Relations entre la Chine et la France

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Relations entre la Chine et la France
Drapeau de la République populaire de Chine
Drapeau de la France
Chine et France
Chine France
Ambassades
Ambassade de France en Chine
  Ambassadeur Jean-Maurice Ripert
  Adresse 60, Tian Ze Lu - Chaoyang district
Pékin 100600
Ambassade de Chine en France
  Ambassadeur Zhai Jun
  Adresse 11 avenue George-V
75008 Paris

Les relations franco-chinoises (chinois traditionnel : 中法關係 ; chinois simplifié : 中法关系) se réfèrent aux relations internationales entre la Chine et la France.

Contacts pré-modernes[modifier | modifier le code]

Les contacts initiaux sont peut-être issus de contacts sino-romains.[réf. nécessaire]

Contacts modernes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mission jésuite en Chine.

Les jésuites français pressent les rois de France de les envoyer dans l'empire de Chine. Les jésuites de l'époque envoyés par Louis XIV à la rencontre de l'empereur chinois Kangxi soulignent la similarité des destinées des deux princes, tous deux se prétendant les serviteurs d'un « Dieu » pour contrôler leurs régions respectives, reconnaissant la puissance du royaume de France en Europe, l'empire de Chine étant reconnu comme le plus puissant en Asie de l'Est.

Colonialisme français en Asie de l'est[modifier | modifier le code]

Première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Entre deux guerres[modifier | modifier le code]

Sous l'impulsion de Li Shizeng, qui a étudié en France au début du XXe siècle, est mis en place le Mouvement Travail-Études en 1919. Dans les trois premières années du programme, quelques 1 500 étudiants chinois se rendent ainsi en France. Ceux-ci vont par la suite devenir des cadres du parti communiste chinois, puis du régime communiste chinois, comme Deng Xiaoping, Zhou Enlai, Chen Yi, Nie Rongzhen, Li Fuchun[1].

Après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dès 1958, les propos du général de Gaulle laissent entendre clairement que la France entend mener une politique indépendante, correspondant de fait à un non-alignement. À l'automne 1963, en plein conflit sino-soviétique, le pouvoir gaulliste envoie officieusement Edgar Faure en mission d'information à Pékin[2]. La France établit un dialogue diplomatique avec la République populaire de Chine à l'initiative de de Gaulle le 27 janvier 1964[3],[4]. Geste audacieux à l'époque, cela est apprécié par les autorités chinoises et a été la base d'un dialogue constructif.

À la faveur de l'établissement de ces relations diplomatiques, Jean Pasqualini, un ressortissant franco-chinois prisonnier des Laogai en Chine est libéré en 1964[5]. Il sera l'auteur de Prisonnier de Mao. Sept ans dans un camp de travail en Chine.

Les deux pays établissent des relations dans l'industrie aéronautique et de défense à partir des années 1970. La France fournissant entre autres des sonars à la marine chinoise à partir de 1974[6] puis des hélicoptères dont les dérivés sont toujours en service dans les années 2010[7].

Après les manifestations de la place Tian'anmen en 1989 et alors que peu de portes s'ouvrent pour accueillir les fugitifs, le consul général de France Jean-Pierre Montagne participe à l'opération Yellow Bird et « décide de réagir humainement selon sa conscience, avec le soutien du gouvernement français au plus haut niveau »[8]. De juin 1989 à février 1990, 150 dissidents pourront rejoindre Hong Kong puis se réfugieront en France[9]. Roland Dumas, ministre français des Affaires Étrangères de l'époque, indique dans le documentaire Opération Yellow Bird que des fonds secrets du quai d'Orsay ont été débloqués afin d'assurer l'accueil des réfugiés.

Après la guerre froide[modifier | modifier le code]

En 1997, la France et la Chine établissent un partenariat stratégique global qui va dans le sens d'un renforcement des échanges aussi bien culturels, économiques que diplomatiques. Pour commémorer l'établissement en 1964 du dialogue diplomatique, le président chinois Hu Jintao s'est rendu en visite d’État en France en janvier 2004, année qui fut déclarée « année de la Chine en France ».

D'un point de vue économique, la France est le troisième partenaire européen de la Chine, après l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Les exportations françaises en Chine atteignent une proportion de 3,1 %[réf. nécessaire].

Le déficit commercial entre les deux pays en défaveur de la France s'est accru ces dernières années[10],[11]. Le déficit commercial de la Chine avec l'Union européenne s'est aussi creusé de façon importante, atteignant 100 milliards d'euros sur les 8 premiers mois de 2006[12].

Le 26 novembre 2008, la Chine a reporté un sommet Union européenne-Chine en raison de la rencontre prévue le 6 décembre 2008 en Pologne entre Nicolas Sarkozy et le dalaï lama, entraînant des critiques du gouvernement français par le gouvernement chinois[13].

Un Boeing 777 de la compagnie Air China arborant la livrée 50e Anniversaire Chine-France.

Selon François Godement, spécialiste de la politique extérieure de la Chine basé à Sciences Po, la décision chinoise était calculée, et visait l’Europe à travers la France, l'Europe étant incapable d'adopter une attitude commune à l'égard de la question tibétaine[14].

À la suite de l’annulation du sommet Union européenne-Chine[réf. nécessaire], José Manuel Barroso a plaidé pour l’unité de l’Europe. Vers la même date, l’exécution par la Chine de Wo Weihan, un scientifique accusé d’espionnage, a entraîné l’indignation de la plupart des pays européens, permettant à la France de ne pas être isolé sur la question des droits de l'Homme en Chine à cette période[15].

François Hollande est en avril 2013 le premier chef d’État européen reçu en visite officielle par le nouveau président chinois Xi Jinping pour renouer des relations dégradées après les manifestations pro-tibétaines à Paris lors du relais de la flamme olympique 2008, alors que la France affiche un déficit commercial de 26 milliards d'euros, soit 40 % de son déficit global, et ne représente que 1,27 % du marché chinois, contre 5,33 % pour l'Allemagne[16].

Le , Emmanuel Macron offre le cheval Vésuve de Brekka, appartenant jusqu'alors à la Garde républicaine, à Xi Jinping[17]. Toujours en 2018, la France demande la fermeture des camps de rééducation du Xinjiang supposés enfermer un million de musulmans ouïghours et kazakhs[18].

Le 25 Mars 2019 un accord a été signé entre l'entreprise aérienne chinoise CASC et Airbus, lors de la visite du président chinois Xi Jinping en France. Cet accord consiste en l'achat de 290 Airbus A320 et 10 Airbus A350. Le Palais de l'Elysée affirme une valeur de contrat avoisinant les 30 milliards d'euros. « La conclusion d'un grand contrat pour Airbus est une avancée importante et un excellent signal (...) de la force des échanges », évoque Emmanuel Macron sur la relation entre la France et la Chine[19].

La visite du président chinois Xi Jinping en Italie et en France va selon Yves Carmona et Minh Pahm préfigurer le futur. La Chine est le futur grand bénéficiaire du nouvel ordre économique mondial. En 2050, la Chine sera numéro un, devant l’Inde et les Etats-Unis.[20]. Si la guerre n’a pas entre-temps démoli ces projections en actionnant le « piège de Thucydide » : un conflit entre la puissance montante, la Chine, et la puissance confirmée, les États-Unis. Cela fait déjà plusieurs décennies que la Chine et les États-Unis s’opposent sur trois fronts, sans déclaration de guerre. Le premier front est bien visible en mer de Chine du Sud où circule environ un tiers du trafic maritime mondial. La Chine y montre ses prétentions sur une stratégie d’exclusion de zone : travaux massifs de remblayage depuis 2014, conduisant à la création d’une série d’îlots à la place de hauts-fonds submersibles et leur équipement en pistes d’atterrissage, facilités portuaires et capacités militaires défensives et offensives[20].[21].Washington, se plaignant du profit commercial que la Chine tire de ses échanges, et veut aussi que Pékin mette fin à ses pratiques qui sont jugées déloyales: le transfert forcé de technologies, le "vol" de propriété intellectuelle, le piratage informatique, ainsi que les aides accordées aux entreprises publiques pour en faire des cracks nationaux[22].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bonnie Richard, « How Post-WWI France Helped Shape Revolutionary China », dans The Diplomat, le 22 janvier 2019, consulté sur thediplomat.com le 23 janvier 2019
  2. Raymond Krakovitch, Alain Bienaymé, Serge Bernstein, Edgar Faure : un homme d'État, 1908-1988, Economica, , p. 83.
  3. Charles de Gaulle et la reconnaissance de la Chine populaire.
  4. à ce sujet, voir également un documentaire produit par le Ministère des Affaires étrangères français qui raconte commet ces relations diplomatiques se sont nouées.
  5. (en) Seth Faison, « Jean Pasqualini Dies at 71; Told of China's Penal Horrors », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 21 février 2016).
  6. (en) James C. Bussert, « Chinese Naval Sonar Evolves From Foreign Influences », sur AFCEA (en), (consulté le 28 novembre 2016).
  7. « Aérospatiale SA.321 Super Frelon », sur Conservatoire Air Espace d'Aquitaine (consulté le 28 novembre 2016).
  8. Dorian Malovic « Tian An Men, opération exfiltration des dissidents chinois », La Croix, 2 juin 2016.
  9. Florence de Changy, « Après Tiananmen, l'opération « Yellowbird » pour faire évader les dissidents », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 7 juin 2016).
  10. « Chine - État des lieux des importations de textile en France », sur importtextilefr.canalblog.com, (consulté le 21 février 2016).
  11. « Arthuis s'inquiète du niveau du déficit public », sur Challenges, (consulté le 13 juin 2016).
  12. « Union Européenne : le déficit commercial avec la Chine a passé la barre des 100 milliards d'euros sur 8 mois », sur Lesechos.fr, (consulté le 21 février 2016).
  13. « Report sommet UE-Chine : 'pas positif' », sur Le Figaro, (consulté le 21 février 2016).
  14. « Chine-France : l'affront calculé », sur Le Figaro, (consulté le 21 février 2016).
  15. « Bras de fer entre Paris et Pékin », IRIS,‎ (lire en ligne, consulté le 5 janvier 2017)
  16. Alain Barluet, « Novice en Chine, Hollande veut relancer les relations avec Pékin », sur Le Figaro, (consulté le 25 avril 2013).
  17. « Voici Vésuve de Brekka, le cheval offert à la Chine », Le Bien public,‎ (lire en ligne, consulté le 9 janvier 2018).
  18. Nouveaux appels à la fermeture des "camps de rééducation" du Xinjiang Challenges, 19 septembre 2018
  19. « La Chine commande 300 Airbus pour près de 30 milliards d'euros », sur FIGARO, (consulté le 26 mars 2019)
  20. a et b Yves Carmona et Minh Pahm, « Routes de la soie : « L’Occident incapable de trouver une stratégie cohérente, à la mesure du défi que jette la Chine » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mars 2019)
  21. « Guerre commerciale Chine-Etats-Unis: des questions "très difficiles" subsistent », sur Capital.fr, (consulté le 26 mars 2019)
  22. « Guerre commerciale Chine-Etats-Unis: des questions "très difficiles" subsistent », sur Capital.fr, (consulté le 7 mai 2019)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tchao Tchun-Tcheou, Évolution des relations diplomatiques de la Chine avec les puissances. 1587-1929, Pédone, 1931, 207 pages
  • Odile Dermont, Les Relations franco-chinoises durant la guerre froide et la guerre d'Indochine : 1950-1953 (mémoire de maîtrise en histoire), Paris, université Panthéon-Sorbonne, , 139 p.
  • Catherine Boillot, La Reconnaissance de la République populaire de Chine par la France : le développement des relations franco-chinoises de 1958 à 1964 (mémoire de maîtrise en histoire), Paris, université Panthéon-Sorbonne, , 148 p. (OCLC 492476749)
  • Nicole Bensacq-Tixier, Histoire des diplomates et consuls français en Chine (1840-1912), Les Indes savantes, 2008,730 pages

Articles connexes[modifier | modifier le code]