Hélène Carrère d'Encausse

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Hélène Carrère d'Encausse
Description de cette image, également commentée ci-après

Hélène Carrère à Strasbourg en 2013.

Nom de naissance Hélène Zourabichvili
Naissance (87 ans)
Paris
Activité principale
Distinctions
Grand-croix de la Légion d'honneur
Officier de l'Ordre national du Mérite
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

Hélène Carrère, dite Carrère d'Encausse, née Zourabichvili le à Paris, est un historien et une femme politique française.

Membre de l'Académie française depuis 1990, elle en est élue secrétaire perpétuel en 1999.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Hélène Zourabichvili naît le à Paris.

Par son père, elle descend d'une famille d'aristocrates géorgiens, originellement fortunée, puis ayant, après la révolution russe, sombré dans une grande pauvreté[1].

Fille de Georges Zourabichvili et Nathalie von Pelken, elle a un frère, Nicolas. Elle est la cousine de Salomé Zourabichvili.

Elle quitte Bordeaux pour Paris avec sa mère après l'assassinat de son père en 1944[2]. Elles y logent d'abord à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de Paris, rue Daru[2].

Emmanuel Ratier précise qu'elle « a été très largement élevée par la famille Bardèche »[3].

Formation et carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Elle est docteur en histoire[réf. insuffisante],[4], docteur d’État en lettres et sciences humaines[réf. insuffisante],[5], et diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'Institut national des langues et civilisations orientales (Langues O').

Elle enseigne l'histoire et la science politique à la Sorbonne, avant de transférer sa chaire professorale à l'IEP de Paris.

Parcours public[modifier | modifier le code]

Elle est connue pour avoir, en 1978, « annoncé la fin de l'URSS » dans son livre L'Empire éclaté[n 1],[3], non pas grâce aux entreprises délibérées de Ronald Reagan ou de Jean-Paul II, mais selon elle à cause de la forte natalité des républiques musulmanes d'Asie centrale. Prédiction qui s'est révélée en partie fausse : l'URSS explosa certes, mais le mouvement sécessionniste partit des pays baltes, la partie la plus européanisée de l'Union soviétique, alors que les républiques musulmanes restèrent globalement calmes jusqu'à leur accession à l'indépendance.

Hélène Carrère d'Encausse avec Vladimir Poutine en octobre 2000.

Professeur invité dans de nombreuses universités étrangères, notamment en Amérique du Nord et au Japon, elle est docteur honoris causa de l’université de Montréal et de l'université catholique de Louvain. Elle est membre associée de l'Académie royale de Belgique, membre étranger de l’Académie des sciences de Russie et de l’Académie de Roumanie, et membre d’honneur de l’Académie des beaux-arts de Russie et de l’Académie de Géorgie.

Elle est président de Radio Sorbonne Radio France de 1984 à 1987 et membre de la Commission des sages pour la réforme du Code de la nationalité en 1986-1987.

Lors de l'élection présidentielle de 1988, elle est membre du comité de soutien à la candidature de Raymond Barre[3].

Le , elle est élue au 14e fauteuil de l’Académie française, laissé vacant par Jean Mistler[6]. Elle est élue secrétaire perpétuel de l'Académie le , en remplacement de Maurice Druon, démissionnaire de cette fonction. Le titre non féminisé est utilisé à la demande expresse de l'intéressée aussitôt après son élection. Cet usage est généralement respecté dans les médias[réf. nécessaire]. Elle est la première femme à accéder à ce poste.

En 1992, elle préside le Comité national pour le oui à Maastricht[3]. Durant cette même année, elle crée, avec Kofi Yamgnane et Claude Sérillon, la Fondation pour l'intégration républicaine[3], et occupe le poste de conseiller auprès de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), participant ainsi à l’élaboration d’une politique d’assistance à la démocratisation des anciens États communistes.

Candidate à l'élection européenne de juin 1994 en deuxième position derrière Dominique Baudis, elle adhère au Rassemblement pour la République (RPR) quatre jours avant l'enregistrement de sa candidature[3]. Élue député européen, elle est vice-président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense.

Elle est membre du groupe Bilderberg, du Siècle et de la fondation Saint-Simon[3]. Vice-président de la commission des Archives diplomatiques françaises, elle préside la commission des sciences de l’homme au Centre national du livre (CNL) de 1993 à 1996. Elle est nommée en 1998 membre du Conseil national pour un nouveau développement des sciences humaines et sociales. En 2004, elle devient président du conseil scientifique de l'Observatoire statistique de l'immigration et de l'intégration[3]. Elle est également membre du comité de parrainage du Collège des Bernardins[7].

À la suite de la crise des banlieues, en , elle se fend d'une déclaration polémique au sujet de l'immigration sur la chaîne russe NTV :

« Tout le monde s'étonne : pourquoi les enfants africains sont dans la rue et pas à l'école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ? C'est clair, pourquoi : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et vingt-cinq enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues[8]. »

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Elle épouse, le à Paris, Louis Carrère, dit Carrère d'Encausse (1928), assureur, fils de Georges Carrère et de Paule Dencausse.

Elle a un fils, Emmanuel, et deux filles, Nathalie et Marina.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Conflit de la Corée : 1950-1952, Bruxelles, institut de sociologie Solvay, coll. « Études de cas conflits internationaux », , 52 p.
  • Réforme et Révolution chez les musulmans de l'empire russe (préf. Maxime Rodinson), Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, coll. « Références » (no 4), , 311 p. (ISBN 2-7246-0455-5, notice BnF no FRBNF36601201)
  • Avec Stuart R. Schram (en), L'URSS et la Chine devant les révolutions dans les sociétés pré-industrielles, Paris, Armand Colin, coll. « Travaux et recherches de science politique » (no 8), , 108 p. (notice BnF no FRBNF35373112)
  • L'Union soviétique de Lénine à Staline : 1917-1953, Paris, Richelieu, coll. « L'Univers contemporain » (no 2), , 446 + 32 p. (notice BnF no FRBNF35241310)
  • Dir. avec René Rémond et Jean-Louis Monneron (dir.) et al., Deux mille ans de christianisme, Paris, Société d'histoire chrétienne, , 288 p. (notice BnF no FRBNF34630324)
  • La Politique soviétique au Moyen-Orient : 1955-1975, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, coll. « Cahiers de la Fondation nationale des sciences politiques » (no 200), , 372 p. (ISBN 2-7246-0335-4, notice BnF no FRBNF34551258)
  • L'Empire éclaté : la révolte des nations en URSS, Paris, Flammarion, , 314 p. (ISBN 2-08-064090-9, notice BnF no FRBNF34607734)
  • Lénine : la révolution et le pouvoir, Paris, Flammarion, coll. « Champs : politique » (no 72), , 297 p. (notice BnF no FRBNF34626975)
    Repris en partie de L'Union soviétique de Lénine à Staline.
  • Staline : l'ordre par la terreur, Paris, Flammarion, coll. « Champs : politique », , 294 p. (ISBN 2-08-081073-1, notice BnF no FRBNF34644473)
    Idem que pour le précédent ouvrage.
  • Le Pouvoir confisqué : gouvernants et gouvernés en URSS, Paris, Flammarion, , 328 p. (ISBN 2-08-064300-2, notice BnF no FRBNF36601308)
  • Le Grand Frère : l'Union soviétique et l'Europe soviétisée, Paris, Flammarion, , 381 p. (ISBN 2-08-064577-3, notice BnF no FRBNF34728257)
  • La déstalinisation commence : 1956, Bruxelles, Complexe, coll. « La Mémoire du siècle » (no 34), , 209 p. (ISBN 2-87027-142-5, notice BnF no FRBNF34771071)
  • Ni paix ni guerre : le nouvel empire soviétique ou du bon usage de la détente, Paris, Flammarion, , 413 p. (ISBN 2-08-064860-8, notice BnF no FRBNF34869972)
  • Le Grand Défi : bolcheviks et nations, 1917-1930, Paris, Flammarion, coll. « Nouvelle bibliothèque scientifique » (no 138), , 333 p. (ISBN 2-08-211170-9, notice BnF no FRBNF34987101)
  • Le Malheur russe : essai sur le meurtre politique, Paris, Fayard, , 546 p. (ISBN 2-213-02236-4, notice BnF no FRBNF36628956)
  • La Gloire des nations ou La Fin de l'empire soviétique, Paris, Fayard, , 431 p. (ISBN 2-213-02439-1, notice BnF no FRBNF35105051)
  • Victorieuse Russie, Paris, Fayard, , 439 p. (ISBN 2-213-02948-2, notice BnF no FRBNF35534699)
  • L'URSS de la Révolution à la mort de Staline : 1917-1953, Paris, Le Seuil, coll. « Points : histoire », , 375 p. (ISBN 2-02-014049-7, notice BnF no FRBNF35605165)
  • (en) The Nationality Question in the Soviet Union and Russia, Oslo, Scandinavian University Press, , 74 p.
  • Nicolas II : la transition interrompue : une biographie politique, Paris, Fayard, , 552 p. (ISBN 2-213-59294-2, notice BnF no FRBNF35837196)
  • Lénine, Paris, Fayard, , 684 p. (ISBN 2-213-60162-3, notice BnF no FRBNF36986652)
  • La Russie inachevée, Paris, Fayard, , 340 p. (ISBN 2-213-60597-1, notice BnF no FRBNF37200671)
  • Catherine II : un âge d'or pour la Russie, Paris, Fayard, , 656 + 4 p. (ISBN 2-213-61355-9, notice BnF no FRBNF38896838)
  • Dir. avec Philippe Levillain, Nations et Saint-Siège au XXe siècle : actes du colloque de la fondation Singer-Polignac, Paris, octobre 2000, Paris, Fayard, , 447 p. (ISBN 2-213-61365-6, notice BnF no FRBNF38960799)
  • Russie, la transition manquée, coll. « Les Indispensables de l'histoire », Paris, Fayard, 2005, 1 032 p.
  • L'Empire d'Eurasie : une histoire de l'Empire russe de 1552 à nos jours, Paris, Fayard, 2005, 506 p.
  • La Deuxième Mort de Staline, Paris, Complexe, 2006, 276 p.
  • Alexandre II : le printemps de la Russie, Fayard, 2008, 522 p.
  • La Russie entre deux mondes, Paris, Fayard, 2010, 327 p.
  • Des siècles d'immortalité : l'Académie française, 1635-..., Paris, Fayard, 2011
  • Les Romanov, une dynastie sous le règne du sang, Fayard, 2013, 442 p.
  • Six années qui ont changé le monde : 1985-1991, la chute de l'Empire soviétique, Fayard, 2015, 432 p. (notice BnF no FRBNF44424481)

Éditions scientifiques[modifier | modifier le code]

  • Le Marxisme et l'Asie : 1853-1964 (prés. avec Stuart R. Schram), Paris, Armand Colin, coll. « U : idées politiques », , 493 p. (ISBN 2-200-31138-9, notice BnF no FRBNF37372582)
  • L'Impératrice et l'Abbé : un duel littéraire inédit entre Catherine II et l'abbé Chappe d'Auteroche (prés.), Paris, Fayard, , 632 p. (ISBN 2-213-61654-X, notice BnF no FRBNF39097573)

Préfaces[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Titre trouvé par son éditeur.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Françoise Monier, « Hélène Carrère d'Encausse, 70 ans, secrétaire perpétuel de l'Académie française », L'Express, 20 janvier 2000.
  2. a et b Maurice Bardèche, Souvenirs, Paris, Buchet-Chastel, , 268 p. (ISBN 2-7020-1580-8, notice BnF no FRBNF35570410, lire en ligne), p. 206-207.
  3. a, b, c, d, e, f, g et h « Carrère d'Encausse Hélène (née Zourabichvili, épouse Carrère, dite) », dans Emmanuel Ratier, Encyclopédie politique française, t. II, Paris, Faits et Documents, (ISBN 2-909-769-12-7, notice BnF no FRBNF40083753), p. 189.
  4. Bukhara : de la réforme à la révolution : recherches sur le gadidisme à Bukhara, 1963.
  5. Bolchevisme et Nation : des débats théoriques à la consolidation d'un État multi­national, 1917-1929.
  6. Son épée d'académicienne fut créée par l'orfèvre Goudji, source : L'Estampille, l'Objet d'art, juillet 2007, p. 53.
  7. « Nos parrains - Collège des Bernardins », sur www.collegedesbernardins.fr (consulté le 8 février 2016)
  8. Lorraine Millot, « Beaucoup de ces Africains sont polygames... », sur liberation.fr,‎ .
  9. Hélène Carrère d'Encausse recevra l'ordre russe de l'Honneur (Medvedev)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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