Marius Petipa

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Marius Petipa
Marius Petipa -1898.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 92 ans)
HourzoufVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Michel-Victor-Marius-Alphonse PetipaVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Мариус Иванович ПетипаVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Père
Fratrie
Conjoints
Maria Petipa (de à )
Lioubov Leonidovna Savitskaya (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Autres informations
A travaillé pour
Domaine
Genre artistique
Danza (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Œuvres principales
signature de Marius Petipa
signature
Grabmal Petipa in Sankt Petersburg.jpg
Sépulture au cimetière Tikhvine de Saint-Pétersbourg.

Michel-Victor-Marius-Alphonse Petipa (en russe : Мариус Иванович Петипа, Marius Ivanovitch Petipa), né le à Marseille et mort le à Gourzouf en Crimée, est un danseur, maître de ballet et chorégraphe français qui vécut en Russie de l'âge de 29 ans jusqu'à sa mort[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils du danseur et maître de ballet Jean-Antoine Petipa (1787-1855) et de la comédienne Victorine Morel-Grasseau (1794-1860) originaire de Saint-Domingue, il est le frère cadet du danseur Lucien Petipa[3].

Débuts[modifier | modifier le code]

Marius fait ses premiers pas à Bruxelles, sur la scène de La Monnaie à l'âge de cinq ans, dans le ballet de Pierre Gardel La Dansomanie[4]. Quittant Bruxelles en , il danse à Bordeaux, puis chorégraphie ses premières œuvres à Nantes, sous la direction du maitre de ballet Étienne-Hughes Laurençon, de à [5].

Carrière[modifier | modifier le code]

Après une tournée triomphale en Amérique du Nord[3], Petipa revient à Bordeaux, puis il travaille au teatro del Circo (es) de Madrid de à [6]. Engagé l'année suivante comme premier danseur au Ballet impérial russe, il y devient maître de ballet en titre en , travaillant aux théâtres du Ballet impérial (théâtre Bolchoï Kamenny de Saint-Pétersbourg, théâtre Mariinsky, théâtre de l'Ermitage, etc.) jusqu'à sa retraite en [7]. Il enseigne également à l'école de danse, qu'il dirige de 1855 à 1887.

Bon danseur, il est cependant meilleur chorégraphe et signe une soixantaine de ballets, dont plusieurs font date dans l'histoire de la danse[8]. À côté de nombreuses reprises d'œuvres du répertoire (La Fille mal gardée, La Sylphide, Paquita, Coppélia ou Giselle), il crée des ballets qui vont entrer dans le répertoire classique des grandes institutions : La Belle au bois dormant (1890)[9], Casse-noisette (1892) ou Le Lac des cygnes (1895) avec Tchaïkovski, Le Corsaire (1858) et Faust (1867) avec Cesare Pugni, et surtout Don Quichotte (1869) et La Bayadère (1877) avec Léon Minkus[10].

Développant l'art de l'intrigue romantique, il conçoit des ballets en trois ou quatre actes, qui occupent une soirée entière et ne sont plus seulement des divertissements entre deux pièces de théâtre [11]. Il alterne la pantomime et le grand ballet autour d'une distribution nombreuse, où le corps de ballet et les figurants mettent en valeur des solistes brillants. Il fixe le déroulement des « pas de deux » (adage, variations masculine et féminine, coda) et, s'il porte davantage d'attention à la prima ballerina, il oblige les deux partenaires à un travail conjoint très précis et empreint de virtuosité[9],[6]:70.

S'inspirant tantôt des anciens ballets d'action, tantôt de scènes à caractère traditionnel (italien, espagnol, polonais, russe, etc.), il aura su donner au ballet romantique toute son ampleur et sa vigueur, à tel point que son œuvre constitue encore aujourd'hui la base du répertoire des grandes compagnies classiques et que de nombreuses variations extraites de ses ballets sont toujours au programme des grands concours de danse[12].

On doit à Rudolf Noureev, après son passage à l'Ouest, en 1961, de faire découvrir au public occidental ces grands ballets jusqu'alors dansés en Russie : La Bayadère, Raymonda, Don Quichotte[13]

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1854, il épouse la danseuse Maria Sourovchtchikova (1836-1882) dont il divorce en 1869 et dont il aura une fille, également danseuse, Marie Petipa (1857-1930).

Remarié en 1876 avec la ballerine Lioubov Leonidovna Savitskaïa, il en aura six enfants : Nadejda (1874-1945), Evguenia (1877-1892), Viktor (1878-1933), Lioubov (1880-1917), Mari (1884-1922) et Vera (1885-1961). Les quatre filles seront danseuses et les deux fils acteurs.

L'aîné des fils de Marius Petipa (qu'il a eu d'une liaison avec la couturière Teresa Bourden), Marius Marioussovitch Petipa (1850-1919), fut un célèbre acteur dramatique, et son fils, Nikolaï Radine, a aussi été un acteur célèbre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Nantes[modifier | modifier le code]

  •  : Le Droit du seigneur
  • 1838 : La Petite Bohémienne
  • 1838 : La Noce à Nantes

Bordeaux[modifier | modifier le code]

  •  : La Jolie Bordelaise
  •  : L'Intrigue amoureuse
  •  : La Vendange
  •  : Le Langage des fleurs

Madrid[modifier | modifier le code]

  •  : Carmen et son toréro
  • 1845 : La Perle de Séville
  • 1845 : L'Aventure d'une fille de Madrid
  • 1845 : Départ pour la course des taureaux
  •  : La Fleur de Grenade
  • 1846 : Forfasella ó la hija del infierno
  •  : Alba-Flor la pesarosa

Saint-Pétersbourg[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • La Ballerine de Saint-Pétersbourg d'Henri Troyat (2000) conte le destin d'une ballerine russe fictive qui, dès l'âge de neuf ans, est conduite par son père à l'École impériale de danse devant le légendaire Marius Petipa et va s'épanouir sous la férule de ce « magicien ».
  • Dans le téléfilm en cinq épisodes d'Emil Loteanu Anna Pavlova sorti en 1983, le personnage de Marius Petipa est incarné par Piotr Goussev.

Galerie[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

Depuis 2012, un cratère de la planète Mercure est nommé Petipa en son honneur[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Noisette, « Мarius Petipa, le franco-russe », sur Les Échos,‎ (consulté le 29 mars 2018).
  2. « Marius Petipa », sur larousse.fr (consulté le 30 mars 2018).
  3. a et b Jean-Philippe Van Aelbrouck, Dictionnaire des danseurs : chorégraphes et maîtres de danse à Bruxelles de 1600 à 1830, Mardaga, coll. « Musique, musicologie », , 285 p. (ISBN 978-2-87009-576-8, lire en ligne), p. 198.
  4. Jean-Philippe Van Aelbrouck, « Marius Petipa, une enfance bruxelloise », Slavica Occitania, no 43,‎ , p. 69-81 (ISSN 1245-2491).
  5. Pascale Melani (éd.), Mémoires du maître de ballet des Théâtres impériaux Marius Ivanovitch Petipa, Pessac, Maison des sciences de l'homme d'Aquitaine, , 185 p. (ISBN 978-2-85892-478-3), p. 171-176.
  6. a et b (en) Nadine Meisner, Marius Petipa : The Emperor's Ballet Master, New York, Oxford University Press, , 512 p. (ISBN 978-0-19-065929-5 et 0-19-065929-7, lire en ligne), p. 48.
  7. (en) Marion Kant, The Cambridge Companion to Ballet, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Companions to Music », , 353 p. (ISBN 978-0-521-53986-9, lire en ligne), xxxii.
  8. Ghislaine Milliet, « 2018, année du bicentenaire du chorégraphe marseillais Marius Petipa », sur francetvinfo.fr, (consulté le 30 mars 2018).
  9. a et b Encyclopaedia Universalis, La Belle au bois dormant (chorégraphie Marius Petipa - 1890), coll. « Les Fiches Spectacle d'Universalis », , 25 p. (ISBN 978-2-341-00508-1, lire en ligne), p. 4.
  10. Van Aelbrouck, Jean-Philippe, « Marius Petipa », sur francearchives.fr (consulté le 30 mars 2018).
  11. Henry Prunières, La Revue musicale, Éditions Richard-Masse, (lire en ligne), chap. 219-21, p. 124.
  12. Gérard Pernon, Dictionnaire de la musique, Paris, Jean-Paul Gisserot, , 320 p. (ISBN 978-2-87747-918-9, lire en ligne), p. 18.
  13. Hélène Ciolkovitch, Don Quichotte au XXe siècle : réceptions d'une figure mythique dans la littérature et les arts, Clermont-Ferrand, Presses Universitaires Blaise Pascal, , 598 p. (ISBN 978-2-84516-206-8, ISSN 1242-7888, lire en ligne), p. 98.
  14. (en) Matthew Naughtin, Ballet Music : A Handbook, Rowman & Littlefield, coll. « Music Finders », , 470 p. (ISBN 978-0-8108-8660-5, lire en ligne), p. 247.
  15. « Planetary Names: Crater, craters: Petipa on Mercury », sur planetarynames.wr.usgs.gov (consulté le 2 septembre 2020)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Philippe Van Aelbrouck, Dictionnaire des danseurs à Bruxelles de 1600 à 1830, Liège, Mardaga, , 285 p. (ISBN 978-2-87009-576-8, OCLC 924580067, lire en ligne), p. 196-8.
  • Pascale Melani (éd.), Journal du maître de ballet des Théâtres Impériaux Marius Ivanovitch Petipa, Pessac, Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, 2018 (ISBN 9782858924707).
  • Pascale Melani (éd.), Mémoires du maître de ballet des Théâtres Impériaux Marius Ivanovitch Petipa, Pessac, Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, 2019 (ISBN 978-2-85892-478-3).
  • Marius Petipa, Traduits du russe et complétés par Galia Ackerman et Pierre Lorrain, Arles, Actes Sud, , 185 p., 22 cm (ISBN 978-2-86869-582-6, OCLC 718571623, lire en ligne).
  • Pascale Melani (éd.), De la France à la Russie, Marius Petipa : contexte, trajectoire, héritage, Toulouse, Slavica Occitania, n° 43, 2016 (ISBN 9791093090023).
  • (en) Lilian Moore (éd.), Russian Ballet Master : The Memoirs of Marius Petipa, traduction du russe par Helen Whittaker, Londres, A. & C. Black, 1958.
  • (de) Eberhard Rebling (éd.), Marius Petipa. Meister des klassischen Balletts. Selbstzeugnisse, Dokumente, Erinnerungen, traductions du russe et du français d’Urte Härtwig et Brigitte Kupsch, traductions de l’anglais de Peter Zacher, Berlin, Henschelverlag, 1975 (ISBN 978-3-79590-229-2), (OCLC 16702914), 430 p., 25 cm.
  • (en) Lynn Garafola (éd.), « The Diaries of Marius Petipa », Studies in Dance History, vol. III, n° 1, 1992, (ISSN 1043-7592).
  • (ru) Anna Nehendzi (dir.), « Marius Petipa. Materialy. Vospominanija. Stat’i », Marius Petipa. Documents. Souvenirs. Articles, Leningrad, Iskusstvo,‎ (lire en ligne, consulté le 14 juin 2020) .
  • (ru) Ol’ga Fedorčenko, Ju. A. Smirnov, A. V. Fomkin (éd.), Baletmejster Marius Petipa. Stat’ji, issledovanija, razmyšlenija [Le maître de ballet Marius Petipa. Articles, études, réflexions], Vladimir, « Foliant », 2006 (ISBN 978-5-88990-057-3), (OCLC 1032657205), 268 p., 25 cm.
  • (ru) Sergej Konaev (éd.), Marius Petipa. « Memuary » i dokumenty [Marius Petipa. « Mémoires » et documents], Moscou, gctm im. Baxrušina, izd. Navona, 2018 (ISBN 978-5-6040478-3-5).
  • (es) Laura Hormigón (éd.), Marius Petipa, Memorias, traduction du russe de Bibicharifa Khakimzianova y Jorge Saura, révisée par Montserrat Alfaro et Cristóbal Lopez, Marius Petipa en España 1844-1847. Memorias y otros materiales, Madrid, Danzarte, 2010 (ISBN 978-84-935950-0-5).
  • (it) Valentina Bonelli (éd.), Marius Petipa, Memorie, Rome, Gremese, 2010 (ISBN 978-88-8440-522-7).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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