Relations entre la Chine et la France

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Relations entre la Chine et la France
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Les relations franco-chinoises (chinois traditionnel : 中法關係 ; chinois simplifié : 中法关系) se réfèrent aux relations internationales entre la Chine et la France.

Contacts pré-modernes[modifier | modifier le code]

Les contacts initiaux sont peut-être issus de contacts sino-romains.[réf. nécessaire]

Contacts modernes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mission jésuite en Chine.

Les jésuites français pressent les rois de France de les envoyer dans l'empire de Chine. Les jésuites de l'époque envoyés par Louis XIV à la rencontre de l'empereur chinois Kangxi soulignent la similarité des destinées des deux princes, tous deux se prétendant les serviteurs d'un « Dieu » pour contrôler leurs régions respectives, reconnaissant la puissance du royaume de France en Europe, l'empire de Chine étant reconnu comme le plus puissant en Asie de l'est.

Le colonialisme français en Asie de l'est[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dès 1958, les propos du général de Gaulle laissent entendre clairement que la France entend mener une politique indépendante, correspondant de fait à un non-alignement. À l'automne 1963, en plein conflit sino-soviétique, le pouvoir gaulliste envoie officieusement Edgar Faure en mission d'information à Pékin[1]. La France établit un dialogue diplomatique avec la République populaire de Chine à l'initiative de de Gaulle le 27 janvier 1964[2],[3]. Geste audacieux à l'époque, cela est apprécié par les autorités chinoises et a été la base d'un dialogue constructif.

À la faveur de l'établissement de ces relations diplomatiques, Jean Pasqualini, un ressortissant franco-chinois prisonnier des Laogai en Chine est libéré en 1964[4]. Il sera l'auteur de Prisonnier de Mao. Sept ans dans un camp de travail en Chine.

Les deux pays établissent des relations dans l'industrie aéronautique et de défense à partir des années 1970. La France fournissant en autre des sonars à la marine chinoise à partir de 1974[5] puis des hélicoptères dont les dérivés sont toujours en service dans les années 2010[6].

Après les Manifestations de la place Tian'anmen en 1989 et alors que peu de portes s'ouvrent pour accueillir les fugitifs, le consul général de France Jean-Pierre Montagne participe à l'Opération Yellow Bird et « décide de réagir humainement selon sa conscience, avec le soutien du gouvernement français au plus haut niveau »[7]. De juin 1989 à février 1990, 150 dissidents, pourront rejoindre Hong Kong puis se réfugieront en France[8]. Roland Dumas, ministre des Affaires Etrangères français de l'époque, indique dans le documentaire Opération Yellow Bird que des fonds secrets du quai d'Orsay ont été débloqués afin d'assurer l'accueil des réfugiés.

Après la guerre froide[modifier | modifier le code]

En 1997, la France et la Chine établissent un partenariat stratégique global qui va dans le sens d'un renforcement des échanges aussi bien culturel, économique que diplomatique. Pour commémorer l'établissement en 1964 du dialogue diplomatique, le président chinois Hu Jintao s'est rendu en visite d’État en France en janvier 2004, année qui fut déclarée « année de la Chine en France ».

D'un point de vue économique, la France est le troisième partenaire européen de la Chine, après l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Les exportations françaises en Chine atteignent une proportion de 3,1 %[réf. nécessaire].

Le déficit commercial entre les deux pays en défaveur de la France et s'est accru ces dernières années[9],[10]. Le déficit commercial de la Chine avec l'Union européenne s'est aussi creusé de façon importante, atteignant 100 milliards d'euros sur les 8 premiers mois de 2006[11].

Le 26 novembre 2008, la Chine a reporté un sommet Union européenne-Chine en raison de la rencontre prévue le 6 décembre 2008 en Pologne entre Nicolas Sarkozy et le dalaï lama, entraînant des critiques du gouvernement français par le gouvernement chinois[12].

Un Boeing 777 de la compagnie Air China arborant la livrée 50e Anniversaire Chine-France.

Selon François Godement, spécialiste de la politique extérieure de la Chine basé à Sciences Po, la décision chinoise était calculée, et visait l’Europe à travers la France, l'Europe étant incapable d'adopter une attitude commune à l'égard de la question tibétaine[13].

À la suite de l’annulation du sommet Union européenne-Chine[réf. nécessaire], José Manuel Barroso a plaidé pour l’unité de l’Europe. Vers la même date, l’exécution par la Chine de Wo Weihan, un scientifique accusé d’espionnage, a entraîné l’indignation de la plupart des pays européens, permettant à la France de ne pas être isolé sur la question des droits de l'Homme en Chine à cette période[14].

François Hollande est en avril 2013 le premier chef d’État européen reçu en visite officielle par le nouveau président chinois Xi Jinping pour renouer des relations dégradées après les manifestations pro-tibétaines à Paris lors du relais de la flamme olympique 2008, alors que la France affiche un déficit commercial de 26 milliards d'euros, soit 40 % de son déficit global, et ne représente que 1,27 % du marché chinois, contre 5,33 % pour l'Allemagne[15].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Raymond Krakovitch, Alain Bienaymé, Serge Bernstein, Edgar Faure : un homme d'État, 1908-1988, Economica, , p. 83.
  2. Charles de Gaulle et la reconnaissance de la Chine populaire.
  3. à ce sujet, voir également un documentaire produit par le Ministère des Affaires étrangères français qui raconte commet ces relations diplomatiques se sont nouées.
  4. (en) Seth Faison, « Jean Pasqualini Dies at 71; Told of China's Penal Horrors », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne).
  5. (en) James C. Bussert, « Chinese Naval Sonar Evolves From Foreign Influences », sur AFCEA (en),‎ (consulté le 28 novembre 2016).
  6. « Aérospatiale SA.321 Super Frelon », sur Conservatoire Air Espace d'Aquitaine (consulté le 28 novembre 2016).
  7. Dorian Malovic « Tian An Men, opération exfiltration des dissidents chinois », La Croix, 2 juin 2016.
  8. Florence de Changy, « Après Tiananmen, l'opération « Yellowbird » pour faire évader les dissidents », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  9. « Chine - État des lieux des importations de textile en France », sur importtextilefr.canalblog.com,‎ (consulté le 21 février 2016).
  10. « Arthuis s'inquiète du niveau du déficit public », sur Challenges,‎ (consulté le 13 juin 2016).
  11. « Union Européenne : le déficit commercial avec la Chine a passé la barre des 100 milliards d'euros sur 8 mois », sur Lesechos.fr,‎ (consulté le 21 février 2016).
  12. « Report sommet UE-Chine : 'pas positif' », sur Le Figaro,‎ (consulté le 21 février 2016).
  13. « Chine-France : l'affront calculé », sur Le Figaro,‎ (consulté le 21 février 2016).
  14. Bras de fer entre Paris et Pékin.
  15. Alain Barluet, « Novice en Chine, Hollande veut relancer les relations avec Pékin », sur Le Figaro,‎ (consulté le 25 avril 2013).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tchao Tchun-Tcheou, Évolution des relations diplomatiques de la Chine avec les puissances. 1587-1929, Pédone, 1931, 207 pages
  • Odile Dermont, Les Relations franco-chinoises durant la guerre froide et la guerre d'Indochine : 1950-1953 (mémoire de maîtrise en histoire), Paris, université Panthéon-Sorbonne, , 139 p.
  • Catherine Boillot, La Reconnaissance de la République populaire de Chine par la France : le développement des relations franco-chinoises de 1958 à 1964 (mémoire de maîtrise en histoire), Paris, université Panthéon-Sorbonne, , 148 p. (OCLC 492476749)
  • Nicole Bensacq-Tixier, Histoire des diplomates et consuls français en Chine (1840-1912), Les Indes savantes, 2008,730 pages

Articles connexes[modifier | modifier le code]