Traité de Brest-Litovsk

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Territoire occupé par les puissances centrales après le traité de Brest-Litovsk
Le traité de Brest-Litovsk
Signature de l'armistice germano-russe du , avec à gauche le commandant des opérations du front de l'Est (Maréchal général Prince Léopold de Bavière) et à droite la délégation soviétique bolchévique russe (Adolf Joffe, Leo et Kamenev Bitsenko (selon la légende de la photo conservée par les archives fédérales allemandes).
Édition spéciale de Lübeckischen Anzeigen

Le traité de Brest-Litovsk fut signé le entre les gouvernements des empires centraux, menés par l'Empire allemand et la jeune république russe bolchevique, issue de la Révolution d'Octobre en Russie, dans la ville de Brest-Litovsk et mit fin aux combats sur le front de l'Est.

Contexte général[modifier | modifier le code]

Dès le début de l'année 1917, la population russe, dans son immense majorité souhaite la fin de la Première Guerre mondiale. Ce désir de paix est une des causes immédiates des deux Révolutions russes.

Il faudra attendre la Révolution d'Octobre et l'arrivée au pouvoir des bolcheviks pour qu'un décret de paix soit ratifié par le Congrès des Soviets le . Le 7 novembre, Trotsky, en tant que commissaire du Peuple aux Affaires étrangères, propose aux Alliés et aux Empires d'Europe centrale une paix générale ; le lendemain, le Reich est le seul belligérant à donner suite au télégramme envoyé la veille[1]. Pour ces derniers, et en particulier pour l'Empire allemand, une paix séparée permettrait de se concentrer sur un front unique à l'ouest, où l'apport de troupes supplémentaires pourrait être décisif.

Au début du mois de décembre, les diplomates allemands et autrichiens espèrent la signature rapide d'un article, préalable à une paix de victoire sur le front oriental[2].

Négociations entre le nouveau pouvoir russe et le Reich[modifier | modifier le code]

Les négociations ne débutent que le 9 décembre, par des pourparlers auxquels les Alliés ne prennent pas part.

Projets allemands et aspirations bolcheviques[modifier | modifier le code]

Le Reich poursuit à l'encontre du gouvernement bolchevique les mêmes objectifs que ceux poursuivis à l'époque du Tsar ou du gouvernement provisoire[3]. Le Reich défend la libre disposition des provinces baltes, de la Finlande, de l'Ukraine et du Caucase, autant de buts de guerre du Reich et de ses alliés[3]. De plus, les militaires souhaitent pouvoir disposer de sources d'approvisionnement en métaux rares et en matières premières, minières pour l'industrie de guerre, et agricoles pour les populations du Reich et de ses alliés[4]. Ainsi, au mois de décembre 1917, les représentants de l'industrie métallurgique du Reich expriment, dans un courrier adressé à Hindenburg, leurs objectifs en Russie  : tous souhaitent la prise de contrôle par le Reich d'un certain nombre de bassins miniers, en Ukraine (ce qui donne à l'avance allemande en Ukraine en février 1918 une dimension non seulement politique mais surtout économique[5]), dans le Caucase[4] : Thyssen, par exemple, souhaite non seulement contrôler totalement les mines de manganèse de Tschiaturi, dans le Caucase russe, et de Krivoirog, mais aussi faciliter le transport des minerais extraits de ces mines vers le Reich[6].

À ces projets allemands, de nature à donner au Reich des bases solides en vue de la recherche de la puissance, répondent les projets bolcheviques, marqués par la volonté émancipatrice internationaliste de la recherche d'une paix sans annexion ni indemnité, dans laquelle semblent se couler les projets austro-allemands, préparés par Czernin, caduques avant même leur acceptation, en raison des conditions préalables[7]; ces propositions, qui leurrent une partie de la délégation russe, suscitent dans le Reich une forte opposition, de la presse comme du haut-commandement, ce qui oblige les représentants des puissances centrales à lever les dernières illusions russes, les 26 et 27 décembre 1917, par une formulation abrupte des objectifs allemands[8].

Les négociations[modifier | modifier le code]

Les pourparlers débutent à Brest-Litovsk le 22 décembre 1917 entre la délégation russe conduite par Joffe (rapidement remplacé par Trotsky[9]), et une délégation de représentants du Reich et de ses alliés, dans laquelle Ottokar Czernin, alors ministre austro-hongrois des Affaires étrangères[10], joue un rôle important[7].

Parallèlement aux négociations avec la Russie se déroulent des négociations avec l'Ukraine, nouvellement indépendante, mais en pleine guerre civile entre le gouvernement de Karkhov, d'inspiration bolchevik, et le gouvernement issu de la Rada. Le gouvernement du Reich propose la cession par l'Autriche-Hongrie de la Galicie orientale à la nouvelle république, ou au moins son autonomie au sein de l'Empire d'Autriche[11]. Les négociations devant aboutir au traité sont menées sous la pression, celle exercée par la double-monarchie, au bord de la famine et de l'effondrement, selon Czernin[12], qui espère de cette paix l'assurance de livraisons de denrées alimentaires, quelles qu'en soient les conséquences à moyen ou à long terme, selon le mot même du ministre commun des Affaires étrangères, pour son pays[13] et celle exercée par le gouvernement de la Rada, qui voit dans cet accord un moyen de reprendre le dessus dans la guerre civile qui l'oppose aux bolcheviks, qui viennent de prendre Kiev[13].

Mais l'Ukraine n'est pas le seul État avec lequel traitent les puissances centrales. Elles sont dans le même temps en pleines négociations de paix avec le pouvoir qui s'est mis en place en Russie après la Révolution d'Octobre.

Les Négociations débutent dès le début du mois de décembre 1917, mais le 28 décembre, les Allemands exposent les revendications des puissances centrales à l'égard de la Russie, qui entraîne un arrêt des négociations, la délégation russe étant obligée de retourner à Petrograd pour consulter le gouvernement[14].

À la surprise générale, alors qu'Alliés et Allemands ne s'attendent pas à un retour de la délégation russe, celle-ci revient à la négociation, avec Trotski à sa tête. Ce dernier tente de donner un nouveau souffle aux négociations, utilisant la paix comme outil de propagande[15]. Dans le même temps, il se montre coriace sur les cessions de territoire et sur les modalités d'organisation des plébiscites qui doivent avoir lieu, tente de mettre en place une propagande à destination des soldats allemands cantonnés sur le Front de l'Est[15].

Le 18 janvier, lassé des atermoiements et des longs discours des représentants russes, le général Hoffman, négociateur allemand, expose sans fard les revendications territoriale du Reich : Les Pays baltes dans leur totalité, auxquels s'ajoutent ce qui avait été demandé aux Russes lors des premières négociations, le 18 décembre[15]; cette nouvelle demande cause une suspension des négociations, chaque négociateur retournant dans sa capitale[16].

Les dernières négociations, à la fin du mois de février 1918, se déroulent dans un climat marqué par l'augmentation constante des demandes allemandes, qui insistent sur le contrôle de l'Estonie et de la Livonie, en plus de ce qui avait été décidé, par la formulation de contre-propositions françaises, repoussées de justesse par une faible majorité des membres du comité central du POSDR et par le traité de paix avec l'Ukraine[17]. En effet, le traité de paix avec l'Ukraine, qui reconnait l'existence du gouvernement de la Rada, mis à mal par la prise de Kiev par les troupes bolcheviques du gouvernement de Karkhov, n'est pas reconnu par le gouvernement russe, puisque, selon lui, l'Ukraine fait encore partie de la Russie, et reconnaitre son indépendance revient à s'immiscer dans les affaires intérieures russes[18].

Les points d'achoppement[modifier | modifier le code]

Le 10 février, la délégation russe, en accord avec les dirigeants bolchéviques, refuse le traité proposé par l'Allemagne. Celui-ci en effet n'a rien de la « paix démocratique » sans annexions ni indemnités de guerre, reconnaissant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes demandé par les Bolcheviks. Ils espéraient ainsi montrer au monde entier que le nouveau pouvoir en Russie ne se place pas sur le terrain des luttes entre impérialistes qui ignorent les aspirations des populations.

Ils espéraient également que le réveil de la classe ouvrière allemande (qui n'intervient qu'après la reconnaissance de la défaite à l'Ouest, en Novembre 1918), qui s'était déjà manifesté par des grèves importantes fin 1917 et début 1918, empêcherait les armées impériales de continuer les combats.

Cependant, la solution d'attente « ni guerre, ni paix » ne tient pas : la révolution tarde en Allemagne, et le 21 février les troupes allemandes reprennent leur avancée en Russie, occupent les pays baltes et l'Ukraine dont les ressources agricoles pourront compenser le blocus allié. Les Bolcheviks sont alors contraints par Lénine d'accepter les conditions humiliantes qui leur sont imposées.

La politique allemande à l’Est : novembre 1917 - mars 1918[modifier | modifier le code]

Dans un contexte marqué par une alliée de plus en plus affaiblie par le conflit, par la publication de la proclamation de Lénine peu de temps après la prise du pouvoir par les Bolcheviks, et des 14 points du président Wilson, les Allemands et leurs alliés cherchent à mettre en œuvre une politique en apparence conforme aux droits des peuples. Ainsi, ils encouragent le séparatisme ukrainien, y compris en suscitant de nombreuses inquiétudes chez leur allié austro-hongrois[11]; dans les régions baltes, les militaires allemands suscitent des appels au secours des populations de Livonie, de Courlande et d'Estonie, en réalité des appels des membres de la noblesse et de la bourgeoisie germano-baltes en butte aux revendications des populations baltes[19], ce dont la gauche allemande n'est pas dupe[20].

Les Allemands encouragent également les nationalistes finlandais à se séparer de la République de Russie : à la demande du gouvernement replié, après la prise d'Helsinski par l'Armée rouge, à Vaasa, le Reich fournit non seulement des armes, mais aussi des soldats, recrutés parmi les chasseurs finlandais, rendus disponibles par un ordre de Ludendorff[21]. Le gouvernement finlandais se rapproche du Reich, expose en novembre 1917 puis en février 1918, sa vision de l'avenir de la Finlande indépendante, appuyée sur le Reich[22]. Au mois de février, le gouvernement finlandais demande l'assistance du Reich dans le conflit qui l'oppose aux bolcheviks finlandais. En échange d'accords politiques, militaires et économiques doivent être négociés, plaçant théoriquement les deux partenaires sur en pieds d'égalité, mais en réalité intégrant la Finlande dans la zone d'influence allemande[21].

De plus, à partir du mois de février, la paix avec la nouvelle Ukraine signée, les puissances centrales disposent non seulement des richesses ukrainiennes, mais aussi d'un moyen de pression sur les négociateurs russes, puisqu'un traité de paix a été signé, et les dirigeants allemands ont à leur disposition un prétexte pour avancer vers l'Est. L'armistice avec la Russie n'étant valable que jusqu'au 17 février[23], l'avance allemande, qualifiée à l'occasion par Hoffmann, un des négociateurs allemands, de promenade militaire en train et en auto[24] ou de guerre la plus comique qu'il a[it] vécue, tant cet officier est amusé par les modalités de l'avance allemande (un détachement légèrement armé embarque dans un train, prend la première ville sur la ligne, attend le détachement en charge de l'occupation, puis repart)[25], reprend, malgré les réactions des dirigeants bolcheviks[5]. En Ukraine, les troupes austro-allemandes doivent cependant compter avec une résistance de la Garde Rouge ukrainienne et de la légion tchécoslovaque[5]. Cette avance incite davantage encore Lénine à accepter la paix en cours de négociation, craignant une nouvelle guerre étrangère et ses conséquences pour le gouvernement qu'il dirige, même si les troupes allemandes ont pour consigne de s'arrêter à Wenden[13], la ville de Narva, à 150 kilomètres de Pétrograd, est cependant atteinte par les troupes allemandes le 26 février[17].

La défaite bolchevique : la signature des traités et leur ratification[modifier | modifier le code]

Le 6 février, le traité de paix entre l'Ukraine et les puissances centrales, la paix alimentaire, selon le mot de Czernin, est signé, malgré l'opposition du gouvernement de Karkhov, soutenu par le gouvernement de Lénine[26]. Sa ratification est soumise, du côté autrichien, par les livraisons auxquelles s'est engagé le gouvernement de la Rada[13].

Le traité, que les représentants russes, revenus le 26 février, se refusent à examiner[17], est signé le , sous la pression de l'avance allemande qui a repris au mois de février. Il est ratifié le 18 mars par les Russes après de violentes discussions entre bolcheviks, alors que les discussions au Reichstag à Berlin portent sur les modalités de la reprise de l'avance allemande du mois de février[27].

Implications[modifier | modifier le code]

Article de The New York Times du février 1918 sur les impacts du Traité de Brest-Litovsk

Par ce traité, la République populaire ukrainienne est reconnue tant par l'Allemagne et ses alliés que par la Russie soviétique. Cependant, le pays est alors en pleine guerre civile entre le gouvernement de la Rada, qui a signé le traité, et le gouvernement de Karkhov, soutenu par les Bolcheviks : pour donner au traité une dimension réelle, les puissances centrales doivent intervenir dans la guerre civile ukrainienne[26]. Les décisions du Conseil de Hombourg, le 13 février 1918, la reprise de l’avance sur le front de l’Est, et leur mise en application en Ukraine, tranchent la question et tendent à transformer l’Ukraine en dépendance économique du Reich, contrepartie de la réinstallation du gouvernement de la Rada[27]. Les Allemands aident Pavlo Skoropadsky à renverser le régime républicain et à installer un gouvernement monarchiste, qui se maintient jusqu'à la retraite des forces allemandes en novembre 1918.

La Biélorussie passe sous l'administration directe d'Allemagne. Les nationalistes de gauche proclament alors la République populaire biélorusse, qui n'a jamais su établir sa souveraineté sur l'ensemble du territoire.

Les Pays baltes et la Pologne sont contrôlés par l'Allemagne.

D'autre part, le gouvernement bolchevique doit verser au Reich une indemnité de 94 tonnes d'or.

À son tour, l'Empire ottoman obtient les régions de Kars et de Batoum.

Par ailleurs, les renforts allemands ne parvinrent que tardivement en France, du fait des distances énormes et des nécessaires temps de récupération. Ils permirent une offensive, repoussée lors de la seconde bataille de la Marne en juillet 1918, qui ne put être exploitée par manque de cavalerie, celle-ci étant restée à l'Est, pour contrôler les immenses territoires annexés (environ un million de kilomètres carrés).

Avec la révolution allemande et l'armistice du 11 novembre 1918, le traité fut dénoncé par le pouvoir soviétique de Moscou dès le 13 novembre 1918, l'Armée Rouge franchissant la ligne de démarcation le 17 novembre 1918, ne faisant que suivre la retraite des armées allemandes en évitant tout contact. Durant la guerre civile russe (1918-1921), l'Armée rouge reprit l'Ukraine et la Biélorussie, tandis que l'or versé à l'Allemagne sera reversé à l'Entente en tant que compensation (conformément aux clauses du traité de Versailles).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, Paris, Trévise,‎ 1970 (édition française), 653 p.
  • (fr) Jean-Jacques Marie, La guerre civile russe 1917_1922, Edition Autrement - Collection Mémoires, Paris, 2005 (cf p. 91)
  • (fr) Marc Ferro, La Révolution de 1917, Paris, Edition Aubier, 1967
  • (fr) Eric J. Hobsbawn, L'Âge des extrêmes. Histoire du court XXème siècle, Bruxelles, Complexe, 1999
  • (fr) Pierre Renouvin, La crise Européenne et la Première Guerre mondiale, Paris, Presses universitaires de France, 1934 (Ed. Utilisée, 1962).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.478.
  2. Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.480.
  3. a et b Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.485.
  4. a et b Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.486.
  5. a, b et c Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.504.
  6. Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.487.
  7. a et b Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.490.
  8. Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.491.
  9. Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.495.
  10. Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.16.
  11. a et b Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.499.
  12. Pierre Renouvin, La Crise Européenne et la Première Guerre Mondiale, p.528.
  13. a, b, c et d Pierre Renouvin, La Crise Européenne et la Première Guerre Mondiale, p.529.
  14. Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.492.
  15. a, b et c Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.496.
  16. Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.497.
  17. a, b et c Pierre Renouvin, La Crise Européenne et la Première Guerre Mondiale, p.530.
  18. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées fisher529.
  19. Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.503.
  20. Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.506.
  21. a et b Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.511.
  22. Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.510.
  23. Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.501.
  24. rapportée par Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.504.
  25. rapportée par Pierre Renouvin, La Crise Européenne et la Première Guerre Mondiale, p.529.
  26. a et b Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.500.
  27. a et b Fritz Fischer, Les Buts de Guerre de l'Allemagne Impériale, p.505.