Congrès d'Aix-la-Chapelle (1818)

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Le congrès d'Aix-la-Chapelle s'est tenu du 29 septembre au entre la France et les principales puissances occupantes (Prusse, Autriche, Angleterre, Russie), le but étant de réviser et solder le traité de Paris (1815) dans le cadre du Concert européen.

Origine[modifier | modifier le code]

Après la chute du Premier Empire en 1814, et l'échec des Cent-Jours en 1815, le congrès de Vienne établissait l'ordre européen nouveau qui durera globalement jusqu'en 1848, c'est le traité de Paris signé en 1815 qui établit les conditions des défaites françaises.

Ici, la France redevenue une monarchie constitutionnelle — restaurée — se trouve soumise à une occupation sévère de son territoire. Après trois années de politique docile, et un effort diplomatique particulier qui lui assure le soutien russe, elle en appelle donc à un nouveau congrès réunissant les puissances occupantes (Prusse, Autriche, Angleterre, Russie, et d'autres petits royaumes), dans l'objectif d'alléger le poids des sanctions des défaites successives de 1814 et 1815, d’un Empire auquel elle ne se sent pas liée, même si elle en hérite en ses fonctionnements administratifs notamment.

Représentants[modifier | modifier le code]

Autrichiens :

Britanniques :

Français :

Prussiens :

Russes :

Le contenu[modifier | modifier le code]

La France, soutenue par la Russie, obtient :

  • une « diminution des indemnités » de guerre à payer ;
  • l'avancement du « retrait des forces d'occupations » alliées (Russes et Prussiens) de France : Saint-Mihiel et Bar-le-Duc sont libérés ;
  • le règlement de divers points de frontières, notamment de conserver les places fortes flamandes de Bourbourg et de Bergues, qui ne furent donc pas incorporées aux Pays-Bas[1] ;
  • « l'admission de la France dans la Sainte-Alliance » formée en 1815 entre le Royaume-Uni, l’Autriche, la Prusse et la Russie. Cette Sainte-Alliance dure jusqu'en 1824, année où Canning en retire le Royaume-Uni pour se rapprocher des États-Unis.

Sous la pression des Britanniques, qui avaient déjà pris une mesure similaire dès 1807, l'abolition de la traite des Noirs sur les navires européens est exigée ainsi que la lutte contre la piraterie en Méditerranée. Mais cette entente supposant la présence accrue de la flotte britannique dans cette zone, les puissances alliées ne trouvèrent point d'accord, rencontrant notamment l’opposition des Russes. L'esclavage fut d’ailleurs maintenu. En 1819, une flotte franco-anglaise fut envoyée à Alger pour annoncer au dey que les puissances européennes avaient décidé d'interdire l'esclavage et combattre les actes de piraterie.

On y discuta également des conditions de traitement de Napoléon Bonaparte à Sainte-Hélène, du sort de la principauté de Monaco, et de celui de certaines colonies espagnoles : sur ce dernier point, les Britanniques établirent leur véto.

Ce congrès marque la volonté des principales puissances européennes à tenter de proposer un modèle de gouvernance stable pour l'ensemble de cette zone géographique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aymard Drieux et Yves Lemaire, Brouckerque, Coppenaxfort, 2005, (ISBN 2-9525621-0-5)
  • Mark Jarrett, The Congress of Vienna and its Legacy: War and Great Power Diplomacy after Napoleon, London, I. B. Tauris & Company, Ltd., (ISBN 978-1780761169).
  • Histoire de l'Algérie à la période coloniale, La Découverte, 2012.