Raoul Le Mouton de Boisdeffre

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Raoul Le Mouton de Boisdeffre
Le général de Boisdeffre en 1893
Le général de Boisdeffre en 1893

Nom de naissance Raoul François Charles Le Mouton de Boisdeffre
Naissance
Flag of France.svg Alençon
Décès (à 80 ans)
Flag of France.svg Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie de ligne
Grade Général de division
Années de service 1858-1898/1904
Conflits Campagne d'Algérie
Guerre franco-prussienne de 1870
Commandement Chef d'État-Major général de l'Armée
28 septembre 1893 - 31 aout 1898
106e régiment d'infanterie
10e division
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur Grand-croix de la Légion d'honneur
Autres fonctions Conseiller d'État
Famille Petit-fils de Louis René Le Mouton de Boisdeffre, général français ;
Grand-père de Pierre de Boisdeffre, diplomate et homme de lettres

Raoul Le Mouton de Boisdeffre, ou plus communément Raoul de Boisdeffre, est un militaire français né le à Alençon et mort le à Paris.

Il a été chef d'État-Major général de l'Armée de 1893 à 1898, notamment lors du déclenchement de l'affaire Dreyfus. Il a été cité dans le J'accuse…! d'Emile Zola.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Le général de Boisdeffre, alors chef d'État-Major général, défendant l'honneur de l'armée, caricaturé par Charles Léandre lors de l'affaire Dreyfus, dans Le Rire, .

Fils cadet d'Adolphe Le Mouton de Boisdeffre et d'Élisa Bauny de Récy, Raoul de Boisdeffre se destine très jeune à la carrière militaire et rejoint l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1858.

Nommé sous-lieutenant au 31e régiment d'infanterie de ligne en 1860, il suit les cours du corps d’état-major en 1863.

Promu capitaine au 48e régiment d'infanterie de ligne en 1866, il sert en Algérie sous les ordres du général Chanzy, de 1865 à 1867, puis de 1868 à 1870.

En 1870, après une courte et désastreuse campagne sous les ordres du général Vinoy, il se retrouve dans Paris assiégé. Constatant l'inutilité de la défense de la ville, il demande à rejoindre Chanzy et l’armée de la Loire et est envoyé, le en mission avec le ballon monté Le Lavoisier par le gouverneur de Paris, le général Trochu, auprès du gouvernement de la défense nationale.

En qualité de chef de bataillon, il suit le général Chanzy, gouverneur de l’Algérie de 1873 à 1879.

Il est maintenu auprès de Chanzy quand il est nommé lieutenant-colonel en 1878, puis le suit quand ce dernier devient ambassadeur de France en Russie.

Il y occupe les fonctions d’attaché militaire de 1879 à 1882 et fait la connaissance du sous-chef d'état-major général, le général Nicolas Obroutchev[a], avec lequel il se lie d'amitié.

Colonel en 1882, général de brigade en 1887, général de division en , il est à chaque étape l'un des plus jeunes officiers généraux de sa génération.

À son retour de Russie, le général Chanzy le conserve auprès de lui à l'état-major du 6e corps. Celui-ci l'engage à prendre un régiment, dans son corps, à la fin de 1882, mais il meurt dès .

De 1883 à 1887, il commande le 106e régiment d'infanterie à Châlons-sur-Marne. Il rencontre dans ce poste le nouveau commandant du 6e corps, le général de Miribel, dont il devient ensuite chef d'état-major. Il le suit à Paris lorsque ce dernier est nommé en 1890 chef d'État-Major général de l'armée et il devient sous-chef d'état-major général. Sous ses ordres, il travaille à l'élaboration du plan XIII et à une alliance avec la Russie devant permettre de sortir la France de son complet isolement diplomatique.

En 1890, il est invité personnellement par le ministère du tsar Alexandre III[b] pour représenter la France aux grandes manœuvres impériales russes. Cette invitation avait été lancée pour faire pièce au Kaiser Guillaume II qui s'était invité après avoir renvoyé Bismarck et refusé de renouveler le traité de réassurance. C'est cette occasion qui a permis de relancer toute l'opération diplomatique souhaitée par l'état-major.

Sous le contrôle partiel du ministère des Affaires étrangères, il négocie avec le ministre russe Nicolas de Giers, et surtout avec Nicolas Obroutchev, venu passer l'été 1891 chez sa femme en France. En résulta un échange de lettres entre les deux ministres, Alexandre Ribot et Nicolas de Giers, à la fin .

À la demande de son chef et en raison de sa position de négociateur, il est nommé conseiller d'État « en service extraordinaire de l'armée » par décret du .

L'été suivant, il se rend à nouveau aux grandes manœuvres en Russie et, à l'issue de longues tractations supervisées par le tsar, signe avec Obroutchev le l'accord militaire secret qui donne naissance à l'alliance franco-russe. Cet accord était purement défensif, à la demande expresse des Russes.

Miribel, qui voyait en lui un successeur, voulait qu'il prenne, pendant quelques années, un commandement opérationnel. Nommé à celui de la 10e division d'infanterie le , celle-ci étant envoyée en province il prend le commandement de la 9e division d'infanterie le , étant stationnée près de Paris. Quelques jours plus tard, il est rappelé le après le décès subit de Miribel comme chef d'État-Major général de l'armée.

En 1894, il est envoyé comme ambassadeur extraordinaire aux obsèques d'Alexandre III.

En 1896, il est nommé à nouveau ambassadeur extraordinaire au couronnement de Nicolas II, à l'occasion duquel il négocie le raffermissement de l'alliance (encore secrète à cette époque) et une visite d'État du couple impérial en France ().

C'est à son initiative que les bicyclettes sont introduites dans l'armée.

Il est impliqué dans l’affaire Dreyfus, en tant que chef d'État-Major et cité dans le J'accuse…! de Zola.

À la découverte du « faux Henry », il démissionne le , en raison du scandale provoqué et se retire de la vie publique.

Seuls les officiels russes, y compris Nicolas II qui le reçoit à deux reprises lors de ses passages en France, lui conservent un rôle semi-officiel.

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Distinctions françaises
Distinctions étrangères

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La femme d'Obroutchev était française, facilitant les contacts entre lui et l'état-major français. Il mourut au château de Jaure, en Dordogne, en 1904.
  2. Avec lequel il avait fait connaissance alors qu'Alexandre était grand-duc héritier, ayant même été, après son avènement, une fois invité à sa table « dans l'intimité ».

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Autres sources[modifier | modifier le code]

  • Archives de Boisdeffre
  • Archives de l'Armée de terre dossiers 9Yd166 (personnel), 7N1467, 7N1468, 7N1469 (dépêches de Russie)

Liens externes[modifier | modifier le code]