Relations entre la France et l'Ukraine

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Relations France-Ukraine
Drapeau de la France
Drapeau de l'Ukraine
France et Ukraine
     France      Ukraine
Ambassades
Ambassade de France en Ukraine
  Ambassadeur Alain Remy
  Adresse 39, rue Reitarska
01901 Kiev
  http://www.ambafrance-ua.org/
Ambassade d'Ukraine en France
  Ambassadeur Oleg Shamshur
  Adresse 21 avenue de Saxe
75007 Paris
  http://france.mfa.gov.ua/fr
Rencontres sportives
Football 9

Les relations entre la France et l'Ukraine sont des relations internationales s'exerçant entre deux États d'Europe, la République française et la République d'Ukraine. Elles sont structurées par deux ambassades, l'ambassade de France en Ukraine et l'ambassade d'Ukraine en France.

Historique[modifier | modifier le code]

On peut dater les premiers signes d'une réelle communication entre les deux États au milieu du XIe siècle, et plus précisément en 1048, lorsqu'une délégation diplomatique française fut envoyée à Kiev afin d'obtenir la main d'Anne de Kiev, fille de Iaroslav le Sage, pour un futur mariage avec Henri Ier, alors Roi de France et petit-fils d'Hugues Capet[1]. Cette union, célébrée le 19 mai 1051, donna naissance à quatre enfants dont Philippe Ier, futur roi.
Par la suite, peu de relations ont été observées entre les deux régions. On peut toutefois noter la venue du chef militaire Bohdan Khmelnytsky à Fontainebleau en avril 1645 et sa rencontre avec le Comte De Brégy alors ambassadeur en Pologne, à Varsovie, afin de discuter de la possibilité de l'enrôlement de soldats cosaques dans l'armée française[2]. Ainsi, ce serait plus de 2 000 Cosaques d'Ukraine qui auraient pris part au Siège de Dunkerque, en 1646, avec l'armée du Grand Condé.
Le territoire Ukrainien est ensuite (du XVIIIe siècle à 1917 puis de 1920 à 1991) sous domination autrichienne et russe, empêchant tout contact direct avec les autres États. On peut cependant retenir le débarquement de troupes françaises dans le port d'Odessa en décembre 1918 dans le but de soutenir les Armées blanches dans leur résistance contre les bolchéviques.
Les relations ne reprirent réellement qu'à partir de décembre 1991, avec notamment la signature d'un traité d'entente et de coopération en juin 1992[3], un an après l'indépendance du pays.

Politique[modifier | modifier le code]

L'ouverture de l'ambassade de France en Ukraine (à l'emplacement de l'ancien Consulat général de France à Kiev) en 1992 ainsi que celle de l'ambassade d'Ukraine en France (Paris) marquent véritablement le départ des relations bilatérales entre les deux pays. Roland Dumas, alors ministre des affaires étrangères signe l'acte d'indépendance de l'Ukraine et se rend dans la jeune république en janvier 1992[4], tandis que Leonid Kravtchouk, premier président de l'Ukraine, se déplace en France la même année. Toutefois, on remarquera que François Mitterrand, alors président de la République française, n'a effectué aucune visite officielle dans le pays, au contraire de son homologue ukrainien.
D'autres rencontres ont également eu lieu, qu'il s'agisse de visites officielles ou de travail et ce, parfois dans le cadre de différentes conférences internationales. On peut ainsi noter le déplacement de Jacques Chirac du 2 au 4 septembre 1998 ainsi que celui de Viktor Ianoukovytch en octobre 2010, tous deux présidents de leur pays respectif[5].
En France, Les événements liés à la révolution orange, qui se sont déroulés en Ukraine de novembre 2004 à janvier 2005 ont été suivis de près, et ont entraîné la recrudescence des relations entre les deux pays. En effet, bien que la France ait émis certaines réserves concernant la dénonciation du déroulement de l'élection présidentielle ukrainienne de 2004, le président Jacques Chirac aurait toutefois admis, le 26 novembre 2004 (soit cinq jours après le second tour), l'existence de fraudes ou, du moins, d'un manque de transparence[6]. Michel Barnier, alors ministre français des affaires étrangères, a également été le premier homme politique de son niveau à effectuer une visite en Ukraine (le 5 février 2004), successive à la révolution orange, rencontrant le nouveau président ukrainien (Viktor Iouchtchenko), la première ministre (Ioulia Tymochenko), ainsi que le ministre ukrainien des affaires étrangères (Borys Tarassiouk)[7].
De plus, ces dernières années, la France semble s'est montrée très avenante, en ce qui concerne une hypothétique adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne, en témoigne le sommet Ukraine-Union Européenne de 2008, qui s'est tenu à Paris. Par ailleurs, c'est cette position de la France, de plus en plus ukrainophile, qui aurait motivé la venue de Ioulia Tymochenko dans le pays, pour sa première visite officielle, du 12 au 14 juin 2005[8].

Commerce[modifier | modifier le code]

En 2011, la France était le septième investisseur étranger en Ukraine, avec plus de 2 000 Milliards de dollars investis et l'implantation de plus de 300 entreprises françaises dans le pays[9].
Les exportations françaises en Ukraine sont évaluées, en 2012, à 1,058 Milliards d'euros. La même année, les exportations ukrainiennes vers l'Hexagone s'élevaient à 539 millions d'euros[10].
L'année 1994 voit la création de la Chambre de commerce et d'industrie franco-ukrainienne (CCIFU) sous le nom d'Association de la communauté française d'affaires en Ukraine et qui, en outre, assure la représentation et la défense des entreprises françaises en Ukraine, et tente de développer les échanges commerciaux entre les deux pays[11].

Francophonie, éducation et culture[modifier | modifier le code]

Même s'il est peu implanté, le réseau francophone d'Ukraine possède quelques structures importantes. En effet, à l'Institut français d'Ukraine et l'École française de Kiev s'ajoutent différents centres de documentation et de formation ainsi que de nombreuses alliances françaises[12].
En collaboration avec le ministère ukrainien des arts et de la culture, l'ambassade de France organise de nombreux événements visant à promouvoir les créations artistiques françaises. En bref, on peut citer le Printemps français qui propose des expositions, interventions, ainsi que la projection de films français, et qui a fêté ses dix ans en 2013[13].
En outre, différentes écoles et universités françaises proposent des programmes de bourses aux étudiants ukrainiens, pour que ceux-ci aient la possibilité de poursuivre leurs études en France. Le Campus France Ukraine participe ainsi régulièrement à différents salons ayant pour thème l'éducation, afin de faciliter la venue de jeunes ukrainiens dans l'hexagone[14].
La Fédération Échanges France Ukraine, qui comporte une quinzaine d'associations, est fondée en 1992 avec pour but l'accompagnement de jeunes ukrainiens défavorisés (avec la possibilité d'en faire venir certains en France durant un court séjour), ainsi que l'offre de formations complémentaires (notamment dans le domaine de l'agriculture et de l'agroalimentaire) et de séjours linguistiques au sein de l'Hexagone[15].

Sport[modifier | modifier le code]

La France et l'Ukraine se sont affrontées en football lors des barrages de la Coupe du monde de football de 2014, qui fut l'un des plus serrés. Alors que l'Ukraine gagna le premier match aisément (2-0), la France créa l'exploit en inversant la tendance à domicile en marquant trois buts (3-0), se qualifiant dès lors pour le tournoi mondial.

Le souvenir de Holodomor en France[modifier | modifier le code]

Plaque de commémoration de l'Holodomor à l'Église St-Anathase de Villeurbanne.

La communauté ukrainienne française travaille pour la reconnaissance de la grande famine de 1933, dite Holodomor. Elle a organisé de nombreuses cérémonies civiles, notamment à l'Arc de Triomphe. Elle appuie ces commémorations par le témoignage de personnes ayant vécu ces événements. Mais la population française comprend mal l'association de Simon Petlioura à ces commémorations. Ce dernier, héros national ukrainien, est aussi associé, à tort ou à raison, à divers pogroms anti-juifs. Aussi la communauté ukrainienne, au lieu d'organiser les commémorations dans un espace civil, s'est mise à préférer l'espace religieux, tels la cathédrale de Paris, ou le sanctuaire marial de Lourdes. L'espace religieux est d'autant plus apprécié que Simon Petloura a été assassiné en France en 1926, mourant à l’hôpital de la charité, ses partisans priant pour lui dans la chapelle de l'hôpital, chapelle devenant ensuite le siège et la cathédrale de l'église gréco-catholique ukrainiene, église pouvant ainsi revendiquer un martyr sur son sol. L'assassin de Petloura fut acquitté par la justice française, ce qui mit le comble à l'incompréhension des ukrainiens, et appuya leur choix de lieux religieux comme espace de commémoration. L'importance des témoins dans les commémorations appuie également le cadre religieux : il n'existe aucune reconnaissance formelle du drame, les autorités soviétiques de l'époque ayant voulu cacher l'événement. Dans le rapport aux témoignages et aux événements, l'église gréco-catholique permet de vivre la commémoration plus intensément : pour les catholiques la mort n'est qu'une transition, et il est même possible de parler aux morts, donc aux victimes de la tragédie, pendant la cérémonie, chose évidemment impossible dans un contexte laïc français[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Anne de Kiev et Raoul de Crépy : un amour courtois », sur Histoire pour tous, (consulté le 11 décembre 2013).
  2. « Khmelnytskyi à Fontainebleau », sur Kronobase (consulté le 10 décembre 2013).
  3. « Ukraine », sur France Diplomatie, (consulté le 12 décembre 2013).
  4. « Pour Rolland Dumas, l'aspiration du peuple ukrainien à rentrer dans l'Europe doit primer », sur Le Nouvel Observateur, (consulté le 7 mars 2014).
  5. « Les relations politiques entre l'Ukraine et la France », sur Ambassade de France en Ukraine (consulté le 6 mars 2014).
  6. Alain Guillemoles, Même la neige était orange : la révolution ukrainienne : essai, Petits matins, (ISBN 2-915879-02-8), p. 75.
  7. Oksana Mitrofanova, « Les conséquences de la "révolution Orange" sur la politique extérieure de l'Ukraine », sur Centre Thucydide, (consulté le 7 mars 2014).
  8. « Mme Timochenko en France », sur Bienvenue en Ukraine, (consulté le 5 mars 2014).
  9. Oleksandr Kupchyshyn, « Les enjeux et les perspectives de la coopération entre l’Ukraine et la France », sur lesechos.fr, (consulté le 11 décembre 2013).
  10. « Présentation de l’Ukraine », sur France Diplomatie, (consulté le 11 décembre 2013).
  11. « Présentation », sur site de la CCIFU (consulté le 8 mars 2014).
  12. « Projet de loi autorisant l'approbation d'un accord, relatif à la coopération policière, entre la France et l'Ukraine », sur Sénat.fr (consulté le 6 février 2014).
  13. « Le Printemps français », sur site des Alliances françaises en Ukraine, (consulté le 6 février 2014).
  14. « Campus France Ukraine », sur Ambassade de France à Kiev, (consulté le 6 février 2014).
  15. « Portrait de la FEFU », sur site de la FEFU (consulté le 8 mars 2014).
  16. Valérie Kozlowski, « Victimes ou bourreaux ? », Terrain (revue), no 51,‎ (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]