État profond

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L'État profond est une expression apparue au cours des années 1990 et désignant, d'abord aux États-Unis, l'instance au sein de l'État et de son administration qui est véritablement et secrètement décisionnelle sur le long-terme, par-delà les changements des institutions représentatives de surface comme le gouvernement et les partis politiques[1].

État profond désigne plus généralement, soit le noyau de l'oligarchie ou de la classe dominante, soit l'instance représentant les intérêts des lobbies (Finance, Armement, Pétrole...), au sein d'un État bureaucratique, c'est la composante la plus restreinte, la plus agissante et la plus secrète de l'establishment (traduit en français par « établissement »).

Dans un entretien accordé en juin 2011 au magazine Diplomatie[2], Peter Dale Scott, professeur émérite de littérature anglaise à l'Université de Berkeley (Californie), explique que l'influence du supramonde s'exerce sur le gouvernement des États-Unis à travers un milieu confidentiel et restreint qu'il appelle l'« État profond ». Il précise: « Ce [que j']appelle « État profond » aux États-Unis n'est pas une institution formelle, ni une équipe secrète, mais plutôt un cercle de contacts de haut niveau, souvent personnels, où le pouvoir politique est susceptible d'être dirigé par des gens très riches [...]. J'appelle ces gens, dont la plupart se connaît un minimum sans nécessairement avoir les mêmes intérêts, le « supramonde ». Le résultat de leur influence, à travers le milieu de l'État profond, est ce que j'appelle la « politique profonde », [caractérisée par] des événements non expliqués, tels que l'assassinat du Président Kennedy et le Watergate. »[3] Ainsi, cette définition d'un État profond américain — informel et non hiérarchisé — diffère de la définition turque, qui fait plutôt référence à un État dans l'État structuré et organisé, ou à ce que nous pourrions appeler un État dualiste[4].

Dans un article publié le 31 octobre 2016, Andrew Korybko donne une définition plus restreinte de la notion d'État profond : « Pour commencer, disons que “l’État profond” n’est pas une sorte de concept conspirationniste comme les auteurs réactionnaires l’allèguent souvent, mais une autre façon de désigner les bureaucraties permanentes militaires, du renseignement et de la diplomatie de n’importe quelle nation... »[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Halimi, « L’État profond », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  2. Revue du géographe et politologue français Alexis Bautzmann
  3. « Une autre histoire des ambitions américaines », entretien avec Peter Dale Scott, professeur émérite de l’université de Berkeley (Californie), Diplomatie hors série (GDD no 3)
  4. Daniel Ganser, Les Armées Secrètes de l'OTAN, Éditions Demi-Lune, Plogastel Saint-Germain, 2011)
  5. « To start off, the “deep state” isn’t some sort of ‘conspiratorial’ concept like reactionary critics might allege, but is just another way of talking about any given country’s permanent military, intelligence, and diplomatic bureaucracies. » Katehon.com

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]