Russophobie

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Russophobie est un adjectif employé pour dénoter les sentiments anti-Russes, le plus souvent dans la politique et la littérature. Certains quotidiens sont aussi taxés de « russophobes » pour leur propension à ne recenser que les événements négatifs impliquant les Russes ou survenant en Russie.

Types de russophobie[modifier | modifier le code]

Si la russophobie peut être définie comme une aversion, une crainte, une attitude hostile envers les Russes, leur identité, leur langue ou leurs coutumes, voire envers culture russe, ses causes en sont presque toujours d'origine politique, liées aux actions des gouvernements de l'Empire russe, de l'Union soviétique ou de la Fédération de Russie. Le terme est employé dans trois contextes de base : dans la politique internationale, dans la politique de voisinage de la Russie, et dans les conflits impliquant des Russes (citoyens de la Fédération de Russie ou membres de la diaspora russe).

Mais il existe aussi une russophobie à fondements racistes : Hegel et toute une partie de l'idéologie pangermaniste en venaient à dénier aux peuples slaves et en particulier à la Russie, tout apport à la civilisation européenne et même tout droit à une existence historique indépendante ; quant au nazisme, inspiré par Gobineau et Rosenberg, il considérait les Russes comme des « sous-hommes » (Untermenschen) et c'est pourquoi l'Allemagne nazie n'appliqua pas aux prisonniers soviétiques la convention de Genève et en laissa mourir de faim et d'épidémies un grand nombre (pas plus que l'Union soviétique n'appliqua cette convention aux prisonniers allemands, d'ailleurs).

En octobre 2004, la Gallub Organisation International a publié un sondage selon lequel le sentiment anti-russe est resté encore relativement fort en Europe et surtout en Occident. Elle a constaté que la Russie était le pays le moins populaire du G-8 dans le monde occidental. Le pourcentage de la population ayant une perception négative de la Russie était de 62 % en Finlande, 57 % en Norvège, 42 % en République tchèque et en Suisse, 37 % en Allemagne, 32 % au Danemark et en Pologne, 23 % en Estonie et 73 % au Kosovo. Enfin la filmographie américaine moderne représente fréquemment le Russe, notamment dans les films policiers, comme un criminel, oligarque ou mafieux sans scrupules.

Comme pour d'autres xénophobies, la russophobie peut être « soluble » dans une connaissance in situ des Russes dans leur pays :

Citation :
« N'importe quel Anglais arrive en Russie en russophobe et repart en russophile. »
Marquis George Nathaniel Curzon, ancien vice-roi des Indes (1899 - 1905) et ministre britannique des Affaires étrangères.

La russophobie par pays[modifier | modifier le code]

Ukraine[modifier | modifier le code]

Dans un sondage réalisé par l'Institut International de Sociologie de Kiev en mai 2009, avant les affrontements de 2013 et la guerre du Donbass, 96 % des Ukrainiens étaient satisfaits des Russes en tant que groupe ethnique, 93 % étaient favorables à la Russie et 76 % étaient favorables à la politique de la Russie, tandis que de leur côté les Russes d'Ukraine ne manifestaient aucune réticence à être citoyens ukrainiens et n'étaient pas armés, tant que le gouvernement ukrainien (alors dirigé par Viktor Iouchtchenko) évitait tout rapprochement trop marqué avec l'Union européenne et l'OTAN.

Pologne[modifier | modifier le code]

Les responsables russes affirment que des sentiments négatifs envers la Russie sont très répandues en Pologne, dus au contexte historique (partages de la Pologne, domination russe en Pologne, invasion soviétique de la Pologne et satellisation de la Pologne par l'URSS). Jakub Boratyński, le directeur des programmes internationaux d'un « think-tank indépendant polonais » admet également que de nombreux Polonais semblent toujours inquiets de la politique étrangère russe et ont peur de la Russie cherche à « recréer un empire sous une forme différente ».

Pays Baltes, Finlande, Hongrie, Roumanie, Géorgie[modifier | modifier le code]

Dans les Pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), en Hongrie et Roumanie il y a eu des démolitions, stockages en entrepôt ou dégradations (tags) d'anciens monuments soviétiques, perçus dans ces pays comme les marques d'une puissance occupante. Le mouvement nationaliste russe des Nashi a répliqué par des attaques sur internet et cette situation, ainsi que les guerres frontalières dans les anciennes républiques ex-soviétiques, impliquant un soutien russe politique, logistique ou militaire (guerre d'Ossétie de 1991-92, guerre du Dniestr de 1992, guerre d'Abkhazie de 1998, crise russo-géorgienne de 2006, guerre d'Ossétie de 2008, crise de Crimée, séparatisme russe d'Ukraine) entretient dans tous ces pays une « russophobie d'inquiétude », également présente en Finlande (elle aussi attaquée par l'URSS en 1939 et qui, bien qu'ayant conservé son indépendance et sa démocratie pluraliste, a elle aussi perdu des territoires au profit de la Russie). Les principales victimes de cette « russophobie d'inquiétude » sont les minorités russes locales, qui doivent vivre dans la suspicion et sont soumises à des discriminations informelles, mais quotidiennes, et qui de ce fait ont tendance à se replier sur elles-mêmes et à idéaliser la « mère-patrie » russe et ses gouvernants[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stephen White, Richard Sakwa et Henry Hale, Developments in Russian politics n° 8, Palgrave Macmillan, Basingstoke - Hampshire 2014, ISBN 978-1-13-739213-8, 300 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]