Relations entre la France et la Syrie

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Relations entre la France et la Syrie
Drapeau de la France
Drapeau de la Syrie
France et Syrie
France Syrie
Ambassades
Ambassade de France en Syrie
  Ambassadeur Éric Chevallier
Ambassade de Syrie en France
  Ambassadeur Lamia Chakkour

Les relations entre la France et la Syrie désignent les relations diplomatiques entre la République française et la République arabe syrienne. La France disposait d'une ambassade à Damas (jusqu'en mars 2012) ainsi qu'un consulat général à Alep et à Lattaquié. La Syrie dispose quant à elle d'une ambassade à Paris et de consulats à Marseille et Pointe-à-Pitre.

La guerre civile syrienne marque toutefois un frein à ces relations, la France dénonçant les massacres commis par le régime de Bachar el-Assad.

Histoire des relations franco-syriennes[modifier | modifier le code]

XIXe siècle: un lieu tout désigné pour les arabophiles et les orientalistes[modifier | modifier le code]

C'est sous le règne de l'Empereur Napoléon III que la France manifeste pour la première fois un vif intérêt pour les territoires de la Syrie actuelle. En effet, influencé par les arabophiles Barthélémy Prosper Enfantin et Ismaÿl Urbain, l'Empereur souhaite créer une entité politique arabe, dirigée depuis Damas par l'émir Abd el-Kader, qui, vaincu en Algérie, a élu résidence en Syrie.

1920-1946: le mandat français sur la Syrie et le Liban[modifier | modifier le code]

La Syrie se voit être sous administration française de 1920 à 1946, sous mandat de la Société des Nations. Depuis l'indépendance en 1946, les relations restent importantes entre les deux parties mais peuvent devenir houleuses par répercussion d'évènements au Moyen-Orient.

Seconde moitié du XXe siècle: les relations franco-syriennes à l'épreuve du nassérisme, du panarabisme et du terrorisme[modifier | modifier le code]

La Syrie rompt ses relations diplomatiques avec la France à la suite de la crise du canal de Suez en 1956 (agression par la France, Israël et le Royaume-Uni de l’Égypte nassérienne, qui fait suite à la nationalisation du canal). Les relations sont rétablies en 1961 après l'épisode de la République arabe unie. À l'occasion de la guerre des Six Jours, la France affirme sa politique pro-arabe et adopte une position intransigeante vis-à-vis d'Israël. En 1973, suite à la guerre du Kippour, la France est écartée par les États-Unis et l'Union soviétique des pourparlers de paix.

Les relations se gâtent de nouveau lors de la guerre civile au Liban. La France approuve tout d'abord l'intervention syrienne dans le cadre de la Force arabe de dissuasion en 1976. Mais rapidement, elle critique l'ingérence syrienne, notamment du fait de l'alliance de la Syrie avec la République islamique d'Iran.

L'ambassadeur de France au Liban, Louis Delamare, est assassiné le 4 septembre 1981 et les soupçons se dirigent vers la Syrie. En 1982, le Président de la République Française François Mitterrand ne condamne pas le massacre de Hama, au cours duquel les Frères musulmans sont férocement réprimés par Hafez el-Assad. En 1983, un nouvel attentat a lieu à Beyrouth, et la Syrie est de nouveau accusée. Ceci n'empêche pas François Mitterrand de se rendre en Syrie l'année suivante.

Sous la présidence de Jacques Chirac (1995-2007)[modifier | modifier le code]

Le 7 novembre 1999, Jacques Chirac reçoit à l’Élysée Bachar el-Assad. En 2000, il est le seul chef d’État de l'Occident à se rendre aux funérailles d'Hafez el-Assad. Il soutient néanmoins en 2004 la résolution 1559 du Conseil de Sécurité des Nations unies, qui va à l'encontre des intérêts syriens au Liban. Ainsi, la tension reprend entre la France et la Syrie. En 2005, elle culmine avec l'assassinat du Premier ministre libanais Rafiq Hariri, proche ami de Jacques Chirac. La France accuse la Syrie et manœuvre pour l'isoler diplomatiquement.

Sous la présidence de Nicolas Sarkozy (2007-2012)[modifier | modifier le code]

Les relations reprendront un cours normal après la signature de l'accord de Doha en 2008. Ce changement a entraîné une succession de contacts et de visites bilatérales initiées par le président syrien Bachar el-Assad à l'occasion du sommet de l'Union pour la Méditerranée le et celle du président français Nicolas Sarkozy le .

Dans le contexte de la guerre civile syrienne, les relations sont marquées par un regain de tension (la France dénonçant les massacres commis par le régime syrien), se soldant par le rappel de l'ambassadeur français en Syrie, Éric Chevallier, par la fermeture des consulats généraux d'Alep et Lattaquié le 17 novembre 2011[1], et par l'expulsion de l'ambassadeur de Syrie en France, Lamia Chakkour, le 29 mai 2012.

Relations économiques[modifier | modifier le code]

La Syrie est un partenaire commercial modeste pour la France : elle occupe la 71e place dans le classement des exportations et la 57e place dans le classement des importations. Une forte baisse des exportations françaises a été le résultat du refroidissement des relations politiques bilatérales en 2005. Une reprise de la coopération financière est actuellement envisagée[2].

Relations culturelles[modifier | modifier le code]

Les deux pays entretiennent une forte coopération universitaire. La France est le premier partenaire de la Syrie dans ce secteur. 20 % des enseignants syriens d'université sont formés en France. La France est par ailleurs le deuxième pays d'accueil de pointe pour les étudiants syriens : on note la présence de plus de 3 000 étudiants en France, principalement dans les disciplines scientifiques[3]. Dans le domaine scientifique, la France dispose également d'une relation particulière avec l'État syrien à propos de l'archéologie : de nombreuses équipes conjointes actives sont présentes en Syrie.

Par ailleurs, la Syrie bénéficie d'une solide tradition de langue française, en particulier dans les milieux chrétiens. Le français connait une croissance significative depuis 2003, devenant la deuxième langue requise dans l'enseignement public syrien.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Manon-Nour Tannous, Chirac, Assad et les autres. Les relations franco-syriennes depuis 1946, Presses Universitaires de France, 400 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Paul Larrouturou, « Trente ans de relations complexes entre les présidents syriens et français », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Christophe Ayad, « Manon-Nour Tannous : « L’interminable recommencement des relations franco-syriennes est pathologique », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Catherine Calvet et Hala Kodmani, « Manon-Nour Tannous : «La relation entre la France et la Syrie est toujours faite d’arrière-pensées », Libération,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]