Nicolas Hénin

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Nicolas Hénin
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Nicolas Hénin, né le 7 novembre 1975 au Mans, est un journaliste français de presse écrite, radio et télévision. Il est le fils de l'universitaire Pierre-Yves Hénin et le petit-fils de Stéphane Hénin, ingénieur agronome et académicien.

Journaliste pigiste, il est également conférencier et consultant pour plusieurs administrations et médias, dont BFM TV.

Enlevé le et retenu otage en Syrie, il est libéré avec trois autres otages français, le [1].

Formation[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires au lycée Henri-IV où enseignait sa mère, et en classe préparatoire au lycée Fénelon, Nicolas Hénin obtient à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne une licence de géographie et une maîtrise d’histoire. Suivant des cours de langue arabe, il se spécialise très tôt sur le Moyen-Orient, avec un mémoire de maîtrise en histoire des relations internationales[2] sur le sujet suivant : « Les relations interarabes de l’Égypte et la paix séparée avec Israël : novembre 1977 », mémoire préparé lors d’un semestre de recherche au Caire, au CEDEJ (Centre d'études et de documentation économiques et juridiques). Ce contact initial avec le Proche-Orient est l’occasion de premières contributions, dont des reportages sur le conflit soudanais dans Jeune Afrique (1997) et un reportage photographique, publié dans le mensuel Arabies sur « le Yémen, un pays en armes » en novembre 1999.

À son retour, il est admis à l'Institut pratique du journalisme (IPJ) dont il sort diplômé de la promotion 1999[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

Nicolas Hénin travaille d’abord à l’agence de presse Infomedia, dont il démissionne en pour rejoindre l’Irak comme pigiste indépendant. Il couvre les mois d’avant-guerre puis l’intégralité de la période du conflit ouvert, notamment pour Radio France. Il couvre les suites du conflit, d’abord de Bagdad où il séjourne jusqu’à , puis d’Amman[2], où il se replie alors à la demande de la direction de Radio France, à la suite de l'enlèvement de Christian Chesnot et Georges Malbrunot[2]. À côté de ses interventions sur diverses chaines de radios (RFI, Radio France, Radio Canada, TSR, RTBF), il collabore à plusieurs organes de presse écrite dont Marianne et L'Hebdo de Lausanne.

Comme chef opérateur images et collaborateur à l’enquête, il contribue au film documentaire « Tonnerre roulant sur Bagdad » réalisé par Jean-Pierre Krief et diffusé sur Arte à l’occasion du dixième anniversaire du déclenchement du conflit[2].

Il effectue divers reportages sur d’autres crises ou conflits du monde arabe, dont le Soudan, la Somalie et le Yémen, tant comme correspondant de l’hebdomadaire Le Point[3] que pour des reportages télévisés, habituellement produits par l’agence Solas Films et diffusés sur Arte[4] ou d’autres télévisions francophones. Depuis le déclenchement des mouvements dits du « printemps arabe », Nicolas Hénin couvre les événements d’Égypte, de Libye, du Yémen puis de Syrie où il se rend à cinq reprises de 2011 à juin 2013.

Nicolas Hénin a été plusieurs fois nominé au Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre en radio (2004 et 2011), en reportage télévisé (2008) et en presse écrite (2013).

Il a reçu en septembre 2014 le Prix de la Fondation May Chidiac pour le courage en journalisme.

Il publie en mars 2015 Jihad Academy[5], un essai sur « nos erreurs face à l'État islamique », et Papa hérisson rentrera-t-il à la maison?, un conte pour enfants illustré par son compagnon de captivité Pierre Torres. Lors d'une interview durant l'émission télévisée On est pas couché, il critique vivement l'attitude de Barack Obama vis-à-vis de la Syrie[6].

En 2016, il publie La France russe, enquête sur les réseaux Poutine, dans lequel il défend l'idée que « les services de renseignement russes consacrent à la France autant de moyens que lors de la Guerre froide », que « comme du temps du Komintern, où l’Union soviétique finançait des 'partis frères', Moscou achète aujourd’hui ses soutiens »[7], et estime des responsables politiques comme Nicolas Sarkozy, François Fillon, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont « séduits » par le « poutinisme »[8]. Selon Tigrane Yégavian, il y exagère le pouvoir d'influence de Moscou, bien modeste en comparaison du soft power et des réseaux américains. Plusieurs passages du livre, telle la description de la première entrevue entre Poutine et Sarkozy seraient pour lui de l'ordre du « farfelu »[9]. L'échange entre Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine que Hénin rapporte, sans en avoir été témoin, furent démentis par Jean-David Levitte, conseiller du président de la République et témoin direct de l'entretien [10].

Enlèvement[modifier | modifier le code]

Le , Nicolas Hénin a été enlevé à Raqqa, ainsi que le photographe Pierre Torrès, enlevé le même jour. Tenue secrète à la demande des familles, la détention de Nicolas Hénin et Pierre Torrès a été rendue publique par le premier ministre Jean-Marc Ayrault le [11]. Les autorités françaises ont fait état de preuves de vie recueillies en août et en octobre 2013[12].

Lors de sa captivité, Nicolas Hénin côtoie d'autres otages, notamment le journaliste américain James Foley[13].

Diverses actions de soutien et de mobilisation, coordonnées en particulier par le comité « Otages en Syrie », ont été régulièrement menées pour la libération de Nicolas Hénin et de Pierre Torrès, ainsi que celle de Didier François et Edouard Elias, enlevés le 6 juin. À titre symbolique, l’IPJ (Institut pratique du journalisme) a fait de Nicolas Hénin le parrain de sa 34e promotion[14].

Les quatre otages ont été libérés le [1]. Peu d'informations sont rendues publiques sur les conditions de sa captivité. Il révèle toutefois qu'il s'est évadé « trois jours après son enlèvement le 22 juin 2013 et a été repris par ses ravisseurs au bout d'une nuit de fuite »[15].

Selon l'hebdomadaire allemand Focus, la France a dû verser 18 millions de dollars (environ 13 millions d'euros) pour la libération des quatre journalistes[16],[17].

En septembre 2014, consécutivement aux révélations du journal Le Monde, Nicolas Hénin confirme que le suspect de la tuerie du Musée juif de Belgique, Mehdi Nemmouche, aurait été l'un de ses geôliers[18].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Jihad Academy, Paris, Éditions Fayard, coll. « Documents », 2015, 260 p. (ISBN 978-2-213-68656-1)
  • Papa Hérisson rentrera-t-il à la maison?, Flammarion, 2015 (avec Pierre Torres).
  • La France russe, enquête sur les réseaux Poutine, Éditions Fayard, 2016, 322 p.
  • Haytham, une enfance syrienne, Dargaud, 2016 (avec Kyungeun Park).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Les ex-otages de retour en France », LeMonde.fr, 20 avril 2014
  2. a, b, c, d et e « Nicolas Hénin, témoin de la guerre des gens normaux », LeMonde.fr, 19 avril 2014
  3. Voir la page de ce journal relatant son enlèvement et donnant accès à "Quelques-uns des reportages de Nicolas Hénin pour Le Point" : Le Point 9 octobre 2013
  4. « Lettre à Nicolas Hénin : un collègue témoigne », suivi de "Quelques reportages de Nicolas Hénin" - site d'Arte
  5. « Nicolas Hénin : journaliste plus qu’ex-otage de Daech », sur Euronews.com,
  6. Fabien Morin, « L'ancien otage Nicolas Hénin accable Barack Obama, «nul sur toute la ligne» », sur Lefigaro.fr,
  7. « La France russe : Enquête sur les réseaux de Poutine », babelio.com
  8. « La France russe : enquête sur les réseaux Poutine », Jacques Monin pour France Inter, 10 juin 2016
  9. Tigrane Yégavian, « Les "collaborateurs" de Poutine », Conflits, no 11, oct.-déc. 2016, p. 73
  10. http://www.lepoint.fr/monde/sarkozy-poutine-jean-david-levitte-remet-les-pendules-a-l-heure-17-12-2016-2091173_24.php
  11. Syrie : les journalistes Nicolas Hénin et Pierre Torrès détenus en Syrie (9 octobre 2013), Diplomatie.gouv.fr,
  12. « Déclaration du ministre des Affaires étrangères »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  13. « Les ex-otages Didier François et Nicolas Hénin, détenus avec James Foley »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur Libération.fr,
  14. Un otage à l’honneur, Le Parisien, 14 novembre 2013
  15. « Ex-otages en Syrie : Nicolas Hénin avait tenté de s'évader » (consulté le 19 juin 2015)
  16. La France a versé 18 millions de dollars pour la libération des journalistes otages en Syrie, selon un magazine allemand, huffingtonpost.fr, 26 avril 2014
  17. (de) Paris zahlt 18 Millionen Dollar für Syrien-Geisel, focus.de, 26 avril 2014
  18. Le Nouvel Obs, 7 septembre 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]