Hélène Carrère d'Encausse

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Hélène Carrère d'Encausse
Description de cette image, également commentée ci-après

Hélène Carrère d’Encausse à Strasbourg en 2013.

Nom de naissance Hélène Zourabichvili
Naissance (86 ans)
Paris
Activité principale
Distinctions
Grand-croix de la Légion d'honneur
Officier de l'Ordre national du Mérite
Auteur
Langue d’écriture Français

Œuvres principales

Hélène Carrère, dite Carrère d'Encausse, née Hélène Zourabichvili le à Paris, est une historienne et soviétologue française.

Membre de l'Académie française en 1990, elle y est élue au poste de secrétaire perpétuel en 1999.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Elle descend d'une famille d'aristocrates géorgiens, originellement fortunée, puis ayant, après la révolution russe, sombré dans une grande pauvreté[1].

Fille de Georges Zourabichvili, d'origine géorgienne, et de Nathalie von Pelken, elle quitte Bordeaux pour Paris avec sa mère après l'assassinat de son père en 1944[2]. Elles y logent d'abord à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de Paris, rue Daru[2].

Elle épouse, le à Paris, Louis Carrère, dit Carrère d'Encausse, né le (88 ans), assureur, fils de Georges Carrère et de Paule Dencausse.

Sœur du compositeur Nicolas Zourabichvili, elle est la cousine de Salomé Zourabichvili, ambassadeur de France en Géorgie puis ministre des Affaires étrangères de Géorgie.

Le journaliste Emmanuel Ratier précise qu'elle « a été très largement élevée par la famille Bardèche »[3].

Formation et carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Elle étudie l'histoire (discipline dans laquelle elle obtient un doctorat, avec une thèse consacrée aux Réforme et révolution chez les musulmans de l'Empire russe, Bukhara 1867-1924) et la science politique.

Elle enseigne la science politique à la Sorbonne, avant de transférer sa chaire professorale à l'Institut d'études politiques de Paris.

Parcours public[modifier | modifier le code]

Elle est connue pour avoir, en 1978, « annoncé la fin de l'URSS » dans son livre L'Empire éclaté[n 1],[3], non pas grâce aux entreprises délibérées de Ronald Reagan ou de Jean-Paul II, mais selon elle à cause de la forte natalité des républiques musulmanes d'Asie centrale. Prédiction qui s'est révélée en partie fausse : l'URSS explosa certes, mais le mouvement sécessionniste partit des pays baltes, la partie la plus européanisée de l'Union soviétique, alors que les républiques musulmanes restèrent globalement calmes jusqu'à leur accession à l'indépendance.

Hélène Carrère d'Encausse avec le président russe Vladimir Poutine en octobre 2000.

Professeur invité dans de nombreuses universités étrangères, notamment en Amérique du Nord et au Japon, elle est docteur honoris causa de l’université de Montréal et de l'université catholique de Louvain. Elle est membre associée de l'Académie royale de Belgique, membre étranger de l’Académie des sciences de Russie et de l’Académie de Roumanie, et membre d’honneur de l’Académie des beaux-arts de Russie et de l’Académie de Géorgie.

Elle est présidente de Radio Sorbonne Radio France de 1984 à 1987 et membre de la Commission des sages pour la réforme du Code de la nationalité en 1986-1987.

Lors de l'élection présidentielle de 1988, elle est membre du comité de soutien à la candidature de Raymond Barre[3].

Le , elle est élue au 14e fauteuil de l’Académie française, laissé vacant par Jean Mistler[4]. Elle est élue secrétaire perpétuel de l'Académie le , en remplacement de Maurice Druon, démissionnaire de cette fonction. Le titre non féminisé est utilisé à la demande expresse de l'intéressée aussitôt après son élection. Cet usage est généralement respecté dans les médias[réf. nécessaire]. Elle est la première femme à accéder à ce poste.

En 1992, elle préside le Comité national pour le oui à Maastricht[3]. Durant cette même année, elle crée, avec Kofi Yamgnane et Claude Sérillon, la Fondation pour l'intégration républicaine[3], et occupe le poste de conseiller auprès de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), participant ainsi à l’élaboration d’une politique d’assistance à la démocratisation des anciens États communistes.

Candidate à l'élection européenne de juin 1994 en deuxième position derrière Dominique Baudis, elle adhère au Rassemblement pour la République (RPR) quatre jours avant l'enregistrement de sa candidature[3]. Élue député européen, elle est vice-présidente de la commission des Affaires étrangères et de la Défense.

Elle est membre du groupe Bilderberg, du Siècle et de la fondation Saint-Simon[3]. Vice-présidente de la commission des Archives diplomatiques françaises, elle préside la commission des sciences de l’homme au Centre national du livre (CNL) de 1993 à 1996. Elle est nommée en 1998 membre du Conseil national pour un nouveau développement des sciences humaines et sociales. En 2004, elle devient présidente du conseil scientifique de l'Observatoire statistique de l'immigration et de l'intégration[3]. Elle est également membre du comité de parrainage du Collège des Bernardins[5].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Elle est la mère de l'écrivain et réalisateur Emmanuel Carrère, de l'avocate Nathalie Carrère et du médecin et journaliste Marina Carrère d'Encausse.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Décorations
Prix

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Études
    • Réforme et Révolution chez les musulmans de l'empire russe, Paris, Presses FNSP, 1966.
    • Le Marxisme et l'Asie, Paris, Armand Colin, 1966 (en collaboration avec Stuart R. Schram (en)).
    • L'Union soviétique : de Lénine à Staline, Paris, Éditions Richelieu, 1972, 442 p.
    • La Politique soviétique au Moyen-Orient, Paris, Presses FNSP, 1976.
    • L'Empire éclaté, Paris, Flammarion, 1978, 320 p.
    • Le Pouvoir confisqué : gouvernants et gouvernés en URSS, Paris, Flammarion, 1980, 336 p.
    • Le Grand Frère : l'Union soviétique et l'Europe soviétisée, Paris, Flammarion, 1983, 384 p.
    • La Déstalinisation commence, Paris/Bruxelles, Complexe, 1986, 208 p.
    • Ni paix ni guerre : le nouvel empire soviétique ou du bon usage de la détente, Paris, Flammarion, 1986, 396 p.
    • Le Grand Défi : bolcheviks et nations, 1917-1930, Paris, Flammarion, 1987, 340 p.
    • Le Malheur russe : essai sur le meurtre politique, Paris, Fayard, 1988, 560 p.
    • La Gloire des nations ou La Fin de l'empire soviétique, Paris, Fayard, 1990, 492 p.
    • Victorieuse Russie, Paris, Fayard, 1992, 440 p.
    • L'URSS, de la Révolution à la mort de Staline, 1917-1953, Paris, Seuil, 1993, 384 p.
    • The Nationality Question in the Soviet Union and Russia, Oslo, Scandinavian University Press, 1995.
    • La Russie inachevée, Paris, Fayard, 2000, 360 p.
    • L'Impératrice et l'Abbé, un duel littéraire inédit entre Catherine II et l'abbé Chappe d'Auteroche, Paris, Fayard, 2003, 640 p.
    • Nations et Saint-Siège au XXe siècle, colloque sous la dir. d'Hélène Carrère d'Encausse, Paris, Fayard, 2003, 462 p.
    • Russie, la transition manquée, coll. "Les Indispensables", Paris, Fayard, 2005, 1032 p.
    • L'Empire d'Eurasie, une histoire de l'Empire russe de 1552 à nos jours, Paris, Fayard, 2005, 506 p.
    • La Deuxième mort de Staline, Paris, Éditions Complexe, 2006, 276 p.
    • La Russie entre deux mondes, Paris, Fayard, 2010, 327 p.
    • Des siècles d'immortalité : l'Académie française, 1635-..., Paris, Fayard, 2011.
    • Les Romanov, une dynastie sous le règne du sang, Fayard, 2013, 442 p.
    • Six années qui ont changé le monde 1985-1991, Fayard, 2015, 432 p.
  • Biographies
    • Lénine : la révolution et le pouvoir, Paris, Flammarion, 1979, 297 p.
    • Staline, l'ordre par la terreur, Paris, Flammarion, 1979, 288 p.
    • Nicolas II : la transition interrompue, Paris, Fayard, 1996, 552 p.
    • Lénine, Paris, Fayard, 1998, 698 p. (réimp. 2012).
    • Catherine II : un âge d'or pour la Russie, Paris, Fayard, 2002, 656 p.
    • Alexandre II, le printemps de la Russie, Fayard, 2008, 522 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Titre trouvé par son éditeur.
Références
  1. Françoise Monier, « Hélène Carrère d'Encausse, 70 ans, secrétaire perpétuel de l'Académie française », L'Express, publié le
  2. a et b Maurice Bardèche, Souvenirs, Paris, Buche-Chastel,‎ , 268 p. (ISBN 2-7020-1580-8, notice BnF no FRBNF35570410, lire en ligne), p. 206-207.
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Ratier 2005.
  4. Son épée d'académicienne fut créée par l'orfèvre Goudji, source : L'Estampille, l'Objet d'art, juillet 2007, p. 53.
  5. « Nos parrains - Collège des Bernardins », sur www.collegedesbernardins.fr (consulté le 8 février 2016)
  6. Hélène Carrère d'Encausse recevra l'ordre russe de l'Honneur (Medvedev)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]