Relations entre la France et le Royaume-Uni

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Relations entre la France et le Royaume-Uni
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Frontière entre la France et le Royaume-Uni
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Les relations entre la France et le Royaume-Uni, qui forment les relations internationales bilatérales entre la République française et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, constitueraient actuellement, selon l'ex-Premier ministre britannique Gordon Brown, une « Entente formidable », nouvelle étape de l'Entente cordiale formée depuis plusieurs décennies entre ces deux puissances européennes, toutes deux membres de l'Union européenne, et qui siègent toutes deux au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies en tant que membres permanents. Au cours de l'histoire, les relations entre les deux nations ont au contraire été souvent belliqueuses et ont, de ce fait, profondément marqué l'histoire de l'Europe et du monde.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période pré-romaine[modifier | modifier le code]

Les deux pays ont été habités par les hommes de la préhistoire. La culture du Paléolithique a fleuri en France, à l'image des peintures rupestres de la grotte de Lascaux. La culture paléolithique de la France est très ancienne : les traces de présence humaine remontent à 2 millions d'années auparavant. Le Néolithique a installé la pratique et les cultes druidiques qui aboutiront à la construction de Stonehedge en Grande-Bretagne. Des migrations réciproques ont eu lieu entre les deux territoires de manière avec une certaine régularité, généralement au moyen d'embarcations destinées à traverser la Manche. Avant la conquête des deux territoires par les Romains, les deux territoires étaient peuplés de tribus celtes : les Gaulois en France, et les Bretons insulaires, en Angleterre.

L'époque romaine[modifier | modifier le code]

Quand Jules César envahit la Gaule, il dût faire face à certains alliés bretons insulaires des Gaulois. Ces peuples sont celtes, et non francs ou anglo-saxons, des ethnies et des peuples qui restent hors de portée de la République puis de l'Empire romain. Résultat de cette alliance celte, César tenta l'invasion de la Bretagne, sans succès. Cependant, la Gaule et la future Belgique furent conquises et transformées en provinces romaines. Plus tard, avec les empereurs romains, la Bretagne sera définitivement conquise et transformée, elle aussi, en province romaine.

Pendant presque cinq siècles, Bretagne et Gaule furent le théâtre d’interactions régulières, tant au niveau de la culture que du commerce, le tout, sous l'égide impériale. Cependant, la chute de l'Empire romain, au cinquième siècle, entraîna une rupture entre deux territoires envahis par des peuples germaniques différents : les Francs pour la Gaule, les Angles et les Saxons pour la Bretagne. Le christianisme l'emporta sur les anciennes croyances celtes et les Germains adoptèrent cette nouvelle religion. Jusqu'au début du second millénaire, les relations franco-britanniques sont faibles du fait de l'isolationnisme des Britanniques (centrés sur leur île) et des Francs (tournés vers l'Europe continentale).

Guillaume le Conquérant[modifier | modifier le code]

En 1066, les relations franco-britanniques prennent un tournant inattendu. Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, alors vassal du roi de France, décide de revendiquer la couronne anglaise qu'il juge la sienne. Il se lance à la conquête des îles britanniques et parvient à remporter le titre de roi d'Angleterre. Désormais, Guillaume le Conquérant possède plus de puissance et de territoires que son suzerain, le roi de France. La structure féodale de la société normande s'implanta en Angleterre et transforma cette société. Libérés des devoirs envers leur suzerain français, les rois d'Angleterre jouissent d'une liberté nouvelle qui ne tardera pas à déboucher sur un conflit récurrent entre la France et l'Angleterre.

La naissance des guerres franco-anglaises[modifier | modifier le code]

Après la mort du roi Philippe Ier de France, son fils Louis VI tente de récupérer la Normandie, arguant que le roi d'Angleterre, en ne respectant pas l'autorité de son suzerain, est un vassal félon. Les Français sont vaincus en 1119 et le roi de France est obligé de laisser la Normandie à l'Angleterre. Son fils, Louis VII sera au centre de la première grande guerre entre France et Angleterre. Marié à Aliénor d'Aquitaine, héritière du duché d'Aquitaine, sous le règne de son père, Louis se sépare de celle-ci qui se remarie aussi tôt avec le futur roi d'Angleterre, Henri Plantagenêt, comte d'Anjou, du Maine et duc de Normandie. La France est amputée d'un énorme tiers de son territoire. Capétiens et Plantagenêt se lancent dans une série de guerre qui va façonner les relations franco-britanniques pour des siècles.

Philippe II de France, fils de Louis VII, décide de diviser les Anglais pour récupérer les possessions continentales de l'Angleterre. Il profite de la mort de Richard Cœur de Lion pour déclencher une guerre contre Jean sans Terre. Il parvient, malgré la coalition de l'Angleterre et du Saint-Empire romain germanique, à vaincre ses ennemis à Bouvines, en 1214. La victoire est telle que l'autorité royale est restaurée et les territoires occidentaux de la France, retrouvés, Normandie comprise qui intègre le domaine royal. Le fils de Philippe Auguste, Louis VIII, parvient à reprendre l'Aunis et le Poitou aux Anglais.

La guerre de Cent-Ans (1337 - 1453)[modifier | modifier le code]

Au début du XIVe siècle, le Royaume de France connaît une crise de succession. Les trois fils de Charles IV le Bel sont morts sans héritiers masculins. Philippe de Valois est alors désigné par les grands seigneurs français pour devenir roi de France sous le nom de Philippe VI de France car il est le neveu de Philippe le Bel et le cousin des derniers rois. Isabelle, fille de Philippe le Bel, est écartée de la succession à la mort de ses frères au nom de la loi salique qui interdit à une femme de régner. Elle a épousé le roi d'Angleterre et donné naissance à un fils : Edouard III d'Angleterre. Ce dernier est donc le petit-fils de Philippe le Bel et neveu des derniers rois. Il estime, à ce titre, avoir le droit de devenir roi de France et conteste l'autorité des Capétiens-Valois. À la veille de la guerre, le roi d'Angleterre est aussi le vassal du roi de France pour ses fiefs de Guyenne où les agents du roi de France ne cessent de lui causer des ennuis. En 1337, le roi de France, Philippe VI s'empare du duché de Guyenne à la suite du défi d'Édouard III. C'est le début de la guerre de Cent Ans.

Statue de Jeanne d'Arc (Compiègne)

Le conflit se décompose en quatre phases distinctes. De 1337 à 1360, les défaites s'accumulent pour la France. Ils perdent la bataille navale d'Ecluse (1340) qui laisse les Anglais libres de leurs mouvements entre l'île britannique et le continent européen. Face à Edouard III, Philippe VI perd la bataille de Crécy (1346) et de Calais (1347) qui devient un port anglais. En 1355, le "Prince noir", fils d'Edouard III, se lance à l'assaut de Paris depuis Bordeaux. Le roi de France, Jean II le Bon, se lance à sa rencontre mais est fait prisonnier par les Anglais, emmené à Londres. Il est contraint d'accepter la signature du traité de Brétigny, en 1360. La France cède à l'Angleterre le duché de Guyenne agrandi en échange du renoncement d'Edouard III à la couronne française. La mort de Jean II conduit son fils, Charles V, à reprendre les hostilités avec les Anglais. Les Anglais reculent et cèdent une grande partie de l'Aquitaine : c'est la seconde phase du conflit, de 1360 à 1386.

Frappé de crises de folies, Charles VI de France, fils de Charles V, laisse à son entourage le temps de s'entre-déchirer pour le pouvoir. Le pays sombre dans la guerre civile qui oppose les Armagnacs (partisans du dauphin Charles) et les Bourguignons (partisans du duc de Bourgogne, cousin du roi soutenu par la reine). Les Bourguignons s'allient finalement aux Anglais, en 1414. En 1415, la chevalerie française est défaite lors de la bataille d'Azincourt et le roi d'Angleterre Henri V conquiert tout le nord de la France ainsi que Paris. Le traité de Troyes, signé en 1420, déshérite le dauphin Charles. Le roi de France marie sa fille à Henri V qui est désormais reconnu comme régent de France et héritier du trône. Le nord-est du pays est sous domination bourguignonne et seules les régions du sud obéissent au dauphin Charles qui à la mort de son père, en 1422, prend le titre de roi de France (Charles VII).

Vient alors la quatrième et dernière phase de la guerre de Cent-Ans : la victoire finale du roi de France. En 1428, les Anglais font le siège de la ville d'Orléans, favorable au roi Charles VII et qui tient le passage de la Loire. Jeanne d'Arc, jeune fille de Lorraine, va trouver le roi à Chinon. Elle le convainc de lui confier les troupes qui vont délivrer Orléans. Les Anglais reculent vers le nord et le roi est sacré à Reims, en 1429. Jeanne d'Arc tente de s'emparer de Paris, qui la repousse, avant d'être capturée par les Bourguignons à Compiègne. Elle est ensuite livrée aux Anglais qui la jugent à Rouen avant de la brûler vive, en 1431. Charles VII, quant à lui, réorganise son armée et finit par reprendre Paris (1436), la Normandie (1450) et la Guyenne (1453). Les Anglais ne conservent plus que Calais.

La guerre de Cent-Ans est l'élément central des relations franco-britanniques : les Français concrétisent le sentiment national né à Bouvines quelques deux siècles plus tôt, derrière la figure de Jeanne d'Arc. Mais l'impression que l'Angleterre est un "ennemi héréditaire" de la France se fait de plus en plus forte au sein de la population française. Quant à l'Angleterre, elle ressort humiliée de cette longue série de guerre, ayant perdu presque toutes ses terres européennes. La royauté anglaise, fragilisée, entre en crise. La guerre des Deux-Roses va anéantir le travail des précédents rois d'Angleterre : l'Angleterre est affaiblie et les Plantagenêt sont remplacés par les Tudors. La France devient un adversaire redoutable qu'il faut à tout prix contenir.

La période moderne : France et Angleterre devient des puissances mondiales concurrentes[modifier | modifier le code]

Louis XIV (1638-1715), roi de France et de Navarre (1643-1715)

La Renaissance est marquée par de nombreux conflits qui voient s'opposer les Anglais aux Français, notamment les guerres italiennes, en 1494 et 1559. Une nouvelle scission vient aggraver les relations franco-anglaises : la Réforme. Les Anglais deviennent protestants, les Français demeurent catholiques. La guerre politique entre les deux nations devient une guerre religieuse. Cependant, les deux pays sont souvent en position de guerres civiles sur fond de tensions religieuses, ce qui restreint leurs affrontements directs. Cependant, la prise de pouvoir des Bourbons, dont la figure de proue est Henri IV de France et de Navarre, va bouleverser davantage les relations franco-anglaises : la monarchie française devient très puissante, le pays est unifié et pacifié. La France devient un adversaire de premier ordre, d'autant plus que le déclin des monarchies espagnoles et portugaises laissent le champ libre à de nouvelles nations d'émerger en Europe, mais aussi dans le monde.

Les tensions sont cristallisées sous le règne de Louis XIV (1643-1715). Le roi de France concrétise la monarchie absolue et prétend à l'universalité de son règne. L'expansionnisme français dans les Pays-Bas autrichiens et dans la conquête du Nouveau-Monde achève de convaincre l'Angleterre de la menace que représente la France. Le traité de Westphalie (1648) consacre la France comme la "nouvelle Espagne". Les Anglais se lancent à la rencontre des Français partout dans le monde pour les empêcher de prospérer. Côté français, les Anglais sont vus comme de vulgaires pirates reclus derrière leur île : l'Angleterre devient la "Perfide Albion".

Les deux pays suivent même des philosophies politiques opposées : la France voit sa monarchie devenir absolue à travers le règne de Louis XIV quand les Anglais entrent en révolution pour sanctionner les élans absolutistes de leur roi, Charles Ier, allant jusqu'à l'exécuter. Une république et une restauration monarchique seront nécessaires pour restaurer la paix en Angleterre. Cependant, ces événements n'empêchent pas l'Angleterre et la France de s'affronter au sein de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, de 1688 à 1697.

Effrayée à l'idée d'une invasion, l'Angleterre entérine l'Acte d'Union entre le royaume et l'Ecosse, en 1707. Alors que le nouveau Royaume-Uni devient parlementaire, la France continue sa marche vers l'absolutisme. Le Royaume-Uni affronte la France durant la guerre de Succession d'Espagne, entre 1702 et 1713. Le Royaume-Uni refuse toute union politique entre la France et l'Espagne ce qui en ferait une puissance continentale et mondiale titanesque. Elle obtient le renoncement du dauphin Philippe, désormais Philippe V d'Espagne, à la couronne de France.

Le Royaume-Uni se pose en défenseur de "l'équilibre des puissances" en Europe : aucun pays ne doit devenir hégémonique sur le continent, sous peine de voir le Royaume-Uni marginalisé ou menacé. Cette doctrine se retrouve dans la géopolitique britannique depuis, notamment sur les questions contemporaines de l'Union européenne. Ainsi, le Royaume-Uni se lance dans la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), s'opposant au roi de France Louis XV. Si le Royaume-Uni possède l'une des plus puissantes marines de guerre du monde, elle ne détient qu'une minuscule armée de terre, ce qui la pousse à nouer des alliances sur le continent pour entraver la montée en puissance d'un pays ou d'un autre. La France, à l'inverse, s'avère incapable de régner en maître sur les mers, mais sa puissance terrestre demeure incontestable, ce qui la rend d'autant plus redoutable pour les puissances européennes continentales. Les guerres entre la France et le Royaume-Uni sont toutefois, à cette période, des guerres pour le contrôle de l'Europe et/ou du monde. Si la France possède une influence européenne majeure, le Royaume-Uni est indétrônable quant aux questions maritimes, commerciales et coloniales.

L'expansion coloniale[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1650, le Nouveau-Monde est devenu un théâtre de conflits entre les deux superpuissances. Le dessein d'Olivier Cromwell d'augmenter la présence britannique à l'Ouest, et notamment en Amérique du Nord, commence ainsi avec l'acquisition de la Jamaïque auprès des Espagnols, en 1652. Les premières installations britanniques en Amérique du Nord datent de 1607 et, vers 1730, sont devenus treize colonies séparées.

Les Français, quant à eux, s'établissent au Canada, le long du Mississippi et dans les Caraïbes. Ils détiennent ainsi Saint-Domingue, la plus prospère des colonies du monde. Les deux pays reconnaissant volontiers le potentiel commercial de l'Inde, décident d'installer des comptoirs commerciaux. Les guerres entre France et Royaume-Uni se déroulent ainsi en Europe, mais aussi en Amérique du Nord et en Asie.

La guerre de Sept-Ans (1754-1763)[modifier | modifier le code]

La guerre de Sept-Ans est souvent appelée "première guerre mondiale" du fait de combats en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Elle oppose la Prusse, puissance montante du XVIIIème siècle, et alliée au Royaume-Uni, à une coalition menée par la France et composée de l'Autriche, de la Russie, de la Saxe, de la Pologne et de la Suède. Si la guerre se déroule surtout en Allemagne et en Bohême, France et Royaume-Uni s'affrontent pour le contrôle des colonies américaines. La victoire britannique, en 1763, qui se solde par l'acquisition de larges territoires en Amérique du Nord, en Inde et dans les Caraïbes est perçue comme la victoire d'un monde anglo-saxon où les Anglais en seraient les maîtres. L'humiliation est totale en France et va avoir de graves conséquences pour la suite des relations entre les deux pays.

La Guerre d'indépendance américaine (1774-1783)[modifier | modifier le code]

La défaite britannique de Yorktown (1781), n'a été possible que grâce à l'action combinée des Français et des Américains.

Les taxes britanniques sur le commerce américain conduit à la révolte des colons d'Amérique du Nord, en particulier des Treize colonies. La mise en difficulté du Royaume-Uni conduit les Français à en tirer bénéfice et à venger la défaite de 1763. Le roi de France Louis XVI, convaincu du bien-fondé de cette guerre pour la France, se lance aux côtés des insurgés américains. La défaite britannique de Saratoga montre tout le potentiel de la jeune nation en devenir que sont les "Etats-Unis d'Amérique". Une alliance militaire est signée entre la France et les Etats-Unis. En 1779, les Français parviennent même à convaincre l'Espagne d'entrer dans la guerre. L'action combinée des forces françaises et américaines conduit à la victoire décisive de Yorktown, en 1781.

En 1783, le traité de paix est signé à Paris, donnant à la France le contrôle des rives du Mississippi, à l'Espagne la Floride et aux Etats-Unis la reconnaissance officielle. Mais les finances de la France sont anéanties par l'aventure américaine. Même si la France et l'Espagne parviennent à devenir, pour un temps, les puissances maritimes majeures, le Royaume de France s'engouffre dans le cercle vicieux de la dette publique.

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Maximilien de Robespierre (1758-1794) était une figure détestée au Royaume-Uni en raison de son rôle dans la Terreur (1793-1794)

Au cours de la Révolution française, les idées antimonarchistes suscitaient la panique au sein des cours européennes. Alors que la France était plongée dans le chaos, le Royaume-Uni profitait de la faiblesse temporaire de son voisin pour entretenir la guerre civile française et construire une nouvelle force de guerre navale. La Révolution était initialement populaire au sein des Britanniques : elle affaiblissait la France et prenait pour base les idéaux libéraux britanniques. Tout changea à l'arrivée des Jacobins au pouvoir et le début du règne de la Terreur.

La France était accusée de vouloir répandre les idées révolutionnaires et républicaines à travers l'Europe, Royaume-Uni compris. Si les Britanniques sont initialement restés en dehors de la guerre, le nationalisme expansionniste français va rapidement les motiver à former des alliances.

Après l'exécution de Louis XVI, en 1793, le Royaume-Uni déclare la guerre à la France. Mis à part une pause brève entre 1802 et 1803, la guerre s'étend sur presque 21 ans. Durant cette période, les Britanniques vont mener sept coalitions contre les Français, formées de nations européennes opposées à la Révolution. Mais la capacité de la France à lever de gigantesques armées et des états satellites à l'image de la République batave, va contrarier les prétentions britanniques.

En 1798, les forces françaises vont se lancer à l'invasion de l'Irlande, aidant les Irlandais unis entrés en rébellion contre le gouvernement de Londres. Cependant, les loyalistes irlandais et les Britanniques vont venir à bout de cette tentative. La peur de nouvelles tentatives d'invasion des îles britanniques conduit le pays à déclarer un nouvel acte d'union, cette fois-ci entre le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et le Royaume d'Irlande.

La politique britannique était de financer et d'aider diplomatiquement ses alliés, engagés sur le continent contre les Français. Mais la conscription française permit d'annuler l'effet de ces aides. Après l'exécution du roi, de nombreux officiers quittèrent la France pour un exil, laissant la place à une génération bien plus jeune et populaire à l'image du général Napoléon Bonaparte. Le Royaume-Uni se repose alors exclusivement sur sa marine de guerre, la Royal Navy, qui parvient à défaire son homologue française lors de la bataille d'Aboukir, en 1798, piégeant le corps expéditionnaire de Bonaparte en Egypte. En 1799 cependant, Napoléon parvient à rentrer en France et à prendre le pouvoir, créant le Consulat. Face à la Seconde coalition, Napoléon l'emporte lors de la bataille de Marengo (1800). Le traité d'Amiens de 1802, largement favorable à la France, est signé avec le Royaume-Uni, instaurant une paix précaire. Mais le Royaume-Uni repart en guerre suite à l'hégémonie française sur le continent et les velléités guerrières de Napoléon à l'égard du pays. En 1803, suite à la réorganisation de la Suisse en république sœur de la France, le Royaume-Uni déclare la guerre.

Les guerres napoléoniennes : l'apogée de la rivalité franco-britannique[modifier | modifier le code]

Napoléon Bonaparte (1769-1821)

En 1804, Napoléon est sacré "empereur des Français" à Notre-Dame de Paris. Alors qu'il prépare l'invasion de l'Angleterre, l'Autriche et la Russie sont liguées contre lui sous l'égide du Royaume-Uni. Faisant volte-face, de Boulogne-sur-Mer à Austerlitz, Napoléon anéanti la troisième coalition, le 2 décembre 1805. Il doit cependant renoncer à l'Angleterre, la flotte franco-espagnole ayant été défaite à Trafalgar peu avant. Napoléon est une nouvelle fois l'objet de déclarations de guerre : en 1806, la Prusse et la Russie s'engagent dans un nouveau conflit. L'Empereur fait voler en éclat l'Empire romain germanique millénaire et le réorganise en Confédération du Rhin, un état satellite. Il entre à Berlin avant d'obtenir la paix contre les Russes, en 1807. Entre 1808 et 1812, l'Europe est française. Les Britanniques le refusent et financent la guérilla espagnole et portugaise contre la France.

C'est finalement Napoléon lui-même qui va mettre un terme à cette situation en lançant l'invasion de la Russie, en 1812. Depuis la paix signée entre les deux pays, un blocus continental destiné à frappé le commerce anglais avait été mis en place par la France et ses pays alliés comme satellites. La Russie ne respectant pas ce blocus, comme tous les pays indépendants d'Europe, est attaquée par une Grande Armée forte de 600 000 hommes. Même si Moscou est prise, la Russie profite de l'hiver et de la politique de la Terre Brûlée pour anéantir son adversaire.

En 1813, la France est au bord de la défaite : l'Espagne est devenu un bourbier sans nom quand les troupes russes, prussiennes et autrichiennes sont aux portes de l'Empire. Un an plus tard, la France est envahie et vaincue. Napoléon est envoyé en exil sur l'île d'Elbe. Malgré une évasion et un retour en grâce sur le sol français, l'Empereur est vaincu à Waterloo, en 1815. Le Royaume-Uni remet les rois Bourbons en place et envoi Napoléon sur l'île de Sainte-Hélène pour y mourir. Si la fin des guerres napoléoniennes marque la paix entre la France et le Royaume-Uni, la rivalité est toujours aussi forte entre les deux nations.

Guerre, paix et alliance : de Waterloo à l'Entente cordiale (1815 - 1914)[modifier | modifier le code]

France et Royaume-Uni furent alliés lors de la Guerre de Crimée (1853-1856). Durant la charge de la cavalerie légère britannique qui fut un échec, les Français permirent aux Britanniques de s'échapper en vie.

La défaite de Napoléon et de la France marque l'avènement d'une hyperpuissance mondiale : le Royaume-Uni. Le pays est la première puissance militaire, financière et culturelle du monde, en 1815. Un siècle de paix commence sous le nom de "Pax Britannica" (la paix britannique). Quant à la France, elle se remet de "l'Ordre de Vienne" (un ordre géopolitique mis en place suite au congrès de Vienne) et des saignées de la Révolution. Alors que le Royaume-Uni se lance à l'assaut de l'Asie et de l'Océanie, la France regarde l'Afrique proche avec convoitise.

C'est également à cette époque que les plaisanteries stéréotypées se développent au sein des deux pays, du moins, c'est alors qu'elles deviennent célèbres. Ainsi, le corsaire français Robert Surcouf se voit rétorqué par un officier britannique de la Royal Navy : Vous, les Français, combattez pour l'argent, alors que nous, les Britanniques, combattons pour l'honneur. Ce à quoi Surcouf répliqua : Monsieur, un homme ne se bat que pour ce qui lui manque le plus. D'après une autre histoire, un diplomate français aurait dit à Lord Palmerston : Si je n'étais pas un Français, j'aurais souhaité être un Anglais. Ce à quoi le Britannique répliqua : Je n'étais pas un Anglais, j'aurais souhaité être un Anglais. Enfin, après la désastreuse charge de cavalerie britannique au cours de la guerre de Crimée contre la Russie, le maréchal français Pierre Bosquet aurait dit : C'est magnifique, mais ce n'est pas la guerre. C'est également à ce moment que les Anglais reçurent comme sobriquet : "Rosbif", en référence aux préférences culinaires des Britanniques mais aussi de leur uniforme rouge sur le champ de bataille.

En 1848, la France redevient une république. L'accession au pouvoir du neveu de Napoléon, Louis-Napoléon Bonaparte, d'abord élu président de la République avant de devenir empereur des Français, en 1852, fait resurgir les pires craintes britanniques. Mais l'anglophilie de l'Empereur rassure Londres. Celui-ci préfère les conquêtes coloniales aux conquêtes européennes : c'est le cas de l'Indochine par exemple. Napoléon III et la reine Victoria du Royaume-Uni sont sans doute les artisans principaux de la réconciliation franco-britannique. Ainsi, entre 1853 et 1856, les deux nations sont alliées contre la Russie impériale au cours de la guerre de Crimée avec des résultats plutôt positifs. Les deux pays vont aussi coopérer lors de la Seconde guerre de l'opium contre la Chine impériale. Un traité de commerce très libéral est même signé entre les deux pays en 1860, ce dans le but, pour Napoléon III, de moderniser les entreprises nationales en les mettant en concurrence avec un Royaume-Uni entré de plein pied dans la révolution industrielle.

Durant la Guerre de sécession, les deux monarchies restent en dehors du conflit mais supportent la Confédération sudiste, en raison des exportations de coton en provenance de celle-ci. Mais l'alliance de fortune entre France et Royaume-Uni est très fragile et se brise à deux reprises. En 1861-1867 d'abord, lors de l'intervention française au Mexique où les Français se retrouvent isolés. Et en 1870-1871, lorsque la France entre en guerre contre la Prusse et les Etats allemands alliés. Malgré cela, Napoléon III ira trouver l'exil en Angleterre pour y passer ses dernières années.

Dessein représentant l'Entente cordiale. Un Allemand (premier-plan à gauche) regarde passer un Britannique aux bras d'une Française (XIXème siècle)

La fin du XIXème siècle est marqué par des tensions coloniales entre le Royaume-Uni et la République française, désireuse de se constituer un empire colonial puissant mais aussi de faire oublier la défaite de 1870-1871. Malgré de nombreuses tensions locales, les forces françaises et britanniques n'iront jamais jusqu'à la guerre ouverte.

Cette situation de paix entre les deux pays, rare puisque durant depuis presque un siècle, amène les Français à s'intéresser à la culture britannique et inversement. Les Britanniques découvrent la gastronomie et les vins français quand les Français découvrent les sports d'outre-Manche comme le rugby ou le football. Le français est enseigné comme seconde langue vivante au Royaume-Uni quand l'anglais l'est en France. Ce rapprochement est concomitant de la naissance de la puissance allemande en 1871 qui menace l'équilibre européen et l'intégrité du territoire français. Ainsi, des événements franco-britanniques sont mis en place comme la première traversée de la Manche en aéroplane par Louis Blériot, en 1909. Une Entente cordiale se met en place, qui se solde par une alliance militaire, en 1904.

La Grande Guerre (1914-1918)[modifier | modifier le code]

Entre 1914 et 1918, Français et Britanniques sont alliés contre les Puissances centrales après que la Belgique et une partie du nord de la France ont été envahies par l'armée allemande. La coopération entre les deux pays est très forte au cours de la guerre. Incapables de briser la puissance combinée des principales puissances alliées que sont la France, le Royaume-Uni, la Belgique, et plus tard les Etats-Unis, et frappés par des troubles intérieurs, les Allemands sont amenés à capituler en novembre 1918.

L'Entre-deux-guerres (1918-1939)[modifier | modifier le code]

Les Empires français et britanniques en 1920.

Après la guerre, les Français et les Britanniques affichent une ligne commune au traité de Versailles. Les deux pays sont désireux d'affaiblir l'Allemagne, s'opposant à la position américaine bien plus modérée. La chute de l'Allemagne est aussi une occasion unique d'agrandir les empires coloniaux respectifs des deux nations, s'opposant là encore à la position américaine d'autodétermination. L'amitié franco-britannique se voit à la visite du président du Conseil Georges Clemenceau à Londres, accueilli par une population britannique en liesse. De même, le premier ministre Lloyd George reçut un accueil similaire à Paris.

Les deux nations rejoignent la Société des nations, se partagent le Moyen-Orient via des protectorats et des mandats, mais se distinguent peu à peu quant à leurs positionnements géopolitiques. La France se voit comme une puissance européenne quand le Royaume-Uni développe ses relations avec l'Australie, le Canada ou encore la Nouvelle-Zélande, rêvant d'un marché commun au niveau de leur empire colonial. Les deux nations entament également une rivalité économique : le président du Conseil et ministre des Finances Raymond Poincaré dévalue le franc pour le stabiliser et profite alors d'un avantage financier sur le Royaume-Uni durant les années 1920.

La France et le Royaume-Uni se retrouvent sur un point essentiel : l'Allemagne. Si les années 1920 sont marquées par un rapprochement et un apaisement (malgré des tensions entre la France et l'Allemagne), les années 1930 marquent un tournant. L'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler conduit à une coopération diplomatique accrue pour limiter l’agressivité allemande. Cependant, l'opinion publique rejette catégoriquement toute idée de guerre, profondément marquée par la Grande Guerre et son bilan humain. Les deux démocraties se montrent incapables de résoudre la crise diplomatique qui voit la montée en puissance de l'Allemagne et de l'Italie. Le pacifisme se manifeste de manière différente au Royaume-Uni : le pays ne craint pas une invasion directe de son territoire et accepte finalement de reconnaître à l'Allemagne le droit de posséder une armée et une marine. Le traité naval germano-britannique de 1935 autorise l'Allemagne à renforcer sa marine de guerre, en violation du traité de Versailles. Le front de Stresa vole en éclat et la France se retrouve de plus en plus isolée.

Durant les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale, les deux nations tentent d'apaiser l'Allemagne sans succès. Alors qu'Hitler s'empare de territoires et que ses intentions deviennent claires, la France pousse l'Angleterre à une politique bien plus dure. Mais les Britanniques refusent le chemin de la guerre, croyant en la diplomatie. Cette diplomatie conduit à la conférence de Munich (1938) qui sacrifie la Tchécoslovaquie pour la paix. En 1939, les deux pays sont assurés de la marche vers la guerre.

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945)[modifier | modifier le code]

La Guerre froide et l'intégration au bloc de l'Ouest (1945-1958)[modifier | modifier le code]

La présidence Charles de Gaulle : l'amour vache (1958-1969)[modifier | modifier le code]

Entre alliances et différents (1969 à nos jours...)[modifier | modifier le code]

Si du Moyen Âge jusqu'à l'époque moderne les Britannique étaient considérés comme les « ennemis traditionnels » de la France (guerre de Cent Ans, guerre de Sept Ans, guerres de la Révolution française, guerres napoléoniennes...) elles se sont améliorées au début du XXe siècle. Les deux pays ont ainsi été alliés pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale. Les relations bilatérales restent aujourd'hui excellentes, les deux pays étant membres de l'Union européenne et de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN).

Relations économiques[modifier | modifier le code]

La France est le troisième partenaire économique du Royaume-Uni derrière les États-Unis et l'Allemagne. Le montant des exportations britanniques vers la France s'élevait en 2011 à 18,905 milliards de livres sterling tandis que le montant des exportations françaises vers le Royaume-Uni s'élevait à 19,138 milliards de livres sterling. Selon le Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth, 19,3 millions de citoyens britanniques (soit environ un tiers de la population) visitent la France chaque année.

Références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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