Ivan Maïski

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Ivan Maïski
Soviet-finnish-nonaggression-pact-1932.png
Signature du pacte de non-agression entre la Finlande et l'Union soviétique à Helsinki, le 21 janvier 1932. À gauche le ministre des Affaires étrangères finnois Aarno Yrjö-Koskinen, à droite l'ambassadeur de l'Union soviétique à Helsinki, Ivan Maisky[1].
Fonction
Ambassadeur
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 91 ans)
MoscouVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Jan LachowieckiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Membre de
Académie des sciences de Russie
Académie des sciences de l'URSS (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Ordre du Drapeau rouge du Travail
Médaille du Mérite au travail de la Grande Guerre patriotique (en)
Ordre de l'Amitié des peuplesVoir et modifier les données sur Wikidata

Ivan Mikhaïlovitch Maïski (russe : Ива́н Миха́йлович Ма́йский) russification de son nom de naissance polonais Jan Lachowiecki, né en 1884 à Kirillov – et mort en 1975 à Moscou, est un diplomate, historien et homme politique soviétique. Il est ambassadeur à Londres[2],[3] de 1932 à 1943.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ivan Maïski est né dans une famille polonaise juive dans la Russie impériale. Ses premières activités révolutionnaires ont mené à son expulsion de l'université de Saint-Petersbourg en 1902. Après un exil interne en Sibérie, il voyage en Europe occidentale où il apprend l'anglais et le français. Il s'installe en Allemagne en 1908 et obtint un diplôme d'économie de l'Université de Munich en 1912, puis à Londres de 1912 à 1917, où il se lie d'amitié avec Georgi Chicherin Gueorgui Tchitchérine et Maxime Litvinov. Son anglais s'améliorant, son cercle d'amitié s'élargit à George Bernard Shaw, H. G. Wells et Beatrice Webb.

Lors du déclenchement de la guerre civile russe et de la révolte de la légion tchécoslovaque en Sibérie, Maïski retourne en Russie et s'installe à Samara où il rejoint le Comité des membres de l'Assemblée constituante (Komoutch), c'est-à-dire le gouvernement local anti-bolchevik.

D'abord membre des Mencheviks, un courant du POSDR qui s'oppose aux Bolcheviks, il se rallie en 1921 au régime soviétique. Il y débute sa carrière diplomatique, ses postes le menant à Londres, Tokyo ou Helsinki. Il est également le premier éditeur du magazine littéraire de Petrograd Zvezda.

En 1929, il est nommé envoyé soviétique en Finlande.

En 1932, il est nommé ambassadeur au Royaume-Uni. Proche collaborateur de Maxime Litvinov, Maïski est un membre actif et le représentant soviétique au Comité de non-intervention durant la guerre d'Espagne. Durant ces années 1930, il est un fervent partisan d'une triple alliance britannique, française et soviétique contre l'Allemagne nazie. Ce projet échouera définitivement à la signature du pacte germano-soviétique de 1939. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il doit faire face à l'hostilité britannique croissante envers la Guerre d'Hiver menée par l'URSS contre la Finlande.

Il tient un journal, qui rend compte des positions politiques britanniques, notamment en ce qui concerne le début de la Seconde Guerre mondiale[4].

Les Grandes purges des années 1930 ayant particulièrement renouvelé l'appareil diplomatique soviétique, il est pourtant épargné, comme l'ambassadrice en Norvège, au Mexique et en Suède Alexandra Kollontaï[5].

En 1941, après l'invasion allemande de l'URSS, Maïski participe à la normalisation des relations avec les Alliés. Il signe notamment les accords Sikorski-Maïski qui déclare le pacte de non-agression germano-soviétique de 1939 nul et non avenu. Il permet la libération de centaines de milliers de Polonais des camps de guerre soviétiques.

À Londres, il presse les Alliés d'ouvrir un second front contre les Allemands en Europe occidentale. Il maintient des liens étroits avec Winston Churchill et Anthony Eden et visite lui-même quotidiennement le ministère des affaires étrangères pour obtenir les nouvelles les plus récentes.

Rappelé à Moscou en 1943, il devient l'adjoint du ministre des Affaires étrangères Viatcheslav Molotov. Il dirige plusieurs commissions planifiant les suites de la guerre : il se concentre particulièrement sur le démantèlement de l'Allemagne, les réparations de guerre, la punition des criminels de guerre ainsi que l'occupation soviétique. Il recommande également la création d'une « Pologne viable », quoiqu'avec des frontières considérablement modifiées. Son inquiétude face à ce qu'il perçoit comme une hostilité idéologique américaine envers l'URSS le mène à voir dans le Royaume-Uni le seul partenaire occidental de long-terme pour l'Union Soviétique. Il participe aux délégations soviétiques aux conférences de Yalta et Potsdam.

Il prend sa retraite en 1945. Il devient alors historien à l'Académie des sciences de l'URSS[4]. Il a animé des séminaires sur l'histoire des relations internationales et celle de la politique extérieure soviétique à l'Institut de préparation des travailleurs diplomatiques et consulaires, créé par Maxime Litvinov en novembre 1934[5].

Il est arrêté en février 1953, victime des dernières purges de l'ère stalinienne. Interrogé par le ministre de l'Intérieur Lavrenti Beria, on l'accuse en effet d'être un espion britannique et est condamné à six ans d'emprisonnement. Staline meurt la même année et Maïski est finalement relâché en 1955 et réhabilité.

En 1966, Maïski signe la Lettre des 25 avec des écrivains, scientifiques et figures culturelles soviétiques, lettre adressée à Brejnev pour s'opposer à une éventuelle réhabilitation de Staline.

Publication[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gabriel Gorodetsky (dir), The Maisky Diaries. Red Ambassador to the Court of St James's, 1932-1943, Yale University Press, New Haven, 2015.
  • Gabriel Gorodetsky (dir), Les Révélations inédites de l'ambassadeur russe à Londres, traduction partielle de l'édition anglaise par Christophe Jacquet, Paris, Les Belles Lettres, 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fi) Martti Turtola, Talvisodan pikkujättiläinen, Werner Söderström Osakeyhtiö, , 1re éd. (ISBN 951-0-23536-9), « Kansainvälinen kehitys Euroopassa ja Suomessa 1930-luvulla », p. 13–46
  2. (en) Michael Hope, Polish Deportees in the Soviet Union, London, Veritas Foundation Publication Centre, (ISBN 978-0948202766), p. 39.
  3. (en) Stanislaw Mikolajczyk, The Pattern of Soviet Domination, Sampson Low, Marston & Co, , p. 17.
  4. a et b « Conférence Gabriel Gorodestky », univ-paris1.fr, consulté le 29 septembre 2017.
  5. a et b Sabine Dullin, « Une diplomatie plébéienne ? Profils et compétences des diplomates soviétiques 1936-1945 », Cahiers du monde russe, 2003/2, vol. 44, p. 437-464.

Liens externes[modifier | modifier le code]