8. « Dix députés français vont se rendre trois jours en Russie puis en Crimée », sur lemonde.fr,‎ (consulté le 21 juillet 2015)
  9. (en) Russian-French ‘11 trade turnover may rise 7,4 $ bln to 30 $ bln - Putin, RIA Novosti, 18 novembre 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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